‹ La maison du temple de Paris, histoire et description: histoire et description, avec deux planchesChapitre 64 sur 184 · COUVENT ET CLOÎTRE · texte numérisé non relu

COUVENT ET CLOÎTRE

par la gravure que Marot a spécialement consacrée aux arcades du cloître. Elle a pu, dès lors, être construite en arêtes ou n'être simplement qu'un plancher. L'étage au-dessus, séparé du cloitre par une petite corniche qui courait tout le long en passant sur les contreforts, avait des fenêtres d'un motif semblable aux arcades, mais plus petites. L'ensemble «levait être fort beau et s'accorde bien, comme date, avec le style de la nef-chœur de l'église, c'est-à-dire le commencement du xni® siècle.

Revenons au côté ouest, qui faisait face au grand porche. Il était traversé par un large passage voûté, à peu près à l'angle de la cour. C'était la seule entrée banale par où le public pût aller à l'église. Elle faisait communiquer les deux cours et ne fut jamais fermée d'une porte, comme les visiteurs de l'Ordre le remarquent. Du côté de la place du Temple, les dessins du temps nous représentent les murs à droite et à gauche décorés de quelques arcatures. Au-dessus, s'ouvraient des fenêtres carrées ou en trèfle.

Un corps de logis appuyé sur ce bâtiment, à droite, s'étendait en biaisant jusque vers la porte de l'Enclos, et était éclairé de quatre petites fenêtres. Il passait pour remonter à l'époque des Templiers : c'est là que, de tout temps, on logeait les hôtes et les visiteurs, laïques et ecclésiastiques, et jusqu'à la Révolution ce vestige du passé conserva à peu près, parait-il, sa physionomie primitive.

Le côté sud de la cour de l'église était occupé par des bâtiments secondaires, dont les uns étaient affectés aux logements des employés subalternes de Téglise et aux ouvriers chargés de l'entretien courant : loueurs de chaises, chantres, vitriers, etc., et les autres servaient de magasins pour les outils et « ustensiles » nécessaires aux divers travaux.

Voyons maintenant les transformations que le xvii** et le xviii* siècle firent subir aux bâtiments conventuels.

La visite de 1664 noui^ apprend que les « lieux claustraux » avaient été rebâtis presque tout à neuf par les soins et aux frais du grand prieur, de Paris-Boissy. Nous avons dit que l'aile nord, occupée par les religieux, fut élevée d'un étage; c'est qu'il ne s'agissait plus alors de simples cellules : chacun des cinq religieux avait un appartement composé de trois pièces, avec son

petit escalier particulier; cinq cheminées se voyaient au-dessus du toit; cinq caves étaient aménagées sous le cloître.

Un grand escalier commun montait au fond d'un vestibule pavé de grès.

Au delà du cloître, à partir du passage en retour conduisant à Téglise, s'étendait un bâtiment qui comprenait au rez-de-chaussée un « dortoir des religieux », affecté sans doute aux frères d'ordre inférieur, dont Tentrée ouvrait sur l'extrémité de la galerie. On allait ainsi jusqu'à une petite cour ménagée entre la chapelle de Saint-Pantaléon et la sacristie. En face de celle-ci, on escalier de bois moulait aux vastes appartements du prieur, composés de deux étages, ayant chacun quatre pièces avec antichambre et des greniers au-dessus. Au rez-de-chaussée étaient le réfectoire des religieux et la cuisine, séparés du dortoir par un corridor.

Une soupente dans la cuisine servait de logement au cuisinier.

Il y avait encore des caves, un bûcher, un cellier. La grande cave de la communauté, flanquée d'autres petits bûchers, avait son entrée dans la galerie du cloître et s'étendait au-dessous du dortoir. Enfin, à Textrémité de cette suite de bâtiments on trouvait les jardins particuliers du couvent.

Certaines confréries de l'église, celle de Notre-Dame de Lorette notamment, avaient obtenu par tolérance quelques pièces pour leurs bureaux. Les visiteurs réclamèrent plusieurs fois contre cet abus.

Tel est l'ensemble des bâtiments proprement conventuels. On eut toujours grand soin, quelque développement que prissent aux alentours les constructions de location et les hôtels particaliers, d'isoler la demeure des religieux de tout contact immédiat avec le public. Il n'en était pas de même du palais prieural et de ses dépendances, et, pour y parvenir, il nous faut retourner près de la porte d'entrée de l'Enclos, qui s'ouvrait à l'angle sudouest de la grande place.

En tournant à droite de cette porte, — vers le sud, — on trouvait un passage, bientôt bifurqué, qui faisait communiquer la place avec la cour <c de l'Indemnité » et et la « basse-cour » d'une part, et de l'autre avec l'hôtel prieural; l'entrée de ce passage était un grand portail cintré, qu'on ne fermait pas.

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