‹ La maison John Bull & cie. [microforme]Chapitre 16 sur 54 · Dans l’hémisphère du sud, c’est l’automne · texte numérisé non relu

Dans l’hémisphère du sud, c’est l’automne

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1892, passer quelques mois en Angleterre et profiter de son voyage pour entretenir le gouvernement anglais des affaires de la colonie. Pendant des mois les journaux australiens furent remplis de dépêches reportant les faits et gestes du grand homme d’État. Il avait diné ici, dansé là ; il avait passé quelques jours au château de lord A. ou chassé avec lord B.; il avait été présenté à Son Altesse Royale le prince de Galles, baisé les mains de la reine. C'était Dibbs à toutes les sauces. Grande fut la surprise un jour de lire dans les journaux une dépêche annonçant que le démocrate (presque républicain) australien s'était agenouillé devant Sa Majesté Britannique pour recevoir le titre de chevalier. « Il ne l’a pas volé », s’écrièrent les uns. « Du train qu’il y allait, s'écrièrent les autres, cela ne pouvait pas lui manquer. Maintenant ça y est, ces aristocrates anglais l’ont débauché ». Les uns rirent, d’autres se moquèrent, d’autres encore commencèrent à se fâcher. Les dépêches continuèrent à inonder les Colonies, mais annoncèrent bientôt le retour du nouveau chevalier. Etait-ce un courtisan ou un fidèle colonial qui allait rentrer? Le ministre australien rentra et reparut, à un grand meeting de réception tenu dans le magnifique Hôtel de Ville de Sydney, dans son vieux rôle d’ami du peuple. Ce n’était pas un collier de ruban violet à bords cerise qui l’avait changé. Ce collier, dit-il, il l’avait accepté à corps défendant. La reine l’avait voulu, et il avait fallu s’incliner jusqu'aux genoux.

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