Petites villes nouvellement fondées
à + entree
vous un pays vignoble où il est impossible de se procurer une bouteille de vin ordinaire, produit dans les environs, à moins de quatre ou cinq francs et, dans beaucoup de villes, de huit ou neuf francs. La conséquence est que, à l'exception des grands hôtels des grandes villes, vous ne voyez pas une seule salle à manger où il se boive du vin. Le peuple boit du thé qui lui détruit l’estomac et du whisky qui lui détruit le reste. L'eau rougie, cette bonne et agréable boisson de la bourgeoisie et du peuple français, est inconnue; il faut à ces gosiers anglo- | saxons quelque chose qui les gratte et les racle. É
Je disais un jour à un Australien de Melbourne : L
—— Comment se fait-il que, dans ces climats généreux où le peuple devrait passer la moitié de ses loisirs au grand air, vous ayez introduit les tavernes, ces ignobles bouges anglais où il faut prendre sa boisson debout et dans une atmosphère hideuse ? Pourquoi ne pas avoir, dans les jardins et dans les grandes artères de la cité, de jolis cafés, comme sur le continent de l’Europe, où l'on puisse apaiser tranquillement sa soif et où l’on puisse se permettre le luxe d'emmener avec soi sa famille?
Pourquoi pas? Je le sais. Parce que dans les cafés en plein air on est vu, tandis que dans les tavernes on est caché. La raison qu’il me donna est beaucoup moins flatteuse pour la race anglo-saxonne que la mienne.
— Mon cher monsieur, me dit-il, si vous voulez
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bien considérer l'ivrognerie qui existe déjà (et que malheureusement pour nous vous n’exagérez point) alors que l’homme est obligé de rester debout pour boire, jugez un peu ce qui arriverait si on lui permettait de s’asseoir et de boire à son aise.
Voilà cependant cette race anglo-saxonne qui chante ses propres louanges à nous étourdir et qui déclare que sa grande vertu est l'empire de soi, le self-control. Curieuse race qui ne peut rien faire modérément et qui, pour supprimer l'ivrognerie, ne voit d’autres remèdes que de supprimer les cafés respectables et de forcer le peuple à boire de l'eau.
LA MAISON JOHN BULL ET Ci°
Deux petits souvenirs gais pour finir.
On sait que, dans les colonies, comme en Amérique, des populations se sont ruées sur certaines localités dans l'espoir d'y trouver de l'or, de l'argent ou tout autre métal précieux. Une simple rumeur avait suffi. A la hâte des tentes et des huttes, puis des maisons s'étaient élevées. On chercha, on trouva G'abord, puis on cessa de trouver et la population disparut, laissant derrière elle les malheureux qui n'avaient pas le moyen de déguerpir.
Ma diligence s'arrêta un jour en route à l'hôtel d’une de ces villes abandonnées pour permettre aux voyageurs de prendre un repas. Autour de cet hôtel régnait la désolation la plus complète.
— Comment faites-vous pour vivre ici? demandai-
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