‹ La maison John Bull & cie. [microforme]Chapitre 31 sur 54 · HE 1 - S · texte numérisé non relu

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thèse) avait reçu de mon impresario un billet qui lui permettait d'entrer librement à toutes mes conférences.

Le secrétaire du Centenary Hall crut devoir protester. Dieu merci, mon impresario tint bon et la conférence sur Renan fut répétée avec le franc succès qu'elle avait obtenu la première fois.

Ah! c'est moi qui aurais bien voulu protester d’être obligé de parler d’'Ernest Renan, de ce géant de grâce et de puissance, dans une salle consacrée deux fois par semaine au culte le plus mesquin, à ce culte étroit rendu par des pygmées à un Dieu qu'ils se sont fait à leur image et à leur propre petitesse et qu’ils nous enjoignent d’adorer ou... point de salut.

Que demanda Renan toute sa vie, si ce n'est la liberté de se composer à sa guise le roman de l’infini et la liberté de discuter toutes les questions religieuses ? N'est-ce point là du protestantisme tout pur? L’intolérance de ces dissidents est vraiment épique. Voilà des gens qui existent simplement parce que, autrefois, leurs ancêtres combattirent pour obtenir la liberté de conscience et qui, maintenant que la victoire a été remportée, sont devenus intolérants jusqu’à refuser chez les autres cette liberté de penser, d’agir et de discuter à laquelle ils doivent leur existence. |

Et, pour mettre la question religieuse de côté, at-il jamais existé un homme qui ait mené une vie

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plus pure que celle de Renan, plus entièrement consacrée à la recherche de la vérité e, à l'amélioration du genre humain ?

Mais que savaient-ils de Renan, «es ignorants bigots et ce bon jeune homme qui, après avoir accepté les faveurs de mon impresario, lui jouait derrière le dos ce vilain tour de cagot?

L'intolérance de ces gens est au-dessus de toute conception. Quand j'arrivai à Maitland, ville assez importante de la Nouvelle-Galles du Sud, le maire ct les membres du conseil municipal eurent l’amabilité de me souhaiter la bienvenue dans la salle de l'Hôtel de Ville en buvant un verre de champagne à ma santé. Parmi les citoyens qui avaient accepté l'invitation de se joindre à ces messieurs se trouvait le vicaire de la paroisse, homme du monde charmant et spirituel.

Le lendemain, plusieurs dissidents de la ville (je ne me rappelle pas si c'était des Wesléyens, des Sociniens, des Méthodistes, des Anabaptistes, des Luthériens, des Presbytériens, des Swedenborgiens, des Sandémaniens, ou des Batraciens, très certainement, ce n’était pas des Chrétiens), plusieurs dissidents, dis-je, attaquèrent le vicaire avec un acharnement de dévots « pour avoir assisté à une réception donnée en l'honneur d’un homme dont les confé-

rences étaient annoncées dans les journaux sous le

nom de Causeries-Comédies ». (Textuel).

— Ah! me disait un jour en soupirant un Aus-

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tralien appartenant à quelque secte dissidente, vous autres Français, vous ne passez pas le dimanche à prier comme nous le faisons. |

— Non, répondis-je, en France, nous n'avons pas à passer le dimanche à nous repentir de ce que nous avons fait pendant la semaine.

Et, pour mot de la fin, comme dirait le chroniqueur, permettez-moi de reproduire ici l'annonce d’un sermon que j'extrais de la colonne des réclames dans un journal de la Nouvelle-Zélande.

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