ETES
sévérance opiniâtre, acharnée, cette ténacité de bouledogue qui a fait faire aux Anglais tant de grandes choses et qui met encore l’Écossais hors concours dans toutes les entreprises qui exigent des privations, des fatigues et une longue persévérance.
Pour lui l'existence a toujours été relativement facile. Il n’a eu ni formidables sauvages à combattre, ni bêtes féroces à abattre. Les rigueurs de l'hiver lui sont inconnues. Le soleil l’éclaire et le chauffe toute l’année au milieu d’un ciel presque toujours sans nuages. |
Le vagabond lui-même, qui vit de la générosité des fermiers, à la porte hospitalière desquels il frappe tous les soirs au coucher du soleil, n’a besoin pour toit que d’une couverture, et une petite marmite lui suffit comme ménage. Il vit en plein air. Alors même que de meilleurs jours ne sauraient luire en espérance, il mange, il respire l'air pur, il ne souffre ni de faim ni de froid, il est libre, il voit constamment le soleil, et la nuit des myriades d'étoiles lui sourient. Il peut presque être content de son sort, qui est incontestablement meilleur que celui du mineur et des ouvriers qui gagnent leur vie dans les usines. En Australie, il n’y a de véritable misère qu’à Melbourne et à Sydney. Et encore, je ne connais pas de sot métier qui ne permit, avec quelques mois d'économies, de quitter ces grandes villes et d'aller s'établir fermier-propriétaire dans un
LA MAISON JOHN BULL ET ci®
230 LA MAISON JOHN BULL ET ci°
Le me “+ dx < ” ie
coin du Bush à tout homme prêt à être son propre laboureur.
L’Australien a la passion du plaisir. Il n’y a pas de pays où le peuple fréquente en aussi grand nombre les théâtres, les concerts, les expositions, et tous les lieux où l’on s'amuse; il n’y a pas de peuple qui prenne autant de vacances et qui se livre avec autant d'entrain aux jeux nationaux; il n'y a pas de société qui dine et danse autant que la société australienne.
Les plaisirs du peuple sont bruyants et souvent grossiers ; mais l’Australien s’y livre avec plus de gaieté que l'Anglais dont la figure renfrognée, presque féroce, vous ferait croire, par exemple, que lorsqu'il joue au ballon ou au cricket, il défend l'honneur de son pays contre un ennemi qui a juré de l’anéantir. L'Anglais s'amuse tristement; il entre au théâtre ou au bal avec la figure que nous faisons en France quand nous allons à l’enterrement d’un ami ou d'un oncle qui ne nous à pas mis sur son testament. Aux bals du Government- House, à Melbourne et à Sydney, les visages souriaient et respiraient le plaisir ; ce n’était pas un devoir, une fonction, comme disent les Anglais, qui se remplissait ; les hommes et les femmes dansaient avec entrain, jasaient gaiement. Ils s’amusaient vraiment.
Et comment ne pas s'amuser au Government- House de Melbourne quand l'hôte est le comte de
# QE doute 2 7? L Ÿ i L Te remet ANT PROS, er A UT ENT TA TR EN EE
opre
| pas rand s, et s de ivre "y a iété
vent s de née,
Hopetoun ? Ce jeune diplomate a trente ans environ, la figure souriante et gaie, le front intelligent, le nez fin, la bouche délicate. Il est spirituel et aimable, plein d'entrain, grand seigneur jusqu’au bout des ongles, colossalement riche, et généreux en proportion. Non seulement tout son traitement passe en actes d’hospitalité et de générosité, mais tous ses énormes revenus. Quand il aura été cinq ans gouverneur et qu'il s’en retournera en Europe, les Victoriens feront bien de se mettre en deuil, ils n'auront jamais le pareil de Lord Hopetoun.
Mais de tous les plaisirs auxquels se livrent les Australiens il faut donner la palme aux courses de chevaux. C’est la passion dominante, c'est la rage.
L'instinct batailleur de l’Anglo-Saxon, l'amour de la concurrence, de la lutte, de la chance, de l’aventure, du gain facile, la passion du cheval qui, en Australie, est le compagnon de l’homme depuis sa première enfance, tout cela explique cette fièvre qui s'empare de l’Australien quand plusieurs chevaux, montés de jockeys aux blouses bariolées, sont là frémissants d’impatience sur le point de s’élancer sur la piste.
Ce n'est pas ici, comme en Europe, une partie de la société qui s'occupe de courses, c’est la population tout entière. Les hommes, les femmes, les enfants de la meilleure société coloniale ont engagé des paris: les négociants, les marchands, les commis,
232 LA MAISON JOHN BULL ET cie
les domestiques, les affamés, tous sont intéressés au résultat. Il n’est pas un coin du pays, du Bush, où la conversation ne roule sur l’événement du jour.
Le plus grand événement de l’année dans la vie coloniale, c’est le « Melbourne-Cup ». Le prix à gagner est de dix mille livres sterling, soit plus de deux cent cinquante mille francs. Les paris sont tels que, lorsque le cheval gagnant est connu, de douze à quinze millions changent de poche.
Les banques sont fermées, le commerce est arrêté, tout est suspendu, et la colonie est haletante d’impatience et de fièvre jusqu’à ce que dans tous les coins du pays soit arrivée la grande nouvelle : « C’est tel cheval qui a gagné le cup. » L'Amérique n’est pas plus surexcitée le jour où elle proclame le résultat de l'élection présidentielle.
J'ai assisté au Melbourne-Cup. Il faisait un temps épouvantable. Malgré la pluie battante, il y avait près de cent mille spectateurs, un dixième de la population entière de la colonie. S'il avait fait beau, le concours eût été beaucoup plus nombreux. Par un temps pareil, les Parisiens auraient hésité à se rendre à Auteuil ou à Longchamp; ici on était venu de la Nouvelle-Zélande, à cinq jours de voyage, de la Nouvelle-Galles du Sud, de la Tasmanie, de toutes les colonies.
Les gouverneurs de la Nouvelle-Galles du Sud, de l'Australie du Sud. et plusieurs autres encore
‘ %, ENT à r. vs ” pie ie V2 Er a A ee 25 D + ed eat DSL a nd So AL Si 2 ROMA ET ESPN EH PP, APE D D 7 mn ; attesté) tt :
LA MAISON JOHN BULL ET Cie 233
étaient venus à Melbourne pour assister aux courses.
ssés au Fe Bush, | — Quelque importante affaire d’État, dis-je à un
ami, est, je suppose, la cause de ce rendez-vous.
Wu — Certainement, répondit-il, la course du Cup la vie est l'événement le plus important de l’année.
à ga- <Les courses ont lieu à Flemington, village situé à dix à quelques kilomètres de Melbourne. Le champ de s que, courses est vaste, et l'installation des tribunes et de juze à tout ce qui peut contribuer au bien-être et au plaisir
du public est étudié avec un soin prodigieux. Sous irrêté, ce rapport-là, on ne saurait comparer à Flemington
d'im- ni Longchamp ni Epsom. Quant aux courses qui us. les se tiennent respectivement dans ces trois endroits, elle : c'est-à-dire le Melbourne-Cup, le Grand Prix de ‘rique Paris et le Derby, si l’on faisait une comparaison me le entre elles, le résultat serait tout à l'avantage de
la France.
Lemps À Flemington, vous avez une foule respectable avait composée pour la plupart de gens qui sont venus
de la dans l'espoir de gagner de l’argent. A Epsom, vous beau, avez le contraste britannique; le luxe effréné des . Par riches et l’orgie immonde des gens de basse condité à tion. À Longchamp, vous avez un rendez-vous pour la haute société, une fête de famille pour la
était
s de petite bourgeoisie, et un joli sujet de promenade Tas- pour le peuple.
d, de
1core
DT nd ppt 2 D A han, su Si a oi À É ms À à z ÿ * ” ‘ d ré L Dei 7, + bee On ne ue à 8 2 he red ae Ah ant P DB tb ré 0 ù : Lee space D PE Perte rmine E " <
2 gs RÉ ina SO
a ses ea er GS a
bIE : LS
PR EE ie n'hdr sil er io.
- 2 Eté M": mPÉ | Sn dj) AN LE
sr ft PT PT se ; TA PAL ELS LES Con Ah 25 0 CHORALE Qu js. LU ttes ue
Le Théâtre aux colonies, — Madame Sarah Bernhardt en Australie. — Théâtres anglo-saxons comparés aux théâtres de Paris. — Théâtres de variétés. — Le pourvoyeur des plaisirs intellectuels. — Un important acteur. — Les théâtres des petites villes.
Les Australiens sont très amateurs de théâtre. Des troupes anglaises, composées de soixante à quatre-vingts artistes, ne regardent pas aux frais immenses d'un pareil voyage. Ils emportent leurs costumes et leurs décors et, après six mois de séjour, reviennent à Londres généralement enrichis.
Madame Sarah Bernhardt elle-même n'a pas eu à regretter sa visite aux colonies, A Sydney, à Melbourne et à Adélaïde, elle fit, il y a trois ans, une ample récolte d’applaudissements et de guinées. Je ne voudrais pas affirmer que les spectateurs savaient assez de français pour comprendre et apprécier la finesse, la subtilité et la puissance de la grande tragé-
Auses de aisirs s des
LA MAISON JOHN BULL ET ci® 235
dienne française; mais ils se pressèrent en foule pour aller la voir, et la remercier en personne d’avoir bien voulu considérer les colonies comme un champ d'opération digne d’être exploité par la plus grande actrice des temps modernes.
Melbourne et Sydney possèdent des théâtres superbes tout aussi bien installés que ceux d’Angleterre et d'Amérique, et le bien-être du public 7 est étudié avec beaucoup plus de soin qu’à Paris. Quand vous avez acheté un billet, vous êtes au bout de vos peines et vous n'avez plus qu’à vous amuser. A Paris, quand vous avez acheté votre billet, qui n'est point numéroté, les ennuis commencent et ce billet ne sert qu'à vous faire passer de tyrannies en tyrannies : au monsieur du contrôle, en habit noir et cravate blanche, aux appointements de quatre francs cinquante centimes, qui vous traite du haut de sa grandeur; à la harpie, « dont la barbe fleurit et le nez trognonne », qui vous fourre où bon lui semble, si vous ne graissez pas sa patte de duègne, qui vous ennuie avec un petit banc dont vous n'avez que faire, qui vous harcèle jusqu’à ce qu'il vous prenne des envies de lui dire : « Va-t'en au diable, toi et ton petit banc et tes minauderies de vieille-garde en retraite qui se rend toujours et ne meurt jamais. » Est-il au monde un public plus parfaitement tyrannisé que ce bon public de Paris? Est-il une ville où l’on soit plus routinier? N'’est-il donc pas possible d’avoir dans les théâtres de Paris,
ME
comme dans ceux de l'Angleterre et des États-Unis, des billets numérotés qui permettent au spectateur d'aller s'asseoir en paix dans le fauteuil portant le numéro du billet qu’il a acheté, sans être obligé d’avoir à faire des bassesses pour obtenir la place qui lui appartient?
Dans les théâtres de tous les pays anglo-saxons, c'est-à-dire de tous les pays libres où règne le bon sens, où le public est le maître, un billet de théâtre acheté donne droit à une place marquée, à un programme qui est aussi indispensable au théâtre que la carte du jour au restaurant, et à un clou au vestiaire pour y pendre son pardessus, sans que le spectateur ait à être obsédé par une bande de mendiants abjects qui n'ont d'autre affaire au théâtre que d’être les serviteurs obligeants du public.
Les théâtres dont je parle font encore mieux que cela. Tous sont pourvus de buvettes, de fumoirs, de lavabos, de salons-vestiaires pour les dames, et enfin de toutes les commodités que l'administration du théâtre croit son devoir de mettre à la disposition du public qui lui apporte son argent.
Si les théâtres australiens sont confortables et luxueux, les plats qu'on y sert sont de tristes productions.
J'y ai vu quelques excellents acteurs, devenus pour ainsi dire Australiens, MM. Brough et Boucicault (ce dernier est fils du fameux acteur américain), M. Tetheridge dans la bonne comédie, et M. Walter
LA MAISON JOHN BULL ET Cie
tn ET RE À TS : à er, 1 A RO RRQ ART
Unis, ateur nt le place
XONS, bon éâtre proque au
e le nenédtre
que ir, , et tion tion
s et )rO-
OUT ault
Iter
LA MAISON JOHN BULL ET Ci'* 237
Bentley dans le drame et la tragédie; mais les pièces qui ont le plus de succès avec la masse du public sont des coq-à-l’âne idiots que le théâtre de Montmartre rejetterait avec dédain, des successions de chansons et de danses en costume, que les Angiais appellent Variety-Show : figurez-vous un programme de Folies-Bergère du dernier vulgaire et du dernier bête. C’est un bonhomme au nez rouge, avec un crâne chauve de six pouces de hauteur surmonté d'un chapeau dérisoirement petit qui ne saurait rester en équilibre. Le bonhomme est saoul à rouler; il chante, danse et tombe : il se relève, rechante, redanse et retombe, et cela amuse les badauds pendant un quart d'heure. Ensuite arrivent une douzaines de filles, généralement jolies, et fort légèrement habillées. Elles chantent en dansant, puis font place à quelque autre cabotin qui lui aussi va danser. Un acteur australien qui ne sait pas danser une gigue est un meuble inutile dans l'établissement.
Pour ses plaisirs intellectuels l'Australie s'adresse à MM. Smythe et fils qui ne lui font jamais faux bond. Ces fameux impresarios lui font entendre les plus grands artistes et les conférenciers les plus connus de l'Europe. Sous sa direction ont paru madame Arabella Goddard, la plus grande pianiste que l’Angleterre ait produite ; M. Santley, le fameux baryton anglais ; Sir Charles Hallé, le pianiste, et madame Neruda, la grande violoniste; M. Archibald
Le:
ne
ER SE en RTS ee es nc CRE enERet Le PE réen - EÉ TRS
on roc
dm come
; D M EE Te nn seen, £ i - —— cg — ant 2
238 LA MAISON JOHN BULL ET c'e
Forbes, le fameux correspondant dont les souvenirs de guerre ont fait courir l'Angleterre, l'Amérique et les colonies ; M. Georges-Auguste Sala, le plus spirituel des journalistes anglais ; M. Henry-M. Stanley, l’explorateur de l'Afrique centrale qui est allé raconter ses aventures et ses découvertes. J'en passe et des moins bons, parmi lesquels se trouve votre humble serviteur.
Rien n'est plus amusant, aux colonies, que d’entendre les discours que le public force le principal acteur de leur faire quand la représentation est finie. En Amérique, j'ai vu l’auditoire insister pour que l'acteur fit un discours à chaque entr'acte. A l’avant-dernier il dut s’excuser, « car, dit-il, j'ai à mettre pour le dernier acte un costume qui me prendra au moins dix minutes ».
Ces discours sont généralement des flatteries adressées aux spectateurs. L'acteur s’avance vers la rampe, remercie le public de vouloir bien l’honorer de sa confiance et promet que, à l'avenir, il continuera à faire tous ses efforts pour mériter l’approbation qu'on lui a accordée dans le passé. Puis il parle de son art, de ses recetlcs, de ses affaires privées.
J'ai un jour entendu à Melbourne un acteur, dont la réputation s’est faite à chanter des gaudrioles et à danser des gigues, faire les remarques suivantes:
« Mesdames et messieurs, j'ai lu dans un des journaux de la ville, que Dan G. (le nom d’un
KT ph ae CT EE ARE RE TBE
su
Dhs LE ht er Le pit Mort lt amp ae ann mn dr he ’ * APT LT VOLE Dire EN D" ge Pen cg d
confrère) et moi nous étions brouillés. Je désire donner à cette assertion le démenti le plus formel. Dan et moi nous avons toujours été les meilleurs amis. Nous avons tous les deux assez de succès pour n'être point jaloux l’un de l’autre, et je vous prie de bien croire que nos relations sont toujours des plus cordiales ».
Et le public d’applaudir.
Bismarck, réfutant au parlement la rumeur qu'il s'était querellé avec l’empereur d'Allemagne, n’eût pas pris la chose plus au sérieux. C'était du dernier comique.
Mais ce qu'il faut voir ce sont les mélodrames qui se jouent dans les petites villes ; ce qu'il faut admirer, c'est la vaillance du public qui gobe ces pilules ; et ce qu'il faut plaindre, c’est le sort des pauvres cabotins roulant leur bosse de ville en ville, heureux quand les recettes leur permettent de payer la note d'hôtel et de prendre un billet de chemin de fer pour la destinstion suivante.
Ces pièces sont une succession de quinze, vingt tableaux dans chacun desquels l'héroïne est sur le point de succomber aux machinations infernales d'un misérable, le vilain traditionnel, quand le héros, qui se trouve là par hasard arrive à son secours. La toile tombe et les quelques braves gens qui sont dans la salle reprennent haleine. Le rideau se lève de nouveau. Le villain a réussi à séduire la jeune fille, Il lui annonce qu’il va l’abandonner.
METZ . 2e ee er te SRE CRE LV HORS AT he TE
AD POP AE, AA M PS AT BP M MAD à CAE 79 Ne DEL RIRES
LA MAISON JOHN BULL ET Ci°
— Mais je l'aime! s’écrie la malheureuse.
— Qu'est-ce que cela me fait? répond le vilain, crois-tu que je puisse continuer à avoir des relations avec une créature aussi dégradée que tu l'es ? Pars, ou je te tue.
Mais le héros est encore là, par hasard. Il saisit le villain qui, pour s’entetenir la main, a tué le père de la jeune fille. Le pauvre père ne lui avait rien fait, mais quand on est viliain on a une réputation à soutenir. Le héros saisit donc le misérable, lui passe des cordes autour des bras et l'attache à une chaise. Le wllain pourrait s’en aller emportant le meuble avec lui, mais il accepte sa position comme inévitable. Il ne bouge pas, il attend. Il n’attend pas en vain. À peine le héros est-il sorti pour aller chercher la police qu’un ami du vilain, qui se trouve là par hasard, le délie et le met en liberté ; mais, au moment où il va sortir, un ami de la jeune fille, qui se trouve là par hasard, ressaisit le misérable, lui repasse les cordes autour des bras et le relie à la chaise. IL est très fort, cet ami de la jeune fille, aussi le villuin et son complice se contentent-ils de surveiller l'opération sans broncher, et de regarder faire.
Dans le tableau suivant, la malheureuse jeune fille abandonnée erre à travers le pays à la recherche d’un asile. Elle tombe évanouie de défaillance. Arrive le villain qui la secoue.
— Toujours sur mes pas, dit-il ; il vaut mieux en finir.
cité si à
Ilain, tions Pars,
sit le père rien ation , lui une nt le mme d pas aller i se rlé ; eunc isérelie fille, suraire.
fille rche rrive
x en
LA MAISON JOHN BULI, ET cie 241
— Ne me tue pas! s'écrie-t-elle.
Heureusement un ami qui se trouve là par hasard.
À la fin du visguème tableau, le vilain est empoigné. Personne ne se trouve là par hasard pour le délivrer, et la pièce est finie.
Ces fumisteries sont arrangées par l'acteur qui dirige la bande , sont annoncées comme faisant fureur aux colonies, et sont souvent signées des noms les plus célèbres du jour, surtout de ceux dont le public s’entretient au moment.
Aïnsi la production dont je viens de faire mention était signée C.-H. Spurgeon. C'était au moment où le grand prédicateur philanthrope anglais venait de mourir et que son nom était sur toutes les lèvres.
Quand M. Henry-M. Stanley retourna en Europe après avoir achevé sa brillante tournée de conférences en Australie, les pièces de ce genre furent signées Stanley pendant plusieurs mois.
D eg ARR ar ue
Er = ,
CS
Ÿ à de l À | # } à } | 1H |!
1 1 dl 1 (6 Et ::
# À À } L hu » L { } FA il JR :
: FR j L ini : | { &) H (#1 [a | L } (OR t 1 ) 1 , | 14 {
Les Chemins de fer aux colonies. — On part, mais on n'arrive pas. — Une femme pressée, — Trains mixtes, — Respect humain. — Curieux compagnons de voyage. — Ces dames sont traitées de poseuses.
Aujourd'hui, a dit je ne me rappelle plus quel écrivain français, on ne voyage plus, on part et l'on arrive.
Dans les colonies, on part mais on n’arrive pas.
A l'exception des trains express entre Sydney, Melbourne et Adélaïde, les convois ne font guère plus de dix milles à l’heure. Ce sont bien des convois, et j'en étais tellement convaincu que lorsque j'en voyais passer un,Jje me découvrais instinctivement.
Il n’y a point d’endroit au monde où vous vous sentiez plus en sécurité que dans un train aux colonies. Il n’y a qu'une voie et par conséquent aucune collision à craindre. Vous êtes sûr
arrive Respect dames
s quel art et
as.
dney, guère ÿ conrsque ment.
LA MAISON JOHN BULL ET Ci° 243
d'arriver sain et sauf. Seulement, si vous êtes pressé, allez à pied ou en voiture.
C'est avec toutes les peines du monde que le mécanicien parvient à ne pas arriver avant l'heure marquée sur l'indicateur. Il fait ce qu’il peut. Il s’arrête à des stations où personne ne désire monter ou descendre ; il s'arrête devant chaque cabane qui se trouve sur la route dans l'espoir qu'on lui remettra une lettre ou un paquet ; s’il voit dans quelque champ plusieurs garçons faire une partie de ballon ou de cricket, je crois, ma parole d'honneur, qu’il arrête son train pour les regarder. Malgré tout son bon vouloir, il est rare qu'il n’arrive pas à sa destination avant son heure, J'ai vu des gens arrêter le train en route comme on arrête un omnibus dans la rue.
Les colons sont les premiers à prendre la chose de bonne humeur et à raconter d’amusantes histoires sur le sujet.
En voici une qui court les rues.
Le mécanicien d'un train aperçoit sur le petit chemin qui longe la voie une pauvre femme au pas lourd et fatigué. Frappé de compassion pour elle, il arrête le train et lui dit:
— Montez, ma brave femme, je vais vous mener jusqu’à la station voisine.
— Merci bien, répond-elle, ce serait avec plaisir. mais je suis pressée.
La chose, cependant, s'explique facilement.
Les chemins de fer, aux colonies, sont construits