‹ La maison John Bull & cie. [microforme]Chapitre 36 sur 54 · Édimbourg et Dunedin signifient le Fort d'Edwin · texte numérisé non relu

Édimbourg et Dunedin signifient le Fort d'Edwin

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C’est le rendez-vous de l'aristocratie coloniale, c’est le faubourg Saint-Germain des colonies.

Wellington, au midi de l’île du Nord, est le siège du gouvernement. La ville est admirablement située et ressemble, par la position qu'elle occupe, à Hobart, la capitale de la Tasmanie. La plus graude construction en bois qui existe au monde est le parlement de Nouvelle-Zélande à Wellington. Ses énormes dimensions ne l'empêchent pas d’être gracieux. J'ai trouvé à Wellington une société d'élite, d'une amabilité charmante, et, comme dans la bonne société des grandes villes australiennes, des portes hospitalières grandes ouvertes.

Auckland, ville de plus de soixante mille âmes, bâtie au fond d’une jolie rade sur des collines pittoresques d’où l’on obiient des points de vue de toute beauté, est destinée par sa position exceptionnelle et l'énergie de ses habitants à atteindre l'importance de Melbourne et de Sydney.

La rapidité avec laquelle ces villes croissent est prodigieuse. Un entrepôt commercial s'établit. Au bout de quelques semaines une taverne s'établit, une banque ouvre ses portes, un journal s'installe et voilà la population qui arrive et se groupe. Au bout de quelques années, il y a là une ville prospère. Pas un soldat, pas un fonctionnaire. Voilà ce qui franne nn Français dont le pays est rongé par la bureaucratie.

Un spirituel voyageur français, M. Georges Kohn,

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dans son Voyage autour du Monde, volume d’une observation très fine et d'une verve intarissable, s’'écrie: « Dans nos colonies, la première maison est un poste de gendarmes ; la deuxième, celle d’un percepteur ou d'un substitut; la troisième un bureau de statistique, et l’on attend encore les colons à surveiller, à taxer, à juger et surtout à recenser. »

Dans les colonies anglaises la population d'abord, l'intervention du gouvernement après. Chez nous le gouvernement d’abord, la population... va-t’'en voir si elle vient. La population reste chez elle, en France; et quand nos soldats ont assuré la tranquillité et la sécurité d'un pays, les Anglais, les Allemands, les Danois, les Suédois, les Chinois et autres gens en oîs vont s'y installer, et les bons contribuables français se demandent, en payant la note, ce qu'on est allé faire dans cette galère.

Je garantis que, sur nos trente-six millions d’habitants, il n'y en pas cinq cent mille qui sachent exactement où se trouvent les colonies françaises. Je garantis qu'il n'y a pas, en France, une seule mère (cette femme dont l'empire est suprême dans la famille) qui ne s'oppose à l’émigration de ses fils et qui ne préfère pour eux des places de plumitifs à dix-huit cents francs d’appointements. Allez donc faire des coloni:s avec des sentiments pareils ! L'Empire britannique a été fondé par l’esprit d’indépendance inculqué et alimenté chez l'Anglais depuis

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sa plus tendre enfance, non seulement à l’école, mais dans la famille.

Indépendamment des quatre grandes villes, il faut nommer Invercargill, Oamaru, Timuru, Nelson, Napier, Wanganui, Palmerston, villes de trois à six mille âmes ; Nelson, un bijou de ville, une idylle, une Arcadie en miniature, une Belle-au-Bois-Dormant; Oamaru, avec sa rue de palais ; Wanganui,avec un monument dont l'inscription est un chef-d'œuvre d'humour :

« À la mémoire des braves tombés glorieusement en défendant les lois et la cause de l’ordre contre le fanaiisme des barbares ».

Vous croyez peut-être que ces braves sont les pauvres Maoris qui furent tués en défendant leur territoire. Pas du tout : ce sont les Anglais qui étaient venus s'emparer de leur patrie et les priver de leurs libertés.

Les villes de la Nouvelle-Zélande sont coquettement bâties, les rues bien entretenues, larges et bien alignées. Les grandes villes possèdent toutes d'excellents musées et des jardins publics superbes.

Les Australiens, pour qui un voyage en mer de cinq jours est une plaisanterie, vont passer l'été en Nouvelle-Zélande où la chaleur est beaucoup plus supportable que chez eux. Si la Nouvelle-Zélande n’était qu’à cinq jours de l’Europe , nos touristes s’y rendraient en foule.

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