‹ La maison John Bull & cie. [microforme]Chapitre 38 sur 54 · PTS · texte numérisé non relu

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reprennent en chœur. C'est vertigineux. La figure reste impassible et un peu souriante. Quel dommage que la jalousie soit inconnue chez ces femmes-là ! Une scène de jalousie, une prise de becs entre deux commères pareilles, serait quelque chose à ne jamais oublier de la vie. J'ai vu des hommes :hercher à se mêler à la conversation. Ils se hasardaient à dire quelque kolokulu, qui signifiait probablement « Avez-vous un moment ? » Puis ils s’asseyaient ct, ayant renoncé à l'espoir de fourrer un mot, ils écoutaient ou s'endormaient.

Les Maoris regardent la femme mariée d'un œil plutôt français qu'anglais, quand il s’est donné un coup de canif dans le contrat.

Il est vrai que la femme doit obéissance à son mari, qu’elle le sert et travaille pour lui, mais, en revanche, il est tenu d’être bon pour elle. La femme est servante, mais non pas esclave, et sa bonne conduite dépendra des bons traitements qu’ellerecevra de son mari.

L’Anglais, trompé par sa femme, se dit : « Si l’on m'avait volé mon cheval, j'aurais droit à une compensation, à plus forte raison j'ai droit à des dommages-intérêls, puisque c'est ma femme que l’on m'a volée ». Il plaide devant le tribunal civil et demande à l’amant de sa femme des dommagesintérêts pour « l’aliénation des affections » de son épouse, c’est-à-dire la perte de son cœur et de ses dépendances. L’Anglais ne se dit pas : « Ma femme

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LA MAISON JOHN BULI ET Ci* 271 diffère de mon cheval en ce sens qu’elle pense et que, sielle m'a été infidèle, il n'y a pas vol puisqu'elle n'a pas été prise de force, mais a fort bien agi de son propre consentement. »

En France, une épouse infidèle couvre plus son mari de ridicule qu'elle ne se couvre de honte, et, pour expliquer son erreur de conduite, on se met à chercher des défauts chez lui et des excuses chez elle,

Chez les Maoris, quand une femme trompe son mari, on dit : « S’il avait bien traité sa femme, cela ne serait pas arrivé », et, jusqu’à ce qu'on sache les détails de l'affaire, on donne tort à l’homme. Si l’on découvre qu'il n’a pas été bon mari et que sa femme avait des raisons de se considérer maltraitée, la tribu à laquelle appartient la femme se venge souvent en pillant la tribu à laquelle appartient le mari trompé, et ceux-ci reconnaissent la justice des représailles à ce point qu'ils se laissent voler sans chercher à défendre leurs biens et même sans se plaindre.

Le Maori n’exige pas que sa fiancée soit vertueuse, et elle ne l’est presque jamais; mais, quand il l’a épousée, il exige qu’elle lui soit fidèle, et il est rare que sa conduite envers sa femme fournisse à celle-ci une excuse pour faire des cascades.

Quand deux Maoris sont pris en flagrant délit d’adultère, ils sont liés ensemble et exposés pendant trois jours aux insultes des habitants de la tribu, qui

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