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crachent sur eux et leur infligent toutes sortes d’ignominies. Au bout des trois jours, ils sont chassés de la tribu, et les représailles dont j'ai parlé plus haut ont lieu si, je le répète, la conduite du mari envers sa femme a pu servir à celle-ci d’excuses pour être infidèle.
L’adultère est un affront vivement ressenti par les Maoris, et il a souvent été la cause de guerres acharnées entre diftérentes tribus.
Les Maoris sont un peuple à l'imagination vive et poétique.
Voici les réflexions d’un Maori sur la beauté des Anglaises : « La beauté chez nos femmes est comme un beau jour de printemps. Arrive une bourrasque et tout a disparu. La beauté des Anglaises dure plus longtemps. Elles sont belles comme le matin. Les roses s'étalent sur leur visage et l’azur du firmament se reflète dans leurs yeux ».
Leurs légendes sont exquises de poésie. Les Maoris racontent à leurs enfants que, au commencement du monde, le ciel et la terre étaient mariés, mais qu’ils ont été séparés par les ouragans, leurs enfants. Mais ils continuent à s’aimer. Les soupirs doux ct chauds de la terre s'élèvent de son sein vers le ciel, sous forme de vapeurs brumeuses, et le ciel répand ses larmes sur la terre toutes les nuits, et les hommes ont äsunné à ces larmes le nom de rosée. La mythologie des Maoris, pleine des légendes les
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plus poétiques et les plus fantastiques, montre combien la race a toujours eu l'esprit imaginatif. Sir Gevrges Grey ! a recueilli toutes ces légendes et les a publiées en anglais et en maori.
Les Maoris sont fiers et paresseux. Ils passent leur temps à dormir, à fumer et à bâiller au soleil dans un délicieux otium cum dignitate. En Afrique, les nègres sont domestiques, charretiers, sarçons de magasin, hommes de charge à tout ïaire; ils travaillent pour les blancs. Le Maori ne travaille point pour les blancs, ce sont les blancs qui travaillent pour lui. Les femmes seules ne croient pas déroger en travaillant.
Ces Maoris, il faut le reconnaître, sont admirablement traités par les Anglais, qui leur ont laissé, au centre de l'Ile du Nord, un vaste territoire ? qu'ils
1. Sir Georges Grey, ancien gouverneur en chef de la Nouvelle-Zélande, et le plus grand administrateur que l’Angleterre ait jamais envoyé dans ses colonies. Son nom est encore vénéré dans l’Afrique du Sud comme il l’est dans la Nouvelle- Zélande. Partout il a su gouverner par la conciliation. Les Maoris jurent par lui et se fergient tous tuer pour lui. Il s’est montré l’ami des races conquises par sa modération, sa philanthropie, sa générosité et sa justice. L’Angleterre serait vénérée aux quatre coins du monde si ses représentants étaient tous des diplomates du calibre de Sir Georges Grey. La reine vient de le nommer membre du Conseil privé de l'Empire. Sir Georges Grey a quatre-vingt-deux ans.
2. Ce territoire porte le nom de Pays du Roi, King's Country.
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sont encore seuls à posséder. Ils louent leurs terres aux Anglais et vivent de leurs rentes, et c’est fort piquant de voir des Anglais ayant pour propriétaires des Maoris. Quelques-uns se font ainsi d'énormes revenus. Il y en a un qui jouit d’une fortune de trois cent quatre-vingt mille livres de rente. Dans les environs de Wanganui, j'ai vu des ouvriers anglais en train de faire des pirogues pour des Maoris qui les regardaient travailler et qui, couchés voluptueusement sur l’herbe et fumant leurs pipes, leur donnaient leurs instructions sans même se donner la peine de se lever.
Les Maoris sont très licencieux. Leurs danses sont obscènes, les sculptures dont ils ornent leurs habitations sont d’une indécence grossière, leur dieu est Priape et leurs actions comme leurs paroles tournent autour d'une idée fixe : phallus.
Le haka, sorte de danse échevelée, est une sarabande où hommes et femmes se démènent et se déhanchent en faisant des gestes et des mouvements d’un réalisme épouvantable. Je n'ai vu qu’un semblant de haka, un haka des plus bienséants comparé au véritable haka dont je me suis fait grâce. La nature humaine m'intéresse partout, et je suis résigné à presque tout voir, entendre, et même souvent sentir, pour mieux m'initier aux mœurs des peuples au milieu desquels je me trouve; mais il y a des moments où il serait par irop malséant de pousser à l'extrême, et s’il y a un extrême en ce monde, c’est
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