‹ La maison John Bull & cie. [microforme]Chapitre 40 sur 54 · PEER · texte numérisé non relu

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LA MAISON JOHN BULL ET Ci° 275

le haka maori, du reste défendu aujourd’hui par les Anglais. Dans cette danse, les Maoris perdent toute réserve et s’abandonnent sans vergogne aux actes les plus révoltants. C’est une saturnale effroyable qui a pour eux un attrait tellement irrésistible, que, lorsqu'elle a commencé, les voisins arrivent de toutes parts, se mêlent à la danse et ne s'arrêtent qu'épuisés de fatigue.

Dans la cabane d'un village maori, situé à quelques kilomètres de Wanganui, j'ai eu l'honneur d’être présenté à Wic !, dont la beauté faisait autrefois fureur. Wic était couchée et fumait sa pipe, Elle se leva et vint me serrer la main. La belle Maorie a aujourd'hui quarante ans et possède encore de fort beaux restes. Autrefois elle était superbe et se faisait entretenir par les plus riches Anglais de la Nouvelle-Zélande ; mais elle est rentrée au bercail, et aujourd’hui elle est la femme docile et fidèle d’un Maori, aussi paisible qu’une petite bourgeoise des Batignolles. Elle fume sa pipe et songe aux gloires du passé. Son mari est si fier d’elle et de son passé qu'il l’exempte de tout travail pénible. On raconte que, un jour, son amant, colonel de l’armée anglaise, la mena voir au théâtre une troupe de Maoris. Elle était habillée à l’européenne, en toilette de bal, et occupait une loge. Bientôt le kaka commence, mais naturellement fort anodin, de manière à ne pas trop

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