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6 LA MAISON JOHN BULL ET Cie
comprends l'allemand, et je suis assez bête pour m'en vanter; mais cela ne m'a causé aucune espèce d’inconvénient. Les Allemands parlent anglais et oublient même souvent leur propre langue. Ils sont très sensés, car il est beaucoup plus facile d'apprendre l’anglais qu’on ne sait pas que de se rappeler l’allemand qu'on sait. Voilà pourquoi les Allemands de New-York, de Chicago, de Sydney, d’Adelaïde et du Cap de Bonne-Espérance, parlent, pensent, croient et prient comme des Anglais.
Je demandais un jour à un écrivain anglais distingué, l'honorable Lewis Wingfield 1, qui avait plusieurs fois fait le tour du monde, s'il avait l’intention de publier ses impressions de l'Australie.
« Mon cher ami, me répondit-il, les habitants des colonies sont si aimables, si hospitaliers, si fiers de leur pays! Comment, diable, voulez-vous que j'aille écrire un volume pour leur dire combien je me suis ennuyé chez eux? »
Le fait est qu'on ne saurait s'attendre à trouver le pays qui a de l’avenir aussi intéressant que le pays qui a un passé. M. Wingfield n’était pas seulement écrivain, il était artiste, et les pays nouveaux offrent rarement à l'artiste de quoi satisfaire ses goûts. Si, cependant vous éprouvez de la sympathie pour votre sujet, si la nature humaine vous