‹ La maison John Bull & cie. [microforme]Chapitre 42 sur 54 · RER · texte numérisé non relu

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séparés comme aux bains publics : côté des hommes, côté des dames, mais sans cloison.

Les Maoris étaient, il y a une trentaine d'années, pas davantage, de voraces anthropophages ; mais voyez si les temps ont changé! aujourd’hui quatre Maoris, qui naguère déjeunaient d’un bifteck humain ou d’une cervelle de missionnaire, siègent au parlement de la Nouvelle-Zélande, députés par leurs concitoyens pour y défendre les droits et les intérêts des naturels.

Ne voilà-t-il pas encore là un fait qui aidera à nous faire comprendre le succès des entreprises de la maison John Bull et Ci°?

Partout les jeunes Maoris vont à l’école, même dans la « contrée du roi», et partout ils s’y font remarquer par leur intelligence, et il y en a qui occupent aujourd’hui les premiers postes dans l’Administration. Mais tel est l’instinct nomade et sauvage de la race que chaque fois qu'il leur a pris l'envie irrésistible de quitter les villes pour aller revoir leurs pahs, ils ne sont point revenus.

La civilisation les étiole et partout en Nouvelle- Zélande, excepté dans la « contrée du roi» où ils vivent au naturel, leur nombre décroit tous les jours.

Adieu, jolie Nouvelle-Zélande, probablement le plus joli pays de la terre. Que je voudrais encore entendre tes poéliques légendes et repaître mes

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yeux de tes superbes paysages |! Que je voudrais encore jouir de l’hospitalité de tes aimables habitants et écouter la douce musique de tes naturels ! J'entends encore leurs mokoloulou. kiripi- F: tata, warakewera, waramanatikipou.

| Adieu. Ta-ta!

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De Melbourne au Cap de Bonne-Espérance. — L'Australasian. — Le dimanche à bord. — Conversions. — Mort d'une pauvre mère, — Cérémonie. — La baie de la Table, — Le couvert est mis. — Arrivée à Cape-Town.

Plusieurs Compagnies expédient de Londres en | Australie des bateaux qui touchent au Cap de h

Bonne-Espérance ; mais il n'y a que la ligne d’Aberdeen qui fasse le service de l’Australie au Cap; {. les autres continuent leur roule autot. Au monde L par le cap Horn et Rio de Janeiro. 1l y a donc | pas à choisir. |

Je me rappelai avoir lu dans l’intéressant volume Oceana, de M. Froude, que le grand historien anglais avait fait tout le voyage de Londres à Melbourne à bord de l’Australasian. Voyant dans les journaux k que ce vapeur était en partance, je me dis: Si l’Australasian est assez bon pour M. Froude, bien

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certainement il est assez bon pour moi, et, séance tenante, j'allai engager mes cabines.

La distance de Melbourne au Cap de ionne-Esptrance est d'environ deux mille lieues. L’Australasian fait le voyage en vingt-deux jours. Vingt-deux jours de perdus dans l'existence, à ne rien faire, sans une seule fois voir la terre, le voyage le plus monotone, le plus ennuyeux qu'il soit possible d'imaginer.

Bah! pensai-je, j'emploierai ces vingt-deux jourslà à travailler.

Travailler ! hélas, l'homme propose et la mer... indispose.

Et les dimanches, oh, les dimanches ! Même les jeux innocents auxquels on se livre pendant la semaine sont suspendus. Il serait malséant de faire une partie d'échecs ou de dames. Une partie de whist serait criminelle. Si vous proposiez de jouer aux cartes, füt-ce une innocente partie de bataille, les passagers se voileraient la face. On ne peut pas non plus faire de musique. On peut chanter des psaumes, si cela vous sourit: plus on les chante faux, plus l’œuvre est pieuse. On se couche, on lit, on bâille. Nous sommes trente-deux passagers en première classe. Il n’y en a pas un seul qui n’exprime ses regrets qu’il faille ainsi passer le dimanche, et remarquez bien qu’il n’y en a pas un seul qui ose s’aventurer à être franc et sincère, et à agir selon sa conscience. C’est le respect humain dans tout son idiotisme, c’est le crétinisme achevé.

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Il est impossible de voyager sur un bateau anglais quelconque sans avoir à bord le crampon qui cherche à vous convertir, et cela avant de savoir ou même de s’enquérir si vous n'êtes pas aussi bon chrétien que lui. C'est le médecin qui, faute d’avoir des malades à soigner, remplissait ce rôle-là, Tous les dimanches il tenait classe au salon. Il avait réussi à persuader une demi-douzaine de passagers à venir lui entendre lire un chapitre de la bible et en discuter le contenu. Il avait ses vues à lui? Quel est l'Anglais qui n’a pas sur la théologie ses vues à lui. C'est une manie. Je connais peu d’Anglais quine soient capables de faireun sermon à leurs semblables et de fonder une religion nouvelle.

Cet excellent médecin déclarait que la musique était l’œuvre de Satan, et, chaque fois que nous faisions un peu de musique pour nous égayer le soir sur le pont, il se tenait à l'écart. La race anglaise seule peut se vanter de produire cette espèce-là et aucune nation au monde ne songe à en être jalouse.

Et les jours se suivaient et se ressemblaient tous : How do you do! d’un ton hargneur le matin, et good night d'un ton hargneux le soir, et puis allez vous coucher.

Pas un seul incident à relever pendant ces vingtdeux mortels jours de traversée.

Ou plutôt si, un incident, et des plus pathétiques.

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Nous avions à bord, parmi les passagers de l'entrepont, une bonne vieille dame qui avait deux filles mariées, l'une en Australie, l’autre au Cap de Bonne-Espérance. Ayant perdu son mari en Angleterre, elle avait réalisé le quelque argent qu’elle possédait, et était partie en Australie pour chercher asile chez sa fille et la prier de lui permettre de finir ses jours auprès des siens. La pauvre mère fut reçue à rebrousse-poil, et ses enfants lui firent comprendre qu'on n'en voulait pas. Elle était maintenant à bord de l’Australasian, se dirigeant vers l'Afrique, où elle espérait que peut-être elle serait mieux accueillie chez son autre fille.

Frappéc d’apoplexie, elle mourut à mi-chemin. Le dimanche précédent, je l'avais vu au service

divin tenu sur le pont. Elle était parée de sa plus belle robe et semblait heureuse.

On enferma son corps dans un morceau de toile, on le couvrit d’un drapeau anglais et on l'apporta sur le pont. Entouré des passagers et de l'équipage, le capitaine lut l'office des morts et, au moment où il remplaça les mots « Je confie ce corps aux entrailles de la terre » par « je confie ce corps aux profondeurs de l'océan », le navire stoppa et les matelots, qui retenaient les dépouilles mortelles par des cordes, laissèrent glisser le corps dans l’eau par la coupée de bâbord. Le navire, après avoir déposé son fardeau, reprit sa marche.

La pauvre mère avait trouvé le repos, et ses

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enfants n'avaient plus d'inquiétude à avoir, ils étaient débarrassés de ce meuble inutile qui, chez les Anglais de basse condition, s'appelle une mère.

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Quelques poissons-volants, de temps en temps une troupe de marsouius, une ou deux fois une baleine au loin, puis rien : le ciel bleu sur la mer bleue.

Enfin, le 2 avril 1893, nous aperçûmes les côtes de l’Afrique, et bientôt nous les longeâmes de la baie d’Algoa jusqu'à la baie de la Table au fond de laquelle se trouve Cape-Town, capitale de la colo nie du Cap de Bonne-Espérance.

Avant d'entrer dans cette dernière baie, nous passâmes devant la Pointe Dangereuse où, en 1852, le vaisseau-transport Birkenhead vint échouer et coula, tandis que les soldats à bord, réunis sur le pont et voyant la mort inévitable, dirent adieu au monde en chantant en chœur le God save the Queen.

Je ne connais pas de ville située plus pittoresquement que Cape-Town. Les maisons sont éparpillées sur une largeur de cinq à six kilomètres au pied de trois montagnes, dont celle du milieu se dresse haute de quatre mille pieds sur une largeur de deux kilomètres. Le sommet de cette montagne, appelée Montagne-Table, est un plateau immense qui, vu de la mer, est parfaitement horizontal. Souvent il se

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couvre de nuages qui s’étalent sur la surface et retombent de chaque côté comme la nappe d’une table. Vous croiriez que le couvert est mis pour quelque géant, Titan du voisinage.

Bientôt ces nuages se dissipèrent, le soleil se coucha dans un lit d’or en jetant ses feux sur tous les coins du panorama. Quelques heures plus ta.u la lune inondait la scène de sa lumière ble. Le navire jeta l’ancre pour la nuit, et, ayant & continuer son voyage le lendemain, n’entra pas dans le port.

Pas un son n'arrive à nos oreilles au milicu de la baie. Les millit:s de lumières qui étincellent dans la ville nous apprennent seules que nous sommes en pays habité.

Nous débarquerons demain matin.

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Anglo-Hollandais. — John Bull, chargé de prendre soin du Cap pour le prince d'Orange, le garde pour soi. — Mélange de races. — Cape-Town. — La ville et ses environs. — Paarl. — Les Huguenots. — Steilenbosch. — Gens heureux. — Le commis de nouveautés. — L'indépendance est un trait caractéristique dans l'Afrique du Sud.

L'Afrique du Sud se compose de deux colonies anglaises, dont l’une, le Cap de Bonne-Espérance, est très hollandaise ; de deux républiques hollandaisesindépendantes, qui sont parfaitement anglaises; puis de plusieurs territoires, tels que Bechuanaland, Mashonaland, Zululand, Pondoland, Basutoland, Nyassaland, Matabeleland, et encore bien d’autres lands, protégés par la Maison John Bull et Compagnie.

Au commencement du siècle, le Cap était encore une colonie hollandaise ; mais les Anglais, craignant que Napoléon, qui venait de placer son frère Louis

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sur le trône de Hollande, ne se servit du Cap pour s'emparer des Indes, s’y installèrent eux-mêmes en 1806, pour en prendre soin dans les intérêts du prince d'Orange, détrôné par Bonaparte.

Or, la devise de John Bull est celle du feu maréchal de Mac-Mahon, J'y suis, j'y reste. Il était au Cap et il y est resté. Vous retireriez un morceau de beurre fondu de la gueule d’un chien beaucoup plus facilement que John Bull d’un territoire où il s’est installé.

La colonie fut définitivement cédée aux Anglais en 1815 par le Traité de Paris.

De vieilles familles hollandaises sont encore établies dans les principales villes du midi de la colonie, mais l'élément hollandais actif, les fermiers, a dû constamment reculer vers le nord à mesure que les Anglais se sont avancés. Ces Hollandais, connus aujourd'hui sous le noin de Boërs, sont allés fonder J'Etat libre d'Orange et le Transvaal ou République de l'Afrique australe ; mais aujourd’hui ils ne sauraient aller plus loin, car l’Angleterre vient de s'emparer du Matabeleland et le cercle est fait : les Boërs sont maintenant complètement entourés, au midi par le Cap, à l’ouest par le Bechuanaland, au nord par le Mashonaland et le Matabeleland, et à l'est par le Natal, le Zululand et un territoire portugais que les Anglais ne leur permettront jamais d'acquérir, quand même les Portugais seraient prêts à le vendre, car ce territoire comprend la baie de Delagoa, le seul port naturel de l'Afrique du Sud.

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Quel est l’avenir politique de ces Boërs, ce petit peuple entêté et arriéré, mais brave et patriote, qui occupe une contrée dont le sein est de l'or? Nous pourrons peut-être bientôt répondre à la question. Une intéressante entrevue avec le président Krüger nous y aidera. Mais n'anticipons pas. Restons un instant au Cap.

Les colonies de l’Afrique du Sud diffèrent essentiellement des colonies de l’Australasie. Celles-ci sont purement britanniques, c’est-à-dire anglaises,

‘ écossaises et irlandaises, et, à l’exception des Maoris

de la Nouvelle-Zélande, la population indigène n’y est plus visible que sous forme de squelettes dans les musées des principales villes. Dans l’Afrique du Sud la population blanche est mixte, britannique et hollandaise, et la population de couleur, loin d’être éteinte, semble partout pleine de vie, population africaine et asiatique, variant du noir ébène des Zoulous au teint olivâtre clair des Malais: Hottentots. Cafres, Zoulous, Fingos, Pondos, Basutos, etc.

J'aime Cape-Town avec ses vieilles maisons hollandaises, l'animation de ses rues, la splendeur de ses bâtiments publics, son parlement, ses jardins, ses environs pittoresques, sa société d'élite, sa population malaise dont les femmes ressemblent à des madones ornées de leurs plus beaux atours pour quelque procession de Fête-Dieu ou d’Assomption.

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Très comiques les grosses inatrones malaises portant sur la tête des paquets de linge d’un mètre de haut et de deux mètres de large, avec leurs crinolines, leurs gros ventres et leurs immenses poitrines, arrière-train ballottant de droite à gauche, avanttrain sautant de haut en bas.

Tous les jours je me régalais d’un point de vue superbe. J'allais me poster au bout d’Adderley- Street. À ma droite, j'avais le musée et le jardin botanique ; en face, une immense avenue de chûnes centenaires ; à ma gauche le parlement, et, comme fond de tableau, la Montagne-Table qui semblait presque surplomber le paysage. Je ne pouvais rassasier mes yeux de ce magnifique spectacle.

Une promenade que je n’oublierai jamais est celle que je fis un jour en voiture autour de la grande montagne en compagnie de M. Joseph Perrette !, consul de France au Cap, et de plusieurs amis. Nous passâmes d’abord à travers les faubourgs fashionables de Newland et de Ülaremont où s’étalent de superbes villas de plaisance enfouies au milieu d’une véritable forêt de chênes et d’eucalyptus ; puis nous vimes les riantes prairies de Constantia, célèbres pour

1. J'apprends à l'instant que M. Perrette vient de mourir. Les Français de l'Afrique du Sud n'oublieront pas de sitôt cet aimable compatriote, cet homme de bien, cet ami à toute épreuve qui était toujours prêt à aider un Français de ses conseils et de sa bourse. J'ai été plusieurs fois témoin de sa bienfaisance, et je n'ai pas à craindre d’en faire mention puisqu'il n’est plus là pour m'entendre.

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les bons vins qu’elles produisent; de là nous allâmes, à travers une contrée délicieusement accidentée, jusqu'à la baie de Houts où, sous un ciel bleu et un soleil généreux, nous déjeunâmes dans le jardin d'une brave famille de Cafres. Puis, suivant le contour de la montagne, nous rentrâmes à Cape- Town par la Victoria Road. Je ne connais pas Sorrento, mais j'ai peine à croire qu'il soit possible de faire une plus jolie promenade que celle de la montagne de Cape-Town.

À quelques lieues de Cape-Town se trouvent deux petites villes parfaitement hollandaises des plus intéressantes et des plus pittoresques, Paarl et Stellenbosch.

Paarl {la Perle) se compose d'une seule rue d’environ dix kilomètres de longueur au pied d’une montagne qui lui sert de mur. Cette ville est le berceau de l’Afrikander-Bond, association patriotique qui a pour objet l'émancipation future de l'Afrique du Sud. C’est aussi là que se sont établis quantité de Huguenots au commencement du siècle

dernier. Les de Villiers, les Duplessis, les Du Toit, les Leroux sont partout occupant les postes les plus élevés comme les positions les plus humbles, population pieuse, paisible, intelligente et travailleuse. Ces descendants des Huguenots, victimes de la révocation de l’Edit de Nantes, je les ai vus en Angleterre, en Hollande, en Amérique, partout les mêmes. C’est

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la crème de la France qui a dû s’expatrier en 1685 pour que madame de Maintenon pût légitimer sa couche. Ces Huguenots sont complètement perdus pour la France. Ceux que j'ai rencontrés en Afrique, non seulement ne parlent pas un mot de français, mais ils ne savent même plus prononcer leurs noms.

Je déjeunais un jour à bord du Scot, le plus beau et le plus rapide paquebot qui fasse service entre l'Angleterre ct l'Afrique du Sud. Plusieurs notables de la ville étaient invités. Le directeur de la Compagnie me dit à l’orcille :

— Voilà le chef justice (lc premier juge) de la colonie, je vais vous présenter à lui, c’est Sir Henry di Filchi.

— Di Filchi, répondis-je, comment épelez-vous ce nom-là ?

— V-id-l-i-e-r-s, dit:il.

— Ah! bah m'écriai-je, cela fait Füchi; mon Dieu, cela est-il possible ?

Voici comment cela se fait.

Quand ces Huguenots se réfugièrent en Hollande et de là vinrent s'établir dans la colonie alors hollandaise du Cap, ils trouvèrent un gouvernement tyrannique qui leur défendit de parler entre eux la langue française et de la parler à leurs cnfants. Au bout de cinquante ans, ils étaient devenus hollandais. Aujourd'hui ils sont sujets britanniques; mais le cœur est plus à la Hollande qu’à l'Angleterre. Quant

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à la France ils l'ont complètement oubliée. Hélas ! que lui doivent-ils à cette France qui les a ignominieusement chassés !

Si vous allez au Canada, vous y trouverez une population française qui depuis cent cinquante ans est sujette à l'Angleterre; mais ces Français ont conservé leur cœur à la France. Non seulement ils continuent à parler français, mais ils ne parlent pas et ne veulent pas parler autre chose. J'entends le peuple, bien entendu. John Bull les laisse tranquilles. Il leur dit : « Parlez ce que vous voudrez ; adorez Dieu comme vous voudrez », et ces Français catholiques du siècle dernier sont restés Français et catholiques, images vivantes de ce qu'était la France il y a deux cents ans.

Voilà un fait qui, entre mille autres, m'a démontré la cause du succès des Anglais. Ils sont passés maîtres en diplomatie, la main qui gouverne est ferme mais gantée de velours. Ils ont l'air de dire aux gens : « Ne faites pas attention à nous, c’est à peine si nous sommes ici. » Et Dieu sait, cependant, s'ils y sont!

La ville de Paarla reçu son nom d'un rocher, situé au sommet de la montagne, qui, dit-on, ressemble à de la nacre quand le soleil tape dessus. J'ai bien voulu le croire et j’ai même bien voulu le voir, et si vous voulez vous rendre agréable à Paarl, je vous conseille d’en faire autant. Comme pour la Croix du Sud, c’est la foi qui aide.

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