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Les villes de l’Afrique australe. — Les hôtels. — Utilité de la lune. — La cafrerie. — Kimberley. — Les mines de diamants. — La compagnie de Beers. — La trouvaille d’une semaine. — La vie dans les « Compounds ». — Une semaine désagréable avant d'aller s'acheter des épouses.
Comme en Amérique, comme en Australie, comme dans tous les pays nouveaux, tout se ressemble en Afrique, tout est bâti, tout est fait sur le même modèle. Décrivez une des petites villes et vous les avez toutes décrites. Vous n’y trouverez pas, comme en Australie, l’argent gaspillé en bâtiments publics ; c'est qu'ici l’élément hollandais sert de frein à l’activité et à l’imprévoyance anglaise. Chaque ville a sa place du marché, comme en Hollande, immense square où s'élève généralement l’église réformée et où viennent faire halte les longues charrettes, véritables maisons ambulantes, traînées par des bœufs et
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conduites par des Cafres armés d’un fouet de dix mètres de longueur. Point de promenades et peu de promeneurs. Quelques négresses ramassent la bouse des bœufs avec leurs mains et l’entassent sur un platcau qu’elles portent sur la tête. Cette bouse, elles la feront sécher pour se chauffer dans leur hutte ou y faire cuire leur bouillie de maïs. Quelque vieux dopper qui vient de faire sa sieste marche à pas lents et se déraidit au soleil.
À l'exception de Kimberley, qui est éclairé à l'électricité, de Cape-Town et de Port-Elizabeth qui sont éclairés au gaz, les villes sont éclairées par des quinquets. Quelques villes, comme Worcester, Georgetown, cndroits fort jolis et fort pittoresques, s’en rapportent à la lune. Pas de lune, pas d'éclairage et l’on reste chez soi. Comme en Australie encore, point de drainage.
Tout cela frappe d’étonnement quand on a vu "Amérique où le plus petit trou de quelques centaines d'habitants est éciairé à l'électricité.
Et cependant le pays n'est point endormi. Il avance à pas rapides et fait des affaires.
Les hôtels se ressemblent tous et les menus aussi, Quelques-uns sont pires que les autres.
Partout la même routine. A six heures du matin, le nègre frappe à votre porte. Vous avez à vous réveiller, à vous lever et à lui ouvrir la por‘ Il met sur votre table de nuit une tasse de café atroce que je vous conseille de prendre comme on prend
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une dose d'huile de ricin, vite et sans goûter. Après cela vous vous replacez sous les couvertures. Vous croyez être tranquille maintenant. L'illusion est douce mais de courte durée. A six heures et demie le nègre revient. Vous êtes obligés de vous relever et de lui rouvrir la porte. Il vient chercher la iasse, Inutile de lui dire la veille que vous ne prenez pas de café au lit. Cela n'est pas son affaire. Il à sa consigne, et il a la fidélité et l'intelligence d’une sentinelle française.
Comme en Amérique et en Australasie, si votre voisin de table vous suppose étranger, il ne pourra résister à la tentation de s'approcher de vous et de vous faire l’éternelle question : « Eh bien, monsieur, qu'est-ce que vous pensez de l'Afrique du Sud? »
Ici, comme en Australie et en Nouvelle-Zélande, les villes importantes sont au bord de la mer: Cape-Town, Port-Elizabeth, East-London, Durban. Port-Elizaketh est d'une très grande importance commerciale, et l'avenir d'East-London cest assuré. Toutes ces villes sont maintenant en communication directe par le chemin de fer avec les mines de diamants de Kimberley et les mines d’or de Johannesberg. Dans quelques mois Durban le sera aussi.
IL y a deux villes que je conscille au voyageur de ne point manquer: Kingwilliams-Town, jolie ville enfouie sous la verdure et véritable petite ruche d'activité, et Grahamstown, la ville des saints,
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habitée par seize mille créatures humaines parfaitement empaillées et éclairée par quelques quinquets aussi peu éveillés que les habitants. Mais c’est le voyage que je recommande tout particulièrement : environ cent kilomètres à faire en voiture à travers une contrée des plus intéressantes, le centre de la Cafrerie. Vous passez au milieu des kraals où les naturels continuent à vivre comme si aucun blanc n'avait encore mis pied sur le sol de l'Afrique.
Les vingt derniers kilomètres à faire avant d’arriver à Grahamstown sont une série d’enchantements. Le pays devient sauvage et accidenté. Vous entrez dans la vallée de Pluton au fond de laquelle vous passez entre des rochers escarpés et boisés, peuplés de gros singes qui gambadent autour de vous et qui, perchés sur un arbre ou au bord d’un rocher, vous regardent tranquillement du haut de leur grandeur. Ajoutez à tout cela, vers six heures du soir, un coucher de soleil merveilleux, et vous arriverez en ville harassé, brisé, moulu, affamé, et enchanté de votre journée.
Il n'entre pas dans le cadre de ce volume de faire la description des villes. Le lecteur qui désire obtenir des renseignements précis sur la population, le commerce, les ressources de telle ou telle ville de l'Afrique du Sud, les trouvera dans les nombreux guides à sa disposition. Nous étudions partout la vie et le caractère et nous ne faisons point de statisti-
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LA MAISON JOHN BULL ET Cie 307 ques. Il faut cependant rester quelque temps à Kimberley dont l'industrie a sauvé la colonie du Cap.
A l'exception de quelques rues, où s'élèvent de jolies maisons de plaisance, Kimberley est une ville bâtie en boue brune, située au milieu du désert. La place du Marché est la plus vaste de la colcnie, mais elle est entourée de baraques délabrées qui lui donnent un air piteux et désolé. Vous chercheriez en vain à Kimberley autre chose que des diamants ; mais ces recherches sont tellement fructueuses qu'on à dû amalgamer toutes les Compagnies afin de régler la production et d'empêcher ainsi ces pierres précieuses, de devenir trop communes, Kimberley mérite une visite, et j'y ai rencontré des gens heureux.
Avant d'aller aux mines, et pour vous montrer que Kimberley n’est pas un camp d’aventurier, mais une ville habitée par des gens intelligents qui lisent et s’instruisent, je dois faire mention de la bibliothèque publique, une des plus considérables et des mieux fournies que j'aie vues aux colonies et qui possède environ quinze cents volumes français, représentant tout ce que notre littérature a de meilleur depuis les poésies de Malherbe jusqu'aux romans de M. Alphonse Daudet.
Il y a une vingtaine d'années, un jeune nègre, employé dans une ferme située entre le Vaal et l’'Orange-River, trouva un petit caillou blanc qu'il
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montra un jour à un voyageur qui passait dans ces parages. Le voyageur acheta le petit caillou et le revendit 12.500 francs. C'est le premier diamant de Kimberley. À cette nouvelle, on se rendit en foule sur les bords du Vaal. On fouilla et l’on trouva. En vingt-trois ans Kimberley a vomi de son flanc des diamants qui se sont vendus en gros pour la somme fabuleuse de huit cent soixante-quinze millions. La belle comtesse de Dudley possède un diamant, appelé l'Étoile de l'Afrique du Sud, évalué à six cent trente mille francs. Quelques semaines avant ma visite à Kimberley on trouvait un diamant de quatre cent vingt-huit carats que la Compagnie de Becrs a vendu à un prince indien pour la jolie somme de trois cent quatre-vingt mille francs.
Des Compagnies se sont établies dans tous les alentours, la richesse s'est répandue, et la colonie du Cap qui, il y a vingt ans, tirait la langue C’un picd de long, est aujourd’hui dans l’opulence. Quelques années plus tard. Johannesberg, avec ses mines d'or, achevait la fortune de ce pays qui rachète l'aridité de sa surface par la richesse de ses entrailles. L'Afrique du Sud manquera d’eau et de pain avant de manquer d’or et de diamants.
Sous la conduite de l’aimable directeur en chef, un Américain, M. Gardner. F. Williams, j'ai visité les mines souterraines de De Beers et de Kimberley, et plus loin j'ai plongé mes yeux dans le fond d’un trou dont la surface est de vingt hectares et la profon-
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ins Ces deur de trois cents pieds. Là une véritable fourmi- et le lière de nègres piochaient et jetaient la boue pré- : ant de cicuse dans des tombereaux qui s'en allaient déverser { | foule leur contenu dans les machines. Quand le sable est { | va. En passé au tamis, il est envoyé dans des hangars et | À nc des placé sur des tables où des ouvriers, sous la sur- [l somme veillance de plusieurs yeux de lynx, cherchent les Î l ns. La diamants avec de petits ràteaux et les jettent dans f { appelé des boites en fer-blanc construites comme des | | x cent troncs d'église. Ces boîtes sont envoyées sous escorte À k nt ma aux bureaux de la Compagnie, et là les diamants | | nt de sont triés et classés par des experts selon leur gros- | | nie de seur, leur couleur et leur pureté. Ces différents | , jolie groupes sont déposés sur du papier de soie et | | exposés sur une table où j'en ai vu pour six 4 us les \ millions. C’était la trouvaille des quatre jours précé- à olonie dents. Il y en avait de toutes les couleurs, des | e C’un blancs, des jaunes, des bruns, d’autres d’un blanc 1e ilence. rougeâtre, d’autres opaques, d’autres encore d’un LE vec ses gris bleuâtre. Les jaunes, paraïit-il, sont fort recherss qui chés par les Turcs et les rajahs des Indes, tandis j* de ses que les Américains sont les meilleurs clients de la | et de Compagnie pour les diamants blancs.
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Mais ce qui m'a le plus intéressé à Kimberley
à chef, c'est la vie que mènent les mineurs représentant visité ici toutes les tribus de l’Afrique du Sud, Cafres, berley, Zoulous, Pondos, Fingos, Basutos, Hottentots, ctc. f Jrofon- contrat qui le constitue pendant le temps de son Li
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engagement le prisonnier de la Compagnie ; mais le Ë bon nègre est enchanté de son sort. Il a de l'air, 1 de la nourriture, de la compagnie et des amuse- | ments. S’il est malade, il est bien soigné, et, au bout d’un an, il a, dans la ceinture de cuir qui lui sert de bourse, de quinze cents à deux mille francs avec | lesquels il pourra acheter des bœufs et, avec ces bœufs, des épouses qui travailleront pour lui et lui permettront de passer la vice dans le plus doux des far niente, Aussi, pour arriver à ce but, acceptet-il avec joie un an d'emprisonnement. Il fera même peut-être cinq cents milles à pied pour se rendre à Kimberley et tâcher de se faire embaucher. Combien je connais de blancs qui consentiraient à faire un an de prison sans déshonneur pour vivre de leurs rentes pendant le reste de leurs jours !
Les mineurs sont logés, ou plutôt casernés, dans de grands enclos, appelés compounds, qui communiquent avec l'entrée des mines. Le compound est un immense carré entouré de casernements en fer où les mineurs vivent en chambrées. Ils sont groupés selon la tribu à laquelle ils appartiennent. Le milieu forme une vaste cour de plusieurs hectares de superficie où ils se divertissent pendant le jour. Ils ne | peuvent avoir de communication avec personne, et, pour empêcher même qu'ils ne jettent des diamants par-dessus le toit, un grillage en fil de fer s'étend d'un bout à l’autre de la cour.
Accompagné du directeur et de plusieurs employés
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de la Compagnie De Beers, je suis entré dans la cour, j'ai visité les chambrées, l'hôpital, et je puis dire que, en voyant partout cette foule de nègres, riant, s'amusant, l'air resplendissant de sauté, je suis sorti du compound avec la conviction que j'avais vu des gens heureux et parfaitement satisfaits de leur sort.
L'un des compounds est occupé par deux mille individus, l’autre par près de trois mille,
La tranquillité et le bon ordre règnent dans les deux grands compounds de Kimberley. Les seules querelles qui s'élèvent quelquefois sont des querelles de tribu, véritables querelles d'écoliers qui s’apaisent au moindre geste du surintendant.
Quand les mineurs ne sont pas de service, ils sont libres de faire ce que bon leur semble. Ils jouent aux cartes, dansent, chantent, se livrent aux ébats de leur tribu, font leur petite popote en famille, et, je le répète, passent leur temps le plus joyeusement du monde.
Comme on le voit, toutes les précautions sont prises pour qu'aucun diamant trouvé n'échappe à la Compagnie.
Le seul semblant de cruauté qui soit exercé sur ces braves gens qui sont de véritables enfants, c’est le régime auquel ils ont à se soumettre pendant les huit derniers jours de leur engagement. Mais ils sont prévenus : un article du contrat, qu'ils acceptent avant d'entrer au service de la Compagnie, leur
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donne en détail la description du traitement auquel ils seront soumis avant d’être mis en liberté. Pendant huit jours ils ont à vivre tout nus parfaitement emprisonnés dans un enclos à part où ils ne peuvent plus communiquer avec leurs camarades du compound. Ils ont à mettre des gants de cuir dur, sans doigts et d’une dimension énorme, qui les empêchent de se servir de leurs mains et les forcent de prendre leur nourriture dans des écuelles plates, comme des animaux, à quatre pattes. Leurs effets sont supprimés et examinés et, pendant les huit jours, ils n’ont pour se couvrir qu’une couverture appartenant à la Compagnie. Leur corps est examiné de fond en comble, et jamais l'expression n’a eu d'emploi plus strictement exact. Leurs dents mêmes sont visitées, et, s'ils ont avalé quelque pierre précieuse, les gants les empêchent de s’en ressaisir pour les avaler de nouveau. Leurs selles sont comptées et examinées tous les jours par des détenus, et quand les huit jours de pareille incarcération sont terminés, et que les nègres ont quitté le compound || pour s’en retourner chez eux, la Compagnie est à | peu près certaine qu'aucun diamant n’est sorti de son domaine.
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par- n !
ù ils fl j rades fl ji cuir JE ui les fes Al rcent lates, effets | hui La contrée. — Le Veld. — Les plateaux. — Le climat. — Les uit animaux de l'Afrique du Sud. — Les fourmilières. — Le rture paysage sur la côte du sud. — Le Natal. — Durban, la plus miné jolie ville de l'Afrique australe.
a eu èmes re . | k pré- L'Afrique du Sud ne porte guère plus de vêtepour ments que les naturels qui l’habitent. Quand vous RS avez voyagé pendant quelques heures vers le nord, on toute Nés teiIon disparaît : plus un arbre, plus un jèce arbuste. L’herbe pousse sur la terre et sur le vernd sant des montagnes comme les cheveux et la barbe at poussent sur la tête des Cafres, en petites touffes
de Spanphiess çà et là. | Malgré cette nudité, le paysage a, dans sa déso- |
lation, de la beauté et de la grandeur. Grâce au
ciel bleu, il n’est point triste. C’est une beauté origi-
nale; et si vous voulez bien partir de ce principe |
qu'il n’est pas absolument nécessaire qu'un paysage,
pour être beau, ressemble à la Normandie, vous
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arriverez facilement à admirer celui que vous offre l'Afrique australe. Du sommet des plus hauts plateaux, j'ai obtenu des coups d'œil qui m'ont cloué sur place d’admiration. Rien de plus grandiose à concevoir dans son genre que celte étendue infinie de veld !, parsemée de montagnes à larges plateaux de différentes hauteurs qui donnent à la scène l'apparence d’un immense océan en furie.
Et quel climat pendant l'hiver! J'ai vu quatre mois de ciel bieu, d’air pur et vif, d’atmosphère sèche, chargée d'ozone : un climat où la poitrine la plus délabrée permet à son propriétaire de mourir de vieillesse. Aussi voyez-vous quantité d’Anglais qui sont venus s’enterrer dans de petits villages où ils meurent d’ennui, mais qui aiment mieux mourir d’ennui que de la poitrine. Ils ont raison, être enterré dans un village de l'Afrique est bien préférable à être enterré en Europe, vous savez où. Vivre n'importe où, à n'importe quel prix, mais vivre, c'est la devise des hommes. Le climat idéal de l'Afrique du Sud vous permet d’entreprendre ce que vous ne songeriez à entreprendre dans aucun autre pays. Des voyages interminables en chemin de fer, dans des charrettes trainécs par des bœufs ou des mulets, des voyages d’une lenteur mortelle ne sauront nous enlever ni la santé ni la bonne humeur.
1, Nom hollandais donné à la campagne, ou plutôt au désert de l'Afrique du Sud,
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placloué se à finie eaux scène
ualre phère ine la ourir nglais es où iourir
être préfé- Vivre ivre, al de e que autre e fer, u des ) sau-
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Une nuit de sommeil continu vous remettra invariablement de vos fatigues. La vcille au soir, ces charrettes sans ressorts vous auront tellement secoué que vous serez tenté de vous tâter partout pour trouver ce que sont devenues les différentes pièces de votre anatomie, mais le lendemain matin, vous serez frais et dispos, tout prêt à recommencer.
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Les voyages, dans l'Afrique du Sud, ne présentent plus aucun danger. Les naturels ont accepté leur sort et n’attaquent plus les blancs. Les animaux féroces se sont retirés vers le nord à mesure que la civilisation anglaise s’est avancée, et, aujourd’hui, il faut aller jusqu’au Mashonaland pour trouver des lions, des éléphants, des buffles et tout le gros gibier d'Afrique. Tartarin ne rencontrerait pas plus de lions au Cap, au Natal ou au Transvaal, que dans les faubourgs d'Alger. On y trouve quelques léopards, des singes, des antilopes, des gazelles, et c’est tout. La chasse aux antilopes peut encore se faire aux environs de presque toutes les villes du Cap. Les antilopes sont les plus jolis habitants de l'Afrique du Sud. Ces gracieux animaux, au regard doux, aux cornes les plus fantastiques et d’une symétrie parfaite, se présentent sous les formes les plus variées. Le plus curieux est l’oryx gazella, ou gem-bok, dont les cornes parallèles et parfaitement droites atteignent une longueur d’un mètre et demi. L'oryx gazella est la seule antilope qui effraye le
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lion. Quand elle est attaquée, elle baisse la tête, et son adversaire court le risque de s’enfourcher. Sa Majesté Leo, dans sa sagesse, y regarde à deux fois.
Les musées des principales villes contiennent la collection complète des antilopes de l'Afrique. La plus jolie collection privée se trouve au club de Kimberley.
Les autruches n'existent plus guère à l'état sauvage dans l’Afrique du Sud; mais le pays abonde en fermes où l’on élève ces bipèdes en quantités innombrables pour le commerce des plumes.
Mais sur le veld, rien : point d'animaux, point de végétation. Pour trouver du bois, il faut aller jusqu’en Bechuanaland. On bâtit en pierre, en brique ou en boue, comme le faisaient les anciens Celtes. On fait les palissades en fil de fer, et l’on se chauffe avec les excréments des bœufs.
Le désert de l'Afrique australe n’est plus guère habité aujourd’hui que par des fourmis.
À une certaine distance, vous apercevez ce que vous croyez être un kraal ou village de naturels. Ce sont des fourmilières qui varient en hauteur de trois à dix pieds. Il y en a même qui atteignent jusqu’à douze et quinze pieds.
Ces fourmilières sont hermétiquement fermées avec de la terre et présentent une surface parfaitemen‘ unie, couvrant une quantité de cellules et de galeries. Chaque fourmi se rappelle son adresse plus
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fecilement qu'un Américain de New-York qui demeure dans la 149° rue, au numéro 1934.
Si vous grattez la fourmilière ou que vous y fassiez un trou, ces netites fourmis jaunes sortiront par milliers et se mettront en état d'agression. Les autres iront prévenir les voisines dans les étages inférieurs, et bientôt toute la population apparaîtra, couvrant le monticule de leurs corps.
Elles abandonneront leur logis et partiront à la recherche d’un nouveau site où, en quelques semaines, celles se seront rebâti, avec une activité prodigieuse, une fourmilière pareille à celle que vous aurez démolie ou simplement endommagée.
Il ne faut pas croire que l'Afrique du Sud ne possède pas de jolis paysages. Le littoral du midi est superbe de Cape-Town au Natal. La forêt de Knysna, le district d'Oudtshoorn, avec ses gorges et ses intéressantes fermes d’autruches, la rivière de Buffalo, à East-London, avec ses collines boisées, qui rappellent le Dart en Angleterre ou le Rhin en miniature, et enfin Durban, la plus jolie, la plus coquette des villes du pays, avec son massif mais élégant hôtel de ville, ses beaux jardins publics, ses hauteurs parsemé:s de gracicuses villas, et sa végétation tropicale. Et quel contraste après l’éternelle monotonie du veld! Quelle variété de couleurs! Des Indiens aux costumes pittoresques, des Zoulous revètus de tuniques blanches bordées de
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