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304 LA MAISON JOHN BULL ET cie
république qu’il gouverne se résume en ces trois mots: nous mourrons tous.
Mais ils ne mourront pas, car si jamais les Anglais envahissent le Transvaal à la recherche de l'or et qu'ils arrivent à gouverner eux-mêmes le pays, ils conserveront une république indépendante, c’est-àdire qu’ils prendront en main les guides de l’Oncle Paul et ne changeront que le cocher. La couronne d'Angleterre ne profitera pas du changement. Ce ne sera jamais une colonie anglaise.
Le président est la simplicité même. Il fume une pipe énorme dans le salon où l'entretien se passe et crache sur le tapis sans plus de cérémonie. Ses appointements sont de deux cent mille francs et ses frais de représentation de douze mille cinq cents francs. Comme il ne représente point, il peut mettre de côté tous les ans ses deux cent mille francs d’appointements.
En face de sa maison se trouve une église où s’assemblent le dimanche les doppers de Pretoria. C'est souvent l’Oncle Paul qui fait le sermon. Il aime les discussions théologiques. C'est un vieil Ecossais doublé d’un Normand. C’est mieux que cela, c’esi un fin et adroit dopper.
Unc petite scène assez piquante m'a été racontée un jour par Sir Henry Loch, gouverneur général de l'Afrique du Sud.
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Quand il fut décidé que Sir Henry Loch et M. Paul Kruger se rencontreraient pour discuter ensemble les détails du traité qui devait donner le Swaziland au Transvaal, ces deux diplomates quittèrent leurs capitales respectives pour se rendre à Colesberg, petite ville du Capsituée à moitié chemin entre Cape- Town et Pretoria. Là ils descendirent au même hôtel avec leurs secrétaires.
Le président du Transvaal se lève et se couche avec les poules, qu'il soit chez lui ou chez les autres.
Après une nuit de repos, Sir Henry Loch se leva à six heures du matin et, dans le plus léger des costumes, quitta sa chambre à coucher pour aller dans la salle de bains faire ses ablutions britanniques.
Qui rencontra-t-il dans le corridor ? L'oncle Paul, fumant une pipe énorme, revêtu d’une redingote couverte de décorations, sa grande écharpe en sautoir, un superbe tuyau de poêle sur la tête, et... en pantoufles.
C’est dans ces tenues si différentes que les deux diplomates se rencontrèrent pour la première fois.
XXX VIIT
Le succès de la Maison John Bull et Cie, — L'’Explication. — Les pays les plus libres du monde. — Preuves à l'appui.
— L'avenir de l'empire britannique. — Réflexions d’un critique maussade. — Conseils aux jeunes gens. — Et
maintenant, allons voir un vieux mur couvert de lierre.
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Ce n’est ni par son intelligence ni par ses talents que John Bull a créé cet empire britannique, dont | le présent volume ne peut donner au lecteur qu’une idée très faible, c’est par la force de son caractère. 4 Thomas Carlyle appelle John Bull l’être le plus sage, le plus plat et le plus stupide au monde. Il est vrai qu'il est lent à concevoir, mais, quand il a pris une résolution, aucun obstacle ne saura l’empêcher de la mettre à exécution. Il y a trois qualités
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