‹ La maison John Bull & cie. [microforme]Chapitre 6 sur 54 · EX · texte numérisé non relu

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LA MAISON JOHN BULL ET cie 47

On craint si peu le froid au Canada qu'on n’y trouve point en hiver de voitures couvertes. Je me suis promené trois et quatre heures en traineau découvert, même dans le Manitoba, sans éprouver aucune sensation de froid. Le sang circule si librement que, en sortant des fourrures, vous vous sentez plein de vie.

J'aurais aussi voulu voir Québec dans l'été. Du sommet du roc le coup d’æil doit être splendide. Je n'ai jamais vu de montagnes aussi bleucs ; pour les peindre il ne faudrait se servir que de cobalt.

Les environs de Québec sont des plus pittoresques ; mais ce qui m'enchantait, ce qui me fascinait le plus c'était ce vieux monde français; ces fermes en rubans placées les unes à côté des autres, dont les palissades passaient la tête à travers la neige. Tout respirait la paix et la prospérité, tout me rappelait la patrie. Et en rentrant à l'hôtel de Florence, joli petit hôtel français d’où l’on obtient une vue magnifique des alentours, quel plaisir nous éprouvâmes à trouver tout prêt un excellent diner, des plus simples il est vrai, mais préparé avec beaucoup de soin, et servi par une bonne servante française, polie et altentionnée, l’antipode, l’antidote de la demoiselle des hôtels américains qui vous fait regretter qu'il soit nécessaire de manger deux ou trois fois par jour, et dont la présence, hargneuse et malhonnète, semble mettre des cheveux

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