‹ La maison mortuaire de Moliere, d'apres des documents inédits; avec plans et dessinsChapitre 11 sur 56 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

4° Pierre René Baudelet, sieur de Maisonville, mousquetaire du roi dans sa première compagnie, demeurant à l'hôtel des Mousquetaires, faubourg Saint- Germain ;

Héritiers chacun pour un cinquième de leurs père et mère, et pour un quart de Marie-Madeleine Baudelet, leur sœur, religieuse professe, laquelle était héritière pour un cinquième de ses père et mère.

La maison de la rue Richelieu est estimée par les ayant-droit 40,000 livres. Elle est ainsi décrite :

« Consistant en porte cochère, caves, cuisine, « escurie, remise de carrosse, puys, un entresolle, « trois estages et grenier au-dessus, chasque estage « composé de cinq pièces et balcons regardant le jarc< din du Palais-Royal. »

La maison, que l'acte de partage laissait expressément indivise entre les enfants de René Baudelet et de Marguerite Dumont, ne sortit de la famille qu'en 1765.

Aux termes d'un contrat des 10 mai et 22 juin 1765, devant Fournier, notaire, elle fut vendue par :

1° Auguste-Marius- Honoré- Bruno Baudelet de Maisonville, tant en son nom que comme stipulant pour :

Anne-Marie Baudelet de Maisonville, sa sœur;

Et Catherine Louise Lescot, veuve de Louis Guillaume Pierhon de Bincourt ;

2° Catherine-Leblond, veuve de Jean Demary, Jean-

Baptiste Demary, Jean-Jacques Demary, Jean-Georges Demary et Marie-Anne Chelu, sa femme, François Pelletier et Françoise Demary, sa femme, et Louis- Alexandre Demary,

A François -Paul Le Roy et Madeleine -Elisabeth Perrard, sa femme ; Moyennant 160,000 livres.

La maison n'est pas décrite dans Tacte; il y est dit seulement qu'elle tient d'un côté (côté droit) à M. de Ravanne^ qualifié grand -maître des eaux et forêts (c'est aujourd'hui le n" 38); d'autre côté (côté gauche) à M. le marquis d'Aubeterre, du chef de madame son épouse (c'était la maison double qui porte aujourd'hui les n°s 42 et 44.)

Conformément" à la coutume de Paris, l'acquéreur provoqua sur lui-même un décret de vente judiciaire qui avait les mêmes effets que produit aujourd'hui la purge des hypothèques légales. Ces formalités étaient de droit rigoureux lorsqu'il y avait des mineurs parmi les copropriétaires vendeurs. La licitation étant autorisée judiciairement, M. et M"^« Le Roy furent déclarés adjudicataires, sous le nom de M« Chasteau leur procureur, pai sentence du Châtelet du 19 juillet 17 66, homologuée le 30 août suivant.

M. Paul-François Le Roy porte, dans les divers actes que nous avons consultés, le titre de receveur de la capitation des corps et communautés, arts et métiers et de la milice de Paris. Les Almanachs royaux lui donnent, en effet, cette qualité de 1753 à 1773. Ses

I. M, Miotte de Ravanne, grand-maître honoraire de la maîtrise d'Orléans, rue de Richelieu, vis-à-vis la Fontaine et près la rue Vildot. [Almanachs royaux, 1765 et suivants.)

bureaux sont indiqués d'abord rue Sainte-Avoye, puis rue des Moulins à la butte Saint-Roch. En 1768, il demeurait rue Ventadour, au coin de la rue Neuve-des- Petits-Champs. Ses bureaux y restèrent jusqu'en 1773, époque de sa retraite. A cette époque il céda sa charge à M. Collart du TilleuP, qui n'en jouit pas longtemps, car elle fut supprimée par l'édit de janvier 1775, qui remplaça les nombreuses recettes spéciales de la Ville de Paris par six receveurs chargés du recouvrement de toutes les impositions.

M. Le Roy mourut, dans un âge très avancé, le 22 fructidor an XII (9 septembre 1804). Madeleine- Elisabeth Perrard, sa femme, lui survécut jusqu'au II mars 181 1.

La succession de M. et M"^= Le Roy fut liquidée par acte devant M^ Robert Duméni], notaire à Paris, le 30 mai 181 1. Les ayant-droits étaient les petits-fils et petites-filles de M. et de M"^^ Le Roy, savoir :

1° M. Auguste-Pierre Laroche et M^^ Charlotte- Elisabeth Laroche, veuve de M. Raguideau, notaire à Paris;

2° Claude-François Le Duc de SurvilUers ^ et Louise-

1. M. Collart du Tilleul était le père de M. Jules Dutilleul, qui fut, en 181 1, sous le ministère du comte Mollien, son oncle, auditeur au Conseil d'État et administrateur du Trésor, en 1830 conseiller maître à la Cour des Comptes ; procureur général près la même Cour, de 1846 à 1864; et le grand-père de M. Ernest Collart Dutilleul, receveur général de la Haute- Marne et directeur du mouvement général des fonds du Trésor sous l'Empire, député de Compiègne en 1876, ministre des finances dans le cabinet du 23 novembre 1877, grand -officier de la Légion d'honneur, aujourd'hui président du conseil d'administration de la Banque de Paris et des Pays-Bas.

2, M. Le Duc de Survilliers, père de Claude- François et mar^

Céleste Le Duc de Survilliers, épouse de M. Alexandre- César Cretté, adjoint au maire du troisième arrondissement de Paris.

M. Alexandre-César Cretté, baron de Palluel, nommé dans l'acte qui précède, était propriétaire à Dugny de l'ancien fief de Palluel \ et en cette qualité, fit partie, en l'an IX, du conseil d'arrondissement de Saint- Denis, dés sa création. Il y siégea pendant plusieurs années, devint adjoint au maire du troisième arrondissement de Paris en 1804 (Almanach impérial an XIII), puis maire du même arrondissement de 181 5 à 1828; membre du conseil général de 1828 à 1830; il rentra dans la vie privée à la révolution de juillet. L'ancien fief de Palluel avait été reconstitué en sa faveur sous forme de majorât et avec titre de baronnie par lettres patentes du 29 janvier 1827 2.

Par suite d'arrangements de famille, la maison des Baudelct passa de la succession Le Roy dans les mains de MM. de Palluel, petits-fils d'Alexandre-César Cretté de Palluel, qui la possèdent encore.

de N Le Roy, était, avant la révolution, chef des bureaux

de la vénerie du Roy, place des Victoires. {Almanach de Versailles pour 1788, p. 120.) La terre de Survilliers, dont il était propriétaire et seigneur, était une baronnie anciennement pourvue de haute, basse et moyenne justice (canton de Luzarches, Seine-et-Oise). C'est de cette même terre de Survilliers, voisine de Morfontaine, que le roi Joseph Napoléon prit plus tard le nom de comte de Survilliers.

1. Sur le fief de Palluel, voyez l'abbé Lebœuf, t. VI, p. 261. M. Cretté, père d'Alexandre-César, é^ait, sous Louis XVI, inspecteur général de la capitainerie royale des chasses de la varenne des Tuileries, en résidence au Bourget. {Alm. royaux, 1784 et suiv.)

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