‹ La maison mortuaire de Moliere, d'apres des documents inédits; avec plans et dessinsChapitre 19 sur 56 · Archives de la famille Cretté de Palluel · texte numérisé non relu

Archives de la famille Cretté de Palluel

Elève de Louis Moreau et de BouUée, Nicolas- Antoine Perrard, l'un des architectes de Monsieur comte d'Artois, était aussi l'architecte du grand Prieuré de France, c'est-à-dire de toutes les commanderies de Malte à Paris et dans les provinces^; il construisit, en 1787, la Rotonde du Temple, détruite assez récemment pour la construction du marché actuel, l'hôtel de Bénévent dans la rue d'Anjou, l'hôtel de la BouUaye, à l'angle des rues dé Provence et Taitbout, et dirigea la construction de l'enceinte de 1784, dite des Fermiers-Généraux, détruite en 1857. Il ne subsiste de ses travaux que l'hôtel de Bénévent et la maison de la rue Richelieu, dont les façades, lourdes et peu gracieuses, ont cependant le mérite d'accuser franchement un style et une date.

La maison, telle qu'il la reconstruisit, comporte toujours une porte cochére, cinq fenêtres sur la largeur, un entresol et trois étages carrés. Le grand et haut grenier du temps de Molière a fourni la place d'un quatrième étage en attique, dessiné par une corniche qui s'apppie sur des modillons carrés à face inférieure cannelée, dont l'intervalle forme de petits caissons, unis du côté de la rue Richelieu et ornés par des rosaces en demi-bosse du côté de la rue Montpensier. Au-dessus de l'étage carré en attique, trois lucarnes à toiture triangulaire se détachent de la pente du toit.

La fenêtre centrale du premier étage est surmontée d'une corniche à modillons et portée par des consoles latérales. Il existe également des consoles sous les fe-

I. Voyez Legrand et Landon, et aussi Ad. Lance. Dict. des architectes français, Paris, 1872, t. II.

nêtres du second et du troisième étage. Un bandeau de médiocre saillie sépare le premier étage de l'entresol ; celui-ci est percé de quatre petites fenêtres carrées, la cinquième fenêtre, au milieu, étant fournie par l'imposte en plein-cintre de la porte cochére.

Cette façade se répète, sauf l'imposte, du côté de la rue Montpensier, où elle a nécessairement un étage de plus, puisque la différence de niveau entre les deux rues, égale au contre-bas du jardin du Palais-Royal, fournit un second rez-de-chaussée ou sous-sol, décrit plus loin.

Ainsi la maison, qui se composait primitivement d'un corps de logis sur la rue Richelieu avec ailes en retour du côté du jardin, s'est accrue, par derrière, d'un second corps de logis, par la suppression de la cour et de la terrasse donnant sur le jardin.

Les destinées de la maison reconstruite par Perrard de Montreuil sont demeurées assez vulgaires , nul de ses riches et nobles possesseurs ne l'ayant jamais considérée que comme une maison de produit et ne lui ayant jamais fait l'honneur d'y habiter.

Une note autographe de M. François-Paul Le Roy, qui commence ainsi : « Etat des sommes que j'ai « payées pour ma maison de la rue Richelieu, dite

<c l'hôtel de Chartres, avant 1775, » m'a mis sur la trace de sa destination première.

Ce fut, en effet, un hôtel meublé, connu sous le nom d'hôtel de Chartres, qui occupa la maison de M. François-Paul Le Roy depuis le i" avril 1769 jusqu'au 31 mars 1794.

Par bail reçu Fournel, notaire à Paris, les i^"^ février et 7 mars 1769, M. Le Roy avait loué sa maison à Jean-Joseph Hainsehn, bourgeois de Paris, pour neuf années consécutives, moyennant huit mille livres par an, plus deux mille livres pour les lambris de hauteur, parquets, cheminées ornées de sculpture, glaces, armoires, chambranles et tous autres ornements désignés dans l'état de lieux.

Le sieur Hainselin, qui s'était associé dame Pétronille Forneraud, veuve de Pierre Bobon, marchand mercier, pour l'exploitation de l'hôtel de Chartres, céda son bail, aux termes d'un acte passé devant Laroche, notaire, le 28 mars 1772, à Pierre-Nicolas Maillard, maître perruquier, et à Marguerite Thirard, son épouse.

Le i^"^ février 1776, le bail consenti originairement au sieur Hainselin fut résiUé d'un commun accord entre M. Le Roy et les époux Maillard, et remplacé par un nouveau bail, sous la même date, reçu par M« Dosfant, notaire ^

L'hôtel de Chartres était encore ouvert en 1788, ainsi que l'atteste la nomenclature de Watin, qui l'enregistre comme la trente-unième porte de la rue de RicheHeu, en venant de la rue Saint-Honoré.

L'acte du 25 fructidor an ix (12 septembre 1801),

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