‹ La maison mortuaire de Moliere, d'apres des documents inédits; avec plans et dessinsChapitre 50 sur 56 · I. Description nouvelle, etc., 2* édition, 1687, p · texte numérisé non relu

I. Description nouvelle, etc., 2* édition, 1687, p

l'emplacement est indiqué sur tous les plans antérieurs à 1692, permet de constater l'identité du palais Brioti, quant à l'emplacement, avec l'hôtel projeté de Richelieu.

Toutefois, l'État et Partition de 1684 distingue en quatre parties : 1° l'Académie des peintres où demeurait le sieur Percau (André Félibien y demeurait en 1679); 2° la maison du Roy, c'est-à-dire dépendance du Palais-Royal, habitée par M. de la Croix; 3° partie du palais Brion occupée par le même M. delà Croix; 401e palais Brion, appartenant au roi, habité par M. le comte de Grammont.

Il est difficile de préciser quels étaient ce Pereau, Perrot ou Perrault, et ce M. de la Croix.

Le comte de Grammont, en 1684, n'était autre que ce fameux Philbert de Gramont, plus connu par les mémoires satiriques donnés par son beau-frère Hamilton que par ses services militaires, qui furent cependant éclatants. Réparons en passant cette injustice de la renommée. Philbert de Gramont, deuxième fils du second mariage d'Antoine II de Gramont avec Claude de Montmorency-Bouteville, naquit en 162 1 ; il se distingua au siège de Trin en 1643, ^^ combat de Fribourg en 1644, à la bataille de NordHngen en 1645, à la bataille de Lens en 1648, au siège d'Arras en 1654; il suivit Louis XIV à la conquête de la Franche-Comté en 1668, de la Hollande en 1672, prit part au siège de Maestricht cette même année, puis à ceux de Cambrai et de Namur en 1677. ^^ ^^^ gouverneur du pays d'Aunis et chevalier du Saint-Esprit; et le roi couronna ses services en lui accordant la lieutenance générale du gouvernement de Béarn, dont il se démit en faveur du marquis de Feuquières, son neveu, fils de sa sœur Anne-Louise de Gramont, aïeul du comte de Feuquières, qui épousa Catherine Mignard, fille du peintre ami de Molière.

Elisabeth Hamilton, qu'il avait épousée d'une façon si bizarre, devint dame d'honneur de la reine Marie-Thérèse. Leurs filles furent demoiselles d'honneur de la dauphine; l'aînée devint lady Stafïord, et la cadette mourut en reHgion.

M. de Gramont possédait une charge de gentilhomme chez le duc d'Orléans; c'est probablement à ce titre qu'il logeait au palais Brion en 1684. Ceci m'amène à constater

que je ne sais pas du tout comment l'ancien hôtel Richelieu était devenu la propriété du comte de Brion et ensuite du Roi, cette portion de la propriété du cardinal n'élant pas comprise dans la donation de 1639; ^^^^^ Germain Brice, dans ses deux premières éditions, parle-t-il du palais Brion dans un chapitre distinct et assez éloigné de celui du Palais- Royal. Le Roi l'avait également réservée lorsqu'il concéda l'habitation da Palaiî-Royal à son frère vers 1660. Le duc d'Orléans n'en put disposer qu'en vertu des lettres patentes du mois de février 1692, qui lui transférèrent, à titre d'accroissement d'apanage, la totalité de l'ancien Palais-Cardinal avec toutes ses dépendances, sous la seule exception du corps de garde établi au fond de la place du Palais-Royal, et de la portion de ladite place «■ qui se trouvoit comprise dans le « grand dessein fait pour les bâtiments de notre château du « Louvre^ ».

La constitution d'apanage de 1692 fut la récompense du mariage du duc de Chartres, le futur Régent, avec M^e de Blois , fille légitimée du Roi et de M^e de Montespau. Brice constate que le Roi, à cette occasion, donna le petit hôtel Richelieu, c'est-à-dire le pakis Brion, pour agrandir le Palais-Royal, et qu'il prit à sa charge les travaux de reconstruction et d'agrandissement en vue de [irocurer une habitation splendide à sa fille et à son gendrj. Les Académies quittèrent alors la rue Richelieu pour s'installer au Louvref. L'ancienne bibliothèque Richelieu , qui , s'appuyant à l'est au mur de l'aile gauche du Palais-Cardinal, aboutissait vers l'ouest à la rue Richelieu (partie droite de la façade actuelle de la Comédie-Française), était du dessin de Le Mercier; la façade tournée vers le nord, c'est-à-dire vers le jardin, était ornée de deux ordres d'architecture, à colonnes engagées d'un tiers, ioniques et corinthiennes, avec un petit atiique au-dessus; on se contenta de réparer la galerie et de compléter que:ques parties restées inachevées. On la termina par une lanterne octogonale, dont le premier étage renfermait un salon qui fut décoré par Oppenoid, avec

I. Apanage de la Maison d'Orléans. — Paris, in-4', chez la v« d'Houry, >762.

quatre balcons en projection sur la rue Richelieu. On y ajouta, s'ouvrant au premier étage sur le salon d'Oppenord, une galerie en retour sur la rue Richelieu, ornée extérieurement de fenêtres cintrées. Cette nouvelle galerie, indiquée par le Terrier royal, occupait le terrain qui commence à droite à la porte principale du grand vestibule de la Comédie-Française, et se termine à gauche au mur de la maison actuellement numérotée lo; elle fut décorée en .704 par Coypel le jeune; il y peignit au plafond des sujets tirés de V Enéide; le riche lambris qui régnait sur les deux longueurs avait des ornements de glace et de peintures d'une rare beauté, des tables de marbre, des cabinets précieux, des bronzes et des porcelaines rares.

Dans les salles de plain-pied avec le petit jardin, le futur Régent, dont on connaît le goût pour les sciences naturelles, créa un laboratoire de chimie pour son premier médecin, Jean Homberg. C'est là que se fit l'expérience d'une lentille colossale qui fondait et vaporisait l'or et le diamant.

Le petit jardin, qui donnait devant le nouveau bâtiment, était garni d'orangers et d'autres arbustes, avec un jet d'eau au milieu. Il était séparé du grand par une grille de fer disposée en demi-cercle (voir pages 78 et 79).

En 1780, le duc d'Orléans (Louis-Philippe), petit-fils du Régent, transmit le Palais-Royal par donation entre- vifs à son fils le duc de Chartres (Louis-Philippe-Joseph-Égalité), Au moment où celui-ci, en 1784, entreprit la construction des galeries de pierre, l'ancienne bibliothèque portait le nom d'aile des Princes, et la galerie en retour le long de la rue Richelieu s'appelait la galerie des Tableaux.

Je n'ai pas à m'occuper ici des changements que la construction des galeries de pierre apporta dans la configuration générale du Palais-Royal et du grand jardin. Je m'en tiens à décrire les modifications qu'elle entraîna du côté de la rue Richelieu. L'aile des Princes et la galerie des Tableaux furent démolies et le jardin des Princes détruit. Un parallélogramme ayant 24 toises de façade sur la rue Richelieu et 24 toises de profondeur fut prélevé sur l'aile des Princes, sur la galerie et sur l'angle sud-ouest du jardin des Princes, pour la construction d'une salle de spectacle.

Immédiatement au-dessus de celle-ci, Louis ouvrit en retour d'équerre le débouché de la rue Montpensier, qui coupa en deux tronçons le terrain de la galerie, dont la portion nord se trouva détachée du Palais et servit plus tard à la construction de la maison qui porte le no 8.

Reprenons maintenant la description de la rue telle qu'elle se comporte aujourd'hui, édifice par édifice.

No 6. — Comédie-Française. — L'incendie de 1781 ayant détruit la nouvelle salle d'opéra attenante à l'aile droite du Palais-Royal, et qui occupait une partie de l'espace compris entre cette aile, la rue Saint-Honoré et la cour des Fontaines (nos 1^8 à 202 d'aujourd'hui), le duc de Chartres songea aussitôt à réparer ce nouveau malheur; mais des difficultés s'étant élevées avec la Ville au sujet de l'Opéra, il fallut chercher une autre destination pour la salle projetée.

Parmi les théâtres de la Foire, les Variétés Amusantes s'étaient fait une place à part, grâce à des succès répétés et à l'habileté de ses deux entrepreneurs. Gaillard et Dorfeuille. Ceux-ci acquirent vers 1780 le théâtre du sieur L'Écluze, qui occupait l'angle gauche des rues de Lancry et de Bondi; Volange, Bordier et autres farceurs célèbres y créèrent Ésope à la foire, la Thèâtromanie, Janot ou Les battus paient l'amende, etc.

L'ambition leur étant venue, Gaillard et Dorfeuille sollicitèrent du duc d'Orléans la concession de la salle projetée du Palais-Royal sur la rue Richelieu; leurs propositions furent accueillies. Ils devinrent locataires de la salle moyennant 24,000 livres par an pour trente années, et ils avancèrent au Prince, sans intérêts, pour servir à la construction, une somme de 300,000 livres, dont 66,250 livres sans répétition, le surplus remboursable par le duc d'Orléans seulement à la fin du bail. Ces conditions paraissent assez douces, s'il est vrai, comme l'assure un mémoire présenté par les comédiens au ministre de l'intérieur, le 22 septembre 1800, que la construction du Théâtre -Français ait coûté 3,600,000 livres.

En attendant l'achèvement des travaux, Gaillard et Dorfeuille construisirent, en travers du débouché actuel de la

ruo Montpensier, une salle provisoire en bois dont l'ouverture eut lieu en 1784. Grâce à la protection du duc d'Orléans, les Variétés-Amusantes, sous le titre nouveau de Variétés Palais-Royal, puis de Palais-Royal tout court, devinrent le quatrième théâtre privilégié (les trois autres étant l'Opéra, la Comédie-Française et la Comédie-Italienne). Plusieurs écrivains de ce temps-là, entre autres Dulaure, voulaient que le théâtre des Variétés devînt le second Théâtre-Français. Le premier occupait alors la salle aujourd'hui connue sous le nom d'Odéon. Les deux théâtres ont lait en un siècle un chassez-croisez assez imprévu ; le premier Théâtre- Français est venu s'établir rue Richelieu, et le second a repassé les ponts.

La salle de bois ferma le 14 mai 1790, par la première représentation du Mariage, de Julie, comédie en un acte. Fermer par une première représentation, c'est assez original. On rouvrit le lendemain 1 5 mai dans la salle de Louis, que l'architecte venait enfin d'achever, et qui garda le titre de théâtre du Palais-Royal. Voici le spectacle d'ouverture : « Prologue d'inauguration, avec divertissement ; l'Homme a mécontent de tout, comédie en un acte; le Médecin malgré « tout le monde, comédie en trois actes. » M)-^^ Julie Candeille débuta par le rôle de Thalie dans le prologue et par celui d'Amélie dans la seconde pièce.

Le 23 avril 1791, on alla jouer par ordre à la salle d'Audinot, à la foire Samt- Germain, au bénéfice de deux pauvres familles ; ce jour-lâ, l'entreprise Gaillard et Dorfeuille porta pour la dernière fois le titre de Théâtre du Palais-Royal; elle rouvrit le lundi 25, à la rue Richelieu, sous le titre de Théâtre-Français de la rue Richelieu; ce fut, en 1794, le Théâtre de la Liberté et de l'Égalité, puis de la République; en 1798, le Théâtre-Français de la République; enfin la Comédie-Française depuis 1803 jusqu'à ce jour.

Louis-Piiilippe-Joseph. duc d'Orléans, ayant été arrêté le 4 avril 1793, ses biens furent mis sous séquestre le 16 du même mois, et le i^r mai suivant un décret de la Convention autorisa l'exécution du concordat que le Prince avait passé avec ses créanciers le 9 janvier 1792, c'est-à-dire la vente de ses propriétés.

Le 22 octobre 1793, la salle de spectacle de la rue Richelieu fut adjugée moyennant 1,600,500 livres en assignats, aux sieurs Gaillard et Grandmesnil, au nom d'une société dite des Comédiens français, qu'il ne faut pas confondre avec la Comédie-Française, qui occupait toujours l'Odéon sous le nom de Théâtre de la Nation.

Dorfcuiile et ses comédiens, associés par moitié, revendirent la salle à Charles-Henry-Armand JuUen et à Mélanie- Thérèse Ghesquière, son épouse, par un sous-seing privé déposé et enregistré le 3 brumaire an IV (25 octobre 1795). Le gouvernement devint ensuite locataire de la salle pour dix-huit années, par deux baux consécutifs passés les 28 prairial an XI (17 juin 1803) et 21 mars 1809, jusqu'au 31 décembre 1815, entre M. Julien et M. de Rémusat, en sa qualité de préfet du palais et de surintendant du Théâtre-Français. Les ordonnances des 18 et 20 mai, 17 septembre et 7 octobre 1 814, ayant rendu au duc d'Orléans (Louis-Philippe 1er) le Palais-Royal, le parc de Mousseaux et tous autres biens inon vendus, une instance s'engagea entre le prince et M. Juien. Le prince prétendait que l'adjudication du 22 octobre 1793 était nulle comme ayant porté au moins partiellement sur des biens d'apanage , non susceptibles d'aliénation . M. JuHen répondait que les apanages ayant été réunis au domaine national, l'État, qui avait encaissé la presque totalité du prix, avait eu qualité pour ratilier l'adjudication. Ce débat, comphqué de questions de procédure, se termina par une transaction devant M^ Cristy, notaire, les 7 et 8 avril 18 18, dont je possède une copie % aux termes de laquelle le duc d'Orléans rentra dans la totalité des parties du Palais-Royal adjugées à M JuHen, moyennant le paiement à celui-ci d'une somme de 600,000 francs.

J'ai cru devoir résumer ces faits obscurs et assez ignorés, mais je m'en tiens là et ne pousserai pas plus avant l'histoire de la salle de la rue RicheUeu, généralement connue.

Elle a subi depuis son origine trois ou quatre reconstruc-

I. Cette copie termine le recueil complet de toutes les pièces relatives aux procès; iii-4°, relié aux armes du duc d'Orléans, qui fait partie de mon cabinet.

LA RUE RICHELIEU DEPUIS SA CRÉATIOxN', I47

lions intérieures dont la dernière a été exécutée sous l'administration générale de M. Emile Perrin, par M. Chabrol, architecte du Palais, pendant le voyage de la Comédie à Londres en juin 1879.

En 1863, le bâtiment de la Comédie a été isolé du côté sud par la démolition des maisons qui le séparaient de la rue Saint-Honoré; une partie de leur emplacement est demeuré vide et forme le rentrant dans lequel se trouve aujourd'hui le café de la Comédie,

Pendant les travaux de reconstruction, l'administration et ses bureaux furent installés dans les petites maisons situées de l'autre côté de la rue Richelieu, avec lesquelles on communiquait par un pont couvert jeté sur la rue à la hauteur du balcon du grand foyer.

Avant ce dégagement, dont la date est inscrite dans le dallage du vestibule, entre les statues de Casimir Delavigne et de Chénier, un long passage noir s'ouvrait, au n» 6, entre le guichet qui est aujourd'hui le premier bureau pour la distribution des billets de la Comédie-Française, et le café de la Comédie, et aboutissait, sous la galerie de Chartres, au magasin de fleurs de M^e Prévost. Le débouché de ce couloir est occupé aujourd'hui, du côté de la galerie de Chartres, par l'arrière-boutique de M^ne Prévost, arcade no-8, et par un water-closet, arcade n» 7.

Le passage noir retint longtemps le nom de passage des Variétés, en souvenir du théâtre de Gaillard et Dorfeuille ; plus tard, il constitua, avec la galerie alors sans issue du côté de la rue Saint-Honoré où se trouve aujourd'hui le magasin de Chevet, ce qu'on appela le Pourtour du Théâtre-Français. Le passage noir se continuait alors en équerre jusqu'à la rue Saint-Honoré, où il aboutissait au n° 216. Enfin, lorsque le Pourtour du Théâtre-Français fut débarrassé des échoppes qui l'encombraient du côté de la cour Royale et que l'achèvement du péristyle de Chartres se compléta par la construction de la galerie de ce nom jusqu'à la cour de Nemours vers la rue Saint-Honoré % le passage noir prit le nom de passage de la Comédie.

I. En dehors du numérotage très régulier des arcades formant le pourtour

Lorsqu'on y pénétrait par la rue Richelieu, on trouvait à gauche, en tâtonnant dans l'ombre, une porte battante qui donnait accès à l'administration, aux coulisses et aux loges de la Comédie-Française. Il est plus d'une fois question, dans les mémoires de Victor Hugo et d'Alexandre Uumas , de cette sombre avenue, par où i auteur d'Hernani et celui (ï Henri III entrèrent le cœur palpitant et sortirent glorieux : ad augusta per angusta.

Le caté de la Comédie, longtemps tenu par M. Saintard, avait l'aspect modeste, obscur et morose d'un caté du Marais. On y buvait la bière de mars, accompagnée d'échaudés et d'une partie de dominos; mais la consommat.on de luxe et les soupers confortables étaient l'apanage de son célèbre voism, le Café Minerve, dont je vais parier au no 8.

Entre le 6 et le 8. — La rue Montpensier. — Le plan de Louis, exécuté en 1784, ouvrit sur la rue Richelieu le débouché en retour d'équerre du passage ou rue Montpensier. Cette fraction de rue, qu'on désigna pendant quelques années sous le nom de place Montpensier, occupe une panie de l'ancien jardin des Princes et coupe en deux le terrain de l'ancienne galerie des Tableaux Ce lut sur cet emplacement, comprenauL à la fois le déoouché de la rue Montpensier e le terrain demeuré vide par la démolition de la galerie, que s'élçva la salie provisoire en bois du tiiéàcre des Variétés, à laquelle Watin donne le no 11 sur la rue Richeheu et le no 210 sur le Palais-Royal, c'est-à-dire sur la galerie Vitrée % à l'endroit même où s'ouvrit ensuite le café Lyonnais.

N*> 8. — Le terrain sur lequel s'élève la maison no 8 provient de la démohtion de la galerie des Tabieaux en 1784.

du jardin, lequel n'a pas changé depuis leur construction, le classement et le numérotage des galeries accessoires au Palais-Royai est encore aujoura'hui un vëutabie chaos.

I. La galerie Vitrée, détruite en 1828, au moment de la construction de la galerie d'Urleaus et de l'achèvement du péristyle de Chartres, couiinuait la galerie Montpensier en droite ligne jusqu'à la rencontre du mur septentrional de la Coméaie-trançaise, en taçaae duquel elle débouchait un peu à gauche du grand escalier du Palais-Royal, par lequel on accède aujourd'hui à la Cour des comptes.

Occupé d'abord, de 1784 à 1790, par le théâtre provisoire des Variétés, il redevint libre lorsque cette salle en bois disparut à son tour par suite de l'ouverture de la salle de pierre (1$ mai 1790).

En exécution du concordat passé devant Brichard, notaire, le 9 janvier 1792, entre Louis-Philippe-Joseph, duc d'Orléans, et ses créanciers, ce terrain, contenant environ 116 toises de superficie C441 mètres carrés), non encore bâti, fat vendu pardevant le même Brichard, le 6 novembre 1792, à M. Louis-Denis Duchesne, qui y fit édifier la maison à trois faces, dont deux sur la rue Montpensier, qui porte depuis l'année 1806 le n" 8 de la rue Richelieu, et qui appartient depuis l'année 181$ à la famille Pépin Lehalleur.

Le Café Minerve fut un des premiers locataires de la maison construite par M. Duchesne. Je ne l'ai pas vu naître. Dieu merci 1 mais j'ai le regret de l'avoir vu mourir- Il occupait, à l'angle de la rue Richelieu et de la rue Montpensier, la place que tient aujourd'hui l'armurier Fauré-Lepage. Je l'y trouve installé, dès l'an V (1796-1797), par M. Brou ou Brouin, limonadier, qui en fut probablement le fondateur, avec ou sans le patronage de la déesse Minerve. A M. Brou succéda M. Perret, que remplaça M. Tarin vers 1830. Le comédien Grassot l'acheta peu de temps avant sa mort, survenue, le 18 janvier 1860. J'y déjeunais souvent, pendant ma collaboration au Constitutionnel, avec Paulin Limayrac et La Tour-Sain t-Ybars. Le Café Minerve a disparu vers 1868.

Girault de Saint-Fa rgeau prétend que M^e Charlotte Bourette, plus connue sous le nom de la Muse limonadière, fut la fondatrice du Café Minerve. La réponse à cette fable, c'est que la maison ne fut construite qu'après l'année 1792, sur l'extrémité nord de la galerie des Tableaux; Charlotte Bourette était morte en 1784. (Voir ci-après le n« 10.)

M. de Saint-Just, dont le nom se trouve en 1806 parmi es habitants du n» 8, n'avait aucun lien de parenté avec le scélérat de ce nom. Il s'appelait Claude Godard d'Aucour, baron de Saint-Just, et naquit à Paris le 14 juillet 1769. C'était le sixième enfant de Claude Godard d'Aucour, seigneur de Plancy et de Saint-Just, écuyer, secrétaire du roi ; et de Claire Poisson. Né le 26 décembre 17 16, à Langres,

OÙ son père remplissait les fonctions d'élu, Claude Godard d'Aucour père fut fermier général en 1754 et receveur général d'Alençon en 1785. Il écrivit des romans turcs au goût du jour, une épître à Mlle D. X. (Duthé) qui fut célèbre, et il fit représenter quelques pièces à la Comédie - Française et aux Italiens, en société avec Bret, Villaret, La Chaussée, Boissy, etc. Il mourut à Paris le i" juillet 1795.

Son fils, l'habitant de la rue Richelieu, marié le 30 juillet 1786 avec Elisabeth-Catherine Groignard, fille de messire Antoine Groignard, écuyer, ingénieur général de la marine, capitaine de vaisseau, chevalier de Saint-Louis, ne recueillit guère que le goût des lettres dans l'héritage de son père ; il a laissé nombre d'opéras-comiques, qui ne sont pas tous oubliés, notamment: la Famille Suisse , 1797» le Calife de Bagdad, 1800, et Jean de Paris, 18 12, dont Boïeldieu écrivit la musique.

M. de Saint-Just est mort le 28 mars 1826.

Mlles Mars aînée et cadette, M. Armand, Mme Desbrosses, sociétaires de la Comédie-Française, ont tour à tour habité cette maison. Rappelons ici que M^e Desbrosses était la troisième sociétaire de ce nom depuis la fondation de la Comédie-Française.

No 10. — Sur le terrain de cette maison s'élevaient primitivement les écuries du Palais-Cardinal (Arch. Nat., S, 1293). Son premier habitant connu, et probablement son constructeur, fut un homme dont le nom appartient à l'histoire de Molière, messire Antoine de Ratabon, qui, en sa qualité de surintendant général des bâtiments du roi, chargé des travaux du nouveau Louvre, fit démolir la salle de spectacle du Petit-Bourbon au mois d'octobre 1660, sans en prévenir Mohère, qui y donnait des représentations. Ce procédé sommaire excita le courroux du placide La Grange, qui en a consigné la trace dans son journal, et certainement celui de Mo- Hère lui-même. Les comédiens, se voyant du jour au lendemain sans théâtre, se plaignirent au Roi, et M. de Ratabon répondit, en administrateur qui connaît son aflfaire, que la salle appartenant au Roi, « il n'avoit pas cru qu'il fallût entrer

« en considération de la Comédie pour avancer le dessein oc de Louvre. »

La Grange prétend que « la méchante intention de M. de oc Ratabon étoit évidente », et des écrivains modernes, enchérissant là-dessus, ont dirigé contre « l'inconnu Ratabon » , qui s'était permis d'avancer les travaux du Louvre sans le congé des comédiens, des insinuations désobligeantes. J'ai cru que ce petit débat méritait d'être vidé à fond, et j'y suis parvenu. M. de Ratabon abattit le théâtre du Petit-Bourbon parce que la marche des travaux exigeait cette démolition ; c'est ce que j'établirai, pièces en main, dans l'étude que je prépare sur les théâtres de Molière. Les comédiens ne furent pas traités autrement que d'autres occupants de l'hôtel du Petit-Bourbon. Reste que M. de Ratabon, qui ne se donna pas la peine de les avertir (n'était-ce pas plutôt au premier gentilhomme de la chambre qu'il faudrait s'en prendre?), manqua peut-être de politesse envers eux, en quoi il eut tort. Remarquons toutefois que, en octobre 1660, Molière n'avait pas encore écrit l'étonnante série de chefs-d'œuvre qui commence à VÈcole des Femmes^ et qu'il serait peut-être excessif d'exiger que les gens de ce temps-là saluassent le grand homme avant qu'il ne fût né.

Voici ce qu'était « l'inconnu Ratabon » :

Fils d'un gentilhomme nommé Jean de Ratabon, écuyer, et de Catherine Pache, habitant à Servien, près Mende au pays de Gevaudan, province de Languedoc, Antoine de Ratabon fut maître d'hôtel ordinaire du roi Louis XIV, trésorier général de France à Montpellier, intendant des gabelles du Languedoc, premier commis de M. des Noyers, qui était surintendant des bâtiments sous le cardinal de Richelieu, et devint enfin titulaire de cette charge sous le cardinal Mazarin, qui la lui céda après l'avoir occupée lui-même. La surintendance générale des bâtiments du roi, arts et manufactures de France, équivalait à peu près, mais non pas dans toute leur étendue, aux départements actuels des travaux publics et du commerce. En cette qualité, M. de Ratabon prit une large part aux embellissements de Paris sous Louis XIII et sous Louis XIV, et compte parmi les collaborateurs les plus éminents des cardinaux Richelieu et Mazarin, ces illustres bâtisseurs.

Antoine de Ratabon épousa, par contrat du i*«" mars 1647, devant Michel de Beauvais et Pierre Muret, notaires, Marie Sanguin, fille de Nicolas Sanguin, écuyer, sieur de Pierrelaye' et de Marie Le Court. Le roi, la reine mère, le cardinal Mazarin assistèrent et signèrent au contrat (Cabinet des titres).

Tel fut « l'inconnu Ratabon », qui, dans sa charge de surintendant général, eut pour prédécesseur le cardinal Mazarin et pour successeur le grand Colbert, et que M. Eugène Despois accuse tout bellement de s'être laissé graisser la patte par les comédiens de l'hôtel de Bourgogne et du Marais, pour faire de la peine à leur rival Molière.

L'affaire s'arrangea, d'ailleurs, par une transaction; les comédiens obtinrent, avec la salle du Palais-Royal, la permission d'emporter les planchers et les loges du Petit-Bourbon ; la rancune fut vite éteinte, car, dans le temps même que la démolition s'achevait et que l'on commençait les travaux à la salle du Palais - Royal, les comédiens, c'est La Grange qui nous l'apprend, allèrent en visite, moyennant deux cents livres, chez M. Sanguin, à la place Royale. Or, M. Sanguin était un des proches parents de M. et M™e de Ratabon.

Antoine de Ratabon céda sa charge de surintendant à Colbert en 1664, et mourut dans sa maison de la rue Richelieu le ^ 12 mars 1670. Il eut plusieurs enfants de son union avec Marie Sanguin, lesquels, sans parler de ceux qui moururent jeunes, furent :

1° Louis de Ratabon, chevalier, seigneur de Trememont, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, gouverneur de Fécamp, envoyé extraordinaire du roi à Liège, à Venise,

1. Nicolas Sanguin était de la branche cadette des Sanguins, seigneurs, puis marquis de Livrj', maîtres d'hôtel du Roi, alliés aux de Thou, aux Beauvillicrs Saint-Aignan, etc. ; leur auteur commun était un certain Ancelin Sanguin, Italien, établi en France (Cabinet des titres). C'est donc par erreur que P. Anselme a voulu les rattacher à l'ancienne famille parisienne des Sanguins ; les deux familles ont coexisté sans aucun lien de parenté ; dés le xv« siècle, on signale Pierre Sanguin, fils de l'Italien Ancelin, et son fils Simon, seigneur et gruycr de Livry, époux de Marie Le Cocq, fille du président au parlemen de Paris.

et dans plusieurs autres cours étrangères ; mort en septembre 1693, époux de Marie-Marguerite de Ranchin, morte en 1727, à soixante-quatorze ans, sans postérité;

2° Martin de Ratabon, docteur en Sorbonne, grand vicaire de Strasbourg, évêque d'Ypres et de Vivier, né en 1654, mort en 1728, à soixante-quatorze ans;

3" Marie-Marguerite de Ratabon, née en 1652, mariée par contrat des 9 et 11 octobre 1676, devant Bernard Mousnier et Mouffle, notaires, à Louis Verjus, chevalier, seigneur et comte de Crécy, baron de Coure, seigneur de Baslay, des Deux-Eglises et autres lieux, chevalier du Christ de Portugal et des Saints Maurice et Lazare, conseiller du Roi en ses conseils, secrétaire du cabinet de Sa Majesté, fils d'Antoine Verjus, conseiller d'État, et de Marie de Chauvegarde. Le contrat fut signé, comme l'avait été celui de M de Ratabon, en présence du Roi.

Le comte de Crécy, plénipotentiaire de France à la diète de Ratisbonne, à Ryswick, etc., fut un diploniate intègre et capable, dont Saint-Simon lui-même fait l'éloge. 11 avait été reçu de T Académie française en 1672. Le Cabinet des manuscrits contient de lui une relation inédite des négociations de Ratisbonne en cette même année (Coll. Bouhier, 87, — Ms. Fr. 23331). Il mourut en 1709. La comtesse de Crécy lui survécut et ne mourut qu'en 1736, à quatre-vingt-quatre ans. Elle avait recueilli la maison de la rue de Richelieu dans l'héritage de son père, et en avait passé déclaration le ler juillet 1688 (Arch. Nat., Dom. du roi, Q.^ 1158-59).

Son fils, Louis Verjus, marquis de Crécy, colonel du régiment de Boulonnois, gouverneur du Toulois, chevalier de Saint-Louis, passa à son tour déclaration le 6 mai 1741, pour la même maison, ainsi décrite : « Tenant d'une part à la a galerie du Palais- Royal, d'autre à l'hôtel de la Ferté, par (c derrière au jardin du Palais-Royal. » (Arch. nat., P, 1202.)

La marquise de Lionne, qui habitait l'hôtel Crécy en location vers 1684, était Jeanne-Renée de Lionne, héritière du marquisat de Claveson et de la branche aînée de la maison de Lionne; elle mourut en décembre 1680, femme, depuis 1675, de son cousin Louis, marquis de Lionne, maître de la garde-robe du roi, mort le 22 août 1708, à soixante-deux

ans, fils d'Hugues de Lionne, l'illustre ministre ; celui-ci avait épousé en 1645 M^e Paule Payen. C'était une sorte de naine, fort coquette, que son mari fît mettre au couvent en 167 1 à cause de ses dérèglements; mais à quelques jours de là, M. de Lionne mourut subitement, non sans quelque soupçon de poison, et sa veuve lui survécut jusqu'en 1704.

Le marquis de Crécy vendit sa maison le 8 mai 1750, à Pierre-François Bergeret, beau-frère de M. Paris de la Montagne, le second des quatre frères Paris ; il fut nommé fermier général de la régie des frères Cordier en 1721. Son fils, M. Bergeret, receveur général des finances de la généralité de Montauban, amateur éclairé des arts, fut reçu associé libre de l'Académie royale de peinture le 31 août 1754, et mourut le 21 février 1785, à soixante -dix ans; sa sœur, Marie- Thérèse-Antoine Bergeret, décédée le 28 juin 1778, à soixantequatre ans, veuve d'Étienne-Charles Maussion de la Courtaujaye, avait eu quatre enfants :

Pierre Antoine, receveur-général de la généralité d'Alençon, qui mourut quelques semaines avant sa mère , dans la maison de la rue Richelieu, le 18 mai 1778, à l'âge de vingt-six ans : Etienne-Thomas de Maussion, mari de Jeanne- Antoinette Robert d'Orléans Perrin de Cypierre; Marie- Geneviève Perrine de Maussion, femme d'Antoine de Chaumont de la Galaizière; et Marie-Charlotte de Maussion, femme de Jean-Thérèse-Louis de Beaumont d'Autichamp, aide de camp du maréchal de Broglie pendant la guerre de Sept ans, commandant de la cavalerie de l'armée de Condé en 1792, général russe en 1797, pair de France sous Louis XVIII, mort en 183 1, à quatre-vingt-treize ans.

La maison passa en 1791 aux deux fils d'Étienne-Thomas de Maussion, MM. Alfred- Augustin-Joseph, comte de Maussion-Montgoubert, et Adolphe- Antoine-Thomas de Maussion ; mais celui-ci l'abandonna en 18 10 à son aîné, qui la vendit en 1823 à M. Jean-Louis Legacque, restaurateur célèbre.

Le comte Alfred de Maussion, chevalier de la Légion d'honneur, ex- officier supérieur des gardes du corps de Monsieur, était le mari d'Antoinette-Ernestine-Léontine- Éléonore de Saint-Simon de Courtomer. Il a publié chez Ladvocat, en 1837, un roman intitulé Faute de s'entendre.

Louis de Maussion, baron de Candé, né vers 1750, fut préfet de la Meuse en 1816. Imbu des maximes sévères de l'ancienne magistrature, il refusa son concours à l'enlèvement des papiers du conventionnel Courtois, et se fit glorieusement destituer par le comte Decazes , ministre de l'intérieur. M. de Maussion devint membre secrétaire du Conseil royal de l'Université sous M. de Frayssinous. Il mourut le 4 novembre 183 1, à quatre-vingt-un ans.

Sa femme, née de Thellusson , a publié divers ouvrages d'éducation très estimés, tels que les Conversations entre une mère et ses enfants sur la morale chrétienne, qui, publiées pour la première fois en 1812, se réimprimaient encore en 1854; les Contes aux enfants du château de Vaux, Paris, in-12, 1846; Louise^ 2 vol. in-8, 1846; etc., etc.

Mlle Bertin, la fameuse marchande de modes de la reine Marie- Antoinette, qui habitait la rue Saint-Honoré en 1781, vint ensuite installer ses grâces dans la maison de M. de Maussion, qu'elle quitta en 1789, lorsqu'elle acheta la maison no 26, du même côté de la rue.

Watin indique, au même endroit, un bazar de toutes sortes de marchandises, appartenant au sieur Messin. La porte de communication avec descente sur la rue Montpensier s'ouvrit vers les premières années de la Restauration, et donna le passage du Prix-Fixe, probablement en souvenir du magasin Messin. Le passage est intercepté depuis une douzaine d'années. Il correspondait à la porte cochère de la maison no 10 reconstruite, et à la partie gauche du magasin de vins qui porte le no 7 sur la rue Montpensier.

Mieux avisé que Girault de Saint-Fargeaa,qui avait placé le café de M^e Bourette dans une maison qui ne fut construite qu'après la mort de cette poétique dame, M. Lefeuve les rattache Tun et l'autre au no 10, qui était en effet, avant 1784, la première maison après le Palais-Royal.

« Une dixième sœur, « dit-il, » était née aux Neuf Muses « chez M. de Maussion; la Muse Hmonadière, Charlotte « Bourette, parée de ce surnom, tenait un café d'où elle « envoyait des vers aux célébrités de l'époque ; Dorât y « répondait par d'autres vers, le duc de Gesvres et le roi « de Prusse par des cadeaux. Telle était l'origine du Café

« Minerve, à la tête duquel vient de mourir le comédien « Grassot. » J'ignore sur quelle autorité M. Lefeuve fait de Mme Bourette une locataire de M. de Maussion. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'elle ne vécut point à la rue Richelieu. Charlotte Renier, veuve en premières noces d'un sieur Curé et en deuxièmes d'un sieur Bourette, était, en 17s 5, la maîtresse du Café Allemand, rue Croix-des-Petits- Champs, ainsi qu'il est expressément déclaré au foUo viij de la préface de la Muse limonadière, ou recueil d'ouvrages en vers et en prose, par M^e Bourette, ci-devant M^^ Curé, dédiée au roi Stanislas; Paris, 2 vol. in- 12, chez Sébastien Jorry, 175s. Le Café Allemand devint ensuite le « Caffé des « Muses », ainsi désigné dans la réclame naïve que j'extrais de VAlmanach Dauphin ou Tablettes royales du vrai mérite des artistes célèbres du royaume, pour les années 1777 et 1778 : « Bourette, rue Croix -des -Petits -Champs, au Caffé des « Muses. Madame Bourette, si avantageusement connue « par ses poésies, s'est mérité des présents considérables « de plusieurs têtes couronnées ». M^^ Bourette dut se retirer des affaires à peu près à cette dernière date de 1778, car la comédie qu'elle fit représenter, dit -on, devant les clients de son café, est signée à l'impression « Madame Bourette, ci-devant la Muse limonadière ». (La Coquette punie, comédie en un acte, en vers; Paris, chez Bastien, et Versailles, chez Dacier, in-8°, 1779; approbation signée Suard, du 24 novembre 1778; permis d'imprimer signé Le Noir, du 25 novembre. Imprimé par L. Jorry.) Charlotte Bourette, née en 17 14, mourut, dit-on, en 1784, à soixante-dix ans. Mais son café subsistait en 1788; Watin l'enregistre sous le titre de Café de la Muse limonadière, rue Croix-des-Petits-Champs, no 28, c'est-à-dire au no 18 ou au no 20 du numérotage actuel, la troisième porte à droite après l'angle de la rue de Bouloi.

Peut-être le Café des Muses quitta- 1- il la rue Croixdes-Petits-Champs après 1788 pour devenir le Café Minerve au n® 8 de la rue Richelieu ; c'est ce que je n'ai pu vérifier.

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