‹ La maitresse de maisonChapitre 9 sur 22 · LE DOUBLE APPRENTISS^AGE · texte numérisé non relu

LE DOUBLE APPRENTISS^AGE

Mademoiselle Suzette a fait d'abord un peu la moue ; pourtant, comme je lui ai permis de prendre une ouvrière pour la seconder, je n'ai pas tardé à voir que son trousseau est l'objet de toutes ses pensées, et que j'aurais eu grand tort de chercher en elle une aide dévouée. Elle passe ses journées à travailler pour elle dans sa chambre, et moi, depuis le matin jusqu'à Theut^e du déjeuner, je suis sur pied, uniquement occupée de ménage.

Jamais je n'avais réfléchi, pas plus que toi, chère amie, nos compagnes non plus, à ce que nous exigeons de la pauvre jeune fille qui esta notre service ; maintenant que je le vois par mes yeux, je me demande laquelle de nous serait capable de déployer sans cesse tant de forces physiques, de courage, de bonne volonté, d'obéissance ! Je me demande aussi laquelle de nous ne mériterait pas cent fois par jour d'être grondée pour ses oublis ou ses étourderies. Afin d'éviter à Laurence des réprimandes répétées, j'ai eu ridée, comme elle sait lire et écrire passablement, de faire un tableau de ses travaux de chaque jour, puis de lui en faire faire deux copies, l'une, qu elle a toujours dans sa poche, l'autre, en gros caractères, qu'elle a attachée dans la ruelle de son lit. Mais préparer ce tableau n'a pas été une petite

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