RECONNAÎTRE IMPLICITEMENT LA BIGAMIE DE DROIT ET DE
fait en imposant à l’homme qui a deux foyers et des enfants dans chacun les mêmes obligations qu’elle édicte pour le foyer légal. Le riche hésitera sans doute alors à créer un second ménage, qu’il lui faudra entretenir sur le pied du premier, à avoir des enfants, qu’il devra élever et nourrir comme les autres ; et Ton ne verra peut être plus ce scandale d’un homme aisé qui, en marge de l’union légale, entretient un autre ménage où — contre l’idéal démocratique — une Française est soumise par les lois à la condition de la petite épouse indigène dans les colonies, et dont les enfants, pourtant citoyens français, restent des sortes de métis nationaux.
La polygamie nous choque surtout parce qu’elle maintient la femme dans un état inférieur. Mais on ne peut
DI.BE QU'ELUS SOIT CONTRE LA NATO RK, CM* la BêtlltC de
l’homme et celle de la femme ne sont pas semblables
et impliquent des régies d'activité différentes.
En fait un mâle est plutôt formé pour suffire à plusieurs femelles, si Ton ne voit que la procréation, vrai but naturel, physiologique, de Funion sexuelle.
Or ce qui s’oppose à la polygamie dans notre société, c’est précisément l’enfant, parce qu’il se trouve que la famille est fondée sur la paternité. Mais rien ne prouve que la femme, conquérant plus d’indépendance, ne demande pas un jour que l’enfant lui appartienne eu propre.
Je souligne immédiatement que la conclusion du Dr Toulouse rejoint celle de la préface de Victor Margueritte : V enfant à la mère et portant son nom !
Mais j'y souscris volontiers .
Au surplus il me plaît qu'un sociologue aussi éminent que le Docteur Toulouse reconnaisse :
a) Que la polygamie masculine de fait, qui sévit hypocritement chez nous , engendre , à cause de la fausseté des situations, des drames et des iniquités ;
b) Que la monotonie de la monogamie fatigue le mâle ;
c) Que la polygamie masculine répond à an besoin de nature et que la loi devrait la reconnaître au Heu de la condamner .
Je n'en demande pas plus . Car puisqu'il y a déjà des délinquants, malgré les risques du Code pénal, le jour où la polygamie sera autorisée , on verra le nombre des adeptes et le pays en ressentira aussitôt les heureux effets 1
Opinion Au professeur Auguste F orel sur la polygamie.
La polygynie ou polygamie proprement dite, c’est-àdire le mariage d’un mâle avec plusieurs femelles.
ms -r
existe chez les ruminants, les cerfs, les gallinacés et diverses autres espèces animales, ainsi que chez une partie des hommes, par exemple chez les Islamites, les nègres, les Indiens d’Amérique, les Mormons, etc...
Saint-Augustin ne la condamne pas. Luther permit au Landgraf Philippe de Hesse d’épouser deux femmes. Le roi nègre uc Loango nous montre à quel degré peut en arriver la polygamie chez les princes et chez les chefs, car il possède sept mille épouses, tandis que les chefs des naturels des îles Fidji se contentent de vingt à cent.
En Arabie quatre filles naissent pour un garçon et l’Arabe dit : « Allah nous a donné plus de femmes que d'hommes : il est donc bien clair que la polygamie est un commandement divin . »
Au reste les coutumes du mariage ne sont pas toujours en rapport avec l’excès de naissance de l’un des sexes. Les peuples chez lesquels les hommes prédominent ne sont pas toujours polyandres, et ceux chez lesquels les femmes sont en excès ne sont pas toujours polygames. Le contraire existe même parfois, sans qu’on puisse cependant nier l’influence du nombre des naissances. La polygamie n’est donc pas toujours due au surplus des naissances de filles ou à la mort de beaucoup d’hommes, mais souvent aussi à des prescriptions religieuses ; il en est ainsi chez les Mormons et les Islamites. Dans la polyandrie, la pauvreté joue souvent un rôle plus grand que les mariages consanguins et le surplus des naissances mâles. La prescription religieuse de la continence du mari pendant les règles, la grossesse et même la période d’allaitement de ses femmes, période qui dure souvent de deux à quatre ans chez les sauvages, est une cause importante de polygamie. A Sierra-Léone le coït du mari avec sa femme, accompli avant que l’enfant dernier né puisse marcher, est considéré comme un crime.
Quoique très avantageuse à l’hygiène de la femme, la coutume dont nous venons de parler repose uniquement sur des idées religieuses et sur des superstitions (ensorcellement, etc.), nullement sur des ne lions hygiéniques. Beaucoup de sauvages considèrent en effet comme
impure ensorcelée toute femme qui a ses règles, qui est enceinte ou qui allaite. Si nous ajoutons à ce fait celui que, traitées comme des bêtes de somme, les femmes des sauvages vieillissent très vite, nous comprendrons facilement ce qui pousse en ce cas l’homme à la polygamie. Nous pouvons à peine concevoir la rapidité avec laquelle vieillit la femme sauvage. Elle n’est guère fraîche que de treize à vingt ans. Dès vingt-cinq ans, elle est vieille et stérile, et peu de temps après, elle a l’aspect d’une vieille sorcière, ce qui provient bien moins de ses rapports sexuels précoces que de l’horrible et dur travail qui pèse sur elle et du temps considérable pendant lequel elle est obligée d’allaiter ses enfants.
Une autre cause de la polygamie est le désir de changement propre à l’homme. Les nègres d’Angola échangent leurs femmes, disant qu’ils ne peuvent jouir longtemps du même mets . L’instinct de la procréation, l’amour de la gloire et des richesses concourent encore, comme nous le disions, de même que la stérilité de maintes femmes, à propager la polygamie. Certains peuples ne la tolèrent que lorsque la femme est stérile ou n’a que des filles, ce qui prouve nettement qu’ici elle repose sur la crainte de demeurer sans rejetons mâles.
En somme, les femmes sauvages, par exemple les Indiennes, sont moins fécondes que les civilisées, ce qui provient surtout de leur longue continence pendant les deux à quatre ans d’allaitement de chaque enfant. Si nous ajoutons la grande mortalité des enfants, nous comprendrons comment la polygamie détient chez ces peuples une arme pour la reproduction dans la lutte pour la vie et même, chez les peuples africains, une loi naturelle. Un indigène de l’Afrique Centrale peut facilement avoir cent femmes, car ce sont elles qui l’entretiennent et qui sont ses servantes. Là, les femmes remplacent les ouvriers, et la polygamie est l’expression de la grandeur, de la richesse et de la considération. Elle est surtout développée chez les peuples agricoles, à cause de la valeur qu’a pour eux le travail de la femme, travail qui représente l’accumulation de la propriété. Elle est au contraire impossible chez les peuples
nomades et pauvres. La question de l'alimentation est ici décisive. Au Dahomey, le roi avait des miniers de femmes, la noblesse des centaines, le simple citoyen une dizaine, et le pauvre soldat point du tout
La Jalousie et la rivalité des femmes ne régnent pas toujours dam les familles polygames . Dans l'Afrique équatoriale, les femmes poussent elles-mêmes à la polygamie et traitent d'avare un homme qui, bien que riche, restreint le nombre de ses épouses, Livingstone raconte que les femmes de Makololo déclaraient ne pas vouloir vivre en Angleterre où règne la monogamie , car tout homme respectable devait prouver sa richesse par un nombre considérable de femmes. N'oublions pas que chez la plupart des sauvages la notion morale de bien et de mal se confond avec celle de richesse et de pauvreté. En réalité, les femmes surnuméraires qu’achète un grand polygame sont de simples esclaves. Sa puissance et son autorité ne permettent pas facilement à la jalousie d’éclater entre elles ; néanmoins elles ne suffisent pas dans beaucoup de cas, et le suicide de vieilles femmes, désespérées de s’en voir préférer de plus jeunes par leur mari, n’y est pas rare. Parfois elle tuent en même temps leurs enfants, et les empoisonnements sont assez fréquents. Chez les Indiens de la Terre de Feu, une hutte contenant trois ou quatre femmes ressemble souvent à un champ de bataille. Nous avons déjà signalé la façon dont les femmes jalouses des Iles Fidji mordent et coupent le nez de leurs rivales. Chez les Islamites et les Hindous, les intrigues et la jalousie régnent aussi parmi les femmes. Il en est de même en Abyssinie, chez les Havas de Madagascar et chez les Zoulous. Le terme hova désignant la polygamie est rafi, ce qui veut dire « adversaire » !
Pour prévenir la jalousie de ses femmes, l’homme polygame loge souvent chacune d’elle dans une maison particulière. Le cas est fréquent chez les Indiens de l'Amérique du Sud.
J’ai fait en Colombie la connaissance d’un explorateur français M le comte de Brettes, qui a étudié de très près les Indiens Goajires, en devenant lui-même membre de leur tribu. Le pays dès Goajires est une péninsule de la Colombie, limitrophe du Vènézuéla. La
polygamie des Goajires est très intéressante.. Lorsqu’un jeune Goajire désire se marier, il doit payer sa fiancée aux parents de celle-ci, en leur fournissant nombre de pièces de bétail, mais le consentement de la jeune bile est de rigueur pour que le mariage puisse être conclu. En outre, le fiancé est tenu de défricher plusieurs ares de forets, d’y planter des légumes, du maïs, etc... et d’y bâtir un rancho. Il doit ensuite faire cadeau de tout cela à sa femme, si chèrement achetée, et y ajouter le bétail nécessaire. C’est l’épouse, et non son mari, qui devient ainsi propriétaire légale de la maison et des terres ; c’est elle qui régit tout le domaine. Le mari n’a de droit que sur ses enfants mâles, mais sa femme est strictement tenue de lui être fidèle. S’il veut épouser une seconde femme, il est obligé de l’acheter aussi et de lui fournir les mêmes objets qu’à la première, dans un autre endroit. Jamais les deux femmes ne peuvent séjourner ensemble dans la même maison ou dans le même domaine ; chacune d’elles est donc propriétaire pour son compte. De cette façon, les différentes femmes d’un Goajire polygame sont non seulement indépendantes, mais séparées les unes des autres et n’ont aucun rapport entre elles, ce qui exclut toute jalousie, d’autant, plus que ces femmes respectent profondément les lois de leur pays. Dans de pareilles conditions, la polygamie ne peut guère s’étendre à plus de deux femmes sans épuiser entièrement les forces dont un homme a besoin pour cultiver les domaines de chacune d’elle. On voit donc que certaines formes de la polygamie , combinées au matriarcat , sont compatibles avec une position sociale élevée de la femme, car chez les Goajires et d’autres tribus indiennes, dont les mœurs sont analogues, l’homme joue plutôt le rôle d’un voltigeur qui passe d’une femme à l’autre, tandis que c’est la femme qui est reine et maîtresse à la fois de la maison, des enfants et du domaine.
Weslermark a certainement raison en considérant la tendance de l’amour à se concentrer sur un unique objet comme l’un des plus puissants facteurs de la mono
garnie. La jalousie n’est sans doute pas autre chose que la contre-partie de pareils sentiments, c’est-à-dire le désespoir profond de voir l’objet unique de l’amour se détacher, ou même devenir infidèle. D’un autre côté, cette concentration de l’amour d'un conjoint pour Vautre, qui peut être excellente pour les familles isolées des êtres vivant seuls à la façon des bêtes féroces, n’est nullement adaptée à une société dont tous les membres sont solidaires. Nous devons insister sur ce point. Il existe à coup sûr une antinomie réelle et bien difficile à concilier entre cet égoïsme à deux qu’est l’amour exclusif et concentré, et la solidarité sociale ou altruisme humain.
Le problème n’est pas insoluble, mais nous devons avouer ici que sa solution n’est pas facile.
En résumé, nous observons d’abord une évolution de la monogamie vers la polygamie. Les singes supérieurs et les hommes les plus primitifs sont monogames ; on ne découvre encore chez eux ni différence de rang, ni antagonisme de classes, et ils vivent en très petits groupes. La richesse, la civilisation, les communautés plus considérables, l’agriculture et la domination des castes ont fait naître peu à peu la polygamie. C’est ainsi que les anciens Hindous furent d’abord monogames et devinrent plus tard polygames. La prérogative de la première femme sur les suivantes n’est qu’un vestige de monogamie dans la polygamie.
Un degré de culture plus élevé rendit ensuite les guerres plus rares, raccourcit la période d’allaitement, fit disparaître les préjugés qui régnaient contre le coït pendant la grossesse et améliora la position sociale des femmes, qui ne furent plus traitées comme des bêtes de somme. Vieillissant ainsi moins vite et ajoutant à ses charmes corporels ceux de son développement mental, la femme ramena l’homme à la monogamie. En même temps, les épouses et les enfants cessèrent peu à peu de constituer une richesse, ce qui diminua l’instinct de la procréation. Enfin les machines remplacent aujourd’hui de plus en plus le dur labeur des femmes de l’ancien temps. C’est ainsi que, dans un degré supérieur de la culture humaine, tous ces facteurs tendent à ramener la monogamie.
Les désirs instinctifs de la femme sont monogames. Les progrès de la civilisation étendent continuellement ses droits, et les sentiments toujours plus affinés de sympathie chez les civilisés actuels sont de moins en moins compatibles avec la polygamie. Quant à la polyandrie, Westermark montre qu’elle a toujours été une exception et qu’elle n’a pu se produire que chez les peuples doux et flegmatiques, ayant un certain degré de civilisation et ne connaissant pas la jalousie.
Spencer croit que l’avenir appartient à la monogamie, tandis que Lubbock penche pour la polygamie . Westermark pense que, si le progrès de la civilisation continue comme jusqu’ici à devenir plus altruiste et que si l’amour tend à s’affiner, les conjoints ayant toujours plus d’égards l’un pour l’autre, la monogamie deviendra toujours plus sévère.
Je crois, pour ma part, qu’il est oiseux de vouloir faire le prophète. Si la culture mentale arrive vraiment un jour à triompher de la grossièreté, de la barbarie et de la bêtise, et si elle continue à progresser véritablement, je ne crois pas qu’aucun des anciens systèmes de mariage persiste sous sa forme première. La monogamie primitive, adaptée à une condition de bête sauvage asociale, est incompatible avec les exigences sociales qui s’imposent de plus en plus à l’humanité. Le mariage par achat et la polygamie islamite, qui font de la femme une marchandise et la mettent entièrement sous la dépendance de l’homme, sont des coutumes barbares de peuples demi-civilisés, coutumes qui sont déjà tombées en désuétude. La polyandrie est contraire à la nature humaine et aux besoins de la reproduction. Son implantation est partout un signe de décadence. Notre monogamie religieuse actuelle , complétée par la honteuse promiscuité de la prostitution , est à la fois hypocrite et malsaine. Jusqu’à preuve du contraire, nous considérons comme la forme du mariage la plus avantageuse pour l’avenir une sorte de monogamie ( éventuellement de polygamie) libre, accompagnée d’obligations relatives à la procréation des enfants et aux enfants procréés. La polyandrie n’aurait qu’acees-
soirement un droit d’existence dans certains cas pathologiques ou exceptionnels,.
L'opinion documentée du professeur Foret me paraît appeler quelques brèves précisions :
1 9 II concède que la monogamie actuelle est égoïste, antisociale, hypocrite et malsaine. Marquons et soulignons ce coup droit , d'une dureté qui nom plaît assez,
2@ Il rejette comme contraire à la nature humaine la polyandrie , qu'il ne comprend que dam certains cas pathologiques ou exceptionnels. Si Von se souvient que nous raccordons , avec le correctif du matriarcal , ù toutes les femmes non mariées, on voit que notre libéralisme féministe va plus loin que le sien „
3® Son pronostic est prudemment réservé sur l’avenu des deux régimes : monogamie ou polygamie , et il ne se place pas un seul instant au point de vue provisoire et immédiat de la situation mondiale d’après-guerre , La seule allusion qu’il fait à la guerre serait plutôt favorable à notre thèse , puisqu’il constate que ce fut quand « un degré de culture plus élevé rendit les guerres plus rares » que ce facteur permit aux femmes de ramener V homme à la monogamie . Mais aujourd'hui, après l'hécatombe, sans précédent dans V histoire , de vingt millions d’hommes , quel est le régime qui s’impose ?
4® Enfin le professeur Fore! , dans sa conclusion , après avoir nettement condamné le mariage monogamique actuel , ne parle que d'une certaine polygamie , Il écrit : « Le mariage par achat et la polygamie islamite, qui font de la femme une marchandise et la mettent entièrement sous la dépendance de l’homme sont des coutumes barbares, etc... » Mais qui parle aujourd’hui d’un mariage par achat ? (bien qu’ actuellement, dans la classe bourgeoise tout an moins , la dot de la fiancée lui permette en fait d'acheter son. mari). Et quand on parle polygamie , pourquoi n’ envisager que la polygamie islamite, dont le mode oriental ne conviendrait peut-être pas à nos mœurs occidentales ? Il y a aussi, et j’y reviendrai toujours , la polygamie des Mormons f qui s’acclimaterait parfaitement chez nous , j’en sais con
vaincu. Je dois d’ailleurs convenir que, dans une pareil thèse, le Docteur Forel admet, après tout, éventuellement, dit-il, une sorte de polygamie comme la forme du mariage la plus avantageuse « pour l’avenir ». Sans doute appartient-il à d’aussi illustres savants que vous , mon cher maître , de vous préoccuper de l’Avenir, Pardonnez au modeste sociologue que je suis de m’occuper surtout de notre alarmante situation présente, à laquelle je ne vois pas de choix dans les remèdes, La monogamie creuse encore plus profondément le vide ; la polygamie seule le comblera !
Aussi bien je dois proclamer que votre loyauté vous fait hésiter entre les deux systèmes . Par ailleurs, dans votre même livre, n* écrivez-vous pas en effet :
a II faut avoir un parti pris allant jusqu’à l’aveuglement pour ne point voir qu’on commet une faute contre la nature en considérant la monogamie comme la seule ancre de salut des rapports sexuels, comme la seule forme légale admissible du mariage, et pour en faire une camisole de force. L’histoire et l’ethnographie nous montrent que les peuples polygames se sont fortement DÉVELOPPÉS ET Qü’lLS SE DÉVELOPPENT ENCORE. (!)
fl est vrai que les peuples poîyandres dégénèrent assez pitoyablement. Les amères leçons de choses que la pratique a données aux partisans de la monogamie obligatoire, pleine de duperie et d’hypocrisie, prouvent à quel point il est absurde de vouloir tenir en bride par la force et par des digues artificielles les appétits naturels normaux de l’homme. Ce qui réussit non sans peine chez quelques caractères forts et plus facilement chez les tempéraments froids, est impossible
(1) On voit, par cette opinion autorisée* confirmée par tous les sociologues an tant soit peu avertis, combien il faut que le critique det livres du Mercure de France , î’honorable M. Henri Masel, soit un âne, pour pouvoir écrire que « toutes les sociétés polygamiques ont été des sociétés clairsemées * ! il est vrai que ce personnage éprouve le besoin de nous faire connaître qu’il « a passé Vâye », Sans doute l’âge de raison, pour atteindre l’âge du gâtisme î nous n’en doutons pas. Mais n’est-il pas regrettable que l’agriculture manque dé bras, quand on voit de tels ignares tenir une plume et un poftte «ne revue ?
à réaliser parmi la masse. La polyandrie est ordinairement l'effet de la pauvreté. Les races polyandres sont peu fécondes et disparaissent. L'homme normal est instinctivement BIEN PLUS POLYGAME QUE LA FEMME NOR¬ MALE n'est polyandre. Il y a cependant des cas où la polyandrie se justifie. Il existe des femmes dont l’appétit sexuel, à la vérité plus ou moins pathologique, est si insatiable qu’un homme normal ne peut les satisfaire. Il vaut donc mieux qu’en vertu d’un contrat libre, quelques don Juan se chargent de les satisfaire, que de les voir se livrer par désespoir à la prostitution (il existe certaines prostituées par nymphomanie), ou encore que de voir les don Juan en question séduire systématiquement de braves jeunes filles normales.
En parlant de la polygamie, nous avons montré qu’il en existe plusieurs formes et qu’elles ne sont pas toutes aussi humiliantes pour le sexe féminin qu’on le pense chez nous, où l’on ne connaît guère que les honteux abus du harem musulman. Ce qui abaisse le niveau moral de la polygynie, c’est surtout le système barbare du mariage par achat, de par lequel des femmes deviennent des esclaves souvent emprisonnées, chargées de lourds travaux, puis l’état de dépendance, d’abje jtion et d’ignorance légales de la femme d’une façon générale. Mais nous avons vu combien la polygynie de certaines peuplades indiennes, où règne le matriarcat, et où la femme est propriétaire et maîtresse de la maison et de la famille, a un caractère moral plus élevé. Le danger de rabaissement de la femme par la polygynie cesse , dès que celle-ci est légale de l'homme au point de vue de la propriété ... »
I> Àua Fohêl,
Comme je crois que la Française du xx* siècle n'accepterait pas de devenir l'esclave d'abord vendue , puis emprisonnée de son seigneur et maître , je pense que nous pourrions instaurer chez nous une polygynie qui ne l'abaisserait en aucune façon, mais la grandirait encore au contraire, puisqu'elle lui permettrait de remplir intégralement sa fonction naturelle, en sauvant la race .