PREMIERE INVITATION
Nos lecteurs se souviennent-ils d'un entretien auquel nous les avons fait assister entre John Malcolm et son fils Georges, le lendemain du jour où ce dernier était arrivé à Bénarès?... — En voici la substance :
Georges demandait à son père de lui révéler le but mystérieux qu'il avait donné à sa vie et le suppliait de l'associer sans retard, — ainsi qu'il le lui avait promis dans ses lettres, — à l'œuvre grande et terrible commencée par lui et qui devait affermir à tout jamais dans les Indes la domination anglaise sourdement menacée par un immense péril inconnu.
Le magistrat réclamait de son fils le délai d'un mois pour réaliser sa promesse, et prenait l'engagement de n'avoir plus de secrets pour lui aussitôt après l'expiration de ce délai.
Trois semaines s'étaient écoulées depuis ce moment. — Georges comptait les jours avec impa-
tience, et de tous ses vœux il appelait l'heure où il pourrait enfin partager avec son père les dangers de l'entreprise et la gloire du succès.
John Malcolm redoublait d'activité ; — ses fils et ses pupilles se demandaient comment les forces d'un homme de son âge pouvaient suffire à une existence aussi prodigieusement active et dans laquelle il ne laissait pour ainsi dire pas de place au repos.
Dès le point du jour John Malcolm montait à cheval et quittait le bengalow, sans se faire accompagner d'un valet et sans que personne sût de quel côté se dirigeaient ses pas.
Georges lui ayant, une fois, demandé la permission de l'accompagner, il avait refusé nettement.
D'habitude il rentrait pour le repas du soir. La couche épaisse de poussière et de sueur desséchée qui couvrait son cheval démontrait jusqu'à l'évidence que monture et cavalier venaient de parcourir des distances énormes.
John Malcolm causait avec les jeunes gens pendant une heure ou deux, et faisait preuve de toute sa hberté d'esprit habituelle. — Le rayonnement d'une très vive joie intérieure illuminait même par instants sa physionomie si belle et si expressive.
Il se relirait ensuite dans son appartement et commençait à mettre en ordre les notes rapportées de ses courses sans fin, et sa lampe brûlait presque jusqu'à l'aube sur le bureau de son cabinet de travail.
Parfois, au matin, le valet de chambre s'apercevait que le lit de John Macolm n'avait été ni foulé, ni même défait.
Un jour, il Tapprit à Stop, qui s'empressa de le répéter à sir Georges.
— Eh quoi ! mon père, — dit ce dernier au magistrat, — vous passez au travail des nuits entières!...
— Je n'en disconviens point, cher enfant, mais il le faut.
— Vous ne dormez plus !
— Fort peu... — Je n'ai pas le temps...
— Voilà qui me désole, mon père !
— Pourquoi donc ?
— Vous avez beau avoir une âme d'acier dans un corps de bronze, vous n'en êtes pas moins homme! — A continuer une telle vie, vous vous tuerez infailliblement!
— Si je la continuais, oui sans doute, je me tuerais, je le crois' comme toi...
— Eh bien?
— Eh bien, cher enfant, rassure-toi... Cette existence un peu trop remplie touche à son terme.
— Est-ce bien certain cela, mon père?
— Oh ! parfaitement certain ! — Ce fil d'Ariane qui doit guider mes pas au milieu des ténèbres, et que depuis longtemps je cherche, j'ai la certitude matérielle qu'il ne peut plus m'échapper désormais...
Avant une semaine, l'heure du repos sonnera pour moi, — repos relatif, il est vrai, qui ne sera pas l'oisiveté, mais qui ne sera plus la fatigue, puisque tu doubleras mes forces par les tiennes, en partageant toutes mes pensées, tous mes secrets, tous mes travaux... Regarde-moi d'ail-
leurs!... l'espérance et la certitude du succès me soutiennent, et je n'éprouve ni la défaillance du corps, ni la lassitude de l'âme!...
Le vieillard disait vrai.
Les labeurs surhumains auxquels il venait de se livrer glissaient sur lui sans laisser leur empreinte.
Tel Georges avait trouvé son père au premier jour de leur réunion, tel il le voyait encore.
Même souplesse dans l'attitude et dans l'allure, — même fermeté caractéristique des lignes du visage, — même éclat dans le regard, — même franchise dans le sourire.
Le jeune homme se sentit rassuré complètement et, mettant de côté ses passagères inquiétudes, ne songea plus qu'à Mary Burtell, à qui toutes ses pensées appartenaient davantage dejour en jour, d'heure en heure et, pour ainsi dire, de minute en minute.
Georges et Mary étaient maintenant fiancés comme l'étaient aussi Edward et Héva.
Ils savaient qu'ils devaient appartenir l'un à l'autre ; ils croyaient fermement que rien au monde ne pouvait les désunir, ni même venir se placer entre eux; — ils se sentaient forts de la bénédiction paternelle, précédant la bénédiction de Dieu; ils ne redoutaient point les hommes; ils défiaient les catastrophes; — ils marchaient avec sécurité vers un avenir de bonheur, pleins d'une confiance inébranlable en leur mutuelle tendresse, si profonde et si chaste...
Us s'aimaient!
Ces trois mots disent tout.
Ils avaient échangé leurs âmes. — Il suffisait à Georges de regarder au dedans de lui-même pour y voir l'image de Mary. — Mary n'avait qu'à fermer les yeux pour que son fiancé lui apparût.
Nous ne croyons pas qu'un amour plus exclusif, plus pur et plus charmant ait jamais existé.
En ce monde, où rien n'est parfait, le ciel de ces fiancés était vraiment trop beau... il devait appeler l'orage !
Un soir John Malcolm, parti dès le matin, rentra au bengalow avec son cheval épuisé, juste au moment oîi les valets mettaient le dîner sur la table.
Disons en passant que l'heure de son retour étant toujours incertaine, il avait donné l'ordre de ne jamais l'attendre.
Le magistrat passa dans son cabinet de toilette pour y faire rapidement ses ablutions, et vint rejoindre ses enfants à table.
Une certaine quantité de lettres à l'adresse de sir John Malcolm, apportées pendant la journée, se trouvaient à côté de son couvert.
Deux de ces lettres se recommandaient par l'épaisseur du papier satiné qui formait leurs enveloppes et par l'ampleur du cachet de cire rouge qui fermait leurs plis.
L'un de ces cachets reproduisait nettement l'empreinte bien connue des armes d'Angleterre.
L'autre offrait en demi-relief l'image fantastique d'une divinité indienne aux têtes multiples et aux cent bras.
John Malcolm, après avoir parcouru du regard
les écritures des adresses, laissa retomber les lettres sur la table sans en ouvrir une seule, et s'écria en riant :
— A plus tard les affaires sérieuses I Je crois avoir amplement gagné deux heures de repos en faisant aujourd'hui vingt lieues à cheval sous les feux d'un soleil qui met les sources en ébullitionet fait éclore les œufs de crocodile! Le civilian de la présidence de Bénarès est affamé comme un péon dont la gibecière et la bourse sont vides! Servez le bien vite, mes enfants, si vous ne voulez pas le voir tomber d'inanition à vos pieds.
Mary remplit de xérès couleur d'ambre un verre de cristal de Bohême.
— Buvez ce cordial, mon père! — dit-elle avec un angélique sourire en présentant le verre à sir John, — je le crois souverain!
— Merci, chère enfant ! répliqua le magistrat ; et, après avoir bu, il ajouta, en appuyant ses lèvres sur le front blanc et poU de la jeune fille : — Mais celui-ci est plus souverain encore!... La fatigue, la soif et la faim, un baiser paternel sur le front d'un ange fait tout oublier !
— Mon père, — demanda Georges, — est-il possible que vous ayez fait vingt lieues aujourd'hui?
— Oui, vingt lieues tout au moins...
— Mais c'est de la démence! vous jouez votre vie!
— Tu vois bien que non, puisque me voici de retour en parfait état et n'ayant pas même, dans mes pérégrinations aventureuses, fait la rencontre d'un coup de soleil...
— Parce que vous êtes plus heureux que sage ! Mais tout cela finira par mal tourner!
— Allons, allons, ne gronde pas ton père! Les grandes fatigues sont finies pour moi ! J*ai terminé toutes mes semailles et l'heure de la récolte approche...
— Ce qui ne vous empêchera pas, sans doute, de continuer demain comme si de rien n'était, cette existence qui est un suicide!
— En cela tu te trompes...
— Comment?
— Demain je me repose...
— Vous vous reposez, vous ! — murmura Georges avec un étonnement comique.
— Oui... oui... oui... — répondit John Malcolm en riant ; — oui, cent fois oui, monsieur mon fils, je me repose demain...
— Je meurs d'envie de n'en pas douter, mais que voulez-vous, malgré moi je suis incrédule...
— Et tu as tort!...
— Vous vous sentez donc à bout de forces?
— Pas le moins du monde; mais, aujourd'hui même, j'ai réussi à mettre la main sur un précieux renseignement qui m'avait toujours échappé... A l'heure qu'il est, c'est dans mon cabinet et non plus au dehors que je dois achever l'immense travail dont tu ne tarderas guère désormais à connaître les résultats...
— Ah ! mon père, — s'écria Georges, — quelle heureuse nouvelle ! Nous allons donc enfin vous posséder au milieu de nous ! Nous n'allons plus
vivre ici comme des étrangers dans une maison dont l'hôte est absent!
Georges venait d'exprimer la pensée générale; aussi, grâce à la bonne nouvelle apportée par John Malcolm, le repas fut particulièrement animé et joyeux.
Lorsque le dessert fut servi, lorsque les domestiques eurent quitté la salle à manger, après avoir placé sur la table les carafes de vin de Porto et les flacons de liqueurs, le magistrat, tout en causant, se mit à décacheter une à une les lettres entassées sur la nappe à côté de son assiette.
Sans doute elles n'offraient pour lui qu'un intérêt à peu près nul, car, après les avoir parcourues d'un œil distrait, il les laissa retomber sur le parquet.
Bientôt, de toutes ces lettres il n'en resta que deux, celles précisément dont nous avons signalé un peu plus haut les larges cachets de cire rouge.
John Malcolm déchira l'enveloppe de la première et déploya la feuille de papier vélin dont il examina le contenu avec infiniment plus d'attention qu'il n'en avait apporté jusqu'à ce moment à toutes les épîtres précédentes.
— Chères enfants, — dit-il ensuite en s'adressant aux jeunes filles, — voici quelque chose qui vous concerne et qui, j'en réponds, va faire battre déplaisir vos cœurs!
— Qu'est-ce donc? — demandèrent à la fois et avec curiosité Mary et Héva.
— Une invitation.
— Ah! — s'écria joyeusement Mary, — quel
bonheur! Il s'agit d'un bal, n'est-ce pas, mon père?
— Oui... d'une grande fête...
Les jeunes filles frappèrent dans leurs mains.
— Et, — demanda Héva, — quel est le gentleman bien inspiré qui donne cette fête et qui nous y invite?
John Malcom lut à haute voix :
« Lord Singleton, gouverneur, pour la Compagnie des Indes j de la présidence de Bénarès, prie sir John Malcolm, sir Georges Malcolm, sir Edward Malcolm et miss Mary et Héva Burtell, de lui faire l'honneur d'assister à la fête qu'il donnera au palais de la présidence, le samedi 8 septembre 1830. »
— Une fête donnée par lord Singleton! une fête au palais de la présidence dont les vastes salons et les jardins immenses sont remplis de merveilles, ce doit être bien beau, n'est-ce pas, mon père? — dit vivement Mary.
— C'est plus que beau, chères enfants, — répliqua John Malcom, — c'est splendide, et je vous affirme que lord Singleton lutte victorieusement contre les magnificences orientales, et qu'il porte assez haut le pavillon de la courtoisie anglaise, du luxe et de l'élégance britanniques, pour satisfaire l'amouf-propre national le plus exigeant.
— Et, demanda Mary, — cette fête est pour samedi prochain?
— Oui.
— C'est aujourd'hui lundi... il nous reste juste le temps de nous occuper de nos toilettes...
— Coquettes! — dit Georges en souriant.
— Coquettes tant qu'il vous plaira, monsieur mon fiancé, — répliqua la jeune fille, — mais il est certain que notre devoir, à nous aussi, est de soutenir Thonneur du drapeau ! Nous voulons que vous soyez fiers de nous! Nous voulons éclipser toutes les begums éblouir tous les rajahs I Nous voulons, enfin, être belles, très belles !...
— Vous le voulez absolument ? — fit Georges avec un nouveau sourire.
— Oui, absolument ! est-ce que vous croyez par hasard, que cela sera bien difficile?
— Je le crois si peu que j'allais vous donner un bon conseil...
— Un bon conseil?
— Oui.
— Lequel?
— Celui-ci : — pour être belles entre les plus belles, éblouissantes et victorieuses, vous n'avez qu'une chose à faire...
— Et c'est?...
— De rester telles que vous êtes...
Mary, du bout de ses doigts effilés, fit à son fiancé un gracieux geste de menace.
— Flatteur! — dit-elle en même temps.
— Ah! fille d'Eve, — répliqua Georges, — ^comme vous savez bien que ce qui serait flatterie pour toute autre n'est que la vérité, pour vous et pour Héva !
Hévase récria modestement, comme s'était récriée Mary.
Ce fut alors au tour d'Edward de soutenir, en l'ap- I. 10
puyant, la même thèse que son frère, dont il partageait naturellement l'opinion de point en point, et cette controverse servit de prétexte à l'une de ces gracieuses querelles d'amoureux qui sont, à notre sens, une des plus charmantes choses de ce bas monde.
Au bout de quelques minutes on convint de s'en rapporter au jugement de John Malcolm, qui mit tout le monde d'accord en déclarant que [Georges et Edward avaient raison, que partout où les deux sœurs daigneraient apparaître, elles n'avaient qu'à se montrer pour être les plus belles, et que l'art de la femme ne pouvait rien ajouter au diadème de jeunesse et de grâce qui les couronnait.
— Comment lord Singleton connait-il mon arrivée à Bénarès ? — demanda Georges à son père.
— Je la lui ai annoncée moi-même il y a quelques jours, — répondit John Malcolm, — en ajoutant que j'aurais l'honneur de te présentera lui... Je voulais le faire et je le devais, mais il ne m'a pas été possible, depuis lors, de m'acquitter de ce devoir... C'est là un tort involontaire que je regrette vivement et que j'ai hâte de réparer. Tu m'accompagneras dès demain au palais de la présidence.
— Lord Singleton est-il un homme remarquable?
— Il m'est bien difficile de répondre catégori- ■ quement à cette question. Peut-être le lord gouverneur ne possède-t-il que dans une certaine mesure ces qualités éminentes qui, politiquement parlant, constituent l'homme remarquable et le placent à la hauteur de sa situation, quelle qu'elle soit,
mais c'est à coup sûr une nature loyale et vaillante, une intelligence sinon brillante, du moins solide... Si, ce qu'à Dieu ne plaise, la fatalité le plaçait à l'improviste au milieu de circonstances critiques où les destinées du pouvoir anglais dans les Indes dépendraient de lui seul, peut-être ne trouverait-il pas en son âme cette force de volonté qui commande aux événements, cette indomptable énergie qui domine et qui triomphe quand même et malgré tout; mais ce que j'affirme, c'est qu'il ne verrait pas sa défaite, et qu'il se ferait tuer dans la lutte sans avoir reculé d'un pas... Voilà, je crois, le jugement le plus impartial qui se puisse formuler sur lord Singleton, homme public, gouverneur de la présidence de Bénarès. Quant à lord Singleton grand seigneur, il est irréprochable... Sa courtoisie toute chevaleresque a su lui concilier, du moins en apparence, même les sympathies des patriciens, descendants directes des anciens maîtres de l'Inde, et par cela même ennemis jurés de la domination anglaise... Je déclare, et je suis bien sûr que personne au monde ne pourrait songer seulement à s'inscrire en faux contre cette opinion, qu'il serait impossible de découvrir dans les trois royaumes un gentleman plus accompli que lord Singleton...
— Savez-vous, mon père, — s'écria Georges, — que, sommetoute, et malgré quelques restrictions, le portrait que vous venez de tracer est des plus flatteurs...
— Oui, certes, je le sais, et je serais au désespoir qu'il en fût autrement... J'ai pour lord Singleton une vive sympathie, une sérieuse affec-
lion, et j'ai tout lieu de croire que lui-même veut bien m'honorer de quelque estime...
~ Lord Singleton est-il jeune encore?
— Jeune, non... pas précisément... il a tout près de cinquante ans, mais il est bien conservé et il entoure sa personne de soins si minutieux et si intelligents, qu'on lui donnerait quarante ans à peine.
— Est-il célibataire ou marié?
— Il est veuf. Lorsqu'il est arrivé d'Angleterre, ily a quinze ans, sa jeune femme l'accompagnait... Elle était d'une constitution délicate qui n'a pu résister au terrible climat des Indes... Elle a succombé à une maladie de langueur. Lord Singleton, pendant plusieurs années, est resté profondément triste, mais le temps amoindrit toutes les douleurs ; le gouverneur a subi la loi commune... Je ne sais pas s'il a oublié, mais je sais qu'il est consolé, du moins en apparence.
— Lord Singleton mène-t-il grand train?
— Oui... un train de prince... Il dépense noblement les revenus de sa fortune personnelle, qui sont considérables, et les immenses émoluments de sa charge...
— Reçoit-il beaucoup?
— Presque chaque semaine il réunit les principaux fonctionnaires de la Compagnie des Indes autour de sa table, alimentée par les plus rares et les plus précieuses merveilles gastronomiques des cinq parties du monde... Une fois tous les mois il ouvre ses salons pour des réceptions fort recherchées; enfin, chaque année, à l'époque où nous sommes, il donne une fête, célèbre dans l'Inde en-
tière, et qui sera pour toi, je n'en doute pas, d'un immense intérêt...
— Je ne comprends pas bien ce qui fera naître cet intérêt, — répliqua Georges, — car enfin je vais me trouver environné de visages inconnus, et c'est une situation qui n'a rien, à mon sens, de particulièrement enviable...
— Oui, sans doute, et tu serais dans le vrai si ces inconnus dont tu parles étaient des invités vulgaires, mais il n'en est rien... A cette fête sont conviés les descendants directs des vieilles races patriciennes des Indes. Les fils des Tamerlides, qui se prétendent issus des dieux, y sont représentés, et les Rajahs dont les noms bizarres frapperont ton oreille, et qui t'apparaîtront vêtus du costume national et environnés d'un faste qui ferait pâlir de jalousie nos millionnaires européens, sont d'une noblesse tellement antique qu'elle remonte jusqu'à l'époque de la création du monde, et même plus loin, s'il faut les en croire.
— Plus loin que la création du monde? — s'écria Georges, — comment arrangent-ils cela?...
— As-tu donc oublié ce que je viens de t'apprendre? — répliqua John Malcolm. — Tous ces patriciens, dédaignant une origine terrestre, se prétendent les fils des dieux... Ceci doit t'expliquer comment et pourquoi leurs ancêtres régnaient déjà, lorsque notre monde sublunaire était encore dans le chaos...
— Vous avez raison, répondit Georges en riant, et je commence à croire, mon père, que la fête de lord Singleton me semblera des plus curieuses...