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Elle voulut se leyer; j'essayai de la
retenir. Il ne me vint pas les paroles qui seules en auraient eu le pouvoir.
Nous fimes ensemble quelques pas; je cherchais toujours le mot, l'impossible mot qui fût une rupture et un regret.
J'avais la tête en déroute et j'étais comme étourdi par le chant ininterrompu des | grillons. 3 Nous approchions de la maison, nous étions arrivés devant la porte, et je me Le
__- demandais encore, sans parvenir à me donner une réponse à moi-même, si je la franchirais tout à l'heure. Ma fausse générosité allait peut-être, une fois de plus, 3 l'emporter sur mes autres sentiments. Un Se pas encore, un mouvement, et nousétions de nouveau entraînés dans l’inconnu.
— Tu te souviens, me dit-elle en s’ar-
rétant sur le seuil, de la façon dont un Fe <' 200
soir tu m'as quittée, cet hiver? Ce soir, c'est moi qui te demande de ne pas m'accompagner.
Je la saisis dans mes bras; elle se laissa prendre sans abandon. Je posai mes lèvres sur les siennes; elle me rendit un baiser passionné qui me glaça. Puis se dégageant soudain, elle disparut dans la maison.
Pendant deux ou trois semaines, on:
me revit pas au Pradeau. Le jour, je vis | tais mon domaine avec mon nouvel inten dant; Je soir, je me rendais çà et là, a ces amis Lite prêts à accueillir
# me an comme une chose re
et aussi cette décadence, cette D bo à 194 ;
sans grandeur qui flotte sur ces maisons délabrées, où hier encore on pouvait voir de l'intelligence et de la grâce. Seul l'orgueil, ou plutôt la vanité, subsiste dans nos gentilhommières, et tous, nous attellerions avec des cordes de puits, pourvu qu'aux œillères des chevaux il y ait les armes et la couronne. Des vestiges épars, méprisés, un portrait, une miniature, dont le costume remonte à peine à une génération, laissent l'esprit confondu que des êtres si vulgaires aient si vite remplacé des personnages nobles et charmants. Je revois encore, près d’une glace, deux petits souliers de satin blanc perdus sous des cartes de pesage : on n’en revient pas de pensér qu’ils aient pu chausser autrefois ce hobereau cordial et grossier, que rien ne distingue aujourd’hui du dernier des paysans. Je finissais par prendre en
grippe ces honnêtes garçons qui, après tout, n'avaient d'autre tort que de s’accommoder, sans le discuter davantage, d’un genre de vie que je remettais sans césse, et. bien vainement, en question.
J'étais fatigué de ieurs plaisirs, excédé de leurs plaisanteries. Je m'appliquais à contrarier leur sentiment en toutes choses:
j'allais jusqu’à prendre contre eux la défense du paysan qui braconne | Vous ne pouvez imaginer ce qu'est,
pour un hobereau, le mystérieux coup de feu qui part soudain dans son bois. Ce petit bruit qui déchire l'air, c'est son plaisir que l’on tue. Le meilleur devient féroce, et il n’est pas d'invention saugrenue que nous ne trouvions bonne pour dé- fendre notre gibier. Peine perdue, presque toujours! Ni le renvoi du domaine, ni la crainte du gendarme, rien ne peut empê-
Ar ÊYTe
brune, Des laissées dans un sillon, une
d’un bois au dans un chemin creux.
| . L'homme arrivait sut l’un de nous: on le 7 à Jaissait filer un moment, puis l'on criait à son voisin : « À toi! à toi, le braco! » | comme on crie un lièvre à la chasse. Le
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Fe le pay san de quêter le Vévre à la
châtaigne à demi rongée, c’en est assez pour le mettre sur la trace. Son RIRES le distingue sous la bruyère, parmi les herbes, dans les mottes des guérets; et avec son méchant fusil, dont la crosse a
été raccommodée vingt fois par le maré- à Ù Mahal c est bien rare s ‘il manque son.
| coup.
pré L'un de nous reconnaissait-il la présence d’un braconnier sur ses terres, hs nous en avisait aussitôt. Nous accourions 4 | aussi vite que si le feu eût été à son ns EU A la nuit, chacun se postait à la corne
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