‹ La mal'aria drame en un acte et en vers par le M.is de BelloyChapitre 21 sur 27 · LA MA L’A II IA · texte numérisé non relu

LA MA L’A II IA

Pour vous voir aujourd’hui moins sombre en m’écoulant, Pour calmer un seul jour ces tourments que je cause,

Je donnerais ma vie... bêlas! bien peu de chose.

LE COMTE

Ohl je n’en doute pas. La mort, c’est votre espoir;

Vous vous parez déjà pour la bien recevoir,

Vous vous entretenez jour et nuit avec elle,

Vous lui donnez des traits qui vous la rendent belle ;

La tombe n’est pour vous qu’un lit frais et charmant,

Et vous vous y couchez voluptueusement.

LA COMTESSE

Vous vous trompez toujours, et dans ce moment même La vie est un tyran qui vous blesse et qu’on aime.

Ah ! qu’avec joie encor jè ra’y rattacherais Si vos ressentiments cédaient à mes regrets,

Si dans votre ombre assise, hélas! comme naguère,

Mes jours coulaient en paix entre vous et mon père.

En me jugeant, Nello, vous oubliez souvent Qu’avant de tant souffrir, j’étais presque un enfant. Vouillez-le seulement, et je suis prête à vivre.

" LE COMTÇ.

Oh! dites résignée, et laissez-raoi poursuivre :

Je ne m’abuse pas, vous mourez sans regret,

Ferme et, sur votre cœur, serrant votre secret ;

Trop fière pour souiller ni mon nom ni 4o vôtre,

Mais trop pleine du sien pour en garder un autre. D’ailleurs, que vous importe et ce monde et le jour? Dans le fond de votre âme est un bien autre amour. Oui, je suis fait ainsi, jaloux jusqu’au blasphème, Au-dessus d’un rival soupçonnant Dieu lui-mème.

Car je n’ignore pas que la nuit du tombeau,

Page 1