‹ La mal'aria drame en un acte et en vers par le M.is de BelloyChapitre 4 sur 27 · I.E COMTE · texte numérisé non relu

I.E COMTE

Eh bien! prieur, vous avez pu la voir;

LA MAL’ARIA

Médecin renommé, prêtre que l’on vénère,

Devrai-je à vos conseils une épouse si chère?

Vous ne répondez pas... ce geste... ce regard?...

LE PRIEUn.

Monseigneur, vous m’avez fait appeler bien tard.

LE COMTE

Bien tard! ah! vous avez des paroles de glace! Parlez, dites-raoi tout. Quel danger nous menace? Depuis trois jours au moins qu’on vous a fait quérir, Ses yeux semblaient revivre et son teint refleurir; Elle a parlé, souri, bien qu’un peu languissante, « Et nous la voyions tous déjà" convalescente.

Quel souffle en un matin est venu tout changer?

LE PRIEUR

N’en croyez point, seigneur, cet éclat passager : Comme un signe fatal, l’art nous dit de le craindre. La mort, parfois aussi, se déguise et sait feindre.

LE COMTE

La mort! Et nul moyen?...

LE PRIEUR

Un seul.

Que faire?

Parlez, j’attends.

LE PRIEUR

L’emmener, s’il en est encor temps, L’arracher, dès demain, ce soir, à l’instant même, A l’air empoisonné qu’exhale la Maremme.

LE COMTE

La Mal’aria, si tôt? Quelque indice trompeur...

Page 1