I.E COMTE
Eh bien! prieur, vous avez pu la voir;
LA MAL’ARIA
Médecin renommé, prêtre que l’on vénère,
Devrai-je à vos conseils une épouse si chère?
Vous ne répondez pas... ce geste... ce regard?...
LE PRIEUn.
Monseigneur, vous m’avez fait appeler bien tard.
LE COMTE
Bien tard! ah! vous avez des paroles de glace! Parlez, dites-raoi tout. Quel danger nous menace? Depuis trois jours au moins qu’on vous a fait quérir, Ses yeux semblaient revivre et son teint refleurir; Elle a parlé, souri, bien qu’un peu languissante, « Et nous la voyions tous déjà" convalescente.
Quel souffle en un matin est venu tout changer?
LE PRIEUR
N’en croyez point, seigneur, cet éclat passager : Comme un signe fatal, l’art nous dit de le craindre. La mort, parfois aussi, se déguise et sait feindre.
LE COMTE
La mort! Et nul moyen?...
LE PRIEUR
Un seul.
Que faire?
Parlez, j’attends.
LE PRIEUR
L’emmener, s’il en est encor temps, L’arracher, dès demain, ce soir, à l’instant même, A l’air empoisonné qu’exhale la Maremme.
LE COMTE
La Mal’aria, si tôt? Quelque indice trompeur...