SCENE II
A vous tout le premier, que ma femme est malade,
Et rit du bon docteur qui croit à des chansons. Comprenez-vous ?
Il t* so rasseoir.
LE PRIEUR, * part.
Grand Dieu, pardonne à mes soupçons!
Au comte.
Comte, je dois poursuivre, et vous devez m’entendre :
Un bruit autour de vous commence à se répandre.
On dit partout, qu’en proie à des rêves jaloux,
Abusant du pouvoir et des droits d’un époux,
Vous livrez sciemment, vengeance sûre et lento,
Au souffle qui la tue une femme innocent©.
On vous saura demain prévenu du danger.
LE COMTE
Qu’importe; si chacun me l’a vu partager?
Je n’ai pas fui cet air qui dessèche la lèvre,
Et tout nous est commun , l’exil comme la fièvre.
LE PRIEUR
Eh ! ne le vois-je pas ? Dans vos yeux égarés ,
N’ai-je pas lu déjà tout ce que vous souffrez?
Qu’un môme feu vous brûle, et que, sûr de la suivre,
Si la comtesse meurt, vous n’entendez pas vivre?
C’est là votre projet, votre but , votre espoir.
LE COMTE
Assez, mon pèro, assez!... Nous partirons ce soir.
LE PRIEUR
Oui , sauvez-Ia , mon fils , elle est pure et fidèle ;
De vous, de vos desseins f je n’ai rien su par elle. N’écoutez que sa voix en vos jours soucieux;
Sienne, qu’en deux partis divisaient vos aïeux,
LA MAL’ARIA
Crut en vous unissant mettre fin à leurs haines : Méfiez-vous du sang qui coule dans vos veines.
Vous n’avez de témoins que moi , cet ange et Dieu , Tout peut se retrouver... le bonheur même? Adieu.
A part, sur le seuil de la porte.
J’ai fait selon ma force et mon cœur, humble prêtre; Dispose maintenant , toi qui seul es le maître.
. Il sort.