‹ La mal'aria drame en un acte et en vers par le M.is de BelloyChapitre 7 sur 27 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

LE COMTE, seul.

Comme on devient un ange! Un air humble et contrit , Un bon meâ culpâ, deux mots, et tout est dit.

Oui, certe, ô repentir, ô seconde innocence,

Oui , par le sang du Christ , je connais ta puissance.

Un Dieu vainqueur et fort pardonne , je le crois ,

A qui l’a pu trahir, à qui l’a mis en croix;

Mais moi vaincu, moi faible, il faut que je me venge De cet enfant cruel que l'on appelle un ange ,

Qui pleure, je le sais, un oubli d’un moment,

Mais qui mourrait plutôt que livrer son amant,

S’avoue en gémissant qu’elle me hait et l’aime»,

Et repaît son amour de son repentir même.

Et je ne vaincrais pas ce silence obstiné !

Pourquoi l’ai-je connue et pourquoi suis-je né !

Je voulais mourir seul et chargé d’un seul crime ,

Mais un instinct plus fort me pousse vers l’abîme ;

Sans cesse , je la vois près de lui , jeune et beau ,

D’une larme hypocrite honorant mon tombeau , M’accordant par pitié quelque aride prière,

Tandis qu’il la possède et vit dans sa lumière ,

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