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tre qui s'appelle l'amour, qu'il avait eu pour elle, — il s'en suuvenait à présent.
— À un degré tel qu'il lui sacrifiait tout, qu'il marchait sur sa conscience, qu'il brisait sans vergogne l'idole devant qui si longtemps il s'était agenouillé, il avait beau la trouver belle ainsi, ntelante dans ses bras, belle à affoler le plus blasé, il avait beau appeler la passion, appeler le désir, son cerveau ne se troublait point, ses sens restaient engourdis,
Il ressentait, certes, de l'affection pour elle,
Il ne mentait point en lui aftirmant qu'il l'aimait,
Du moins, il ne mentait qu'à demi,
Et son désespoir égulait presque le sien— un désespoir morne--de se sentir incapable de l'aimer plus,
En cet instant, ileñt donné, pour réveilleren lui l'ardeur d'autrefois pour que ce feu sacré qui s'apelle l'amour le moins, se crût toujours adorée, ce que p'uvait lui réserver, de bonheur cette existence qu’il trouvait si lourde,
Il'eût douné sa vie, si pour lui la coupe était épuisée, s'il n'avait plus droit an bonheur
Mais non, l'étincelle ne l’ar imerait point.
Ce beau corps, abîmé dans ses bras, ne le faisait ni frissonner ni pâlir.
Paul Yveling en épouva une souffrance.
Etre marié avec la plus adorable des temmes avoir le bonheur à portée de sa main, et ne savoir pas en jouir, ne pas pouvoir..se sentir fatalement ramené en ariiére, torturé, par la mémoire de choses pasées.
Mais pourquoi ! ....
Pourquoi cela !
ee force implacabla, génie maus'acharme donc après l’homme, qui ie iette hors de la route qu’il n'avait qu’à suivre pour arriver tranququille au bout de sa carrière, pour vivre sans douleurs, si ce n'est sans félicités !
Le savait-il ?
Et Paul approchait encure sa bouche
du front de Régine, de ses yeux, de ses èvres.
Elle frémissait, elle, ses larmes taries, du bonheur plein son regard encore mouillé,
Lui, restait insensible, avec le mênx désespoir au fond de l'âme,
Mais Régine se trouvait rassurée,
Pour quelque temps du moins, elle serait heureuse,
M. et Mme de Labatière, en la voyant le lendemain plus radieuse qu'ils ne l'a.
vaient encore vue, se dirent que leurs craintes étaient vaines,
Peu à peu, gendre redeviendrait tel qu'il avait été.
Et leur tille aurait la vie de quiétude, de bonheur qu'ils avaient rêvée pour elle
Dans le courant de cette même jour née, comme le tenps, très mauvais. les empêchait de sortir tous les deux an bras l'an de l'autre, ainsi qu'ils l'avaient prémédité avant de monter, pour y ner, chez l'oncle Yveling, Paul de de à sa femme de faire un peu de que.
— Je vaisessayer de jouer la sor pathétique, dit elle en ouvrant son plu no. Je n'arrive pas à la perfection mais je crois que j'ai fait de sérieux progrès,
Son mari ne répondit point,
Il s’installait dans un fauteuil com.
nodément, comme pour mieux enten.
dre.
Régine attaqua le prélude,
[l trésaillit.
Et quand Régine s'arrêta :
— Il me semble, en effet, que votre talent s’est affermi d'une façon tout à remarquable,
— Vous êtes trop indulgeut, je crois.
Mais vraiment, vous trouvez que ce n'est pas mal.
— Je trouve que c’est fort bien, vous m'avez charmé. Certes, chère petite, vous avez fait lu progrès.
— Et vous êtes plusque jamais d'avis que je dois prendre de temps en temps une leçon ?
— Mais oui ; faites ce que vous voudrez, du reste, je l’ai dit.
Puis, comme s’il eût adressé la question la plus naturelle :
— Puis, comment avez-vons con ucette madame David ?
— Oh ! d’une façon ‘ nt accidentelie ur après-midi, en allan avec maman chez sa couturière.. Mad: jivid n'était pas chez elle, et sa voisiar, oui jouait comme nous motions l'escaiici, l4 mate pathétique, nous fit entrer chez elle pour attendre le retour de celle-ci...
Ce que nous avions entendu de ce morceau nous avait ravies ; elle consentit à le jouer de nouveau, nous dit ensuite qu’elle donnait des leçons et, sur le désir de maman, qui pensait...me
distraire, je lui demandai d’être mon professeur.
— C'est très simple, en effet.
— Le hasard, tout bonnement.
Il y eut un instant de silence ; Paul
réprit :
— Ainsi ; vous êtes allée lui dire, hier, que vous seriez quelque temps sans travailler avec elle ?
— Elle le savait, je lui avais écrit mais nous voulions lui faire une visite, nous avons profité de l'occasion.
— Elle demeure loin ?
— Non, rue d'Amsterdam, au no...
— En effet, ce n’est pas loin.
— Puis, reprit Régine,il y avait lougtemps que nous voulions voir son bébé,
— Voir son bébé ? répéta-t-il machinalement, sans comprendre.
— Mais oui, elle a un enfant, un petit garçon de onze mois.
Elle est veuve, son mari étant mort un mois après la naissance de leur bébé
— Allons, fit Régine, je vais m'habiller, il sera bientôt temps de monter chez l'oncle.
— Oui, il sera temps bientôt.
Elle l’embrassa encore et partit, en se retournant pour lui sourire.
Quand, au bout d’un quart d'heure, Régine vint le prendre pour aller diner chez son oncle, se reflétait sur la physionomie.
Mais, pendant cette soirde, il parut de nouveau à ceux qui l’entaient triste et sombre.
11 s’arrêtait devant le portail, comme s’il s'apprêtait à le franchir.
Le lendemain Paul se rendit au monastère.
Il devait faire, sans le savoir, une rencontre dans l'escalier conduisant à son bureau.
Le ciel eût pu lui tomber sur la tête, la terre s’ouvrirsous ses pieds, il se fût laissé écraser, il se fût faissé engloutir sans une parole, sans un cri.
Sur le palier du premier étage, il trôla quelqu'un qui montait.
C'était un homme qui ouvrit la bou che, comme pour pousser une exclama tion.
Mais la parole s'arrêta sur ses lèvres :
il se jeta contre le mur.
Cet homme était Henri de la Roche
Au sortir du mismistère Henri regarda sa montre.
Cinq heures et demie.
I] lui restait juste le temps de rentrer pour dîner, s’il voulait passer avec Hu guette la demi-heure qu'il lui donnait avant de se mettre à table.
Lorsque le comte de la Roche se re trouva avec sa femme, il avait sa phy sionomie habituelle.
Le baiser qu’il mit sur son front res semblait au baïser de tous les jours.
Cette soirée était une de elles qu Henri donnait à Huguette.
La jeune femme, toute radieuse, coit fée avec une coquetterie particulière avec un raffinement dans sa toilette qui montrait tout le désir qu’elle avait d:
plaire à son mari, l’attendait.
Celui-ci était bien décidé, en entran:
à lui dire qu'il avait accepté un ami, auquel il devait se rendre pour neu heures.
Il la vit si joyeuse, si câline, si enve loppante, il sentit que la déception se rait si vive, qu'il n’osa point.
Mait pourtant il était résolu à Jar cer, ce soir-là, ce qu’il appelait son ba!
lon d'essai.
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— Comme tu es jolie, ma chérie. ditil à Huguette pendant le repas, on eroirait que tu as des velléités de sortir ce soir !
— Oh ! aucune, je t’assure, c'est uniquement pour toi que je me suis faite belle. Cette robe est à ton goût ?..Tu trouves qu’elle va bien ?
— Je la trouve parfaite... Tu es charmante.. Mais c’est une toilette de théàtre.
— Je l'ai fait faire pour quand. tu m'y conduiras.
.— Je gage Huguette laisserais très bien conduire ce soir aux Français ?
— Certainement, situ veux... tu sais que j'adore ce théâtre
— Je crois justement que l’on donne Hamlet, tu ne l'as pas vu ?
— Non.
— Eh bien, mignonne, atteler, aussitôt dîner.
La promenade presque journalière au bois de Boulogne, dans le coupé ou la victoria, et le théâtre de temps à autre étaient, à part quelques visites ensemble aux Labatière et à une ou deux per- “onnes, anciennes coñnaissances de la famille de la Roche, les seules sorties que Huguette fit avec Henri.
Elle éprouvait une joie folle lorqu'il la menait au théâtre.
Ce soir-là, installé dans une bonne loge son mari à côté d'elle, la petite comtesse, bien que la pièce lui parût lugubre, passa une soirée ses plus intéressantes, meilleures qu’elle eût encore passées,
En revenant dans le coupé, Henri lui.
<lissa un bras sous la taille et jusqu’à lhôtel la tint serrée contre lui.
Un vrai ménage d’amoureux snant son nid.
Une fois dane leur appartement, Huguette, sur un signe de son mari, renvoya la femme de chambre.
Ce fut Henri qui remplit ce rôle, enlevant les épingles qui retenaient ses beaux cheveux, les agrafes du cnrsage, jouant avec elle comme un enfant.
Et quand elle fut dans lit, un immen-
nous ferons
rega-
se lit où elle se perdait, plus jolie qu’avec sa toillette de théâtre dans sa che.
mise de soie bleu pâle, ses cheveux mélés aux dentelles de l’oreiller, elle dit à Henri, en passant un bras autour de son cou et en attirant sa tête vers la sienne :
— Je voudrais te demander quelque chose.
— Quoi donc ?
Quelque chose.
— Mais quoi, voyons ? parle... On dirait une petite fill: qui a peur d'être grondée.
— C’est que, c'est très sérieux... et je crains que tu ne veuilles pas...
— Tu sais bien que je veux tout ce que tu veux...
— Même cela ?
— Encore faut-il que je sache quoi !
— Eh bien, je pense qu’il serait temps de faire... l’opération !
Le bras d'Huguette s'était desserré Henri se redressa brusquement
Oh ! cela, non... jamais !
— Jamais ! fit-elle, se soulevant à demi, tu me l'avais promis !
Il ÿ avait dans sa voix et sur son visage un tel désespoir que M. de la Roche tressailit, sincèrement, profondément ému.
C'était un cri qui s'était échappé de ses lèvres, et ce cri révélait une attreuse déception,
La figure mignonne d'Huguette se convulsait,les yeux agrandis contenaient à la fois une prière et un reproche.
Elle avait crispé ses mains dans le couvre-pied de satin.
On eût dit qu’elle allait avoir une crise de nerfs.
— Tu me l'avais promis, dit elle, tan dis qu’un saaglot déchirait sa gorge ; tu me l'avais formellement promis !
Il rapprocha ses deux mains qu'il rassembla dans l’une des siennes, et dit cn les caressant doucement.
— Calme:toi, et écoute-moi... Je donnerais beaucoup pour te voir débarrassée de cette béquille sur laquelle il t'est devenu si pénible de t'appuyer, et c'est
15 Le Mal de Vivre
Fa ts sil
tellement mon intention de condescendre à ton désir, qe j'ai pris à ce sujet des informations bien exactes... Cette vppération est les plus douloureuses, d'abord.
— Qu'importe, on m'endorma.
— Mais après... L'emplâtrement pendant de longs mois, la torture du menbre allongé... c’est affreux !.…
— Cela m'est égal, n’ai-je pas été ‘autrefois de long mois aussi étendue dans une gouttière ?
-- Enfin, pour te dire toute la vérité, elle est excessivement dangereuse.
— Pas tant que cela ! Je le sais, moi aussi, je me suis infoamée.
— Mais tu es très délicate.
— Nous attendrons que je sois tout à fait remise, telle qu'avant.
— Non, ma charie, je t'en renonce à cette idée.
— Je veux marcher sans béqu'ille.
comme tu es.
Elle secoua la tête.
— Moi, je souttre me tuerait.
C'était en une plainte que ces derniè.
rès paroles s'chappaient de sa bouche.
Huguette répéta :
— Cela me tuerai
— Songe donc, m:. :
il, que tu peux en me
Je dis que je monr.us sans dela !
— C’est de la folie. Puisque je t’aime ainsi.
Voyons, tu sais bien que tuime.
Mais un jour tu seras fatigué d’avoir une femme en béquille.
— Jamois je ne serai fatigué de toic'est mal de parler ainsi.
— Je veux qu'on me fasse l'opération dit la jeune femme, avec cet entètement réflécchi, raisonné, contre lequel on se heur te sans l’entamer.
— Et avent qu'il pût répondre :
— I] le faut ! il faut ! je le veux.
— Maisenfin, dit Henri sur un ton d'autorité, si je m'y opposais formelle.
Elle le regarda avec ce regard de ses beaux grands yeux qui vous prenait
conjure
beaucoup ; cela
petite, fit-
l’âme, en vous communiquant sa tristesse.
— Si tu veux que je meure, dit-elle se renversant sur l’oreilleu et fermant les yeux.
11 Ja contempla un instant.
Ses traits brusquement distendus avaient pris une sorte de rigité.
Ainsi, les par:r'ères closes, jes longs
ils faisant on ur les joues blanches, la boucl. mobile, on eût cru qu’elle venait d’exhaler son dernier
couffler
Un frisson glirsa entre ’es épaules du comte de Ja Roche.
Il lui sembla qui! la voyait morte.
Et, au serrement de cœur qp'il ressen tit, il put juger, comme il l'avait déjà fait, de la place qu'avait prise dans sa vie cette petite créature infirme pour laqu’elle il avait, tout d’abord, éprouvé de la haine.
Alors qu'il était plein d’un autre l’amour, alors que la nostalgie des boudoirs fréquentés jadis le prenant, il s’apprétait à y rentrer, elle y tenait toujours cette place.
Huguette, c'était l’ang qui charme et fait trouver bon le foyer.
À ses côtés, il se sentait meilleur, moins scepcique, moins corrompu.
Toujours frisonnant, il se baissa elle, il l’embrassa au front.
La petite comtesse rouvrit les yeux.
— Tu veux bien ? demanda:t-elle, n'est-ce pas, que, tu veux bien.
—Dors tranquille, nous reparlorons de cela demain, dors.
Il lu, donna le même baiser et s’en alla en se retournant pour la regarder.
Les paupières, de nouvetru, s'étaient abaissées, 18 visage avait repris son impassibilité.
Henri passa devant sa chambre, restant sous le coup de son émotion.
Il lui semblait qu'il venait de voir Huguette à son lit de mort.
Le lendemain, des qu'ils furent er tête à tête, a jeune femme aborda la question.
La discution, nette fois, fut longue
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2ssen déjà JS Sa ar Jaouvé
Jabou- | s’atouie et leur,
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eux.
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Par tous les arsuments posribles son mari essyait de la dissuader.
Peine inutile,
Cette fois elle raisonna tranquilement, froidement.
Elle arriva à lui prouver que sa vie, avec cette béquille, était une torture ce tous les instants.
Elle le convainquit de la nécessité de la tarrible oppération, en répétant, avec ce flegme qui donnaitffroid :
— Je msurrait.. Mourir pour mourir au moins ourais-je satifait mon idée ; car c’est une idée fixe... Elle me ronge, elle me tuerait si je ne dla mettais à exécution.
Elle disait vrai, elle le sentait ; cette idée pouvait la tuer.
Elle lui arracha la promesse de prendre uur consultation des deux grands docteurs spécialistes pour son cas, dont elle avait entendu prononcer le nom autrefois par son grand-père.
L'après-midi même, Henri se rendit chez l,unet chez l’autre.
La consvitation fut décidé, arrêtée paur deux jours plus tard.
Elle aurait lieu à hôtel de l'avenue Montaigne, dans la jeune femme.
Lorque les deux médécins entrèrent chez elle, Huguette rayonnait.
L'auscultation fut minutieuse, leur délibération dura longtems.
La contesse de la Roche, restée seule pendant que médecins discutaient dans la chambre voisine, à messure que les minutes passaient, se sentait envahie par l'inquiétude.
S'ils allaient ne pas vouloir !
Quand la port, se rouvrant, livra passage aux princes de la science, elle sentit une sueur froide lui mouiller le front.
La parole se glaçait sur ses lèvres.
Elle nese sentait pas la force de poser une question.
Son mari, qui avait assité à la délibération, entra derrière eux.
— Ma chère amie, dit-il, 2es messieur croient l'opération possible.
—h !fiteelle soulagée.
— Mais pas maintetant ; dans six ou huit mois, au plus tôt.
— Lix ou huit mois ! exclama-t-elle; c'est trop long, pourquoi ?
— Parce que nous vous trouvons trop faiqle en ce moment, pour la subir avec des chanles de succès, madame, répondit l’un des docteurs; vous n'êtes pas remise suffisamment de votre maladie.
Pendant ce laps de temps, vous vous fortifierez, la santé dont vous jouissiez auparavant vous reviendra, vous vous trouverez enfin en état de supporter l’é.
. ‘euve, qui sera dure, nous vous en prévenons !
— Qu'importe ; je suis résolue a tout!
— Nous le savons, mais laissez-moi vous dire que vous aurez le temps de réflechir.. Nous espérons que vous renoncrez à votre projet.
— Est-ce pour cela que vous me reculez à cette époque aussi éloignée ?
— Non pas.. Nous jngeons qu’il vous faut ces six ou huit mois pour vous refaire complètement ; cependant nous tenons à ce que vous sachiez biens ce qu'est cette opération que rien ne reud utile, à part votre désir de ne plus vous servir d'appui pour maocher..
Voulez-vous m'écoutor, madame ?
— Je ne demande pas mieux, docteur.
— Vous me passez les expressions technipues, elles sortiront ce ma bouche malgré moi ; je tâcherai de les rendre compréhensibles,.
Le docteur sour‘ait, tendis que son donfrère restait enfermé dans sa gravité profesionnelle.
Ce dernier prit congé, reconduit par M. de la Rocte, tandis que le premier s’asseyait près de la jeune femme.
— J ous, disait la cointesse ; sovez sûre que je comprendrai.
— Vous ne savez peut-être pas. commença-r-il, que dans la coxalgie, la claudication est produite par ceci : la cavité cotyloïde se touvant usée par le mal, la tête du fémur glisse en haut ; il y a alors luxation, et par sute raccourcisse.
ment du membre.
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— Je sais, fit Huguette ; je l'ai en.
tendu dire déjà.
— Alors, cela ne vous intéresse plus {
— Paidon, cela m'interesse toujours.
Ces termes barbares ne vous sont pas inconnus ?
— Pas absolument ; je me suis fait expliquer tout cela.
— Faut-il que je continue ?
— Oh ! oui, docteur, je vous en pris.
— Je vais vous décrire l'opération dans toute sa vérité... Aprés cela, j'esprère..
— Que j'y renoncerai... non, seulement, je le répète, cela m'intéresse quand même.
— Donc, pour réparer ces désordres, pour ramener la tête du fémur à aa place, on pratique à la hanche une longue incision, de façon à mettre à nu cette cavicé cotyloïte ; on abrase les aspérités qui ont pu se former et on creuse de nouveau. avec la gouge ou le maillet, la cavité qui s’est en partie comblée avec le temps, afin d'y iutroduire la tête du fémur, déqarrasées… Ensuite, les sutures des parties molles Le membre a repris sa longueur normale.
Huguette sourit.
— Mais c’est très simple, en effet, madame, seulement écoutez la suite on vous place daas nn appureil plâtre, on vous met un poid, pour maintenir le le membre à sa place, l’'empêccher de se raccourcir... Vous restez einsi étendue, avec ce poids gni pends hors du lit, une cinquantaine de jours.
Qu'est-ce que cela cinquante jours ?
souffrance, la torture, devrait-je dire, de ce membre distendu.…
— J'ai été des mois entiers dans une gouttière, docteur.
— Cela sera plus terrible,
— Je suis courageuse... Et après ces cinquante jours !
— L'ankylose s’est presque toujours produite, ou pour parler plus simplement, la soudure de l'articulaton, ce qui fait que le malade marchera tou-
jour un peu.
On ne pourrait faire qu'il ne boite plus du tout ? demanda Mme de la Roche dont les prunelles étincelèrent.
— Cela est bien difticile et dépend d’abord des lésion produites ; quand elles le permettent, on essais d’empécher l’ankylose ; cet essai réussirait pas pour moi ? fit la jeune femme, les yeux toujours illuminés.
— Ï] faudrait, encore une fois, connaître la pertubation apporté: dans la texture des organes celr se verrait au cours pe l’opèration…
— Et alors, au cas où la chose pourrait êtes tentée, que ferait-on pour empêcher l’ankylose ?
— Vous tenez donc à tout savoir !
Oui..- absolument, je veux connaître dans ses moindes détails le supplice que vous me fcrez subir...
Le médecciu eut pour la jeune femme un regard de douceur et de pitié.
I] mit sa mainsur la main frêle appuyée au bras du fauteuil,
— Croyer-moi, mon enfant, — permettez-moi de vc «8 nommer ainsi, vous avez vingt ans, et j'ai les cheveux gris, — restez telle que vous livrez pout à des. charcuteurs... comme nous.
Elle se reprit à sourite,
— Des charcuteurs ! quel vilain mot!
et comme vous vous calomniez.. Je suis sur que vous réussiez parfaitement
— Mois aussi, si je n’en n'étais pas sur pération réussira, c'est donc un fait certain. Mais les suites ! Il est de mon devoir de tout vous dire : vous pouvez terrrible épreuve.
— Je mourrais de langueur...si je ne la subissais pas.
Il la regarda eucore, avec la même ezpression, cette expression qu'ontfseuls :
ceux-la qui out vu de près et du haut en bas de l'échelle, les maux et les défaillances de notre triste humanité.
— Voyons, reprit Huguette, sur ce ton de gaieté qu’elle avait depuis Je commencement de l’entretion, et qui, vériatblement nevrait dites-moi vite,
docteur, ce que l’on pourrait, essayer Pour que Je ne boite plus du tout.
— Et bien, on mettrait un appareil amovible, un amo-inamovible, c'est à dire pouvaut s’enlever et remetira facilement. . Tout les quatre ou cinq jours tout les deux ou trois jours, peut-être, on ferait exécuter à l'articulation des mouvements qui l'empêcheraient de sa sonder, puis on remettrait l'appareil. , Voilà surtout ce qui est doulo” eux.
— Ïl n’y a pas autre chose ?.. lesubplice finit là ?
— Vous ne letouvez pas suffisant ?
— Si mais je tronve aussi très en état de le supporter.
— Qui sait !
—Oh ! docteur, rien ne me fera peur ! Vous aurez beau dire et beau faire !
— Croyez bien que je n’ai rien exa- Séré, au contraire.
Mme de la Roche demanda :
—- Alors, au bout de ces cinquant fours, je marckerai ?
— Avec des béquilles, pendant trois mois pour le moins.
— Pour le moins ! Vous re hasarderez sans soutien vos premiers par que quand nous aurons bien et dûment constaté que l’articalation est solide et peut supporter le poids du corps.
La comtesse réfléchit durant quelques secondes.
Allons, dit-elle enfin, il me faut un an pour arriver à ce résultat ?
— Oui, comptons cela.
— Alors dans un an, docteur, je ne serais plus une infirme ou.. je serai morle.
— D'ici là vous réflechirez, dit encore le chirurgien.
Il se levait pour patir.
Le comte venait de rentrer dans la chambre,
— Je vous remercie beaucouq des rocseignement et je vous dis au revoir, fit Mme de la Rcche.
— J'aimerais mieux que vous me disiez adieu, répond-il.
Il salue progoudément et sortit, accompagné lui aussi par le comte.
— Quand celui-ci se retrouva seul
avec sa femme, il la regarda un inatant sans purler.
Puis, comme elle souriait, d'un sou.
rire de triomphe :
— Je le vois, tu es satisfaite, dit-il, Jestant grave.
— Très satisfaite, repliqua Hugette ; Il me faudra attendre un an, c’est un peu long, mais puisque fe résultat sera au bout...
El s'occrochant au meubles, pour ar, river sans soutient jusqu’à lui.
— Non seulement je marcherai sans béquilles, mais je ne boiterai plus du tout !
Il ne rédondit point,
Huguette poursuivit.
— Le docteur m'a explbué dans tous ses détails l’opération ‘ elle réussira, j'en suis sûre ! oui,j'en suis sûre !
Puis, resserrant son étreinre, appuyant sa tête câline à son éraule.
— Neplus boîter : … . droit com une sutre, pouvoir m .Auontrer à ton bras à la promenade, da .es salons partout !.. Je ne vis pas, “-is-tu., tu es le meilleur, le plus teudre des maris tu me rends la plus heureuse des femmes, et pourtant souffre.. Par cela même que tu me combles de tendresse, je me sens plus à plaindra de n'être pour toi ce que je voudrais être : une compagne dont tu pourrais être fier., Alors même que tu ne devrais pas te lasser un jour de la pauvre petite infir.
me, elle comprendrait qu’elle est pour tsi un fardeau. ...
Oui, je veux être telle que sont les autres, je veux, je le serai !
Henri dénoua doucement les bras d'Huguette, glissa un des siens autour de la taille äe la jeune femme et l'at.
tira sur un canap9, où elle resta serrée contre lui, l’écoutant parler.
— Je n'ai plus rien à te dire, pauvra petite ; j'ai épuisé avec toi tous les arguments, nous ne discuterons plus sur ce sujet.. Je n’ai pas le droit ne m'oppuser à une chose que tu regardes comme une question de vie ou de mort...
Tu auras eu temps de réfléchir, d’en
Premiere
pesser toutes les conséquences. ... Quend les médecins te jugeront assez forte l'opération, tu feras ce que tu voudras..
Maintenant, je t'en prie, ne parlons plus de cela.... N’ec parlons jamais, c’est un sujet qui me met du noir dans l'esprit. Je volais t’avertir, ma chère amie...
Il hésita.
— voulais m'avertir ? demanda-t-elle en se redressant.
— Que je ne pouvais. Oh ! si tu savais combien cela m'ennuie ! tu vas en contrariee.
Quoi donc ? tu me fals peur.
— Il n'ya rien qui dive t’effreyer.
J’ai promis ma soirée, je ne pourrai la passer avec toi.
Je respire... pourquoi ? Tu n’es pas geutil.
— Il m'a été impossible de faire autrement.
Et je crains d’être obligé d’en faire eutant quelquefois.
Oh ! dit-elle, le cœur gros, tu t'ennuies près de moi. Vois comme j'avais raison de vouloir être en état de sortir avec toi.
— Je ne m'ennuie pas près de toi et je t'ai t'ai déjà demandé de ne pas dire de ces paroles qui me son pénibles à entendre ; tu pourrais sortir avec moi que je te pemanderais de ne pas m’accompagner ce soir.
Le trop sensible de la jeune femme se coafla davantage.
Elle ne régondit poind. elle se fut mise à pleurer.
Et elle savait que les larmes agacent les maris.
Cette brusquerie inusitée n’était que tactique de la part d'Henri.
Sans paraite remarquer l’émo.ion de sa femme, il se mit à aller et venir dans 18 piècd d'un pas un peu nerveux.
Il parlait sur un ton contarié des plus naturels.
— J'aurais dû aussi ne pas me lancer là-dedans ; cela prend un temps que l’on ne suppose pas.. Je dois faire courire aSVuteuil prochainement, de concert avec des amis. . Je ne puis les
rencontrer qu’au club, c’est là qu'ils donnent leurs rendez-vous. Alors il faut que j'y renonce.
Huguette refoula ses larmes.
— Y renoncer ? Pour quel motif ?
Tu n’as que cette distraction, je serais désolée que t’en privasses.… mon ami.
Je veux, au contraire, que tu j-ennes celles qui se présentent.
Il revint à elle, se rassit sur le canapé, où ils tenaient juste tous les deux.
— Mais je te laisse seule ; crois-tu que je sois content de cela ?. Que vas-tu faire ?
— Je ferai ce que je fais, les soirs où tu n’es pas avec moi, je lirai, je me mettrai au piano. Ces |
C’est une bonne occasion pour moi tiens, de l’étudier, mon piano Mme David sera, à la prochaine leçon, satisfaite de son élève.
—Pauvre chérie, comme tu es bonne, comme je t'aime !
— Est-ce que ces paroles-là ne me paient pas de tout ? dit-elle, mettant en core sa tête sur l'épaule de son mari.
On frappait à la porte du petite salon atttenart à la chambre de la jeune femme où Henri l'avait enqreînée après le départ des docteurs.
— Entrez, dit Mme de la Roche,
C'était Simone qui venait annoncer
que le diner était servi.
Pendant le repas, Hguette s'éfforça d'être gaie.
Mais cette gaité était factice.
On sentait qu’elle souffrait ; elle fai.
sait de vains efforts pour le caher.
fectueux que d'habitude.
Il ne voulait pas voir l'air d’implorer par des effusions plus grandes, un pardon qu’il n’avait point à demander.
N'allait-il pas contre son propre désir en passant sa soirée au club au lieu de la passer chez femme, dans le bou.
doir coquet où les heures de tête-à-tête étaient si douces !
F C'était lui surtout qui était à plainre.
Et de temps en temps il fronçait le sourcil, répéant :
— Quel ennui !
En lui-même il se disait :
Il fallait commencer, fait : la seconde fois, elle trouvera cela mous dur.
Il partit à neuf heures.
— t'inquiéte pas si je rendre tard :
tu sais, on ne fait pas ce qu'on veut.Et enpors-toi, je t'en prie ; tu me contrarie rais absolument si tu ne t’endormais pas.
— N'aie pas peur, je dormirai.
Il paatit.
Il était temps.
De grosses larmes tombaient des yeux de la jeune femme,
Affaissés daus un fauteuil, elle couvrit son visage de ses deux mains.
Et dans l'explosion de son chagrin elie mumura :
— Oh ! si: je n'étais pas telle que je suis penserait-il à passer son temps ailleurs ?
Nous recevrions, nous irions dans le monde. Il l'aime, le monde, il l'adore.
En:ore un an d’ttente, mon Dieu !
Encore un an !
On frappa, comme avant le diner, à la porte du boudoir.
On fappa de nouveau, puis on entra c'était la femme de chambre.
Ea trouvant sa maîtresse en larmes, Simone resta atterrée.
Elle n’eut point la pensée que sa présence était de l’indiscrétion, et demeura adossée au mur, les bras pendants, les yeux fixés sur celle-ci.
Seulement, lorsqu'elle laissa retomber ses mains la comresse l'aperçut.
Elle sursauta et en même temps fronça les sourcils.
Depuis son mariage, l4 petite comtesse avait pleuré plus d’une fois, mais rarement un domestique s'était trouvé le témoin de ses larmes.
Lest vrai qée Simone n’était pas une domestique ordinaire.
Son dévouement égalait celui de Paulin.
Elle avait un brave cœur, comme son mari.
— Je ne t'ai pas entendue entrer, fit
Mme de la Roche ; viens ici, j,ai besoin de sentii près de mois quelqu'uu de dèvoué.
Simone approcha-
La comtesse la prit par la main, la forca à s'asseoir sur le canapé.
— Ma pauvre Simone, pense donc
qu'il me taudra attrendre un an :
— Pour quoi faire mâdame ?
Pour être droite, pour ne plus boîter, Su sais, t'ai parlé d'u e opération ?
= Oui, je sais...
Eh bien, on ne veut pas me la faire avant six ‘u huit mois.
— Mais tant mieux ; madame la comtesse e’lci là aura te tomps réfléchtr
— Allons, toi aussi ?.. C'est tout réfléchi, ma fille, et je crois que plus on voudra m'en détourner, plus j'aspirerai après le moment où on se décidra de me la faire. Mais si nous parlions d'’autre chose ; il y a longtemps que je n'ai vu Psulin.. Est-ce qu'il est à l'hôtel ?
— Oui madame dois-je lui dire qu“ madame désire le voit ?
— C'est cela, va donc le chercher...
bien vite ! sa présence détournera le cours de mes idées.
— Le temps seulement de se changer, et il monte, dit Simoneen se levant.
Qu'il monte comme il est ! cela va durer deux heures, s'il faut qu’il fasse de la toileitte.
Oh ! non, madame, en dix il sera prêt... On apprend les munieres quand on est à Paris.
Avant que que Mme de la Roche eut présenté une nouvelle objention, Simon était dehors.
Il ée s'était pas écoulé plus d’un quart d’heurs parraissait avec son mari vêtu de son complet de drap des dimanches,acheté récomment à la Belle- Jardinière.
Il avait donné un coup de paigne à ses épais cheveux bguns et apparaissait souriaent, heureux de l’andience qu’on lui accodait sans qu’il l'eut demandée.
Cela arrivait de temps en temps, du
minutes bonnes
au À
HPNS jap
reste, que Mme de la Roche le fit monter chez elle.
On parlait du vieux com +, du châ.
teau, du pays.
On évouuait les souvenirs d'enfance, depuis la plus futile jusqu'au plus marquant.
Et la soirée passait vite, très vite.
I] fallait qu'Huguctte entendit sonner minuit pour renvoyer Paulin et Si.
mone.
Ce soir-là, ce fut la même chose,
Simonne avait fait la leçon à son mari, aussi s’afforça-t-il d'égayer la petite comtesse,
Il y parvint sans trop de peine,
Les revirements sont prompts chez certaines natures.
La douleur d'Huguette était celles que l'espérance radieuse a vite chassées,
La jeune femme entrevoyait l'avenir trop favorable pour ne pas oublier rapidement les chagrins du moment.
Paulin n'ayant eu garde d'aborder ce sujet, ce fut elle qui, à la fiu de la soirée, parla de cette fameuse opé’atior:, dont le résultat comblerait ses vœux.
Alors, comme Simone, comme tout le monde, le pâtre dit qu’il espérait que Mnie la comtesse changerait d'vais.
Même il la suoplia de renoncer à son projet.
Et il insista tant et si bien qn'Hu.
guette s'emporta, même lu dit des mots durs.
Mais à peine ces paroles échappées de ses lèxres, la jeune femme lui tendit la main.
—Tu es un bon garcon, Paulin, je sais à quoi men tenir sur ton compte, mais je te dirai ce que j'ai dit à tous £ les objections ne pourraieni que m'encourager dans mon idée si elle n'était pas depuis longtemps arrêtée. ... Je mourrais de désespoir si je devais rester ainsi.
Paulin là regarda sans répondre,
Et il vit bien, comme le comte comme tous ceux qui approchaient la petile comtesse leyaient qu’elle disait vrai, qu’elle mourrait si on l'empêchait de se
livrer aux mains des chirurgiens.
L'iver avait passé.
On était aux premiers jours de printemps, à la fin de mars.
Au commencement de ce mois, Paul Yveling était rentré au ministère de la marine,
C’évait été pour lui une grande, une profonde satisfaction.
Il reprenait sa place parmi les vivants.
11 n’était considéré comme un malade,
Pour Régine, potr E. et Mme de Labatière, la joie devait être aussi grande,
Une ère ruvelle s’ouvruit.
La jeune femme commençait seule.
ment sa vie de ménage,
Elle habitait maintenant avec son mari, un appartement. qui s'était trouvé libre juste au-dessus de celui de ses parents.
Chacun se trouverait plus à l'aise, et chez soi, sans êtne séparé,
ont la mère demandait à sa tille :
— Et bien, mon enfant, es tu heureuse ?
— Oui, manan, très heureuse.
La voix de Régiee était calme, son regard sincère,
En effet, elle se trouvait heureuse,
Peut-être n’était-ce pas le bonheur que’lle avait rêvé, mais après la castastrophe qui marquait son mariage, c'était plus que, malgré sa confiance en l'avenir elle eût osé espérer,
Si Paul n’eût pas guéri, quelle eût été son existence ?
Tandis qu’elle avait un intérieur tel qu'elle l'avait rêvé coquet, eonfortable, charmant, et à côté d'elle, un ami affectueux toujours prêt à satisfaire ses moindres désirs.
Oui Paul était cet ami.
Jamais entre eux un nuage, jamais rien qui altérât la sérénite de leurs rAports.
Leur ménage pouvait compter parmi les ménages parfaits.
Pourtant Régine, partois, lorsqu’elle
se trouvait seule, se laissait aller à des rêveries qui amonaient sur son front une ombre que n’y voyaient point ses parents.
Elle disparssait du reete, assez rapidement comme si Mme Yveling faisait tous sesefforts pour la chasser.
Paul, lorsqu'il rentrait au logis, trouvait tou'- urs à sa femme la même physionomie tendre et aimable.
Régine lui trouvait le même regard de bonté et de douceur.
Lui aussi chassait les nuages qui s’amoncelaient parfois sur son front.
E"1 présende de Régine, en présence de ses beaux-parents, il était toujours le mème.
Mais quand, seul, il se sentait libre à son tour de rêver, une ride profonde rapprochait ses sourcils.
Paul Y ve! sg souffrait.
Il souffrait de mentir à Régine, de jromper cette enfant loyale qui l’adorait.
Et pourtant ilne pouvait faire ausremen“ ; il mentait aujourd'hui, il lui mentirait encore demain.
Sa vie, maintenant lui comme s'il eut marié une l'avolr vu comme ni aimée, Elle était pour lui comme un Arangeré.
appartenent femme sans
Il s'était fait recevoir menbre d’un ercle : le cercle de l’Escrime, où il se renpait en effet régul.èrement, soit au commencement, soit à la fifi de la soirée, mais où il ce faisait que passe.
Régine eût de beaucoup préféré, certes, que son marine J’handonnât pas ainsi, plusieurs fois la semaine, mais eile ue sinquiétait paslde ses absences.
Presque tous les maris des jeunes ou vieilles partie d’un club quelconque
San père lui-même se rendait presque chaque jour, au sien, un cercle miltance dont il était membre depuis fort longtemps.
Lorsque Paul s’absentait, elle descendait chez sa mère, celle-ci bien heureuse de l'avoir avec elle une soirée entière, comme autrefois.
Il rentrait régulièrement à minuit et demi.
Mme Yvelingne dormait 4 plus que Mme de la Roche quand Henri pépétrait dans sa chambre.
Mais comme elle, elle faisait semblant de dormir, sachant que cela contrarierait son mari de la trouver évillée.
Paul ne manquait pas l'heure à laquelle sa femme était habituée de le voir revenir : Henri, de loin en loin d’abord, puis plus fréquement, enfin si souvent que H'igueste passait maintenant à l’attendre, forçant ses yeux à rester ouveits, des nuits à près blanches lorsqu'il sorttit le soir, rentrait à des heures indues.
Que faisait.il si turd dehors ?
Une seule fois elle lui avait demandé
Le ton bref sur lequel il lui répondit, lui ôta l’envie de recommencer.
L'explication quil lui donna, du reste, était plausible.
Après avoir pleuré, Huguette pensa que c'était lui qui avait raison. Mais c'était fini de son bonheur des premiers temps.
Petit à petit, il s'était effeuille.
Mme de la Loche aimait son plus peut-être qu'’autrefois.
Et elle n’était nlus heureuse.
Car elle ns voulait point se l'avouer à elle-même, à plus forte raison aux autres,
Quand Régine, sa meilleure amie, pait chez elle, où qu’elle allait la voir, elle parlait de son Henri, comme elle en parlait autre.ois.
De son côté, Régine laissait déborder sa tendressé pour Paul, cachant la désillusion qui pouvait dormir au fond de son cœur.
Ces deux jeunes femmes se voyaient réciproquement à l’apogée de la félicité.
Laissons à leur bonheur supposé et voyons ce qui se pose dans les famille de M. Chaumel le millionaire remarié M. Chaumel habitant avec sa femme, son chateau de siene et Oise.
Un ms’in, M. Chamel reçut un pe-
mari,
tit mot de son fils, À Paris depuis deux jours et remplissant maitenant des fonctions nouvelles aa Ministère de la Guerre.
Je viendrai dîner avec vous ce soir, tu me présenteras à ma belle-mère.