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digérant des choses qu'il rejetait autre fois,
Êt cette anémie, qui la mettait à deux doigts de la mort, chronique chez elle, contre laquelle elle avait eu à lut ter dès l'enfance, semblait prête à dis paraître,
Le teint de Mine de la Roche perdait cette délicatese maladive, qui faisait penser à la fragilité de cette jolie créa ture lutirne, dont les jours pPadaissaient comptés,
Depuis qu'elle était à la mor, le chansement s'acceutnait,
Mineëde la Roche, à moins que le temps ne fut manvais, ce qui n'arrivait ue tres rarement, l'été étant exception uellement beau, passait ses journées tout enticres dehors, ne rentrant que pour les repas!
Elle se sentait vivitié par cet air sac lu qui lui avait fait tant de bien lors qu'elle etait petite, clouée dans sa voiture d'enfant malade où sa jambe ctio lée enterrée dans le sable chaud, le beau sable d'or que vient baigner le flot.
Ainsi que jadis, elle sentait qu'il la pénétait ce vent âpre, et qu'il ui cou lait de la vigneur dans le sang,
Elle n'avait plus besoin, conime à Pa vis de s2 contraindre à manger,
Elle attendait l'heure des repas avec Hnpatience,
Et Huguette, radieuse en regardant Sa bonne mine dans tous les miroirs, en se trouvant forte, répétait
Ce sera pour le mois d'octobre,
Cette perspective d'une opération langereuse, qui eut boulevé tant d'au tres, la ravissait l'empéchait de percevoir que son mari restait de noims en moins auprés elle, où du moins de s'en affecter,
— [faut bien qu'il tasse comme tout le monde, se répétait-elle : je ne veux pas qu'il se prive pour moi d'au cun plaisir,
Elle le lui disait.
Heuri n'avait pus de mal à obéir.
Il ne rentra pas, ce soir-là, avant
une heure du matin.
I passa dans la chambre de sa fem me, qui feignit comme toujours d'être endormie, et s'eveilla au baiser qu'il Ini mit sur le front,
C'est toi, ami. Dis-moi ce qu'il y avait de joli, ce soir au Casino ?
Et Henri se mit à raconter, en s'écartant de la vérité, autant que cela lui plaisait, l'emploi de son temps depuis le moment où il avait quitté Mme de Labatière et Mine Yveling Jusqu'à lui où il rentrait au chalet
Puis Heguette s'endormit colme com.
me toutes les nuits, en comptant les semaines qui lui restaient à passer jus qu'a celle où on se déciderait à l'opéra Hon tant attendue,
[l'avait été décidé qu'on la lui ferait eu octobre,
Le lendemain dés dix heures du ma tin Huguette était instai ée sur la plage à l'endroit qu'elle affectionnait et où elle avait donne rendez-vous à Régine.
Mie de Lahatiere ue sortirait qu'a.
pres déjeuner,
Comme cela leur était arrivé si souvent à Biarrtez plus tôt quand elles avaient fait connaissance, les deux jeuues ternines se trouverent seules, sous la tente dentelée de rouge, devant les vastes nonvetnentees,
Il yavait au moins Six semaines qu'elles ne s'étaient vues.
Eiles avaient beaucoup à <e dire, de ces choses qui demandent le tète.à-tête
Elles se mirent à parler de leur mé nage de leur mari.
Régine et Huguette sé contfiatent bien des petite choses qu'elles ne disuient à personne, Régine pus même à sa mcre.
Miwe Yseling connaissait aussi bien le caractère d'Henri que Mme de la Hoche connaissait celui de Paul.
Mutuellement elles savaient les habi tudes de l’un et de l'autre combien de fois ils laissaient leur femme seule Île soir à la maison à quelle heure ils ren traient.
Aprés s'être raconté leurs joies leurs ennuis, depuis leur séparation, Mme
D 2 mr 0 SE A 3
Yveling dit tout à cou}, baissant le ton, conne si elle eut peur soudain d'être entendue :
— Je voudrais vous poser une tion, Huguette ; mais.
vous bien franchement ?
Hugette regarda son amie avec de grands yeux étonnés.
Puis, en souriant :
Qu'elle drôle d'idée
ques me répondrez-
est-ce que
je ne vous réponds pus toujours trés franchement ?
— Si.. j'en suis sûre. senlemsent,
là, vous pourriez me trouver indiscrète.
Pourquoi done ? Ne nous disons nous pas tout, mu chère Régine.
Tout... peut-être avec quelques res.
trictions, ma chère Huguette.
— Je ne comprends pas le moins du onde où vous voulez en venir.
I y a des choses que l’on peut hési.
ter à contier, même à ss meilleure amie.
— Des choses. . de quel genre ?
Régine ne répondit pas immédiate.
ment.
— Votre mari n'a jamais découché ?
fit-elle tout à coup.
— Découché ? répéta Huguette comme quelqu'un qui ne saisit pas ce qu'on veut lui dire.
Passé la nuit dehors, fit Mme Yvehog expliquant.
Un nuage rose monta au front de la comtesse de la Roche,
Elle non plus ne répondit pas sur-lechamp.
Ce silence, cette rougeur, eussent trahi la vérité, alors qu’elle l'eût niée.
Mais elle ne nia point.
Sous le regard interrogateur de son amie, elle répondit :
— De loin en loin.
— Comment ! exclama cette dernière cela lui est arrivé ?
— Oui.
— Plusieurs fois ?
— Trois ou quatre, pas plus !
Alors, je n'ai pas À me plaindre. .
Tout les maris sont les mêmes.
— Est-ce que le vôtre ?
— L'avant-veille de notre départ,
ma chère amie, fit Régine se penchanr sur Huguette, et baissant plus fort encore la voix.
— Et le mien trois fois à Paris, et une fois depuis que nous sommes ici à Trouville, dit hrs sur le même ton,
Aprés cette confidence, les deux jeu nes femmes se turent, se contentant de se regarder dans les yeux.
Elles semblaient vouloir scruter leurs mutuelles impressions.
— Cela ne vous fait pas de chagrin !
demanda enfin Régine,
Cela me rerd folle ! répondit Huguet.
avec un geste presque violent,
— Quelle rairon vous donne-t-il lui ?
— Îls'est laissé entraîner par des amis, au baccara, je suppose,
— Comme Paul.
— Îl est désolé de m'avoir donné de l'inquiétude ; il s’en veut à mort, il en perd l'appétit.
— Paul aussi !
J'en arrive à croire que j'ai mal fait de lui laisser voir dans quel état 11 m'a mise, et je suis bienheureuse lorsqu'i} cousent à oublier ses torts.
Mais je suis tout à fait comme vous cela je vous l'ai dit, n’est arrivé qu'une fois à mon mari, et il m'a juré qu'il ne recominencerait pas,
Le mien me l'avait également juré
Oh ! je suis sûre de Paul.
— J'étais tout à fait sûre qu'Heori me tiendrait parole,
— Huguette, je vous en prie, laissez.
moi croire en mon mari.
Mme de la Roche prit la main de son amie qu’elle serra dans les seinnes.
Des larmes emplissaient les yeux de Régine, prètes à déborder.
Mon Dieu ! dit Ja petite comtesse, je vous fait de la peine, je suis méchan te ! je devrais vous aftirmer qu’il ne re commencera pas.
— Îl recommencera donc ?
Mme Yveliog dans un sangiot Mais non, voyons, il n’est pas com me mon Henri, un mondain enragé..
Moi, il est urgent que je m'y fasse ; que
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ris, et | iei méme
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voulez-vous, Henri n'a pas d'occupation il faut que le temps se passe, et il passe, le sien le plus agréablement possible.. Ah ! un homme inoccupé, si vous saviez ?
Et elle reprit, serrant plus fort la
in que amie lui abandonnait :
— Meis M. Yveling, ce n’est pus cela puis il n’a pas le caractère léger d'Henri, Car il faut bien reconnaitre les détauts de ceux qu'on aime, il estun peu léger mon mari.. Pur exemble quand le pourrai le suivre dans le monde nous ne nous quitterons plus ; excepté, naturellement ses jours de cercle.
— Paul ne me quitte que pour aller iu sien fit Régine.
— Eh bien, alors, de quoi vons plaignez-vous ? C'est là sans doute qu'il « passé cette must ?
— C'est la ii qui n'est pas joueur, s'est laissé zendre par l'attraction du tapis vert.
— Ce n'est rien ; votre père, m'avezvous dit va aussi régulièrement à son cercle.. Savez-vous si, lui, il a jamais.
découehé ?
— Ca, par exemple, je n'ai pas encore osé le demander à maman.
— Pourquoi !
— Parce que.. je ne sais pas.. demander cela d’un père. Puis, je ne tiens pas du tout, mais pas du tout, ce que maman sache fredaine de Paul..
Elle s’en ferait dix fois plus de bile que moi, elle me croirait malheureuse. . tan.
dis que que je ne le suis pas., je suis heureuse.
Moi aussi, je suis heureuse.
En disant cela, elles détournaient leurs regards, feignant de contempler la mer.
On aurait ditque leurs yeux n’osaient plus se rencoutrer.
Un soupir glissait de leur lèvres très faible, que ni l’une ni l’autre n’entendit
Elles se plongèrent davs une rêverie qui eût pu durer longten;'; si M. de la Roche n’eût apparu à l’entrée de la tente.
Les deux jeunes femmes nese retrou-
vérent pas seules ensemble de la jour née.
Ce n'était plus comme à Biarritz :
Régine avait son mari, et tout l'après diner, toute la soirée, allait là où il al.
lait.
Ce devait être ainsi, on à pen pres, pendant leur séjour à Trouville
Mais le matin, régulièrement, Mme Y'veling tenait compagnie à Mme de li Roche. Et il était rare qu'elles ne fus sent pas en tête durant une bonne heure sous la tente.
Là les conversations intunes recoui mençaient.
C'étaient de bons moments pour elles deux.
Trouville n'était pas une plage, à moins qu'on ne s'éloigne tout à fait, ou l'on puisse s’isoler complètenent.
Bien que plantée en dehors de l’espice de dans lequel s’acomplssaient les al lées et venues des baigneurs, la tente de la comtesse de la Roche se trouvait dans un endroit relativement fréquenté,
On passait, et repassait, devant et derrière ?; on se promenait bien au déla,
Les deux amies regarlaient macli malement les unset les autres dans les moments ou leur causerie ne les absor.
bait pas tout entières,
HiC'est ainsi qu'un matin, ur yeux se portérent sur un couple qui venait de s'arrêter à vingt pas, en enlevant devant le flot qui approchait dans son mouve ment lent et euvahissa:
L'homme était d’une taille moyenne, que sa corpulence faisait paraitre plus petite.
Le teint bilieux, les joues flasques, avec des yeux saillants, à moitié ceu verts par les paupières lourdes, il avait l’abord désagréable, peu sympathique.
La femme élancée, bien prise, serxblait dans tout l'éclat de la jeunesse.
Vêtue d'une délirionse téilette Ada plage, elle était très jolie, d’une beauté irrégulière, bizarre qui appelait lat.
tention de ceux qui passaient.
Quand ils eurent bien contemplé bien
admiré, ils se retournerent regardèrent les deux jeunes femmes assises sous la tente et continuèrent leur promenade.
Sile gros homme eût examiné sa cOmpasne au moment où les yeux de celle-cr allaient du côté de Ja tente, il l'eut vue faire un très léger mouvement en arrière en mème temps qu'une surprise qu'elle cut voulu en vain dissimuler, se peignait sur son visage,
Et le conple ne s’était pas plus tôt Téuis en marche que Régine disait :
. = C'est très drôle, il me semble que J'al deja vu cette personne,
— Une bien jolie femme, dit avec Conviction Mme de là Roche.
- «le dois me tromper, reprit sa com- {ame,où alors c'est quelqu'un qui lui ressemblait.
L'après-midi, vers cinq heures, à marée haute, quand baisneurs et Laigneuses sélançaient dans l'onde amère, Mine Yveling, qui venait de prendre son bain ét sortait de la cabine ou elle rhabiliée, rejoingnant son mari plige, prenait le bras de celui-ci taire un petite tour de réaction, elle se trouva face à face avec la jeune femme et le gros homme du matin,
l'ontes deux se lancérent cette fois Un coup d'il droit, comme il arrive, lors qu’on se rencontre brusquement ct qu'on est olligé de s'écarter, si l'on ne veut pas se heurter.
s'était sui i
pour quand
— Oui, certes, murmura Régine, j'ai Vu quelqu'un qui lui ressemble, =
— Que dis-tu ? interrogea son mari.
— Oh ‘rien ; une personne que j'ai rencontrée deux tois aujourd'hui, et qui me rappelle un visage sur lequel je ne peux point mettre de nom.. un visage certainement aperçu quelque part
— C’est un sosie, aiors.
— Presque,
Les deux époux commencérent leur promenade le long de la jetée de planches,
La foule qu'on y croisait amusait Ré.
fine 6t semblait distraire Paul.
La jeune fenime augurait bien pour Son luari de leur séjour à Trouville.
[1 lui fallait de la distraction, disait.
elle ; Paris peut-être n’en avait-il pas assez,
Il sera nécessaire, l'hiver prochain, que nous allions dans le monde et lorsqu'il se présentera quelque plaisir à prendre dont je ne pourrai avoir ma part, je le pousserai à en profiter seul.
Ce soir-là avait lieu, au Casino, une représentation de gala, à Jaquelle ils devaient se rendre, avec M. et Mme de Labatière et les ce la Roche.
Il y avait foule dans la salle de spectacle, et l’on ne put trouver de place qu'en se séparant, le comte et la comtesse d'un côté, M. et Mme Yveling de l’autre, l'ex-capitaine de frégate et sa femme ailleurs.
Le hassard voulut que Régine et Paul se trouvassent assis non loin de cette jeune femme qui avait, à deux reprises, attiré l'attention de la permicre,
Son conipagnon — son père où son mari, il pouvait passer plutôt pour son père que pour son mari — était à côté d'elle,
— Je sais maitenant à qui elle ressemble, dit vers le milieu de la soirée, Régine à Paul, après la lui avoir montree : c’est à une couturière que nous avons eue. . tout à fait le même type :
c'est bizarre, ces similitudes de physio nomies,
[ y avait plus de deux ans que Mme Yvelirz n'avait vu Jeanne Badolle, ‘et les trasis ce celle-ci ne restaient plus Suflisamment gravés duns sa mémoire pour qu'elle conçut un doute par ‘apport à l’idendité de cette élégante personne le point de mire, ce soir-la, de plus d’un regard.
Pendant l’entr'acte, qui et lieu dix minutes après cette réflexion faite à son mari, Henri dela Roche, qui ne pouvait voir des nouveaux venus au Casino et sur les planches sans apprendre bientôt ce qu'ils étaient venait raconter à Mme Yveling que cette charmante créature et ce magot qui, disait-on, ne la quittait pas d’une semelle, étaient M.et Mine Chaumel, les richissimes
disait.
] pas
chain,
et plaisir ir ma seul.
, une le ils ne de
specplace comg de
et sa
Paul cette rises,
son son côté
resirée, monnous
propriétaires des Grands-Magasins.
Cette union, des plus disproportionnées, comme chacun pouvait en juger, était récente, paraissait il.
Si Mme Yveling eut dû concevoir un doute par rapport à l'idendité de cette Jeune femme, qui ressemblait à Pancienne couturière de sa mère, ce qu'elle venait d'apprendre, eût empêché ce doute de paitre.
La pauvre tille, qui s'appelait Melle Padolle, ne pouvait être devenue la fem me d’un des princes du commerce parisien.
Et, du reste, en la détaillant bien, elle jugeait la ressemblance moins sai sissante qu'au premier abord.
À la sortie, ele se trouva dans la foule, tout à fait pres d'elle.
Et, à l'inditférence devenue tout à fait naturelle du regard de Mme Yvelinz, Mine Chaumel put se rendre compte que, décidément, elle n’était point reconnue
Le lendemain, en pensant à cette rencontre, faite trois fois au cours de la même journée, Jeanne se regardait daus le miroir de sa chambre à coucher et voyait en effet, si différente de ce qu'elle était autrefois, la mondaine d'aujourd'hui, babiliée chez le grand couturier, coitfée par une femme de chawbre qui valait un bon coiffeur, les joues pleines, les yeux briilants, le buste arrivé à un developpement qui lui donnait un port de déesse qu’elle eut été étonnée, si M. Yveling et sa mère eusseut découvert son idendité,
Elle añnait autant cela, quoique le contraire ne l’eüt point contrarice.
I lui importait peu maintenant que le but était atteint que l'on sût comment elle Pavait atteint.
Du mari et de 11 femme, ce n'était point, la femme qu'elle avait le plus regardée, durant cette soirée de ia veille.
M. Yveling attirait toute son attention.
Avant ce jour, el e n'avait jamais vu le héros du dran'e d’Asnières.
Elle le trouvait très bien, très distin-
gué, pas l'air d'un homme qui s'était laissé aller à un tel acte de violence qu'il avait fallu enfermer comme fon, a Bicêtre, l'interner dans le quartier des aliénés criminels, où il était resté dix-huit mois,
La coimcidence qui amenait la jeune fenme à Trouville en mème temps que cette fam'lle dev: it avant tout évoquer à ses Veux une page sombre du passé
Le nom de Labatière restait nn nom qu'elle ne prononcerait jamais, qui re serait jamais prononcé devant elle sas qu'un frisson pénible ni frôlât Péri derme,
C'était l'image de sa malheureuce mère qu'il faisit surgir, de sa ere étendue sur le lit ou a clouaient les éinanations du réchaud qu'elle avait «1 lumé, elle, de ses mains fébriles.
En ces instants, elle revoyait avec une lucidité surprenante, leur louis de la rue Richer, chiumbre Tugnbre, ave la petite Charlotte sur son lit aussi, dans sa robe de communuiante, ne souf frant plus, son âme évanouie, en mûre temps que | «au chéri, le rouge-ur ze aux beaux jeux doux exhalait son faible chant de mort.
Et ce matin-là encore, S'approchaut.
pour s’y accouder, de x fenêtre qui ci vrait sur la mer, habillée d'une toilette nouvelle, Mme Chaumel, les yeux fixe < voyait, au lien des vagaes d'argent, qui moutonnaient à Pintini, le logement ou, la mére et la sœnr avaient rendu leur dernier soupir.
Elle v gurdait la fillette, si décharnée, si rédüite, que sa figure n'apparai sait plus, dans les plis de son voile, que cotame Ja toute petite figure aflreuse de quelque fætus qu'on aurait entoure de cette mousseline blanche,
Puis, de la chambre de l'enfant, ell passait dans celle où la mère s'endor.
mait à son tour du sommeil qui ne doit point finir.
Elle entendait les dernières parcles qu'elle avait prononcées, elle recevait son dernier baiser dans cette étreinte suprême, sur là couche où elles s'étai-
ent étendues pour y mourir ensemble.
Puis Jeanne revivait, phase par phase cette nuit qui avait été pour elle une nuit d'agonie.
Elle sentait dans son cerveau la douleur déchirante qui la traversait alors.
St. oreilles bourdonnaient, ses yeux se voilaient ; elle ouvrait la bouche pour respirer, saisie à la gorge par l'o deur âcre, prise du vertige qui lui amenait d'épouvantables nausées,
La jeune femme s'accrocha brusque-
nent à la balustrade de la croisée.
Ses yeux clos se rouvraient, un grand soupir souleva sa poitrine.
Le cauchemar était évanoui.
Devant elle, la mer immense, le ciel bleu.
— Oh !fit-elle, je ne veux plus...
je ne veux plus me rappeler !
Mais elle était sur cette pente des souvenir cruels, qu'on ne,, remonte guère avant de l'avoir tout à fait descendue.
Unautre jaillit dans son cerveau, ou battaient encore les coups doloureux, pénible peut-être, car il s’y rattachait nne impression faite de mépris, de rancune, de laine presque, qu’elle eût vou ju repousser.
Son père, maintenant, apparaissait devant ses yeux troublés.
Elle le voyait, quand il rentrait après des semaines, après des mois d’absence, pour apporter au logis la zizanie, y râfler l’argent qu'elle et sa mère avait gagné et repartir sans avertir personne, comme il était venu.
Elle le voyait, cette nuit, qui était l'avant-dernière nuit de Charlotte, s’en allant tutilant avec le porte-monnaie qu'il venait de voler dans la poche de Ja pauvre femme.
Puis, enfin, tel qu’elle l'avait rencontré la dernière fois, si minable avec son violon sous le bras, allant de cour en cour, pour y jouer quelques morceaux à sentiments, et palmodiaat au bout de son répertoire, de lu voix trainante, nasillarde, qui est de rigueur, la phrase consacrée :
— Ayez pitié d’un pauvre père de famile de cinq enfants, qui a sa femme à l'hôpital, s’il vous plaît !
Depuis,jamais ils ne s'étaient tous les deux retrouvés en présence.
Cela avait même soulevé quelques difficultés, au moment du mariage.
Ne parvenant pas à découvir l’adresse de Charles Badolle, sa fille était obligée de recouvrir à la complaisance d’anciens voisins de la rue Richer qui avaient connu sa famille.
Avec quatre témoins patentés, elle devait se présenter devant le juge de paix de l'arrondissement où sa mère était décédée et où son père avait son domicile légal.
Les dits témoins certifiaient que Badolle avait disparu depuis la mort de sa femme et qu’il était, à présent, sans domicile connu.
Sur leur attestation et sur sa déclaration à elle, le juge de paix dressait un acte de notoriété qui, remplaçant le consentement du père, permettait à la tille de se marier.
Il y avait longtemps que l’image de ce dernier n'avait surgi, aussi vivace,
dans la pensée de Jeanne.
— Est-ce que je le verrai bientôt ?
murmura-t-elle avec un vrai etfroi.
On frappait en ce moment à la porte de sa chambre.
— Entrez ! cria la jeune femme.
Son mari partit.
Pour la première fois depuis son mariage, elle bénit sa présence chez elle.
M. et Mme Chaumel devaient passer le mois d'août à Trouville.
Dix jours après leur arrivée, Francis qui avait pronus à son pêre d'y venir, une fois, du samedi au lundi, mettait sa promesse à exécution.
Il amenait Taverrier, devenu son inséparable, et que M. et Mme Chaumel invitaient en insistant, avant de quitter Samory.
La première personne que rencentre.
rent les deux amis, en flânant, le diiwanche matin, sur les planches, fut l’ancien capitaine de frégate de Labatière.
sles 11 sera tres cordialement la main de Taverrier, répondit au salut de Chaujues me] qu’il ne counaissait point, n'ayant point eu l’occasion d’entrer encore dans res- son bureau, au ministère de la guerre, bli- et que le premier lui présenta.
'an- Naturellement celui-ci se garda bien a- de dire qu’il était le camarade de pro:
motion de Jacques de Labatière le neelle veu du vieux marin.
de C'était un nom que, devant l'oncle, ère moins que devaut tout autre, on ne deson vait pas prononcer.
Les trois hommes se promnèrent une Ba- demi-heure ensemble, puis se séparède rent.
ans M. de Labatière allait retrouver sa femme et sa fille qu'il apz2rcevait à la- quelque distance.
un Ni l’un ni l’autre des deux officier ne le demanda à être présenté, et le vieillard la ne leur offrit, ui à l’un ni à l’autre, de | les présenter. de Cela n'eut fait que rappeler à la ce, mere et à la fille la triste chose qu’elles eussent voulu oublier.
? En recevant les salutations de ces deux officiers, dont l’un était l’intime rte «mi de Jacques de Labatère, le nom de
celui-ci viendrait certes à lour pensée Puis elles n'étaient pas seules à méuager.
a- Avant elles, il y avait le mari de Régine, qu'ôn ne pouvait mettre en contact avec eux, à qui leur Société ne se rait pas agréable.
Georges Taverri:r et Francis L'hau-
er inel comprenaient cela aussi bien que M. de Labatière.
is Is eu firent la réflextion à haute
ir, voix, dès qu’ils se trouvèrent seuls.
it Après une heure de promenade, il:
rentrèrent à la villa, une des plus jolies
n- de la plage, qu'avait louée M.{Chaumel
el On devait bien employer cette jour-
FE née, favorisée par un temps superbe.
Un landeau attendait à l'arrivée les deux jeunes gens.
M. et Mme Chaumel y montèr« Georges et Fiancis s'assirent da: s fond, et la voiture partit, gagnant route bordée de haies vives, à tra,cis ces riches campagnes qui font des côtes de Normandie un lieu privilégié ou l'on trouve, à côté du sable d’or des plages, les prairies, d'un vert profond émail.
lées de pâquerettes, et les fermes coquettes nicaées dans les arbres.
On allait justement faire un déjeuner rustique dans une de ces fermes, en pleine campagne,
Et l’on devait revenir vers les trois heures pour une partie en mer.
A cette partie, M. Chaumel ne pren.
drait point part.
Il n'avait pas le pied marin,et chaque fois qu’il lui avait ‘allu accomplir ure traversée, s'étant ‘:ouvé odieusement malade, il n’épro'vait point le besoin de retourner, pour le seul plaisir de faire comme les autres, à cettes sensaÿ tion dont n'arrive pas à se rendre compte celui qui ne la pas éprouvée, et qui est bien une des plus affreuses sensatious connues
Le bateau était un simple bateau de pèclie à voiles ; la promenade devait durer deux heures.
Elle s'effectua sans encombre : tout le monde s'en comporta convenablement.
Pourtant il était temps pour Teverrier que l'on débarquât.
Lui, le plus brave pour commencer, se sentait bien prêt à jeuer par dessns bord tout son cerrage
Entin Mme Chaur:6!, son beau:fils et l'ami de son beau-tils, rentrerent À la villa, enchantés.
On pensa bientôt à se diriger vers l'établissement de bains.
C'était l'heure de ia marée.
Les deax officiers avaient devancé la jeune femnie, et leur plongeon fait, se promenaient dans un espace assez restreint afir de ne perdre aucune des allées et venues des baigneurs, où plutôt des baïigneuses, s’arrêtant souvant
” ge et 1:
pour mieux regarder, admirer ou dénigrer.
— Ma belle-mère ! fit tout à coup Francis en po :ssant du coude son ami.
Celui-ci suivit la direction du regard du jeune homme.
Mme Chaumel, qu'accompagnait sa femme de chambre, laissait tomber dans les mains de cette dernière son peignoir de mollton rose, et entrait dans l’eau.
Lorsque la vague vint lui battre le genou, elle s’élança brusquement, les bras en avant, et se mit à nager en s'éloignant du rivage.
— Elle s'en tire mieux qu'un poisson fit T'averrier, je ne l'aurais jamais crue si bonne nageuse.
— Moi nou plus, quoi qu’elle nous en eut dit ; les leçons de nataticn qu’elle a prises à Paris lui ont protité.
La jeune femme après une demi-heure d'ébats, sortit de l'onde.
Elle apparnt à peine une seconde, le court vêtement de bain moulant ses formes hardies.
Sa caimériste jeta de suite sur ses épaules le poignoir qu’elle tenait ouvert prête à l’en envelopper
Taverrier murmura :
— Bigre ! quelle statue !
— Elle est très bien fait, répondit Francis d'un ton dégagé.
Mais pendant que son ami se remettait en marche, il suivait des yeux celle qu’il venait d'appeler “ sa belle-mère ” ne reprenant, lui, sa promenade qu’une fois la jeune femme rentrée dans sa cabine.
On se retrouva à la table du diner, M. Chaumel toujours exultant Mme Chaumel toujours gracieuse.
Chacun tit honneur au repas, les appétits aiguisés par ces exercices de la jouraée, par l'air excitant de la mer.
A neuf heares, on allait au Casino.
— C’est une petite vie mouvementée que l’on mêne ici, répétait Francis.
Oh ! pas toujours autant que cela, répondait la jeune femme.
Et, invariablement, M. Chaumel ri-
postait avec un large sourire :
—AÀ peu pres, Jeanne, à l'exception de la promenade en mer.. {1 y a vingtcinq ans que je ne me suis autant agité.
Cela n'e fait maigrir, j'en suis très heureux !
A neuf heures précises, Mme Chau mel était habillée pour le Casino.
Elle adorait la danse : Taverrier était un valseur de premier ordre.
On se promettait de passer une soirée agréable et, de fait, elle le fut.
— Je te croyait aussitrès bon val seur, dit M. Chaumel à son fils, un pen avant de quitter le Casino.
—- Tu ne te trompes pas. Tous militatres sont de bons danseurs.
— Eh bien, tu ne demandes pas une valse à....
— Non, interrompit le jeune homme je ne me sens pas en train ce suir.
—Tu n'es guère aimable.
Francis suivit des yeux son pêre, qui s'élo gnait en prononçant cette dernière phrase
Et, en le regardant marcher de son pas lourd, qui serait bientôt celui d’un vieillard, il eut plusieurs haussemnts d'épaule.
Entre ses dents, il grommela :
—- Ne la laisse pas tant danser, ta femme.. même-la ailleurs qu'à Trouville sur elle. ou ne sera pas long à te la souftier !
Le lendemain, des deux ‘capitaines prirent le premier train pour Paris
Le père avait voulu arracher au fits la promesse qu'il reveindrait une fois au moins avant qu'il ne rentrassent a Savony.
Mais celui-ci, alléguant ses occupations au ministère de la guerre, ne jugeait point à propos de la lui donuer,
Quant a Taverrier, il ailait s'en aller pour un congé d'uu moisdans sa famille.
Jeanne avait remarqué qu'au départ le serrement de main de Francis était pour elle moins cordial qu'à l'arrivée, La voix du jeune hemnre lui semblait
les
tion ingtagi-
très ‘bau rrier
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‘part était se,
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aussi plus froide, son regard s'était comme detourné.
Et, immédiatement, elle éprouvait une gêne qu’elle ne pouvait pas, qu’elle ne voulait pas définir.
Le dernier dimanche du séjour à Trouville, sans avertir, Francis Chaumel arriva chez son père,
Me voilà, tu vois que je fais bien ce que je peux quand il s’agit de venir te voir.
M. Chaumel était ravi.
Jeannne accueillit comme d’habitude le fils de son mari.
Elle le trouvait tel qu’elle l'avait vu avant ce lundi matin ou il lui disait adieu.
I] reparla de la promenade en mer.
dit M. Chaumel, puisque tous les deux vous avez le pied marin.
— Si cela vous est agréable ! dit Francis en regards: : la jeune femme,
— Mais oui, .epondit-elle je n’en puis faire qu'avec vous.
— Alors, cet après-midi, nous embaucherons notre pêcheur de l’antre jour.
Ce qui fut dit fut fait.
On chercha l’homme en question et on le trouva ramenant des promeneurs et prêt, avec le gars normand qui le secondait, à en emmener d’autres.
— La mer me parit assez agitée, dit M. Chaumel au moment où son fils et sa femme se disposaient à embarquer ; u’allez pas trop loin, au moins !
Et comme personne ne répondait, interpellant les marins :
— Dites-donc, vous autres, il me -mble que votre coquille de noix va “«iter pas mal, il y a des vagues, aujoud’hui,
— Oh ! monsieur, ce n’est rien, ça, nous en avons vu bien d’autres !
— Ve n’est pas une raison pour exjoser vos passagers.. Vous savez que vous être responsaules !
— Tranquillisez-vous, monsieur,nous :
viendrons !
— Je le pense bien ! ; Jeanns était dacs le bateau ; l'officier
y mettait le pied à son tour.
— Francis ! cria M. Chaumel, qui, voyant le vent s'élever et la barque me.
nacer de rompre l’amarre ancrée dans le sable, s’inquiétait tout à coup sérieu.
sement.
Le capitaine n'entendait point,
— Francis ! répétait son père.
L’ancre était détaché, et la frêle embarcation bondissait d’une lame à l’autre.
M. Chaumel agitait les bras.
Où lui répondait par des gestes ana.
logues.
Sa voix arrivait de moins en moins jusqu'aux deux intrépides.
Ils penssient qu'avec ses gestes il leur souhaitait bonne promenade,
Du reste, rien d’inquiétant,
La mer était houleuse, mais cela re donnerait que plus d’attrait à leur ex.
cursion.
On danserait ur peu, voilà tout.
Mme Chaumel n’avait point peur.
Elle serait heureuse, au contraire, d’une promenade mouvementée,
Cependant, les deux matelots, ne te.
naient point à s'éloigner de la côte.
Ils avouaient, une fois bien sûrs de tenir leur aubaine, qu’un grain se pré.
parait, qu’il fallait être prudent.
M. Chaumel père pouvait donc, de la plage, suivre du regard la voile blanche à laquelle étaient confiés les deux êtres qui, avec la petite Madeleine, é.
taient toute sa vie.
Tant qu'il ne la vit point diminuer à ses yeux, cette voile que la vent enflait, 1] respira, se disant qu'il devenait stupide, qu'il fallait réagir contre ces craintes chimériques, le saisissant mointenant à tout icstant, quand autrefois il n’en éprouvait point de ce genre.
Le bonheur sans doute rend peu.
reux et il était si heureux !..
Une demi-heure environ s’écoula.
Il lui sembla tout à coup que la voile rapetissait, s’éloignait.
Un coup de vent venait de passer, violent, qui le forçait à maintenir d’une main son chapeau.
17 Le Mal de Vivre
L'orage se préparait.
Pourvu qu'ils ne fussent pas entratnés au large, mon Dieu !
Autour de lui, le malheureux entendait répéter :
— Nous allons avoir quelque chcse ; les barques auront-elles le temps de rentrer !
Et dire que c'était lui qui avait poussé à cette promenade.
Ilse mit à parler au premier venu ayant besoin de s’étourdir, de se rassurer.
— Pensez-vous, monsieur, que les promeneurs en mer courent des risques !
— Ma foi ! il y a des sautes de vent si bizarres.
— Pour le moment, vous croyez qu’on ae peut pas répondre que..
— Pour le moment, je ne pense pas que le danger existe ; seulement, il pourrait venir.
Et le monsieur interpellé continua sa promenade.
M. Chaumel en aborda un autre, qui regardait avec une longue vue, droit de vant lui,
— Monsieur, est-ce qu’il y a danger pour les barques en promenade ?
Celui-là n’entendit point ; il dut répéter s1 question.
Mais le fracas des vagues dominait sa voix étranglée dans sa gorge.
Ce ne fut que lorsqu'il toucha l’épaule du baigneur que ce dernier abaissant sa lorgnette, se retoursa vers lui.
Et à une quatrième reprise, M. Chaumel po-:a la même demande angoissée.
L'individu à qui il s’adressait répondit brusquement :
— Je ne suis rien !
Pais, en collant encore son œil au bout de la longue vue :
— J'ai des amisen mer avec mon frère.. Je commence à être inquiet.
Le mari de Jeanne pensa à remonter jusqu’à la villa, pour prendre lx lunette, qu'il n'avait pas eu la précaution d'emuorter.
Mais peudant ce temps la barque se
confondrait ascc quelques autres qui luttaient contre le vent et s’efforçaient de gaguer la rive.
Jusqu'à présent, il avait réussi à ne pas la perdre de vue.
[l lui semblait que, tant qu'il la tien drait au bout de son regard, elle ne ris quait point d’être engloutie,
Quelques-unes se raprochaient, mais avec difficulté, ayant à combattre un vent contraire.
Et les vagues grossissaient, de plus en plus menaçantes.
Des groupes compacts s'étaient for més sur la grève.
On commençait à suivre avec anxiét:
les évolutions des embarcations.
Deux ou trois, heureusement, appr:
chaient.
Beaucoup des curieux se mirent à courir pour assister au débarquement.
qui promettait des péripéties plus amu santes que dangereuses,
C'est ce qui eut lieu, en effet.
Les barques échouèrent laissant le:
passagers plus où moins molestés, plu ou mois mouillés, ceux-ci riant, ceux-:
apeurés, quelques-uns d’nne hume:
de dogue, pestant contre les pêcheur:
qui les avaient emmenés,
Bientôt il ne resta plus que deu:
barques à l'horizon,
Il était évident que ceux qui les montaient ne luttaient plus contre le:
éléments. ;
Ils avaient assez à faire de se dre contre eux.
Ces deux voiles semblaient plutôt <:
rapprocher de lu côte.
Mais elles filaient dans une toute ar tre direction que celle qui les ent rame nées là d'ou elles étaient parties.
Les barques finiraient-elles par abor der que'que part ?
Une vague plus forte que les autreles engloutirait-elle avant d'arriver ai port ?
Elle ne furent plus, bientôt, quedeux points imperceptibles ; puis elles di.
parurent tout à fait.
Le monsieur à la longue vue, à «41
défen.
res qui orçaient
i à pe
la tien ne rs
t, mais tre un
le plus at for anxiét:
appre rent à
1ement, 1$s ami
ant le.
s, piu ceux-ii humert:
écheur:
> deu:
qui Jes itre le:
défen.
utôt <:
ute a L rame
r abor
autrever ai
nederx
es dis-
M. Chaumel avait adressé la parole, ctait à côté de lui.
Ils se regardèrent, blêmes tous les deux, avec des yeux de fous.
Il se comprenaient,
Leur cœur à chacun était attaché à ces voiles qui venaient de s’évanouir.
Le reste de cette journée fut horrible pour le mari de Jeanne, pour le père de Francis.
Des express furent envoyés sur les plages les plus proches, des télégrammes lancés de tous côtés, sans aucun résultat.
Le soir, à dix heures, aucune barque n'avait été vue sur un point quelconque de la côte.
Qu'étaient-elles devenues ?
Perdues en mer, englouties, sans que l'on pût même espérer retrouver une épave, ou livrérs toujours aux caprices des flots, balluutées sur les vagues en (vurroux ?
Cela faisait la conversation de tout Trouville.
Il y avait le côté des pessimistes et celui des optimistes, puis le clan des indifférents, de ceux-là à qui la plus grande des catastrophes ue fait rien perdre de leur tranquilité.
Et l’on engagea les paris, les uns pour le naufrage. les autre contre.
Le lendemain, on ne savait encore rien de nouveau.
M Chaumel avait auit de dix ans.
Atfaissé dans un fauteuil, près de la baie grande ouverte du salon de la villa, 1] consultait depuis l'aube, i’»'1e de la longue-vue qu'il oubliait !: ve tcmporter sur la plage, la va.
g'iuque,
Autant elle avait été agitée, autant Watutenant elle était calme
inx fois plus jaune, plus bilienx que d'habitude. à sueur collaut sur ses twnpes ses mèches de cheveux gris, il f.1sait véritablement peine à vour.
La longue vue finit par iui tomber des mains, et il restait les bras pendants là respiration embarrassée, dans un état
vieilli en cette
‘ ap}
qui n'était ni le sommeil, ni la veille ; une espèce d’assoupissement contre lequel sa volonté demenrait impuissante la revanche de la nature sur le moral.
Tout à coup, il sursauta.
Le timbre venait de retetir àla porte de la villa.
M. Chaumel se dressa sur ses jambes absolument galvanisé.
Il aperceuait à travers la grille un petite porteur de dépêches.
{1 voulut courir lui-même au devant du jeune homme.
Mais ses genoux fléchirent.
Que contenait le papier bleu ? nouvelle de mort ou de saiut ?
Un domestique l'avait pris déjà et accourait le lui apporter.
Il le lui arracha des mains, l'ouvrit, resta une seconde sans lire, puis finit par un râle dans sa gorge.
Il était retombé sur son fauteuil, arrachant le col de sa chemise.
Il étouffait.
Mais aussitôt la respiration reprit son cours, la respiration revint.
Le bonheur ne tue pas.
Il relut le papier bleu.
(Sauvés. Echoués ce satin à Ca.
bourg).
(Francis).
— Ils vivent ! fit-il avec ivresse, ils vivent ! vite mes effets, je pars.. Jacques mes effets, vous dis-je !
— Voilà, monsieur. . Monsieur veut.
il son pardessus gris-clair ?.. Je ferai observer à nionsieur qu’il est tout décomposé et qu'il ferait bien de prendre quelque chose avant de partir.
— Allez au diable ! l2 pardesus gris ou le pardessus bleu. Ça nest egal, ponrvu que nous m'en donniez un..
Allons, imbécile plus vite ! Vous n’enten lez donc par : Sauvé !!!
— Monsieur prend le train valet qui conservait son flegme.
— Bien sûr, je prends le train.
— Âlors, mousieur à une heure et demie devant lui, et monsieur pourrait bien manger ou boire...
? fit le
rs
— Jacques, je vous fanque à la porte !
Le domestique sortit, suivi de son maître, qui entra dans sa chambre.
Ce fut seulement lorqu'il eut endossé le pardessus que Jacques lui passa respectueusement, sans mot dire. qu'il réfléchit qu'il avait tout le loisir d’embrasser sa petite Madeleine.
Il entra dans la chambre, où enfant et nounou dormaient encore, cette dernière qui avait veillé plus tard que d'habitude, se rattrapant du temps perdu au début de la nuit.
L'enfant s'éveilla comme il s’approchait du berceau, et la nourrice ouvrit un œæi!
Sauvés ! nonnou, fit-il avec sa même ivresse, sauvés |
— Qu'est «’ ? quoi fit l’autre qui n'y était plus, en se dressant sur son séant.
Il ne répondit point.
Il avait pris daus ses grosses mains Madeleine qui riait et l’appelait papa.
Et il l’embrassait, l’embrassait, lui parlait avec des iarmes plein la voix.
— Je vait chercher, la petite mère...
Je vaiste la ramener, mon amour..
Oui, elle va revenir maman.. Ma petite fille, ma pauvre petite fille !
Enfin, il la reposa dans le berceau, s’en alla de ia chambre, sortit de la maison.
Il arriva à la gare une demi-heure avant le train.
I1 n’était pas loin de midi lorsque M. Chaumel descendit à destination.
Son fils ne lui avait pas ditouil les trouverait.
Mais il n'eut qu'à s'informer pour savoir.
Cabourg avait failli être le théâtre d'un drame.
Entre quatre et cinb heures du mutin, une barque, absolument désemparée, venait s'échouer contre une roche où elle se brisait tout à fait.
Par bonheur, cette roche était près du rivage.
Ceux qui montaint l’embarcation pu-
reet, aidés de deux pêcheurs, le gagne:
à la nage.
La femme seule était évanouie.
On l’avuit sauvée sans qu'elle en eu:
conscience. Se
On parlait d'un accident analogue une barbue chavirée aussi, en vue di:
Houlgate.
Là, disait-on, un voyageur aurai:
péri.
M. Chaumel n’entendait point ; qu:
lui importait le malheur des autres !
Il se fit indiquer l'hôtel ou les nau fragés avaien3 trouvé un abri.
j'était un des principaux de la plage
Il l'atteignit en quelques minutes.
La maîtresse de l'établissement lu dit que la jeune femme dormait.
En sortant de l’évarouissement 01 elle était restée plongée pendant plu:
d’une heure, la fièvre la prenait.
Le médecin appelé déclarrit qu'il n'y avéit rien de grave.
Cet étnt n'était dû qu'à la fatiguaux angoisses de cette nuit passée en mer, livres dans une coquille de noix aux caprices des flots.
Quelques heures de repos en auraier::
certainement raison.
L'hôtelière monta la première pour montrer la chambre qui lui avait éw donnée.
La pièce contiguë était occupée par son compagnon.
Ce fut là que M. Chaumel entra.
Il trouva la chambre vide.
Mais la porte de communication était ouverte.
Marchant très doucement, il s’alar ça jusque là il s'arrêta sur le seuil.
Une immense émotion étreignait er.
core le mari de Jeanne.
Les grands rideaux avaient été tires sur fenêtres pour tamiser la lumière.
Le panneau du lit—un lit de milieu —l'emprêchait de voir sa femme, ir.
mobile sous les couvertures.
Il distingua d’vbord, étendu dans ua fauteuil, Francis qui semblait dornur
Avancerait-il ?
Me fallait-il pas faire taire l'impre:
| gagne!
le.
> en eu:
logue vue di
auraii
it ; qui tres !
es nau
a plage nutes.
ent lu:
ent ou nt plus
qu'il ny
fatigurssée €n le noix
auraier::
re pour ait été
JÉée pa:
itra.
ion était s’alaiuil.
nait e1té tire nière.
milieu
ne, in
lans uu dormir
impre:
sion qui le poussait à leur parler, à les serrer dans ses bras, à leur crier sa joie de les retrouver vivants, pour les jaisser gouter ce repos réparateur ?
Il fit un pas en arrière,
> Parquet carqua ; Francis se dressa, regardant son père.
jeune homme n'eut pas une seconde de surprise.
. Se levant doucement, en lui faisant sigu® de retourner dans l’autre pièce, il y entra derrière lui, après un coup d'œil jetè du côté du lit, ponr s’ssurer que sa belle-mère ne se réveillait point.
Il poussa la porte tout contre.
Et, comme sou père lui tendait les bras, il jeta les siens autour du cou du pauvre homme, l’embrassant à plusieurs reprises
. Puis, la première émotion dissipée, on causa, où plutôt l'officier parla.
A mi-voix, de façon à ne pas troubler dans la chambre voisine, le sommeil de la jeune femme, il raconta les péri péties de cette terrible promenade en mer qui devait durer heures et qui n’avait pris fin l'aube.
Les deux pêcheurs, impuissants à lutter contre la tempête, devaient se borner bientot à des manwuvres de présesvation.
Il dit toutes les transes de cette nnit ou vingt fois, ils avaient failli être engloutis.
En y pensant, Francis se répétuit qne c'était un miracle qu'ils cussent tenu lusqu’an matin,
Les deux pruvres pêcheurs, dont l’imprudence en les embarqnant consistait en leur se préparait et avant lequel ils comptaient bien pouvoir revenir au port, avaient fait des prodiges.
— Il faudra les récompenser, dit le jeune homtüe en finissant.
— Tout ce qu'ils voudront, fit M.
Chaumel, je ne payerai jamais assez cher le bonheur de vous retrouver...
Mon pauvre enfant ! ah ! vos transes, je te le jure, n’ont pas égalé les miennes !
Il avait prononcé cette dernière phra-
se avec un éclat involontaire.
— Tais-toi donc ! fit Francis inquiet tu vas la réveiller.
Une voix appela de l’autre coté.
— Ça y est ! fit le jeune homme : en fin, espérons que la fièvre ne reviendra pas.
À peine auprès du lit, le père et le fils purent se convaincre pu'elle était revenue
Les yeux grands ouverts de Jeanne étaient brillants, ses pomettes entlammées.
Elle n'avait pas néanmoins de délire et reconnut son mari,
Francis, quoique courbatiré de pieds à la tête, s'était institué son garde-malade.
[ lui donna une cuillerée de la potion reconimendée.
Puis le calme le plus complet autour d'elle ayant été ordonné, il entraîna encore son père dans la pièce voisine.
M. Chaum:l, sa femnie et son fils de vaieut demenurer six jour à Cabourg.
Pendant quarante-huit heures, Jeanpe était restée dans l’état de surexcitation ou elle tembait en sortant de son évanouissement,
Puis une faiblesse très grande y avait succédé, comme une détente de tous ses membres qui la laissait dans une torpeur voisine du somineil.
Ell se réveilla de cet encourdissement tout à fait remise, le cauchemar de cette nuit passée entre le ciel et l'eau, avec la perspective d'une tort imminente, s’eloignant, ou ne revenant, plus qu'attenué, moins effrayant.
Elle en parlait même avec un calme relatil.
Du reste, elle s'éjait montrée très courageuse, conterant son effroi, prononçant seulement de temps en temps ces mots :
— Ma pauvre petite Madeleine !
Francis rendait justice à son couf rage.
Elle affirmait que si elle ne l'avait pas vu si brave, lui, si calme en face du
tite —
di
danger, elle fut morte dix fois de terreur.
Francis reprit le train pour Paris
même de sa rentrée à Trouville,
M. et Mme Chaumel s’en allaient quelques jours plus tard.
Le séjour qu'ils devaient faire à la mer était à son terme.
N'eût-1l pas été terminé, qu'ils l’eussent probublenment abrégé.
La jeune femme était devenue l’hé.
roine du jour.
Les apparitions sur la plage excitaient une curiosité qui l’agaçait.
La mer, cela se concevait, du reste, ne lui plaisait plus.
Elle avait hâte de rentrer à Paris, puis à Savony.
La coïncidence qui avait ament M.
et Mme Chaumel en même temps que M. et Mme Paul Yvelieng à Trouville voulut que leur départ eut lieu jar le même train.
M. et Mme Labatitre s’en allaient natuellement, en mème temps que leurs enfants.
(Qnant au comte et à la comtesse de la Keche ils restaient encore deux semaines,
Ces derniers accompagnaient leurs amis à la gare.
Huguette at Régine s'embrascèrent à plusieurs reprises avant de se réparer,
Régime était très satisfaite de son séjour à Trouville.
Elle avait eu son mari bien à elle, toujours à elle,
Elle partait, avec l’erpoir que l'amour de Paul reveindrait à ce qu’elle eut voulu qu'il fut.
Huguette aussi était heureuse.
Dans six semaines au plus elle se li vrerait anx chirurgiens.
Dans quelques mois elle aurait jeté la hideuse béquille,
Elle marcherait droit, elle serait eomme une autre femme.
Pour elle également l'avenir s'annonçait rempli de promesses.
Lo petite comtesses rentrait à Paris juste pour être marrine d’ua beau gar-
çon de Simone, qu'elle n'avait pu em mener à Trouville, la femme de Paulin-Pascot se trouvant sur le point d’ac coucher lors du départ de M. et de Mme de la Roche.
La pauvre Huguette aimerait bien ce bébé, elle l'aimerait d'autant plu-
que la joie d'être mère lui était refusé...
à moins que. lorsqu'elle n'uurait plu:
de béqrille, lorsqu'elle (serait comm une autre femme) ce bonheur ne lui fut permis.
Elie espérait encore.
On espère toujours, On espère quant même, à vingt ans.
Un coup de cloche sonna ; c’était le | deruier signal,
(Les voyageurs en xoiture ! )
Chacun monta dans son compati ment ; les portières claquérent, la loco motive sitHa.
On partait,
M. et Mme Chaumel, qui devaient
passer deux ou trois jours dans leur hôtel de l'avenue de l’'Alma, avant de retourner à Savorny, avaient prévenu qu'ils rentreraient dans la journée, sans dire par quel train, n'étant point fixés sur celui qu'ils prendraient.
Avant de monter en chemin en fer, M. Chaumel télégraphiait au chef di service, des voitures de la gare Saint Lazare, pour qu'on mit à sa disposition, à l'arrivée, un de ces omnibus de famil les, si commodes lorsqu'on est nom breux et qu'on à beaucoup dagages.
C'etait toujours ainsi qu'il procédait en pareil cas, se servantt raroment de ses voitures à lui.
L'omnibus l'attendait au débarque
Lorsque, tout le monde instailé, la nourrice, l'enfant, Mme Chaumel, sa fenme de chambre, lui, les malles char gées, le cocher fit claquer son fouet, un homme d’une cinquantaine & ininées misérable, avec une mauvaise casquette sur la tête, se tenant à quelques pas sans qu’on l’eut remarqué, ne regardant pas les personnes intallées sur le ban ‘ quettes, mais les colis qu'on apportai
pu em le Pauint d’ac et de
it bien nt plu:
refusé. .
ait plu comm > Qui fut
> quant
tait le
ompati la loco
evaient ns Jeu:
ant de réventi €, SANS t fixés
en fer, ref d:
Saint >sition, famil nom res.
cédait eut de
arque
ilé, la el, sa ; char +, un innées
quette 8 pas rdant ban Ortai
ee mit à marcher derrière l'emnibus, puis prit le pas de course qu'and, sorti de la gare, le cocher activa l'allure de cheveux.
[se glissait dans l’entre croisement les voltures ou longeait le trottoir, sans perdre de vue celle qu'il suivait
Le cocher avait pris la Madeleine, la rue Koyable, la place dé ja Concorde, puis les quais.
Une fois sur lex quais, la circulation devenant plus rare, l’homme put sui vre,
Ni l’un ni l'autre des maîtres ne l'avait encore vu.
La petito Madeleine, qui en avait issez des voyages et n'était pas des plus tranquilles, occupait tout son tuoude,
—- Pauvre malheureux ! Ht tout à coup la femme de chambre.
— Quoi donc ? dit Mme Chaumel, iui cessait de s'occuper de sa fille, tranquille pour un instant sur les genoux de sa nounou.
— Madame ne voit pas cet homme jui court deerière l'omnibus ?., À !il j'asse sur le coté.
Jeanne se retourna pour regarder par la vitre derrière elle.
Le pauvre diable frôlait presque les roues de sorte qu'elle n'aperçut qu’un ioqueteux courbé en deux, les mains dans poches, la casquette crasseuse dans la nnque.
— Pourquoi court-il ainsi ? demanda-t-elle, tandis que son mari se retournait pour voir à son tour.
— Pour porter nos malles à l’arrivée madame,
— Il ferait bien mieux de travailler, grommela M. Chaumel.
Mais depuis quand nous suit-il mie cela ? demanda Jeanne.
—- Depuis la gare Saint-Lezare, répondit la femme de chambre.
— Et il nous suivra jusqu'à ce que nous descendions !
— Certainement, madame, quand il devrait tomber en arrivant.
- C'est affreux.. par cette chaleur.
cet homme doit monrir de faim pour faire ce métier-là.
— Ne t'apitoie donc pas tant, ma chèrie, dit M. C'haumel, tons ces gens sont des pareseux....
— Mais il me semble qu'il ne faut pas être paresseux pour faire cela !
Elle ajouta :
— [1 y à tant de misères dans P
Son mari ne répondi pas.
Mme Chaumel, pendant une seconde, redevenait Jeanne Budolle.
Et Jeanne Badolle avait su ce que c'est que la misère.
La voiture roula quelques instants sans que personne parlât.
Et la jeune femme s'étant retourn de nouv.au :
— Jl court toujours.. mais il à tomber là ! Mon ami, je vous en è donnez-lui cent sous.. et qu'il s’arrê 8
— Je suis de ton avis, répondit M Chaumel en fouillant dans son gous: 2t c'est pénible à avoir,
Il baissa une glace pour se pencher et appeler le pauvre here,
Mais la voiture tournait le coin de l'avenue de l'Alma, le laissant brusquelucnt en arrière.
Il ralentissait, du reste, sa course, paraissant exténué.
La femme de Chambre lui tit un signe qu'il ne vit pas.
—— Nous sommes chez nous dit M, Chaumel ; il arrivera bien maintenant jusque-là.
En ettet, comme lomnibus ralentissait à son tour sa course, l’homme reprenait la sienne.
Il s'arrêta quelques pas de la voiture, quand la voiture s'arrêta.
Puis, il allla se coller contre le mur de l'hôtel, près de la grande porte, sa casquette à la main.
Mme Chaumel arrriva la première derrière la nourrice, qui s’engouftra avec l'enfant dans le vestibule.
L'homme, avançant d’un pas, fixa sur elie un regard suppliant :
— Madame voudra-t-elle que ce soit moi qui porte les bagages ?
— Certainement, ce sera vous.
À peine eut-elle articulé cette réponse que le pauvre homme se précipitait du côté de la voiture, vers laquelle s'avançaient déjà deux domestiques.
M. Chaumel l’arrêta en lui mettant dans la main la pièce de cinq francs qu’il venait de nouveau de tirer de son gousset.
— Allez, ne vous occupez pas de:
malles et tâchez de trouver un aucre métier que celui-là !
L'homme resta immobile, stupéfait d’une telle générosité.
Il tournait et retournait dans sa main la grosse pièce blunche, n'osant peut-être la mettre dans sa poche.
Mme Chaumel, restée sous le porche le regardait.
Sous sa voilette de gaze assez épaisse bien serrée autour de son chapeau de voyage, elle était très pâle.
a bouche tremblait ; elle sentait ses jambes se dérober sous elle,
Dans cet homme, daus ce loqueteux, qui haletait, la figure contorsionnée, les cheveux collés à ses tempes blèmes, elle reconnuissait, oui, elle reconnaissait son pére !
DEUXIAME PARTIE