APPLIED IMAGE
Inc
1653 East Main Street Rochester, New York 14609 USA (716) 482 - 0300 - Phone
(716) 288 - 5989 - Fax
Il ln I [TM
En toute autre circonstance, l’ofticier n'eut pas manqué de renvoyer la balle.
La boutade de son père ne le mit point cette fois en verve.
Elle lui fit au contraire froncer légérement le soucil.
Quant à ce dernier, il se sentait soudain un peu embarrassé, et ne s’aperçut point de la contraccion qui plissa le front du jeune homme.
Francis aborda carrément la question
— J'ai àte parler d’une chose qui peut t’être beaucoup plus désagréable que si je t'annonçais mon mariage.. ce mariage fut-il un mariage d’amc :r.
— Voyons, fit M. Chaumel, tout à fait inquiet, où veux-tu en venir }?
— Eh bien mon cher père, à ceci c’est que je me sens la vocation d’ezplorateur, et que je vais me faire envoyer en mission.
Le négociant ne broncha pas, cn eut dit qu'il ne comprenait point.
Francis le considéra quelques secondes sans rien dire.
Il attendait sa réponse.
Cette réponse ne venant point, le jeune homme reprit :
— Oui,la vie d'aventures m’attire, je m'ennuie à Paris.
— Comment, tu t'ennuies à Paris !
fit entin M. Chaumel ;tuas tout fait pour y rester, tu prétendais que c'était ton rêve.. Ton général est nommé ministre il te prend avec lui.. Ah ça !
est-ce que tu vas le lâcher comme cela, ton ministre ?.. Je me suis laissé dire que le poste que tu occupes n'était pas de ceux qu’on plante là.
— En effet ; seulement tu ne sais pas, papa, que dans quinze jours le minitère sera renversé ?
— Et ton ministre ne fera pas partie de la nouvelle combinaison, comme on dit ?
— Ïlse peut que si ; mais ce sera toujours un moyen pour moi de me faire remplacer, il seéprésente une occasion de voir l’Indo-Chine, le Tonkin, et.
— Ah ça ! est-ce que c’est sérieux, ce
que tu me dis là ? interrompit M. Chaumel.
— Ai-je donc l'air de plaisanter ? demwanda son fils très tranquille.
— Alors tu es fou, mon cher ami,fou à conduire à Charenton.
— Je ne crois pas.. Pourtant, si tu y tiens, nous pouvons nous payer cette petite promenade,
— Voyons, tu plaisantes ? dit encore le père, ce serait par trop ridicule.
— Que vois-tu donc en cela de ridicule ? Je te le demande.
— Ayant la fortune que tu às, avec la vie qui te sourit de tous les côtés, tu irais exposer bêtement ta peau pour l'unique plaisir de dire que, toi aussi, tu as fait partie d’une mission... Ah ça ce n’est pas comme ce Labatière, tn n’as aucune raison pour t'en aller ?
— Et si j'en avais une ?
La même contraction l'heure avait approché les sourcils
capitaine Chaumel.
Son père, qui, en gesticulant, allait et venait dans le bureau, ne remarqua encore rien.
Frencis reprenait sa physionomie impénétrable, quend il se retourna tout d’une pièce pour dire d’un ton absolnment furibond :
— Si tu en avais une !.. Et laquelle donc ? Laquelle ?.. Aucune raison, en tends-tu bien, ne peut te pousser à quitter la France.
— Pardon, celle de l'avancement...
Je deviens ambitieux, je veux être de bonne heure général.
Cette fois M. Chaumel se calma.
À une seconde reprise, il épouvait comme de la stupeur.
Il résuma son impression tout entière en quelques paroles ;
— Tu as changé, mon ami.
— C’est vrai, tit le ieune homme en se levant, pendant que son père se rasseyait, et se mettait à son tour à arpenter la pièce, j'ai beaucoup changé. . J'ai mais assez métier militaire pour y rester, mais il y a un an ou deux encore je n'aurais sait aucun sacrifice pour
que tout à du
Chaur ! de.
mi,fou
si tu cette
encore e ridi-
avec côtés, 1 pour aussi, Ah ça re, tu a :
out à ls du
Ilait et ua en-
nomie a tout bsolu-
( quelle n, en ser à
\ent., re de
ouvait
ntière
1e en e rasrpen- JA
y resencore pour
Passer par-dessus mes camarades de promotion. Tu m'as assez reproché de ne pas avoir d'ambition.. Me reprocheras-tu, aujourd'hui, d'en avoir de trop !
Cettes.. tout est excés chez toi.
d’aimerais mieux, en tout cas, te voir donner ta démission que de te voir partir pour le Tonkin.. puisque Tonkis ‘ ya.
— C’est toi, pour le coup, mon jauvre père qui est exageré.. Penses-tu donc qu’on ne revient pas de là comme d’ailleurs ?.. Penses-tu qu’on n'a pas sa destinée ?.. Moi, je suis fataliste, tu sais, ..,
— Pas moi.. et je crois qu'il y à bien plus de chances pour que tu meurs res du choléra à Hanoï qu'a Paris... à moins que tu n’aies la tête coupée par les pirates après avoir subi la torture, comme ce malheureux commandant Rivière,
Francis haussa coup sur coup ies épaules en souriant.
— Allons, va.. continue... Je te comprends, du reste ; on est pere ou on ne l'est pas... à ta place, j'éprouverais les mêmes craintes. Dans quelques Jours, tu auras réfléchi, et., tu me donueras ton consentement.
— Ah ! ça jamais, par exemple, n'y compte pas !.. Tu peux partir. seulement ce sera notre brouille. .
— Mais non.. mais non...
— Je te jure que si ! C’est trop bête.
À ton âge, assez d'occasions d'avancement ne peuvent-olles pas se présenter sans que tu partes pour le Tonkin ?..
C’est absurde, te dis-je absurde !
L’officier ne répondit pas.
Il se tenait devant une fenêtre, les mains dans les poches, tournant le do à son père,
Son visage était très sombre, sa bouche se crispait sous sa moustache bien cirée,
Si M. Chaumel avait pu l’examiner, il se fut dit que son fils devait penser absolument comme lui.
Il eut deviné peut-être qu’une tout
autre question que celle de l’'avancement était en jeu.
Francis avait uu secret, secret que, sans doute, il ne se laisserait pas arracher,
Il s'était fait quelques n:inutes de si.
lence, au buut desquelles le jeune homme se retourna.
Son pére avait eu le temps ré£échir.
Il le considérait d’un :eil plus attendri que furieux.
Francis lui tendit spontanément ja main, une émotion aussi dans le regard.
— Va, dit:il, laisse-moi faire. tu pourrais te repentir un jour de m'avoir retenu.
Et, n'attendant pas que M. Chaumel ait répondu, aprés une étreinte énergique, il prit son chapeau posé sur le coin du bureau et marcha vers la porte.
— Tu ne vas pas te sauver comme cela, dit celui-ci en se levant.
L'ofticier sortait.
— Je n'ai pas le temps , Je devrais être à mon bureau.
La porte se referma sur lui.
— Qu'a-til ? murmura le négociant, qu'est-ce qui lui prend ?
Le patron des * Grands Magasins” tut distrait, ce jour-là en expédiant ses affaires.
Cependant il ne quitta pas son poste avant l'heure accoutumée,
En montant dans son coupé, il donna l'ordre au cocher de le conduire au ministère de la guerre.
Francis le vit faire irruption dans son bureau à six heures moins un quart juste au moment ou il s’en allait.
— ‘liens, c’est toi ! Une minute. de plus, tu ne me trouvais pas.
— Je sais, romme tu vois, l'heure à laquelle tu pars.. Je t'emmène à Savony.
— Pas moyen.. J'ai des amis qui n’attendent au cercle.
— Eh bien !'ils attendront !
— Je n'ai pas envie de les faire poser ils seraient furieux !.
— Tu vas leur envoyer un télé.
gramme,
Sr ÉD A acte 8 Ed
— Non, jete dis, un autre soir.
— Je ne m'en vais pas sans toi.
Le jeune homme tit un geste d'impatience.
Et pourquoi veux-tu m'emmener ce soir à Savony !
— Parce que nous avons à causer..
Tu es parti comme un ouragan.
— Eh bien ! causons maitenant.
— Maintenant, moi, je n'ai pas le temps.. Si je wanquais mon train, Jeanne s'impatienterait. Lä-bas nous aurous notre soirée.. tu repartiras demain matin.
— Ce sera pour demain soir, je te le promets.
— Je ne me fie pas à tes promesses.
— Mais n’allez-vous pas tous rentrer à Paris ?
— Nous ne savons pas.. Il faisait si beau ce matin que Jeanne manifestait l'intention, pour la petite, — de rester encore là-bas toute la semaine.. C’est elle qui sera surprise !.. J'espère qu'elle aura plus de pouvoir que moi, et qu’elle arrivera à te détourner de ton projet...
Je te demande un peu, une situation qui fait des jaloux, de l'argent plus qu'il ne t'en faut, la maison de ton père ou tu es reçu à cœur ouvert. (Car, en fin, je ne pense pas que tu aies à te plaindre, tu n'as l'air très bien avec la belle mère une paire d'amis !.
— Certainement, et je ne me de personne, de personne !
[l feignait de ranger sur son bureau des paperasses laissées éparses, et son père ne voyait pas plus l'expression tourmentée de son visage qu'il ne l'avait vue cet après-midi chez Jui.
—- Tu viens? reprit-il, en consultant sa montre, nous avons juste le temps de gagner la gare Saint-Lazare,
Francis se redressa, le sang au visae.
— C'est une obstination qui n’a pas de nom !Je te répète que j'ai des amisqui ; — Moi, je te répète que tu vas leur envoyer un papier bieu et que tes amis diîneront sans toi.. Au prochain bureau
plains
ge
de poste nous descendrons.. Je te connais, ce n’est pas la promière fois que ça t'arrivera.. Avec ca qne tu es d’un tempérament à te gêner pour les autre !
Et tu as bien raison, entre parenthèse, quand il ne s’agit pas d’affaires sérieuses. .
— Soit donc, puisque tu y tiens tant interrompit le jeune homme, allons à Savorny.
Et, sortant le premier, il devança son père dans le grand escalier.
En bas, il l’attendit ouvrant la porte du coupé pour faire passer avant lui.
Et la voiture partit, flant rapidement vers la gare Saint-Lazare.
Mme Chaumel fut on ne peut plus étonnée de voir. ce soir-la, le père et le fils entrer au salon, ou, en attendant le diner, assise au piano, étudiait une valse,
Lorsqu'elle reconnut Francis derrière son père, elle tressaillit.
Un voile léger s’étendit sur ses yeux, la parole ne vint pas de suite à ses lé vres.
Cette émotion eut à peine la durez d’un éclair.
Avec son sourire, sa cordialité habituelle, après avoir tendu son front à son mari, la jeune femme donna une poignée de main à son beau-fils.
Avant même de se mettre à table le premier expliqua le motif de la visite du second.
Il dit comment il l'avait enlevé, pres que de vive force, afin de lamener À Savorny.
— C’est pour que tn le détournes de son projet, ma chèrie.. N’est-il pas fou crois tu qu’il veut partir au Tonkin !
Ure pâleur frôla le visage de la jeune femme.
— Au Tonkin répéta-t.elle, sans oser regarder son beau-fils.
— Je te dis qu'il est fou, reprit M.
Chaumel, il m'en à donné une migraine.
comme je n’en ai jamais eue, je n’y vois plus !
On s’asseyait devant la table de la salle à manger où le domestique avait
te conis que s d’un autre !
nthèse, sériett-
1s tant ons à