‹ La mal de vivre [microforme]Chapitre 36 sur 37 · É, EX · texte numérisé non relu

É, EX

ir, ave:

tant d:

Is n'ai

, jamai ants € utre n mps, U

not de ce qu'ils disaient !

Quoi qu'il en fût, pour eux la jetite

nitesse ne se remettrait point de cet te opéra.ion, qai l'avait lnissée si blan che, si diaphane, avec de si étranges Ineurs dans les yeux qu'elle semblait leja ne plus appartenir à la terre, quel.

e semblait un de ces anges qu'ils ivaient vus sur des images d'église, ‘vec cette auréole d'or pâle autour du visage afliné. ...

Uu ange dont les ailes se déploie.

raient bientôt pour remonter au ciel.

Chaque soir, avant son départ pour la Vendée, où il n’était resté que q'el ques jours, Simone disait à son mari cc que leur malade avait pris comme pourriture,

Et tous les jours cela diminnait.

Les aliments solides devaient être remplacés presque complètement par les liquides, comme au lendemain de cette maudite opération : du jus de viande, un œuf frais, et mème plus du uit de Neiraude, la belle chèvre que la petite comtesse caressait autrefois, quand Paulin Pascot passait près du château, avec son troupeau,

Le médecin avait ordonné du lait ('antsse,

Et chaque matin, une ânesse envoyée du Jardin d'Acelmatation, entrait sous

‘porche d'hôtel où son conducteur se iettait à la traire, comme le pâtre trayait ses bêtes devant la porte des lIsOns,

Ce même médecin aftirmait bien que

rsque la jeune femme ne soutirirait plus, lorsqu'elle se léverait, marcherait

ù peu, l'appétit reviendrait, et avec

ppétit, les forces.

Mais après cette chose terrible qn'on lit avait faite, après les souffrances qu elle endurait, était-il possible qu'elle prit le dessus

Aussi l'affection de ces deux êtres Lonnêtes, primitifs, croissait-elle chaque jour.

— Nous n'avons plus si: longtemps à la garder, soupiraient-ils entre eux.

| Audesus du tapis vert mens-lui quand | tu le pourras

Mais Simone etait malhabile a net tir.

Apres s'être entretenne avec le pates du puys où s'étaient écoulées les pis heureuses années de sa vie, Mine de Roche lui parla de tm

Comme l'année précedente, il passe rait cet hiver à l'hôtel.

fuucile de chercher de a besogs curs,

Feu trouvait plus qu'il ne lui faudrait à aider le valet de chambr entretenir du hant en bas la imuaises

D'autant que le service In comte, étant de plus en plus complique, ave ses sO°ties continuelles pour Jesquell il changeait presque chaque rois de ti lette son domestique avait fort a fur autour de sa personne,

Donc, Paulin et Sümon2, qui savaient leur fils en bonnes dipositions, pons saut à ce grand air quile ferait robuste qu'eux vivraient heureux, en ré.lisant de jolies petites économies

C'etait ce que vouliit leur maitresse

Le pâtre, en quittant cette chambre, où il n'isait marcher que sur la des pieds, était plusattendri one ls précédentes fois où il v'etait

C'était toujours aux autres

Is!

pensait la petite comtesse.

Elle voulait le bonheur antour si elle ne l'avait point pour elle.

Pauvre petite comtesse !

Mme de la Roche congédia Simone un quart d'heure apres le Paulin.

LA garde, ne religieuse, qui à pré sent ne venait plus que pour la nuit, était la, et S'installait auprès Au lit.

Huguette ferma aussitôt Les ytu) non pas quelle dormit, — elle ne dormirait que quand son mari serait ren tré, — mais sa tête sonnait le vide, elje se sentait très lasse comme chaque fois que son bourreau était venu la tortu Fer:

Puis elle n'aimait pas cette :œur à

depart de

SOU chevet ; cela lui donnait des idées sinistres.

Lorsqu'elle était la, il lui semblait queila était plus malade.

Bientôt la religieuse sommeilla dans le brand fauteuil où elle passait la nuit Alors, Huguette rouvrit les yeux.

Elle pensait à son impr; et cela l'amenait # penser à Régin

Cette ernière devaii dire vrai, tous ies hommes étaient les mêmes.

N'avait-elle pas son mari à son cercle aussi ce soir-là/

A ce tucimeut, elle attendait Paul comme elle attendait Henri.

Mais au moins Mme Yveling avait une famile un père et une mére, pres de qui s'écoulaient plus rapides les heures de solitude,

lle devait être encore auprès d'eux, Imauitenant,

Mine de la Roche ne se trompait pus, Résine n'avait point quitté ses parents

Partant de l'avenue Montaigne à üaul heures, elle sonnait comme d’habitude à neut heures et demie chez eux.

L: jeune femme en laissant léquipage qui la ramenait, ue remarquait pas que d'un fiacre qui sor etait en même temps devant la maison un homme descendait, payait rapidement le cocher et S'engoutfrait sou: la porte cocher»,

, Elle ne tit pas attention non plus à lui lorsqu'il monta l'escalier à sa suite.

C'est la chose la plus ordinaire que quelqu'un monte un escalier immédiatement sur vos talons,

Senlement, lorsqu'elle arriva au palier sur lequel s'ouvrait l’arppartement de M. et de Mme de Labatière, sentantqu'il s'arrétait aussi, elle se retourna,

L'hornme se tenait sur dernière marche, une main à la rampe.

Ïl était grand, mince, coitfé d’un chapea de feutre, ressemblant à un chapeau de voyage.

Evidemmeut, il attendait.

Mae Vveling ne disting sou visage.

Elle fut prise d'une sorte de frayeur

it pas bien

et tira brusquement le boutoi, de cu vre de la sonnette.

L'homme s'avancça de deux pas ; était tout près d'elle,

Monsieur ! fit la jeune "mme.

— Régine ! prononça-t-il.

Régine ouvrit la bouche, prête pousser un cri.

Le cri s'arrêta dans sa gorge 5 vi levres murmurèrent un nou :

Jacques !

La porte s'ouvrit,

Elle entra.

Lui entra égalemert.

Ils se trouvèrent dans lantichamb ayant qu'elle se fut :endu pompte qu n'y avait pus erreur de sa part,

Non, elle ne se trompait pas, à cousin était devant elle.

M. de Labat ière apparut au seuil « salon.

Au fond de la piece, Mme de Lab:

tière, assie dans un fauteuil, devaut 1 guéridon sur lequel était un jeu « trictrac, regardait du côté de la port

— Je n'ai pas reconnu ton coup :

sonnette, dit le vieux marin, pourtai il me semblait bien .....

Li s'arrêta.

L'ombre projetée par lavannceme d'une armoire ancienne, placée du:

l'antichambre, l'empêct it d'apercevi inméddiatement l’homme qui accon pagnait sa fille.

Jacques y pénétrait, muet, maiut nant, en face de son oncle, en face sa tante, qui s'était dressée d'un sci mouvement, et qui d’une main s'aj} yait au guéridon devant lequel cert:

cn ue s#e rassoirait point pour ucl ver la partie de trictrac.

Et M. de Labatière ne trouva 1 ees mots à balbutier :

— Cemment se fait-il que vous »s vez là, en mème temps que..

— Que ma cousine ? acheva Jacqu par un pur hasard.. Régine descendiit de sa voiture, à l'instant où je descit dais de la mienne, ,., je l'ai suivie, :

suis entré derrière eile ...

Îlse tournait maintenant vers

« cu

hamb 1 qu

#, euil d

Laba faut 1 jeu «

port up © ourtai

cerne:

» du:

Cet aëçuti

matt ace

n si

sa} cert:

ac

ane femme, qui uent, comme si elle n'avait pas la force ie rester debout, de s'atfaisser sur ur

venait, précipitam

inape, et fébrilement la sentant peser ir sa tête, aussi lourdement qu'une

asse de plomb, enlevuit la petite cu.

te qui la coiffait.

Mais Régine n'avait point entendu.

I aût lui demander, d’une voix plus

ute à

— N'est-ce pas ! ma cousine, ous

‘1s somimes trouvés Vis à-vis Pun de

‘uitre sur le palier.

Elle tit signe que oui, étreignant son tront d’une main, un grand cercle de listre cre‘isé soudain sous ses yeux.

Jacques garda encore ur instant le

lence ; silence que ne rompit aucune es trois personnes, dont les regards mvergeaient vers luis.

Voyant que chacun

irla.

J'ai débarqué hier soir à Boreaux, Ce matin, j'ai pris le rapide, qu'a misà cinq heures quaranterois à Paris... Je me suis rendu à

‘hôtel où j'avais ma chambre de gar- ‘0 autrefois ; puis, impatient de rerouver mes amis, tenant à me rendre

“npte surtout de l'impression que

roduirait sur eux mon retour, car vo- ‘e lettre, mon oncle, incompréhensible itant que cruelle, votre lettre, ui a fait verser des larmes de rage et de «-sespoir, avait éveillé toutes mes sus- -ptbilités, irrité mes nerfs jusqu'à la rture — je me suis rendu au (Cercle ont j'étais membre., sans réfléchir on eût pu obtenir ma radiation, rs qe je me battais au Nénégal Jacques de Labatière s'arrêta.

En pronouçant cette dernière phrase, : voix pleine d’une déchirante amer une, sentant lui remonter aux yeux es larmes qu’il voulait refouler à tout "x, il avait fait quelques pas dans la ‘ce où lon n’entendait que sa voix + dans la même traquilhté profonde i reprit :

— Le premier visage que j'aperçois, : tnilleu d’autres que je avais point on

attendait, il

peu vus, est celui de Brévanue, ton camarade de promontion, un ami qi m'avait bien nn peu oublié, puisque ja mais un mot de lui ne m'était parvenu là-bas, — il y en à tant qui ne pensent à vous que lorsqu'ils voux voient

mais sut la sympu hie duquel je van rais cependant “ais eu nn seul doute. . il passe pres de mois. ie re connait, Le me salue ps

Une suear glace me perle à Pepi derme, mes jambes tremblent 5 rés un battement horrible, mon voenr e.

teint... [me semble que je vais on rir,

Votre lettre, mon oncle, votre lettre qui Hamboie devant mes veux et dont jerelis chaque mot en ême temps me réveilie. Je bondis dune Je salon où il vie!’ t d'entrer, avec lesuel il avait diné.

La, le sang-ftroid renait, j'allune un cigare, je lis les journaux, je veus at.

tendre.

Peut-être me suis-je trompé sur l'expression du regard qu'il m'a jeté tout à l'heure, peut-être ne m'a t-il pas 1evonnu.

[Il va, vient avec son compusron, feignant de ne pas me remarquer.

Puis, l'un devant l'autre, ils passent dans le salon de jeu.

J'y arrive.

[ls chuchotent dans un coin en regardant la porte, an seuil de laquelle J'apparais.

Alors.. .. le mouvement est prompt, significatif, ils détournent tous deux la tête et s'en vont.

Je leur barre le passage.

Ils se détournent encore san: un mot, ruais pâles la lèvre insultante.

Je prends un couloir, et je Îles re.

joins dans le vestibule, au moment où ils vont partir.

Je tends la main à Brévanne, qui la refuse.

Je me bats demain !

— Oh ‘mon Dieu

Régine, les coudes sur ses genoux, ca chait son visage dans ses mains.

Vu liés,

Jacques de Labatière regarda longue.

luënt sa cousine

Lette exclamation échappée, tive, à la jeune fenime, le | etait revenu.

Mme de Labutivre, retombée dans le fauteuil où elle se tenait depuis le com tuencement, penchait le front, M. de Labatitre, adossé à lu

pe quittait pas des ‘eux

pluinourd silence

chemi.

Des son ne veu.

Le visage du vieux marin changeuit u tout instant d'expression, .

Un con ? se livrait en lui, le trou ole de son “Hinuit sur ses traits,

Eutin, ou ua douné lexplication

leprit son Heveu, sa fatnetse explica tion Car j'ai eu tort, en entrant, de tire que jignorais ce que Vous me re, proehiez sil va trois quarts d'heure que Je le sais, Le capiiai e Chau mel, avec qui j'étais dans de bon es avant mon dépait, sas le compter au ombre de mes ans apres m'avoir

ten Ja lui, spontandinent sans atrière

ter.

fsce, Hia ts alu courant ue a ve ii de Vignoble, de a stupide erit«

\iust, mou oneletba to hte, ini cou- “ine XOUS INC CFOY: pau, HiOl qut vous connaissez biei ourtant, moi,

n Labatière, de cette lâcheté, de retts munie f Lou ble d ivoir rit contre ia cousine, à HN ali, ae lettre odieuse que, athoice par la passion et par da jalousie, celuicet a trappe d'un ecrvu de couteau ceile que a loi, depuis le matin, ivalt faite «a RIRE

O mon onele, ma tante, quelie aber

ration : 6 Régine uvezZ-VOUS pi croire ‘la À

Et Jauques, les mains tendues vers PUX, secoué par ui grand suniglot, les regardait tour à tou aVaut sur ses

tout à l'heure Francis

joues blémes comte dans le petit salon Cercle Chaumel venait de le mettre au couraut de lintfamie acreditée sur sou conpte, de gross?s larmes qu'il ne sen tt poiut couler.

ou

Mure de Jabatière, émue jusqu'au entrailles, n'avait même pas la force di redresser la tête.

Régine gardait son visage caché dan:

SE INAiNS,

Le jeune homme tit deux pus ver Mine Yveling, au moment où celle-ci laissant tomber ses imuins, se redressait fui montrant son beau visage régulie:

pâle comme un visage de madone,

- égine, tital de sa voix profonde par in: ant brisée, je vous ai aim ardemiment, mais picusement, ausi Je vous ai aimée à vouloir votre hour vous le savez bien, avant choses, Je vous al révéreé Uue sainte, Vous avez été et tonjont vous serez pour moi la teminme Ja pl respetée Cet amour depuis lons tetps existait, suus que jautnais un mot soit venu vous reléver mon secret : | a tallu l'annonce de votre mariage pot que l'aveu s'echappât de la bouche, Regine, je vous en supplie, dites [A VOB HU MOINS, VOUS De CrOoyCZ pis

bot toute

con

Dintane, dit sque Volls HV Avez ja ils cri ! :

lle se leva,

Elle ini tendit su min tincet dou

qu'il toucha de ses doigts tiévioux.

—Je n'y ai Juiniais cru, Jacques, { ctet, Vous avez raison, .pas plus qu mou pére ét ma mère au fond d'eu:

mêmes, ny ont eru.. Toutes les app rences selevuent vcoatre vous, Vol D'étiez pas là pour vous détendre. . Mu vons Voila, ii sutit que vons paraissi jour que les doutes s'éteignent. .N ce pas / mon n'est-ce pas mere.

Mine de Labatière redressa le fron

pere,

elle regarda son mari, Mulsri le bouleversement de t leur ice, malgré la révolte qu'i

uValent eue, et qui revenait violent:

ils hésitent,

Ils étoutfaient, l'un comme l'autre, | cri de leur CBnr,

[IS maîtrisaient Fiupulsion qui le poussait au mêne ges e que leur fille.

C'est qu'en leur ceur ies souvent

cruels avaient Jaissé des an ertume Hé pouvaient point ainsi s'etfacer.

Non seulement chaque jour de leu Vie ils reverraient Régine couchée sur lé Hit nuptial, dans la chambre blene du chalet d'Asnitres, froide, inmobile, tel lé qu'ils l'avaient revue un lendemain du drame avec ses chevenx blonds en core sonillés de sang, ne tenant plus à la vie que pur un fi, qui de minute er

usqu'aux s qui force de

ché dan:

pus ver celle-ci, edressait réguliv:

' > ñ er uiitiiitée pouvait se rotupre, liuis pour Ù aimée CEUX ce coup de couteau était douti ausI MERE Fatal: duns ls present, il la met re bot (NHOIR doigts de lu mort duns la t toute Venir, is devaient s'aperesvoir qu'il con ivait tranché son bonheur, tonjont Lac ident cérebru)l survenn à lent la pli dre AVat tait de lui, tuerie pres la uis long RO NT Autre home.

un mit mile ue s'y otpalent point ni le ref”: 1 re bi lu mére Régine n'était point

a gt pot ouche , tes yU j } Das : (AA setitinent, qui

: tete but moin 'otntits Jin vez ja Moins pron] pelle à

serait

el À, c'était Las] Fit Gofenise qUIs he re, QUI Je dou funvtr leurs bias n celui quils ce: aient jadis comme leur tits.

ues, © F3 avait eu nn coupable lus qu de, il taait ie connaitre. n | d'eux Qui done aurait pu se servir de appa pour abuser la justice !detmanda M, ee Labatidre, se faisant écho di le Ms Hsces [ntiires,

deran les etppeochisit

tn

pra

Ficques comprit que le dents snbafs ‘hez les parents, Si Ant chez la till.

F'epronva cet mmense serrenert de qui depuis le commencement de

® lavait étreint déja à plusieurs

qu'i Jéie sairal, répondit il, et si ioleut: TS... je sh Ut, Jai des amis 4 charzeront de laver ma mémoire.

tre, | ‘prit encore la main de sa consine,

“erra, mettant dans ceatts ut sGa désespoir, aussi toute sa recon

tissarice,

--Merei, dit Régine.

qui le fille.

UV 2H

Et, suns se retourner vers M. ct Mme de Labaticrs, sans or le mouvement qu'ils faisaient vers lui, il sortit ee ti ranut la porte,

Jacques artienta de commandant Jacques! murmure sa fer

Régine rouvrit la porte

Le jeune homme n'était lantichonbre

Elle sélança vers colle

ptits dans

donnut per

qui sur l'escalier, traversu le prier, cha att desstin de la rATH y

Déjà il devait etre en voittre sans doute

Mine Yvcling rentra et, allunt eoir sur le canapé, d'une voi triste, en regardant re

en bas, Foti

St rer

[ Lust pus conprailiie 10 doutiuis déja, a présent, Je le jure Vous avez été ‘trs

Ni hui di elle pe répondirent

(LES fuisate + mmental ment proche puetie leur adlressuit Et le + AVAL piuses «il tt

lot silence 4 de hi cudlats crainte porstionte, elle d avant

‘ unit, [l fant empecher ce ol, mor

ere le tant à tout prix répon ‘it

le plus perenptoire.

—finpiossible

Hipossils e

repeta

alée

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füehtre tent point 11 "| telle que pal t il :

lespére, uns tont fair Et vous le ferez ?

Certes...

Mais il arrive,

u qv ivr

reprit la jeune for

H ” au VCTsdaires bé sont pas Loti.

fist

Jours maitres de Tenir élan, et qi'alers,

si acques etait tué, j'aurais un remords cterne).

— Un remords! ma pauvre enfant, fit la mère en joignant les mains.

—ÆEt quel remords ? demanda le père presque aussi agité que sa tille.

—C'a serait à cause de moi.

—Ma pauvre petite, tu n'y es pour rien, . Ah ! que nous avons mal fait mon Dieu ! pourquoi ne t'avons-nous pas donnée à lui, au lieu... ..

C'était Mme de Labatière qui parlaït, laissant déborder le trop plein de son cœur.

Régine tressaillit.

— Oui, appuya M. de Labaticre, tu serais peut être plus heureuse que tu ne l'es.

—Mais je ne suis pas malheureuse, exelama la jeune femme,

— Viens donc nous soutenir que tu es heureuse, là, franchement, les yeux dans les yeux.

Elle ne répondit point

Chose étrange, elle n'avait plus le courage de tuentir.

Elle se contenta de dire, au bout d’an instant :

-J'aimais Paul....1l nest pas responsuble de ce qui est arrivé.

-- Pas plus que tu ne l'es de ce qui va arriver, fit son père ; nul n’est imaitre de sa destinée.

La cunversation se prolongea tres tard entre Régine et ses parents : si tard que Paul, revenu de son cercle, ne trouvant pointsa femme chez lui, descendit pour s'informer d’elle.

En enteudant sonner, Régine devina son mari.

— Voilà Paul, fit-elle, pas un mot..

je craidrais de nouvelles complications. Qui sait sil ne provoquerait pas ce malheureux Jacques, s’il ne le forcerait pas à se battre une seconde fois... Ce serait horrible, ua duel entre eux.

Nous somnies de ton avis, répotidirent M. et Mine de Labatiere.

Et Régine ajouta :

— Ne parlons de rien, avant que Jinnoncence de mon cousin éclate conime j'en ai la ferme conviction—au grand jour.

Paul entraient dans le salon.

-— Bonsoir tout le monde.. Je ne croyais pas rentrer le premier, chère amie . J'aiété surpris de trouver }« chambre vide.

— Nous avons beaucoup bavardé, ré pondit Régine, essayant sans y parvenir de reprendre sa pysionomie habituelle,

-— Je u’en aperçois.. Mais qu'avez vous donc !.. tous trois.

Ce fut encore Régine, qui répondit

— J'ai attristé papa et maman, en leur parlant de cette pauvre petite Hu guette,

Ext-elle plus al ?

Pas que le médecin dise, seulement } la trouve de plus en plus nuigre et pâh et mauvais signe, de plus en plus tris te. + — Oui mauvais signe appaya M. de Labatière, qui sentait la nécessité de dire quelque chose.

Et Mine de Labatière, en hochant la tête :

— Pauvre jeune femme! si mante si bonne... un ange !

— Les anges ne sont pas faits pour la terre appuya Paul se mettant au dia.

pason général.

— Oh : j'espère que nous nous alarmons à tort, reprit Régine, soudain saisie à l'égard de son amie, d’une crain te superstitieuse : pouvu que nous ne portions pas malheur à Huguette en parlant sur ce ton lugubre.

—Il n'arrivera que ce qui doit arriver, tit sa mère, se levant et marchant vers elle qu'elle busa au front ; allons, bon soir, mon enfant, calme-toi, dors bien Ne te fais pas de peine surtout.

Régine passa son bras autour du con de la pauvre femme, qui avait mis dun:

cette dernière phrase toute son inquié tude et toute sa tendresse.

Et elle dit en la serrant tres tort, en tre plusieurs baisers :

Toi aussi, maman, bien.

Puis elle alla à son père, qui lem brassa plus longnement que d’habidude

char

toi aussi, dors

Je ne chère

ver à

dé, ré rvenir tuelle, l'avez

répon-

in, €)

e Hu

ent } t pâl

tris M. de té de

ant là char

pour u dia.

alarudair crain W pe te en

rriver, vers

, bon

bien

u con s dan:

nquié rt, en

dors

l’ en) idude

ayant un regard qu’elle et sa mère pou vaient seuls comprendre,

Paul serra la main de ses beaux-pa rentset, marchant derrière sa femme, ils remontèrent chez eux.

Comme le comte et la comtesse de la Roche, dans leur riche hôtel de l'avenue Montaigne, M. et Mme Yveling, dans leur coquet appartement de la rue de Londres, avaient chacun leur chambre, chambres contiguës dont la porte de communication resrait ouverte la nuit,

Lorsque,. par hasard, son mari ne l'ayant pas fait, Régine avant de se coucher oubliait d'ouvrir cette porte. elle sautait à bas du litet la tirait toute grande,

Jamais encore elle ne était endorie sans prendre ce soin,

Ce soir-la, Paul conduisit sa femme chez elle et, lui ayant souhaité le bon soir, entra chez lui en passant par Je corridor,

La communication était close.

Régine s'en aperçut.

Elle r'eut garde de faire ce quelle eüt fait la veille en pareil cas.

Elle éprouvait au contraire la craint:

que son mari le fît pour elle.

Mais Paul n'ouvrit point la porte.

Le lendemain matin, elle était encore ivrmee.

Ni l'un ni l'autre ne pensa à en risquer l'observation.

Dès que son mari fut parti à son mi aistère, Mme Yveling sonna chez ses parents,

Son père venait de sortir.

Mme d: Labatière lui attirma qu'il se rendait à Phôtel de la rue de boursosue, où Jacques lui avait dit être desendu.

I'est certain, comme ton pere ie la fait comprendre, qu'il ne s'est pas

attu ce matin ; à peine si à cette heu ‘: On a eu Île temps de constistuer des témoins.

— Tu crois, maman ?

Je le répète, c'est certain.

- Alors, peut être, malgré tout, pourra-t-on emjècher ce duel !

— leut-être, tit la mère pour rendre quelque tranquillité à sa fille.

Le commandant de Labatière sé.

tait, en etfet. fait conduire à l'hôtel ou il savait trouver son neveu,

Celui-ci se trouvait chez lui, en cran de conversation avec Francis Chaumel.

Le vieux marin lui ayant fait passer sa carte, Jacques ent, en lisant son nom, ut mouvement de joie,

Faites entrer, bien vite, dit-il à Bruno, qui ia lai avait apportée,

Les deux otticiers se tenaient dans lu pièce servant de salon,

Un fen de bois avait été allumé sous la cheminée, et l'iamma, la petite nc cresse, accronpie devant, la tête tour née Vers-son inaître, dont elle suivait des yeux les moindres mouvements, <e rotisait a li Hainme cloire, avant encore de temps en temps malgré cette flaniwe, et malgre les chauds habits dont elle était vêtue, un frisson qui faisait grésiller sa peau d'ébène.

Le jeune explorateur était debout, lorsque M. de Labatière, la main ou verte, penctra dans Ja pièce,

Jacques, pardonne moi, pardonne.

nous.. Hier, vous nous trouvions roi et ta tante, le dirai-je, le toutes tes udigpations que ta presence réveillait..

Tu n'étais pas parti que nons te rap} lions... Nous sentions que tu avais dit vrai. Un Labatière ne peut pas ètre coupable d'une action aussi vile que celle dont on t'accuse .. Nous ne te de iandens noint de preuves de ton innocence, ta parole nous suttit.. Nuis ces preuves, il fant les tronver, pour le monde, pour ceux qui ne cronont qu'a veusles par l'évidence... En attenant que nous V SOYONS arrivés, les inoitis in crédules en mue voyant es chercher avec toi comprendront leur crreur et.

copine moi, te tendront la Hiäit où touvriront les bras en disant par donne-moi !

La voix du viellard, étranglée par Pémotion, S'arrôtait dans sa gorge.

Jacques se jeta sur cette poitrine.

contre laquelle il se sentit caergiqu

20 Le Mal de Vivre

ment, longuement pressé

C'haumel, très émus regardait, pendant que Bruno, l'ordonnance, resté contre la porte, attendant un ordre, serrait les poings, mordilait sa mous tache, en même temps qu'il essayait, avec de petits reniflements successifs, de faire taire son chagrin à lui, menaçant de déborder par les sources lacrymales.

Le pauvre garcon, sans rien deviner du motif de cette rencontre, avait compris que sun capitaine allait se battre, | des la veille, quand celui-ci était rentre.

Les paroles de M. de Labatiere ne

lui apprenaient qu'une “hose c'est qu'on avait indignerñent outragé celui quil considérait comme un modèle

d'honnèteté et de bravonre.

S'ileut tenu les insuiteurs, ils eusent pisse un mauvais quart d'heure.

La seule personne qui ne comprit rien à tout ceuni se passait était la | nezrillonne, accroupie comme un sphinx dont l'oeil roulait sous l'orbite, au | coin de la cheminée.

Si elle ressentait la vague atteinte d'une inquiétude, son seul instinct la lui apportait.

Et cela deviut être, car ses yeux noirs an blane un peu jaune, qui s’attachaient at inaitre comme ceux du chien obéissant au geste mieux qu'à la parole, prenaient une expression craintive et attristée.

— Qui, mon oncle, dit Jacques en se dégageant des bras qui l'étreignaient, comme je vous l'ai dit hier, si suis tué, j'ai des amis qui laverout mi: imémoire. .… N'est-ce pas, Choumel ?

__ Vous ne serez point tué, répondit ce dernief.

__ Non, tit M. de Labatière ; et ce cerait, en tout cas, à moi, avant tout au à te réhabilit r dans l'esprit de ceux

| ère, | pour qui ton duel ne constituerait pas | une preuve suflisante de la parfaite | houorabilité. . Mais j'espère que le combat s'arrêtera au premier sang.... |

__ Le combat ne s'arrêteta, fit Jac-

ques que lorsque l'un des deux ne pourra plus tenir son épée.. et je vous üssure qu'il faudra. pour que je lâche la mienne, que celle de mon adversaire me soit passée au travers du corps !

L'ancien capitaine de frégate jeta un regard à Francis, qui, de son côté, le regardait.

Mutuellement, ils se comprirent ; sur le terrain, les choses s'arrangeraient.

M. de Tabatière tint à être mis au courant de ce qui avait été fait.

Le capitaine Chaumel lui apprit qu'ayant envoyé la vieille une dépèch:

à Versailles, et cette dépèche se trou vant immédiätement transmise à Geor ges Taserrier absent depuis trois Jour celni-ciavait répondn, également pa la voie du télégraphe :

Père a été très malade ; hors de dan ver. Serai témoin de Jacques.

__ fl arrivera ce soir, dit le jeune homme, après avoir montré au com mandant le papier bleu ouvert sur là table qui servait de bureau à l'explora teur.

— 4 le duel aura lien M. de Labatière.

__ Demain, à la première heure, der rière l'hippodrome de Longchamps.

Toute la matinée le vieux marin de meura chez son neveu.

Il rentra rue de Londres pour le &e jeuner avec trois quarts d'heure de r tard.

La cuisinière, depuis quinze ans dau à la maison, n'avait jamais vu cela, € cepté pendant la période d'agitation tt de désarroi qui suivait le drame dont jeune maîtresse manquait être victinie

‘était elle, la veille, qui avait introdt !f celui qu’elle appelait maintenant avt mépris : le cousin.

Pourvu qu'il ne tombât pas enciit quelque malheursur la maison !

Elle écouta a la porte à ‘lusiours :e prises pendant le dejeuner, bien qu''\ sût à quoi s’en tenir, car on ne se gêr pas pour parler devant elle.

M. Yveling, avant de retourner à = Ministère, entra, atin de dire bonjoi

interroge

e pourus üsche la ersaire ps

eta un é,lere-

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ses be:ux parents, ce qu’il n'avait pas souvent le temps de taire le matin.

Frappé du trouble de la vieille bonne. il s’informa auprès d’elle de ce qu'il y avait et n'obtenant point de réponse, pénétra dans la salle à manger, où M.

etéMime de Labatière se tenaient encore.

— Qu'est-il donc arrivé ?.. Je trouve à Régine une physionnomie que je ne lui ai jamais vue, vous-mêmee me semblez absolument différents de ce que vous êtes d'habitude.. Quant à la bonne, on crnirait qu'elle vient d'échap per à un cataclysme..., Je vous attir Me que je suis absolument inquiet.

. Que répondre ? M. et me de Laba tiere se trouvaient pris . solument au dépourvu.

Us jus nt indispensable de raconter à le: :ndre la vérité.

Us lui œirant la visite qu'ils recevaient la velile au soir, la conviction où .Is se ‘ronvaient à présent de l'innocence de leur neveu.

Paul les écouta d'abord sombre. les “oûrcils rapproches.

Pais son front s'éclaircit et il répondit sur un ton posé :

— L'aflirmation que vous me donnez ne m'étonne pas ; catte conduite de Jacques de Labatière me paraissait, ‘laque fois que j’v pensais, st odieuse, que je me suis demandé bien souvent il était réellement coupale.. ... Et

pendant il y a un coupable.

- Certes, répondit le commandant, uissi nous avous juré de le découvrir.

- Avez-vous un indice /.,. Faites

is quelque supposition plausible ?

La Supposition la pius pausible ie nous puissions faire — et vous aleZ voir qne c'est bien vague, — c'est ‘8 penser que quelque adorateur silencieux de Regine avant son mariage, un de ces jeunes gens qui vous le savez,

‘bris de Sa beauté, formaient autour d'elle une scour discrèe.. un pauvre fou qui s'était leurré d'espérance, et a quI SUL Mariage aura mis dans l'âme isez de désespoir pour lui faire com-

, biner une vengeance coutre elle, qui | ne sétait point aperçue de son amour,— contre vous, qui lui preniez celle qu'il vous avait envoyé cette lettre devant, à votre arrivee dans le chalet d'Ashleres,provoquer chez vous l'accès de fevre chaude qui...

Les sourcils de Paul Yyeling eurent encore une contretion,

— Passons la-dessus, tit-il : vous «a.

vez que je me souviens à présent de tout, sauf d'avoir lu cette lettre. ...,, Vous savez que je me souviens de Régine fanglante dans son lit, mais que ie ne tie rappelle pas l'avoir frappée. , Cela à été prouvé, soit, n: 1 pour moi le mystère reste plus tenébreux encore que pour vous . Donc, à votre sens, cet inconnu qui m'aurait écrit aurait envoyé également au juge d'insé truction la lettre accusant Jacques de Labaticre.

Oui.. c'est la supposition la plus plausible, je le répoté.... C’est laseule a laquelle nous puissions nous arrêter jusqu'à ce que l4 lumière soit faite,

- Sielle est jamais faite !

F1 faut qu'elle le soit... pour mon neveu, pour nous !

— Je suis de uotre avis, pour lui et pour nous tous... Mais cela me sen.

ble bien ditlicile.

— Éutin, esperons qu'un hasard Nous ne pouvons guère compter que sur le hasard ;

-- Cest un auxiliaire peu sûr.

— Nous aiderez-1 us, Paul, si est en notre pouvoir

— Moi !niuis de toutes mes forces N'y va-t'il pas, d'ailleurs de mon intérét personnel Je vous attirme que je donnerais gros pour être absolu.

ment fixé sur mon rôle. ...., d’assas sin !

cela

Mon cher ani !

exclamerent si.

Je serai en retard. .A ca soir !

Rézine entrait chez ses parents, dix

n'inutes après le départ de son mari.

Elle fut soulagée d'apprendre que celui-ci savait ce qui se pasait, et surtout la façon dont il avait pris la chose.

La complication qu’elle craignait ne surgirait pas.

Du reste, le secret qu'on eût voulu garder eût rapidement transpire.

Les journaux du soir — la presse est un impitoyable Argus — relataient déjà la scène de la veille au Cerele militaire.

Ils ne donnaient que des initiales.

Demain ils livreraient au public les noms dont il avait déjà l'un sur les le vres, le retour de la mission dont faisait partie le capitaine de Labatière ayant été annoncé.

Et Régine comme ses parents, comme sou mai, entrevoyait la série d'articles qui allait suivre, si on ne parvenait pas, par uu moyen où par Un autre, à enrayer le bavardage des repor:

ters.

Pendant que Francis Chaumel, tout occupé ce jour-là par le duel Brévanne Labatière, après avoir déjeuné avec le jeune explorateur, retournait au mninis tère de la guerre, où il fallait qu'il fit au moins une ou deux apparitions, sa belle-mère Mine Chaumel quittait à pied l'avenue de TAlma, longeait les quais pendant cinq minutes et, arrétant une voiture ordonnait au cocher de Ja conduire à l'uôpital Lariboisière,

Ce jour était un jeudi ; il était permis de visiter les malades.

C'est ce que lui annonça le concierge auprès duquel elle s’'informa une fois franchi le porche de l’hôpital.

Pour de plus amples renseignements, elle dut demander au bureau.

Là on apprit à Mme Chaumel quaucun malade n'avait été admis ni à Ja date qu'elle donnait, ni depuis, s'appelant Charles Badolle

Il y en avait eu plusieurs ramassés eur la voie puïliine, mais victimes

d'accidents spéciaux et inscrits, d'ail leurs sous d’autres noms.

Devant la perplexité de cette jeune +!

jolie femme, élégante dans sa simplici té détails se fit aimable et voulut bier se permettre de lui donner un conseil

Il se pouvait que le jour où on avai:

amené à Lariboisière le malheureu auquel elle s'intéressait, la place man quant, etlecas n'étant pas des plu graves, on l’eut envoyé au bureau cen tral, d'où on le dirigeait sens deute sn un autre hôpital.

— Allez au bureau central, rue de | Bücherie, vous saurez, je l'espère. mi:

dame, à quoi vous en tenir.

Jeanne remercia l'employe, ani salua profondément, avec le regard repectueux et admiratif qu'il avait depu le commencement de l'entretien. et :

gagna en hâte sa voiture.

Une demi-heure plus tard elle de:

cendait rue de la Bücherie.

Là aussi il fallut compulser les gistres, chercher avant de lui repo dre.

Et là comme à l’hôpital Lariboisie:

on mit de l'empressement à la satist:

re.

La seule chose, d'ailleurs, qu'on } lui dire,c'est qu’à la date indiquée de malades avaient été dirigés suc l'Hôt:

Dieu.

Mine Chaumel partit encore précil samment, se fit conduire à lHat Dieu.

Elle y arriva nn quait d'heure ava la fermetuie des portes pour les vi teurs.

— Charles Badolle saile no 3, lit 15. .... escalier à droite, prenier € « ge, porte de face.

La jeune femme monta l'escalit entra par la porte de face, traversa :

salle, deux salles, toutes pleines de !:* blanes,— qui lui rappelèrent son sé)

à elle dans un autre hopital, après asphyXie — et arriva enfin à la no 3.

— Je voudrais voir, dit-elle à

iafirmière, mvua.. le no 15.

, d'ail jeune et implici ut bic conseil n l’avai:

heureu ë Mat es plu Pau ceri ‘ute su

ue de | Fes Int

ani sard reit depui ï, et 1!

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— Le numéro 15! exclama cette femme, la dévisageant d'un coup d'œil, puis tournant furtivement la tête versun coiu de vaste pièce où deux hommes vêtus engarçons de salle tournaient autour d’un lit.

— Est-ce que je me suis trompée de salle ! demanda Jeanne.

— Non madame, non... mais... c'est que.. madame voit. .on l'emporte à l’amphithéâtre. ..

— À lamphithéâtre répéta-t-elle pâlissant, sans pourtant comprendre.

Et elle suivait avec des yeux qui s’asraudissaient le regard de celle qui lui parlait.

I lui semblait que ces hommes emportaient sur une civière une masse blanche

— Ci: mon Dieu !tit-elle, la vérité éclatant, brusque devant elle, il est mort !

— [y à une demi-heure, répondit lintirmière.

Elle eut à peine le temps de maintenir par le bras la visiteuse.

Celle-ci chancelait,

Ce ne fut qu'une seconde de faibles-

Jeanne raidit ses nerfs, qui surexcités par la violence même de l'émotion devaient lui donner bientôt une torce de résistance qu'elle ne se fût pas crue apable de posséder.

— Ce n’est rien, fit-elle, le saisisse

Et se laissant aller à un hesoin dé renchement irrésistible :

— Ce malheureux était mou père ai appris trop tard sa misere .., J'ai ctè pressentiment j'aurais dû sortir, en vers et contre tous. Ni j'étais venue hier je l'aurais vu.

Et avec une angoisse febrile :

— À:t-il eu sa connaissance jusqu'au

ut ? S'est-il vu mourir ainsi seul...

Madame, si vous voulez vous in- ‘rer aupres de l'infirmière, dans le vrvice de qui il se trouvait, elle vous renseignera Tenez, la vo'ls là.

as, près du lit.

E- presrée par son service à elle, la femme, aprèsavoir désigné du geste celle de ces collègues à qui il fallait s'adresser s'éloigna.

Aupres du lit avait-elle dit.

Ce lit c'était celui où Charles Badolle avait agonisé.

Sur le drap que l'intirmère allait enlever, Jeanne put voir la forme du Corps.

Elle s’accrocha d'une main au barreaux de fer de l'étroite couche et interrogea.

Celle à qui elle s’adressait répondit de suite avec complaisance, à ses questions.

Le no 10 avait succombé à une pleurésie,

Depuis qurante-huit heures, il n'avait plus sa connaissance, et était mort saus la recouvrer.

— Mais les premners jours de son entrée à l'hôpital, que disait:il ?, Demandait-il quelqu'un gnait-il de la tristesse...

la?

Témoide venir finir

Je ne n'en suis jamais madame. [la du reste été terrassé par le mal.

— Je voudrais le taire ä mes frais... Comment prendro ?

— On vous dira, «nu bureau, les inalités à remplir... Maisil faut jours que vous le connaissiez.

— Oui, il le faut.. Je ne men irai pas ici sans l'avoir vu.

Je ne puis vous conduire à la porta de l'amphithéâtre, le garcon vous tera entrer dès que ie place

— Cest cela, conduisez-moi.. Non.

attendons quelques minutes... que j'aie repris des forces

Elle <e laissa tomber sur la pres du lit de fer, au mate las moite de: sueurs de l’agonisant.

Et elle resta quelques instants arcou.

dee an dossier, soutenant d'une main sa tète pale.

L'intininuière la rega lait.

aperçue, tres vite

enterrer dois-je n'y

tortou-

COTPS SerA à sa

chaise, ancore

Quand la jeune femme fit un mouvement, elle se mit à parler, racontant les soins, les attentions qu'elle avait eus pour le malade.

Et Jeanne, en se levaut, lui glissa dans la main deux louis, pris au hasard au fond de sa petite bourse aux maillots d'or, qui était un des premiers cadeaux de son mari.

— Oh ! merci.. Madame e-t trop bonne. Je ne le disais pas pour cela..

Madame veut-elle venir maintenant avec moi /

— Oui.. allez.

Suivant sa conductrice, qui de temps en temps se retournait avec déférence, elle longea plusieurs escaliers et arriva à la porte de l'amphithéâtre.

L'infirmière sonna, parlementa un instant avec l'homme qui vint ouvrir, et dit à celle qui s'était montrée si généreuse :

— Vous pouvez entrer madame

Jeanne franchit le seuil du sinistre endroit, pénétrée par un froid qui lui figeait les mwlles, et marcha derrière le garçon chargé de la cond re à l'endroit où venait d'être déposél le cadavre qui, si elle fût arrivée le lendemain, eût peut-être été la proie des carabins.

Quand elle entra dans la salle basse où, sur des tables de pierre, cachés par des rideaux, les morts sont alignés, cet.

te irupression de froid glacial la pénétra plus encore.

Cependant, son cœur battait à se rompre.

Le garçon d’amphithéâtre sarrêta devant une dalle, presque au bout de Îa salle, et dit en tirant le rideau :

—— C'estici.

Les paupières de Jeanne se fermèrent puis se rouvrirent lentement.

Et ses yeux, qu'un voile couvrait, dis tinguèrent un corps couché sous un drap, qui le cachait jusqu'au menton.

La tête reposait sur une espèce de billot, la soulevant suffisamment pour qu'on aperçut de suite le visage.

Mme Chaumel fit un effort ne voulant pas se laisser reprendre par la fai-

blesse que deux fois déjà elle avait surmontée.

Le voile étendu sur ses prunelles se dissipa : les traits rigides lui apparurent.

Elle le reconnut.

Tous les ravages crensés sur cette figure par les épreuves des dernières années, l'empreinte des luttes contre le

froid, contre la faim, contre la souf france, le stigmate qu'y avaient posés

les vices du miséraux, tout avait dis paru. s'était effacé dans l'anéantisse ment suprème, dans la tranquillité de ce repos sans réveil, qui est unique re mède au mal de vivre.

Il sembla à Jeanne Badolle qu'elle trouvait sen pere endormi, à quinz ans au moins de là, quand ïl n'avait pas fui encore le foyer, comme en ses jours d’indispositions, lorsque sa mère la soulevait à hauteur du lit, pour aw’elle l'embrassât, avant de aller se coucher.

Oui, saus les mèches grises des che-

veux, collées aux tempes, et sans l'im mobilité austère du masque. elle eût

cru voir son père, ainsi qu’elle l'avait vu avec ses yeux de petite filie, lors qu'il dormait davs la chambre où elle n'entrait que sur la pointe des pieds.

Et toute bienche, toute raide, la jeu.

ne femme regardait toujours.

Et en elle-même, elle répetait :

— Mort ainsi... seul.. Ab!

quoi ne suis-je pas venue hier !

Tout s'ettace, les griefs les plus légi times, les colères les plus justifiées, de vant l'être qui n’est plus qu'une form:

matérielle destinée à la pourriture di la tombe.

Losque c'est un père que la mort vient de prendre, quels qu'aient pu êtr:

ses torts, l’oubli est d'autant plus ce:

tain, d'autant plus prompt.

Une force irrésistible poussa Jeann:

à longer cette pierre sur laquelle ]:

corps était étendu.

Elle voulait appuyer ses levres à e:

front d'ivoire, ou les mèches grises al laient bientôt se raidir.

b‘ ur

it sur-

es se )paru-

tte fiès antre le soufposés t dis ntisse té de ue re

qu'elle quinze avait n ses

mère *aw’elè cou-

chelim e eût l'avait lors 1 ell»

eds.

la jeu.

pour

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luort Ju être B cer

feann:

Paiser d'oubli, baiser de pardon.

La terre serait plus légere à porter à Charles Badolle.

Et Mme Chaumel d'une main qui tremblait comme la feuille relevant la voilette serrée autour de la petite capo te posée sur ses épais cheveux ondés se baissa, approohant sa bouthe du front jaumi.

Elle se rejeta en arrivre.

Ce front etait déjà glacé, plus glacé que celui de la petite sœur Charlotte, quand elle l'avait embrassée après lui avoir fermé les yeux.

Comme prise de peur, ne pendant plus qu'à l'horreur du lieu, devinant d'autres morts derrière les rideaux fermés, elle s'eloigna de la pierre, s'enfuit vers la porte.

Senlement, quand elle se retourva hors de l'hôpital après informations prises sur la formalités à remplir pour les obsèques, Jeanne sentit la terreur qui s'était attachée à ses talons s'éva nouir,

Pourtant elle n'avait pas cemplète ment retrouvé ses esprits lorsqu'elle remonta dans le fiacre qui l'avait amenée.

Le cocher se pencha sur le siège pour lui demander :

— Maintenant, tuadame, où allonsnous ?

Elle donna machinalement son adres se et enfoncé dans un coins de la voiture, elle pleura.

La course était assez longue, le che val peut-être fatigué, et l’automédon, qui allait à l'heure, étuit peu désireux sans doute d'activer l'allure de sa bête.

Jeanne eut le temps de se calmer avant d'arriver avenue de PAlma.

Elle avait mis une voilette assez épaisse,

Elle pourrait gagner son cabinet de toilette avaut qu'on se fût aperçue de la rougeur de ses veux.

Son mari, du reste, à ce moment la journée, était aux Grands Magasins.

Puis, il faudrait bien qu’elle lui dise ia vérité, à lui.

Mais à piene dans le vestiluls, elle sut que * Monsieur était rentre une demi heure aussitôt après son départ à elle,malade, avec un commencement de crise de foie, en ce moment dans toute sa violence.

Le médecin venait de sea aller après avoir fuit ne piqure de morphine

Lreviendrait dans ja soirée er retaire une autre, si besoin était.

Jeanne, avant de pénétrer chez elle, entra chez M. Chaumel.

Celui-ci sommeillait, engourdi par la morphine.

Elle recommanda an valet de chambre de la prévenir dès qu'il s'eveillerait et entra dans son appartement, reconimandant à sa camériste de ne la déran ger que pour Monsieur.

La nourrice et l'enfant revenaient de la promenade.

Elle ne voulut mème pas embrasser sa tille.

a jeune temime demeura entermcée chez elle jusqu ä six heures et demie

Elle avait eu encore plusieurs explosions de sanzlots,

Etendue sur la chaise lonuue, le visage enfonce dans les coussins, cile avait étoutfé les cris qui montaient à ses le.

vres, elle avait comprimé les <pasmes qui la secouuient.

Cette cruelle emotion de lapres-imi di ravivait les navrants souvenirs du passe.

Et avec leur sombre cortège, il til lieu des pensées de mort, au tailieu des regrets, de n'être pas arrivée à temps pour fermier les veux de son pere, passaient connue en toutes heures de crises des penses d'uu autre ordre :

tous les soucis de Pexistence présente, toutes les craintes pour Favenir, la cralute de cet amour qu'elle sentait in domptable, qui la poursuivait jusqu'au bord de la tombe bientôt ouverte

Lorsque sa fenime de chambre, après à voir duticement frappé à sa porte, }avertit que l'heure du diner approchuit et que Monsieur venait de <éveiller, passa précipitamment dans son cabinet

de toillette, baigna ses yeux d’eau aromatisée, se mit un peu de poudre, dénoua ses cheveux, qu'en un tour de main elle tordit eîle-même sur sa nuque, pénétra chez son mar.

Celui-ci éprouvait de nouveau ces atroces douleurs de colique hapatique qui plongent le malade, après qu'elles ont disparu, dans un si grand affaisse ment.

Les vomissements commençaient, et il eut à peine ln force de presser ja main de Jeanne.

Pendant une accalmnie, il la supplia d'aller diner.

Elle revint promptement près de lui, ayant tout juste absorbé un potage.

Le médecin ne reparut quà huit heures.

Il sortit la seringue de Prevaz et fit une piqures.

Comme la première Jois, ilne partit qu'une fois le patient assoupi.

— J'espère, dit-il, qu'en voilà pour plusieurs heures ; si vers minnit les douleurs reparaissaient aussi violentes, il faudrait me faire appeler.

— Jusque-là docteur, demanda Mme Chaumel, vous espérez qu'il sera tranquille !

— J'espère même qu'il dormira et profondément.

Je pourrai me retirer.

— Je vous y engage ; tres émue, très fatiguée.

vons.

— C'est la première fois que mon mari à une crise aussi forte, réponditelle.

Il n'y a rien de plus grave que d’ha bitude, madame tramquillisez-vous.

Une fois le. docteur parti, Jeanne,

- après un dernier coup d’oil donne à son mari, dit au valet de chambre :

— Prénez Guillaume qu'il ‘telle de suite le conpé et si Monsieur s'éveillait et me demandait, dites-lui que je suis chez Mme David ; son enfant est souffrant depuis plusieurs jours, je vais prendre de ses nouvelles. Je ne serai pas une heure partie.

re-

vous paraissez Reposez-

— Bien, madame.

Mme Chaumel se vêtit d'une mante de fourrure, du petit chapeau sombre qu’elle portait l'après-midi et en donnant à sa camériste la raison qu’elle venait de donner au domestique de son mari elle desgendit sur le perron.

Le cocher finissait d'atteler.

Jeanne enjamba le marchepied du coupé où elle s'installa.

Elle attendit cinq minutes.

Guillaume grimpa sur le siège, rassembla les rênes :la voiture franchit la grille.

Mme Chaumel se rendait bien chez amie, et le petite Paul, depuis qulques jours, se trouvait, en effet, assez mal portant.

Mais ce n'était poit le souci de la

santé de l’enfant qui l’amenait à aller voir la mére.

Sor cœur était plein d'une de ces

détresses qui ont besoin de s'exhaler en un aveu complet.

Elle n'avait pu crier à son mari Mon père est mort ! je viens de le retrouver sur une dalle d'hôpital. Il fal lait qu'elle se confiât à quelqu'un.

À qui, si ce n'était à Rosalie ?

Puis, celle-ci lui dirait ce qu'il fallait faire, si elle devait avouer cette mort ou conserver pour elle seul le secret de la terrible après-dinée qu'elle venait de passer : sice ne serait pas garder plus sûrement la mémoire de ce pére dont elle voulait oublier les torts, en ne la livrant pas au blâne des autres ; si le deuil qu'elle porterait intime, caché aux yeux de tous, ne serait pas mieux que le deuil aux longs crêp s, qui rend les jolic : .emimes plus intéressantes et plus jolies.

Il nese mélait à cette pensée, qui prenait plus en plus possession de sou cerveau, aucune question d'amour-pro re, certes. Ë

Que lui importait, dans le fait, qu son mari eut la triste fin de son père et serait-elle forcée de raconter, à ceu:

qui la verraient en noir, de quelle fa çon il était mort !

mante sombre |, donqu’elle de son

ed du

, lasranchit

\ chez ulques , mal

de là aller

le ces iler en

nari le re- [l fal

fallait mort ret de ait de plus dont ne Ja si le caché mieux i rend tes et

e, qui le sou ar-pro

L, qui père !

à ceu:

le fa

Quand le coupé s'arrêta rue de Courcelles, Jeanne sursaut a

Eu proie à ces réflexions multiples, le trajet ne lui avait pas paru long.

Rapidement, elle pénétra dans lim meuble.

Mais quand élle se trouva dans l'esculier, elle ralentit son allure.

[l lui avait fallu, pour triompher des choses de cette journée, autant de force physique que de force morale.

Et elle se sentait tout d'un coup très lasse, les jambes brisées, éprouvant une douleur à chaque marche qu'elle mon.

tait.

Mme David habitait le corps de bà timent situé au fond de la cour.

La maison était confortable, et ce se cond escalier couvert d'un tapis ar si bien que le premier.

Sur le palier du deuxieme étage.

elle allait jusqu'au quatrième, — Jeanne s’assit au bout d’une banquette posée le long de la muraille

Elle n’en pouvait plis ;ilini fallait quelques instants de sepos.

Cetre lassitude commençait à passer, elle reprit son ascension et'arrivait à Ja chambre de son amie.

Juste à cette heure, dans le petit salon attenant à la chambre de Jaques de Labativre, à l'hôtel de la rue de Bourgogne, avait lieu un concilisbule des plus sérieux.

Les témoins du capitaine Prévanne reglaient avec ceux du jeune explora teur, en présence de ce dernier, les conditions définitives du duel.

Jacqnes n'avait pas vouln démordre de celle-là : que limposibilité absolue de tenir une épée pour lun des con battants, mettrait seule fin au combat

C'était ce qu'on appelle un duel à tort.

Avec l'acharnement qu'apporterait chacun des adversaires à défendre sa propre vie, l'un ou l'autre pouvait ètre

ape de f latcob à ne pas 3€ relever.

Les témoins pe trois hommes restient auprès de Jacques : sou oncle,

evenu après le diner, (Geooges ‘Taver

rier et Francis Chaumel.

Ces trois hommes étaient sombres et silencieux.

Chaumel et Tavesvier, assis sur un canpé, regardaient Jacques, qui fumait une cigarette, ac ‘coude à la cheminée, dont Fiamma la négrillonne ne auittait pas le coin.

Le commandant de Labatière debout devant une tenêtre, les mains derrière le dos tixait aussi les yeux surson nevel.

Ce fut lui qui rompit le silence.

Eh bien ! titil d'un ton d'autant plu: brusque qu'il se sentait plus emu, : ne vas pas te faire la main ?! :

Mais si, répliqua Jacques en jetant au feu sa cigarette.

— Il y a an moins trois ans que tu nas pas tenu une épée ?

A peu près. J'étuis de force seconduire à l'escrime ; je crains bien d'avoir perdu pas mal de mes moyens.

C'est pourcela que ce duel est épouvantable ! gronda Le vieux marin, avee une violence indignee ;: tu seras dans un état d'intériorité notoire.

C'est ce que nons lui avous repété

toute la journée tit Taverrier.

Mius faites Jui done entendre raison ‘dit Chaumelavee un geste dépite.

— Mon oncle, mes chers amis, fit Jacques vec calme, ne vous mett point en pe iné pour noi, jé voue en prie ; je ne puis que vous répéter ce que je vous ai dit, ‘en ne mattaclie à l'existence et je ue crains point la Huol Je puis même vous attimer sauf le regret de men aller sans voir tait la luanivre sur cette ridicule et odieuse attire, donce comme une libératrice I! est abs urde de vivre pot irce que donne la vie.. Done, si je suis tué demain ne ne plaisnez pas, au contraire... En attendant Chaumel puisque c'est chez veus que nous devons nous escrliner, Si nous partions ! |

- Je crois en eftet, qu'il serait temps.

— Vous venez avec nous, mon oncle deman in Jacques,

— Oui je vais avec vous, M. de Labatière

Jacques envoya sou ordonnance cher cher une voiture,

Et dix minutes après, tous les quatre quittaient l'hôtel.

Lendemain les Journeaux racontaient le duel,

Jacques de Lubatière avait ét:

sé.

La blessure tait grave.

Les journaux ne se trompent pont le jeune explorateur était tombé sur le terraiu,

Lorsque la voiture qui le ramenait, an ge..d landeau où avaient pris place son médecin et témoins, s'arrèta rue de Bourgogne, Pofflcicr était évanoui.

On le transporta dans sa chambre, — où l'attendait son oncle, — avec d’infi.

nies précautions.

Et seulement lorsqu'il fut étendu sur son lit, déshabillé, le médecin, qui n'avait pu faire qu'un pensement sommaire, se rendit compte exactement de la gravité de là plaie.

L'épée de son adversaire l'atteignant à la base du foie, perforait le vésicule biliaive.

L'ébanchement de bile avait eu à l'extérieur.

, — Singulière blessure, faisait le docteur en hochant la tète! bien singulière,

— Elle n'est pas mortelle ? demanda le vieux marin, pâle comme un linge, des larmes pleins les yeux.

— Espérons-ie , mais la est à craindre.

Jaques reprenait ses sens :

se tut.

Ce jeune homme promena son regard autour de lui, l’arrêtant sur Taverrier, sur Chaumel, sur son oncle.

I ouvrit la bouche pour parler.

— Silence, dit le médecin, pas un mot cela vous est expressément défen

du.

grommela

bles

ses

lieu

WA

péritonite

chacun

Et par un signe furtif il engagea les assistants à dominer leur émotion.

Le blessé venait d'ailleurs de fermer les yeux.

[ tomba dans une espèce de somnelene qui le réndait insensible à tont ce qui se passait autour de Jui.

Cet étut devait se prolonger une partie de la journée,

La fièvre éclata seulement vers le soir Diais AVEC 4 iolence, les

M. de Labatière revint sur dix

heures,

[Il voulait passer la nuit aupres de son neveu.

I trouva Bruno assis, triste et silen cieux, au chevet de son capitaine tandis que Fiamnia accroupieau pied du lit ne quittait pas des yeux le maitre peur qui elle avait abandonné son pays du soleil.

Lui et l'ordonnance devaient se re

layer, c'est-à-dire que tour à tour, ils s’étendraient sur le canapé, dans Ja pièce voisine puis revenaient veiller

sur le blessé.

Mais il fut impossible d'arracher Fiumma de la nouvelle place qu'elle avait adoptée,

Vaincue par la tatigue, elle Sendor mit à plusieurs repises restant accrou pie au pied du lit.

La nuit avait été trés agitée et le docteur, à sa première visite, fronçca Je sourcil.

Devant sa physionomie inquiète M.

de Labatière ni demanda sil nv au rait pas lieu de demander une consul ta tion.

I fut de cet aviset partit immédia tement pour arrêter avec une des sommités du monde médical, l'heure à Ja quelle aurait lieu cette consultation.

Vers la fin de la matinée il revint aunoncer que le rendez-vous près du lit du malade, était arrêté pour cinq heures de l'après-midi,

Mme de Labatière se trouvait là remplacant son mari au chevet du jeune officier,

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Le commandant reparut, du reste, aussitôt aprés déjeuner.

Et l’un et l'autre demeurèrent à l'ho tel de la rue de Bourgogne jusqu'au soir.

Le résultat de la corsultation fut que tout en étant grave, l'état du blessé n'inspirait pas d'inquiétude immédia te,

La chose à redouter, c'était la périto uite.

On ne pouvait prévoir encore si elle se déclarerait.

L'ordonnance avait dormi l'après-mi di entier et se trouvait frais et dispos pour passer cette seconde nuit à côte de son maitre.

Pas de danger qu'il fermât lil une minute,

Quand à Fiammnia, malgréles objurgations de son «mi Bruno, il avait été impossible de l’arracher de sa place.

Et ce fut seulement le soir, lors qu'elle vit autour d'elle les visages un peu rassérénés qu'elle consentit à man ger.

La pauvre petite négrillonne, qui ne savait pes assez de français pour saisir toute ce que l’on disait autour d'elle, comprenait cependant que son maitre, le sauveur qui l'avait enlevée sangiante de Ja ri.ière où dorimaient les cadavres pes siens courait à son tour un grand langer.

Et si par-ci par là vaincue par le sommeil, elle fermait les yeux, elle ne sentait point la crampe de la faim lui tenailler l'estomac.

Après les grands cris jetés au moment où } ou ramenait l'ofticier sur un bran card, pâle et immobile à faire croi qu il était mort, on n'avait pas enten du uue syllabe s'échapper de la bouche de Fiamma.

Elle venait d'accepter par un signe, la nourriture que Bruno lui présentait.

Mais elle ne desserra les lèvres que lorsque son maitre pendant un moment où la fièvre lui laissait la possession de de ses facultés, lui adressa la parole.

La nuit fut aussi mauvaise, l4 jour-

pee qui suivit également.

Le surlendemain, il y eut ‘nt velle consultation La peritonite m'était point encore d clarée, mas elle paraissait nominent Stelle se déclarait le blessé pou être considére comme perdu Voila les nouvelles que Ve coinm dant de Labatiere à pporti un su fetrii et à sa tille en rentrant chez Ent pour diner, Paul Yveling -e trouvait lu sinquu tant, comte tout le monde J'irai passer la nuit a son chevet dl Mine de Labativre, c'est mon tour.

Cola etait convenu, et pet posa d obje: tions Mais apres un instant de ne se tourtHa Vers SON INAarI RES icques ctait pour Biol dit-elle :

devoir de le veiller aussi une fois.

\us, ua cher amie qui ten empeche !

M. de Labatiere tit un

it

1} tits st mble que ces

que.

- Mon geudretvous oubliez ae ce d'il, dont Jiu ques est VICtI C'est vrai, murmura Ÿvelin:

Et u sa termine Tu loublies egalement Celle-ci que que dt FU de soul pere Ah jui nost-ce pas rait le monde !.. | Nous devons une reparation 4 heureux que 1

tn MOUVEIMent AUSSI DEUS

accuse la seule lui donner, imoi comme lui montrer par notre présence qi nous regrettons améremnent notre érrel et qu'il a reconquis toute notre if tion | Or, le monde cst la pour me dét dre à moi, pour qui en somme tont la est arrive de prouver à Jacques Labaticre que l'amitié et Festime one je lui partais sont toujours les mêmes.

Eh bien : je me moque de ec que or pourra dire..

pitiSSi

vols est

Ce me serait un éternel remords, s'il succombait.. de ne pas lui avoir serré une dernière fois la main...

Il ÿ eut un court silence.

Ce fut Paul qui le rompit.

— Je trouve que Régine a raison dit il avec calme en regardant tour à tour son beau-père et sa belle-mère ; son coin et elles ont été élevés en frere et sœur... Surtout après ce qui s’est passé, il est de son devair de prendre à son tour sa place de garde-malade., Elle peut le rien.. et alors méme qu'on saurait quelque chose cela ne serait qu'une atflirmation de l'innocence de Jacques de Labatière a qui j'espère bientôt serrer la main loyalement devant tous,

— Vous avez raison fit ie vieux imavin ; c'est bien Yveling merci.

Régine partit donc avec sa mere vers les neut heures.

Lorsqu'elles arrivèrent près du blessé celni-ei dormait d'un sommeil paisible

Ce sommeil devait se prolonger jusqu'a une heure du marin.

Quand le jeune homme ouvrit les yeux Régine seule veillait dans la cham bre,

Sa mere s'était assoupie dans Le grand fanteuil Voltaire ou elle avait pris pla ce : Fiunma, une couverture enroulée autour du corps, suceombant entièreà là fatigue rontlait étendue au pied du lit.

Dans la seconde pièce dont la de communication était termée, dormait aussi.

Des qu'elle lui vit soulever les paupivres, Kégine se pencha sur Jacques,

Ce fut son visage, si charmant, si doux dans l'encadrement des cheveux blonds, qne le blessé contempla.aussitôt que ses prunelles purent s'attacher à quelque chose.

La jeune souriait d'un sourire encourageanit attendri.

Elle pressa la main fiévreuse qui pendut hors des couvertures.

Cela va mieux, Jacques ?

— Oui, prononça faiblement le jeu-

porte Bruno

ne homme cela va mieux.

A peine ces quelques mots articulés, une contraction crispa ser traits.

— Ne parlez . fit-elle ; j'ai tort de vous faire parler.. Il ne faut pus que vous prononciez un mot.

Et comme il ouvrait encore la bouche elle la lui effleura de sa main blanche, en disant :

— Taisez-vous c'est le mcement de boire votre potion.

Régine pris sur la table de nuit un tlanon pharmaceutique, qu’elle agita vi vement et versa de son contenu dans une cuiller, qu’elle glissa entre les 1e vres de son cousin.

Après quo‘ deucement, très doucement, elle arrangea les arcillers derrière sa tête.

Puis elle se rassit à la place qu'elle occuppait, pas tout à fait au pied du lit tout près de Jacques.

Les yeux du jeune homme s’attacherent à elle avec une expression de reconnaissance et de bonheur qui eussent fait monter des larmes aux yeux de Mme Yveling, si la nécessité de ne laisser puraitre aucune trace d'émotion sur son visage ne l'eût rendue assez fcrte pour refoulzr celle-là.

— Régine prononça:t-il.

— Je vous en prie, fit-elle, ne parlez pas : cela vous fuit mal.

— Non, pas quand je parle aussi bas.

Régine, maiatenant je puis mourir.

Elle reprit sa main, brûlante et séch se pencha encore sur lui.

— 'Taisez vous, vous né mourrez pas.

vous êtes Sauvé !

— Cela n'est égal à présent Je vous dis que je puis mourir !

— Et moi je vous dis que vous vi vrez :

Elle plongeait avec assurance ses yeux dans les yeux du blessé.

Les paupières de celui-ci battirent et se fermerent.

. C'est cela, reprit elle en Hichent

sa main, il faut dormir.

Il ne dormait point.

ulés,

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Jucerière

u'elle du lit

ache- > ressent x de | laisn sur forte

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Û Ps

séchi

z, j'as.

tirent

Ent 317 —

Ce regard entrant dans le sien l'avait |

chloui,

Et maitenunt dans su tête vide, où depuis trois jours passait un cortège de eanchemars, un grand calme se faisait

Ainsi, les yeux clos, quoique sentant Mme Yveling si près de lui que ln res piration de la jeune femme arrivait à “on oreille ce n'était point Mme Yve ling qu'il voyait, mais Reg.oe, la Ré gine de son amour, telle qu'au désert pendant les nuits étoilées ou les siestes à l'ombre de quelque osais, elle lui apvaraissait,

La somnolence lui revint ainsi puis le sommeil, un sommeil plus calme ixil n'avait encore eu, parut à celle

qui le veillait d'un pronostic favora ble,

Elle ne durmit point elle.

Elie ne sentit méme point ses paul nicres s'alourdir.

Peu à peu ses penséss avaient retion té la pente du sonvenir.

Elle se retrouvait telle que la voyait en son réve,

Mine Paul Yveling revivait sa vie de jeune tille,

Les paroles que prononçait sa mere lu soir où Jacques venait demander à M. de Labatière — avec cet Clan d'in lignation qui remuait le cœur -- une explication en surgissant dans su tmemoire, la tirérent de cette songerié où elle se plaisaï].

Ah ! que nous avons-nous pas don iée à Jui, au lieu...

Et il v avait chez Régine, non pas in regret, il Jui semblait qu'elle nent bas pa épouser un autre homme que Paul.

Mais nne réflexion naissait en elle elle se disait que certes il eut mieux valu, pour son repos pour sen bonheur, S'appeler Mme Jacques de Labatière

jue Mme Paul Yvelinx.

Elle s’avouait, avec une amère sincérite, qu'elle n’était pas heureuse.

Et, chose bizarre, qui letfraya il sembla à la j jeune femme qu un rempart, élevé tout à coup, se dressait en-

Jacques

tre elle ct son mari,

Elle s'interrogeu tremblaute, comin si de cet exmi à qu'elle se faisait SUroir elle devait sec ir avec une cruelle bles.

sure ati Cort

na troideur de Paul avait elle don:

vaincu sa tendresse

L'aimait elle moins qu'autretois

Régine n'osa point articuler mente ent de reponse,

Le reveil de Me de Labratiore arri va à point pour la tirer de cet etat Les prit troublant, pénible.

Na mere ( L à quelle 1 it sa pi dans le grand tanteuil pour essayer d y dormir pendant qu'elle veillerait.

La jeune femme obéit sans pots parvenir a tronver le sommeil

La crise hépatique dont M. Clin mel avait été ce inte plus violente qui celles déjà subie Favaie tent Huit jours pleins au lit.

Mme Chaumel devait suivre, «eule le corps de son père au crmetiers.

Elle devait garder le secret de sa uort,

Ne pouvant dans ces conditions pren dre le deuil, vile se faisait faire plu sieurs toilettes sombres, S'harmonisant uvec ses pensées, quine devaient Jus du reste rester longtemps au diamion aigu des premiers Jours.

Son pere avait été trop peu un Fer à son égard pour que l'apaisement L4r rivät pas promptement,

Il avait eu trop de torts envers Îles deux chers êtres dont le souvenir Jui venait souvent, si doux et si cruel la fois : sa mere et sa sair ponr que le calme ne suivit pas de près la tour mente.

Le reuret qui vraiment devait sub ter en elie etait celui de n'avoir pu sauver de la misère avant que la na die jetât à la tombe.

Cette tombe, elle l'avait fleurie ornée : elle cotinnerait à l'orner et la fleurir.

Elle accomplissait avec son père mort son devoir de fille, comme elle aurait voulu l'accomplir pour son père vivant.

Deux où trois jours après la doulou-

rise corvée de l'enterrement, Jeanne se rendit chez Mme David.

Si soi afivction pour sou poussat à cette visite, une

amie Ja curiosité

d'autant plus vive quil y entrait un vague effroi la stimulait encore bien lave ditage Son ituagination avait marche.

Elle avait peur de ce qu'elle pensait ourtant 2Île vouiait savoir.

Mme Chaumel ne trouva point son

uuie quoique, à cette heure-la, celle-ci, i abitice, tüt encore chez elle.

La concierge lui dit qu'aussitôt apres léjeuner elle était sortie avec l'enfant & la bonne, pour protiter du soleil qui se nontruit, Depuis toute une semaine, on n'avait is promence le petit, pour qui le méde-

“in était venu hp rene fois.

Mine

— 1 va wicux ! S'informa Chaumel Fest encore bien pälot pour ji, ne vivra pas, cet enfant.

Dites done à Mme David qu’elle

ie voir, je n'aurais pas le temps aujourd'hui ui

I ‘une peut-ctre de utiue demiun.

La jeune tenime entrée dans la loge, asuit encore avec la concierge, lors-

Luu hommes, arrêta sur la porte gran- ‘le ouverte.

Mme David !

Elle n'y est pas, monsieur.

— Vraiment !.. Ce n'est pas un orre : |

— Pas du tout, monsieur :

«llée promener son fils.

Jeanne s'était retournée Et son regard se oroisait avec le re gard de l’homme à qui on faisait la

uètue réponse qu'à elle.

Sur son visage à lui, comme jen, une surprise parut.

Tous doux s'étaient vus.

Où donc !

A Trouville.

reprisser

elle

sur le

Jeanrie reconnut au premier ooup d'œil le comte de la Roche, le mari de cette pauvre petite infirme, que Rosalie avait eu pour élève, un de ceux que l'on rencontrait là-bas à tout instant, soit sur la plage, soit au Casino.

Lui, remettait immédiatement la jeune et Jolie femme du grotesque. M.

Chaumel, l'hérone de ce drame en mer, que tant d'autres avec lui avaient tourné à la blague et dont il eut ambitionué — aprés le danger— d’être le héros.

Le conte, en ce temps-là traversait une de ces crises qui durent plus oumoins longtemps et qui prennent certains hommes à diftérentes époques de leur existence,

Retombé dans toutes les extravagances de su vie de Sarecon, il lie se Souvenaitguère quil était Imarie que lorsqu'il

rentrait à l'hôtel l'avenue Montaisue.

Letat navrant de sa jeune femme, loin de ie rapprocher d'elle len élei-

ghait.

Non pas que l'affection réelle qu'il

lui avait portée fût éteinte, mais il se disait qu’elle ne serait jainais qu'un pauvre être maladif sur lequel un ma-

rl hé peut compter. Et il ue prétendait pas qu'elle enchat-

nât Sa liberte.

Sa tendresse, du reste, était faite de trop d’égoisme pour deviner les rava-

ges que causait dans cette santé si é branlée sa conduite en un pareil moment,

Il pensait Huguette résignée sur son lit de torture, heureuse à la seule pensée que bientôt elle serait comme une autre, sans souci de ce qu'il faisait, Paimant trop pour douter de lui, si naïve, d'ailleurs si ignorante des turpitudes humaines, immac ulé e comme ure hernine que la bone n’a jamuis souillée, quelle re croirait point au mal, alors, qu'elle le verrait, qu'elle le tou cherait qu'il l'és labousserait de sa fan ge. L

Comtue amie, ellh n'avait que Paul Yveling.

Mme

* ooup nuri de Rosalie X que nstant,

la jeule. M:

n mer, L tourbitionhéros.

versait S OÙ:

nt ceres de

Vagansouversqu’il ontai-

emtue, élei-

qu'il il se qu'un na-

nchai-

e de ravasi mo-

r son penune uisait, 1 nalrpitu uve souilmal, tou fan

Mme

Régine aituait trop son mari, pour taire entrer duns le cœur de celle-ei une méfiance qu'elle n'avait point, elle.

Et il ne s’en doutait pas que la révolte était venue d'elle-même, par cette intuition cw'ont plus que les autres, les femmes nerveuses et tendres, et que Ja sieune possédait à un degré ex trème.

[ne s'en doutait pas plus quil ne 4 voyait séteindre, S'habituant cha que Jour davantage à son étiolement, ue relnarquant pas qu'elle inclinait «su son con sa tête trop lourde, comine s'iu chine sur sa tige la Hlenr qui va mourir

Les médecins, dun reste, ne disaient rien.

Ps ne disaient rien, peut être parce

que le mari ne demandait rien.

En tont cas, celui-ci ne se rendait cotupte du motif de leur silence

Cet aprés-midi où, n'ayant point trouvé Mme David, il regardait filer le loeg de la rue de Courcelles le conpe

le Mine Channel. le comte de la Ro che, ne sachant que faire de son temps equ lui arrivait quelquefois, rentra chez lui à pied en fumant un cigare.

Comme il v'arrivait, un homme des cendut de voiture devant son hôtel.

C'était le docteur.

Henri eût tait, Ainsi que tous les égoistes, il fast les émotions pénibles, Jamais il n'avait voulu assister à ces eances qui revenaient tous les quatre

“ai cinq jours, an cours desquelles le

chirurgien imprimait au menbie en train de S'aukyloser des monvements si douloureux pour la patiente.

— Cela ie ferait trop de mal, disait il a Huguettte : si tu savais, ma pauvre hérie, combien je souffre quand je te vois soutfrir !

e à desnière fois qu'il avait parlé ain

le avait détourne Ja tête, la pauvre

pe de Elle ne croyait plus que lorsqu'on aime bien on préfère s'en aller que d'encourager d'un regard où d'une bonue pa role celui dont la torture serait adoucie

par ce regard où cette bonne parole Maintenant, il lui semblait tait le contraire Auss., jeune femme <e sentit-clle i ane Henri franchit le lorricre son bou-

ir qui nc!

Elle les retout, “ voulant point l'empecher de veu je aire fois, prat ce qu'elle pleurait

Ah 'eomme elle allait rage !

Elle en ent certes.

Elle pe Fe qu'un fin, mais siaflrenx, <ourd.

bi antif cenme un cri, de bete que naill vi iite l ses Velix etaient St hagards mince visage Hvideon elle mène

Main crispee Sur son imouehoi

e cpongeut la suenr — 4

descendant désir lante l'être an ca feinine tullit se elle,

Il recondui

Avant de descer palier du premier disant rien, 11 demanda.

Docteur, contient vous !

Le médecin le dur, comme sil apres lavoir mesuré an physique et ré.

phiqna de sa voix la plus inecisive, Ja plus froide :

Elle est perdue Peidue !répéta le comte

Le chirurgien, qui avait déja descen du deux marches, se retourna.

- [aurait fallu, pour que cette malheureuse enfant sürmontât es opération, que par amour pour vous cile à voulue, une affection qui répon.

à la sienne, qui lencourageñt, qui B soutint. . Elle n'a rieu eu, ... C'est

egarda de haute, lil

: 6 le miesnrait au noral

| Mais docteur — Îlest trop tard

Et il descendit encore plus marches.

— Je vous en prie, fit le conte, j'ai le droit de demander. .....

— Moi, fit le médecin en remontant les dégrès lentement, le regard plus dur méprisant j'ai le droit de vous répondre que lorsqu'il épouse uu ange comme celuique nous venons de laisser là-haut, un homme contracte des de.

voir auxquels il ne doit pas faillir.

— Je n'ai jamais failliaux miens et je n'accepte pas...

— Acceptez où n acceptez point cela n'est égal ; j'accomplis moi mon devoir vous eut ce que je pense. À rester seule, toujours seule au fond de sa chambre, votre femma a pris une de ces tritesses qui, dans son état mènent fatalement à la consomption ... L'es tomac s’est contracté,irrémédiablement, elle ne refait point les forces qu'elle perd.. un jourelle fermera les yeux, elle ne les rouvrira plus.

— Mais c'est affreux !

— C'est ainsi.

— Docteur, vous reviendrez, n'est-ce pas ?

—- Oui... Non plus pour la faire souffrir, ce serait inutile ! la pitié seule me raméaera. À

Et cette fois il Sen alla, gourmé, raide, sans se retourner.

M. de la Roche, resté debout au haut de l'escalier, le regarda partir, immobile, hébété.

Le valet, qui se tenait à la porte du vestibule, n'avait pu entendre les paroles cruelles de l'homme de l’art,

Le comte ne devait pas se demander sielles étaient arrivées à d'autres orcilles qu'aux siennes.

Quelqu'un pourtant avait assisté, v'en perdant pas uu mot, à cette scène brève violente, sans éclats de voix,sans gestes insolites.

Au moment où les deux hommes sortaient de l'appartement de Mme de la Roche, Paulin Pacot, le pâfre, actuellement second valet de chambre à l’hô.

tel de l’avenue Montaigne, venant de

l'appartement de M. de la Roche, allait atteindre le paier

Les pas du domestique, comme ceux du maître etdu médecin, s'étoutfaient dans la moquette qui tapissait les couloirs et les escaliers.

Une portièie à peine soulevée empê chaït ces derniers de le voir venir.

Paulin s'arrêta, d’instine t, se collant à la muraille,

I eût tant soulu pouvoir interroger, demander à cet homme dont un regard tigeait la peau sur les lèvres, à ve tortionnaire, si le prix des souffrances de sa petite comtesse serait au moins la guérison, qu'il ne devait guère se faire scrupule d'écouter,

Et pendant que M. de la Roche vo yait partir celui qui venait flageller si impitoyablement sa conduite, lui dans ombre du corridor, regardait sur le pa lier bien éclairé, serrant les dents, cris pant cet homme grêle, aux cheveux ra res, aux prunelles pâles qu'ileut soule vé avec une main pour le jeter par des sus la rampe de l'escalier.

Et au fond de Jui, il disait :

— Qu'est-ce que ça lui fait qu'elle meure / [l à son argent. Au contraire, il sera débarrassé !...

Ce n'était plus le garçon doux, com me tous les forts qui ne soupeconnent la vigueur de leurs biceps que le jour où ils ont à défendre les faibles.

Sa poitrine se soulevait sous le gron demnt de colère : il ui semblait qu'il ne saurait résister au désir qu'avaient ses muscles de passer sur ce gringalet leur exaspération.

Mais Paulin était trop plein de bo sens pour ne pas se dominer prompt ment.

À quoi servirait cette violence ?

A le faire jeter à la porte, lui et Si mone.

Il ne leur resterait même pas la con solation de voir mourir leur maitresse

Il laissa rentrer le comte dans la; partement de sa femme et descendit Pescalier pour continuer à vaquer à 5e:

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M. de la Roche était revenu auprés du lit de la comtesse.

Celle-ci qui avait eu une vraie syncope, semblait mnintenant reposer.

Henri resta debout au pied du lit et, appuyé sur le panneau, la regarda.

- “8 paroles du médecin, résonnaient jours à son oreille,

À la colère qu’elles amenaient d’abord en lui, succédait un trouble devesant un émotion intense devant cette couche où Huguette plongée dans la torpeur qui suivait toujours les visites de son bourreau, parraissait endormie sommeil qui n’a point de fin.

Jemais encore il ne l'avait vu ainsi, DO, jamais

La longue natte cendrée, attachée ce jour-là avec un gros nœud de ruban rose, pendait en avant sur la chemise de surah rosa également avec une dentelfe floconreuse qni en pâlissait le ton.

L’oreiller aussi était garni de dentelle, très haut retombant en l’effleurant autour du visage exsangue assombri par es cils baissés, où de la bouche close, sans couleur, ne semblait plus s'échapper de souffle.

Et peut-être pour la première fois de son existence, un sentiment d'où sa persOnnalité était absolument exclue, où n’entrait ni physiquement, ni moralment le souci du moi, la crainte d’un:

crispation désagréable des nerfs où d’une vibration douloureuse du cerveau, s'empara d'Henri dela Roche.

Quand sa femme, après de longues

henres terribles, avait subi une opération.

— quand loin de la pièce convertie en salle d'opération, il avait deviné, s'il ne le- avait entendus, les cris de la chlorolormée, quand enfin, sachant la torture que causaient à Huguette ces séauces pendant lesquelles le chirurgien furçait la hanche ackylosé, à rompre les dhérences qui eussent maintenu la claudication, il s’en allait, fuyant cette émotion, comme il avait fui les autres, il éprouvait certes pour elle une dou.

loureuse, une immense pitié.

Mais cette pitié même lui pesait.

Il avait des mauvaises humeurs, en pensant, lorsqu'il était hors de chez lui, qu'il faudrait y rentrer, revenir à cette pauvre petite qu'il devait toujours plaindre, si gaie pourtant, s«i heureuse lorsqu'il était là, ne par!

Jamais de son mal.

Par moment, il lui en voulait de 4e contraindre à voir sa souffrance.

Volontiers, la sachant entourée de tous les soins possibles imaginables, il fût parti pour quelque voyage agréable, pour un séjour par exemple à Nice ou à Monte- Carlo.

Au retour il l’eût trouvée peut-être ‘ comme une autre”!

Mais en cet instant où, appuyé sur le pied du lit, ses yeux s'attachaient à Huguette immobile, avec sa lividité de cadavre dans le flot de surah rose et de dentelle neigeuse, il sentait un vrai cri de douleur lui monter à la gorge, en même temps qu’un remords lui entrait dans le cœur.

Avait-il vrai, ce médecin, cet impi tovs ble chacuteur plus humain que lui

* enseignait son devoir ?

‘-ila perdre, cette créature UT Nour l'avait transformé, avait fait de lui, pendant un moment un autre homme ?

Etait-elle un ange égaré surla terre chargé de veiller sur lui, et qui, fati.

gé de sa tâche, écœuré sans espoir, s’apprêtait à remonter vers la voñte bleue, où il se perdait parmi les étoiles ?

Oh : pauvre petite amie ! Oh pauvre Huguette !

Le sanglot qui lui contractait la xorge éclata.

Et Henri de la Roche se précipita à genoux contre ce lit, auprès duquel il faisait de si rares et de si courtes apparitions.

La jeune femme avait trassailli.

Ses paupières s'étaent ouvertes : ses yeux se portèrent sur son mari.

Puis son visage prit une expresiion d’épouvante.

Henri pleurait.

21 Le Mal de Vivre

debout,

Rem

fe

— Qu'as-tu ! fit-elle, j'ai peur ! ...

Suir-je done bien malade !

— Non non, tu n’es pas bien malsde.. tu vas toujours mieux.. mais «e le voir souffrir, ma pauvre chérie. . Huguette, pardonne-moi, je t'ai négligée je resterai près de toi souvent, maintenant.. me pardonnes-tu ?

Une exprossion de bonheur, voilée pourtant de tristesse, resnplaçca sur le visage de Mme de la Roche, la frayeur qui s’y trouvait peinte.

— Oui, balbutia-t-elle, oui, je: pardonne Senlement est-ce bien vrai ?....

Me laisseras-tu encore si seule . si qu'il me semble que tu ne m'aimes plus Vois-tu, je ne te demande pas, je net'ai jamais demandé de n'aimer autant que je t'aime... ce n’est pas possible.. Il faut être une malheureuse come moi, qui n'a que cela da joie sur la terre pour posséder cette force de tendresse, cette exagération, car c'en est une..

Mais être comme tu étais, et comme tu n'es plus.. Voilà ce que j'aurais voulu.

jusqu'à la fin !

— Huguette !

— Il jeta ce nom, encore dans un sanglot, pleurant comme un enfant, sans pouvoir protester, comme il l’eût voulu, contre ces derniers mots, anéanti vaincu, ce qu'il y avait debon en lui — car nul n’est complètement corrompu — vibrant à son plus haut diapa- Son‘

Il cachait dans le drap sa figure convulsée,

La frêle main de la’ jeune femme, maintenant striée de longues veines bleues, se posa sur sa tête.

— Vois-tu,fit sa voix plus faible qu'il ne l'avait encore entendue, tu aurais des regrets... et si je dois mourir, je ne voudrais point te rien laisser de noi qui püût te rendre triste.. Je voudrais partir, bien sûre que mon souventr te sera doux, toujours doux.. bien sûre que lorsque tu voudras sur tembe où tu lira mon nom, rien que mon nom Huguette, tu y viendras pour y trouver à travers les agitations de ta vie

quelques instants d’un calme qui devra t'y ramener... Je veux ue tu dises :

elle n'a bien aimé, ma : je l'ai aimée rendue heureuse, comm? je l'avais promis.. à l’aieul.. sur le Christ !

Elle s'arrêta.

Un grand se glot emplit de nouveau la chambre, plus déchirant que ceux qui venaient de l'emypilir et s'étaient tus soudain.

Celui-là sortait de la poitrine de la petite comtesse.

Et, renversée sur ses oroillers, se tordant les poignets, elle criait maintenant avec l'affolement de ceux que hante une effroyable terreur.

— Je ne veux pas mourir !

Henri se releva, galvanisé par ce cri.

Il se pencha sur le lit passa un’ bras sous la taille de la jeune fenime, très doucement, pour ne pas déranger- l’appareil qui immobilisait toute une partie du corps et lui causait une sousfrance.

À mesnre qu'il resserait cette étreinte. lui aussi se sentait pris de terreur, de sa terreur de tout à l'heure, quand il voyaij Huguette sans mouvement il vide comme si elle fût morte.

Ce sorps, dans sa chemise flottante, tenait moins de place que celui d’un enfant.

Huguette déjà si mignonne, si fragile, n’était plus que l'ombre d’ellemême.

C'était, comme l'avait dit le médecin la termination fatale, lente, sûre, la consnmption.

— ma chérie, fit-il,maitîtrisant l’émotion qui ne demandait encore qu'à éclater, ma pauvre chérie, à quoi penses tu ?.. Je te répète que tu vas bien ausi biev que possible, aussi bien qu’on peut aller ... Dès quetu pourras te lever, tes forces reviendront.

Mais tu ne manges plus, il faut manger..

Comment veux-tu ‘tre forte, si tu ne prends rien ?

— Je ne peux plus....je ne peux plus manger !

| devra ises :

aimée s pro-

U veau ceux nt tus

de la

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— Mais si. tu voulais.

— Îl serait trop tard, je le sens bien.

— Es-tu folle, voyons, mon Huguet te ? Qu'est-ce que ces idées sombres, ces mots de découragement !. Faut.il que je sois franc avec toi ? Veux tu que je te répète les paroles exactes du docteur ?..

Son visage tout près du visage de son Mari, elle plongea dans les siens ses yeux tres grands, ses beaux yeux d’un bleu violet, où l'incrédulité se méêlait au désespoir,

— Tu vas me mentir, murmura-t elle à quoi bon !

— Je te jure que je ne mens point, Voilà ce qu'il m'a dit, ton bourreau : il faut qu’elle se nourrisse, il ie faut, à tout prix !

— Certes donc que...... si je ne ne nourrissais pas

— Ah ! oui, certes, si tu, ne te nourrissais pas

— Je mourrais ?

— Comment veux tu, ayant bessoin Surtout, comme tu en as besoin, de réparer les torces perdus, vivre sans manger ?

— Mais rien ne passe, mon estomac rejette ce que je le force à absorber,

— Parce que tu l'as déshabitué de prendre... Tu sais bien qu'il a eu déjà de ces révoltes. . à plusieurs reprises, .

et que tu les as vaincues .

Les yeux de la malade devinrent plus profouds foulllant les yeux de celui qui parlait avec une intensité extraordinaire.

— Tu penses qu’il n’est pas trop tard ? demanda-t-elle lentement.

Si je le pense !.. J'en suis sûr. .

absolument sûr !

Henri répondit cela avec une conviction qu’il possédait réellement.

Il avait tellement besoin de croire à

ce qu'il disait, qu'il y croyait.

Elle ne demandait qu’à se laisser gasner par cette assurance.

Elle ne demandait, la pauvre petite comtesse-mourante, qu'à se figurer qu'elle vivrait.

— Oui, fit-elle, nouant ses bras au.

tour du cou do son mari, transfigurée, une poussée de sang à ses joues blanchas, oui, si tu m'aimes J'aurai la force encore de lutter : je Väincrai, ainsi c'e J'ai dejà vaincu !

— Alors, tu es sauvée ! prononça:t-il en lui donnant de long baisers, Je t'ai.

me, je te veux jolie. heureuse, comme une autre, tu sais, mon Huguette...

À la tin de cet hiver, nous donnerons cette grande fête, dont nous avons dé.

Ja parlé. tu en feras la reine, , et tu onblieras tout. tout... Voyons, que vas-tu manger ce soir ?

Il venait de dégager reposant sur l’oreiller la tête de la Jeune femme.

Et assis tout contre le lit ln main d'Huguette dans la seinne, ils débattirent le prochain repas bien diflicile à Composer puisque même le jus de vian de n'était plus digéré.

On devait essayer pourtant.

Huguette, ce soir-là, le supporta.

C'était ur triomphe.

Le lendemain, peut-être, on pburrait ÿ ajouter une cième de blanc de poulet.

On essaya.

Cet aliment était rejeté au déjeuner, le soir l'estomac Je gardait.

Le surlendemain matin Mme de la Roche prit tres facilement un œuf à la coque, puis un biscuit dans un petit verre de vieux bordeaux.

Quand le docteur revint le cinquiéme Jour, il demeura tont surpris.

La mari était là encore, et il comprit que la leçon avait porté.

Reconduit. comme la dernière fois, par celui-ci jusqu'au haut de l'escalier, il dit simplement, pour répondre à sa question :

— Le micux existe certes. Maintenant, il faut qu'il se maintienne.

Deux semaines s’écoulèrent : le mieux s'était maintenu.

Henri assitait à tous les repas d'Huguette.

Il restait près d’elle jusqu'à ce que ce füt elle qui lui dit de sortir.

NE 24 me

Le premier jour où elle se leva, il guida ses pas à travers la chambre et ne la quitta point jusqu’au soir.

La jeune femme entrait en convalescence, toujours bien pâle, bien pâle, mais soutenue par un désir de vivre, qui surexcitait ses nerfs. jusqu’à lui donner un semblant de vigueur capable de tromper ceux qui l’entouraient.

Pendant trois longs mois, la comtesse de la Roche devrait s'appuyer eacore sur des béquilles, s’essayant suulement un peu chaque jour, peudant le dernier mois, en évitant de se fatiguer jamais, à marcher sans leur secours.

Il était temps qu'Huguette reprit à peu près le genre de vie qu’elle menait avant sun operation.

Les velléités d'Henri à reprendre le sien devaevaient d'autant plus vives que son idée tixe le hantat davantage.

Une fois sx femme en bonne voie, il se faisait moins de scrupule à déserter le logis, sinon autant qu'avant, du moins assez pour que la chaine du devoir ne lui parut pas trop pesante.

En ces trois semaines qu’il consacrait eu grande partie à Huguette, les évépements, attendus par lui avec impatien ce n’avaisnt point marché.

Jacque de Labatière était hors de danger, sans trouver guéri de sa bles.

sure.

Cette blessure, après ces trois années passées en Afrique. où des fatigues de tous genres, auxquelles devaient se joindre les fièvres qui l’atfaiblissaient s:

fort pendant les derniers temps de son séjour au Sénégal altéraient profondément sa santé deuait le mettre dans un état de faiblefse assez ingmiétant pour le Midi.

Jacques avait obtenu un congé de six mois.

Il s’en irait à Nice ou à Cannes accompagné de son fidèle Bruno, qui lui du moment que son capitaine avait besoin de ses services, ne voulait plus entendre parler de congé.

La question de savoir encore si Fiamma serait dn voyage avait été débattue.

Jacques ne pouvait vraiment trainer la négrillonne partout derrière lui, et puisque Mme de Labatière ou Mme Yveling, qu’elle intéressnit, ne demändaient pas mieux que de se charger d’elle il était beaucoup plus simple de la laisser à Paris.

La chose se trouvait convenue, arrêtée.

Puis un jour Fiamma, qui ne quittait point pourtant l’appartemert très chauffé, se mit à tousser.

Jacques la regarda dans sa pose de sphinx, au coin de l’âtre, — qu’elle ne quitttait que pour obéir à une parole, à ux geste du maître, — avec ce frisson nement qui ne cessait que pour courir de nouveau sur sa chair.

Et il lui sembla que le grain de sa peau d’ébène perdait de sonbrillant, sa face de sa rondeur. et surtout qu'il y avait dans ces yeux comme une tristesse, le reflet d’un malaise, d'une et et l’autre peut-être, indéfinissable, mais certaine.

Fiamma devait songer auprès de ce feu qui ne la réchauffait point, dans cette chambre sombre cu depuis son arrivée elle avait vu tant de gens aflairés ou tristes, au soleil qui brillait si fort là-bas, que l'ombre des boahabs est à peine assez épaisse pour vous garantir de ses rayons.

L'hiver est long à Paris, plus pernicieux avec ses pluies fréquentes pénétrantes glaciales qu'avec un froid vif et pénétrant.

Retrouverait-il la petite noire dont le dévouement de chien tidèle l’attendrissait ?

Elle lui fit peine comme elle lui avait fait peine, cette nuit, une des dernières passées au Sénégal, où elle exhalait en plaintes et en sanglots son chagrin de la séparation prochaine.

Puis, n’avait-il pas maintenant visà-vis d’elle des devors à remplir ?

Puisque, trop faible pour assiter à sa douleur naïve, il consentait à l’emmener sur le grand vaisseau, ne lui fal

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lait-il pas, maintenant veiller à son bien-être matériel ?

Et la question était sérieuse.

EF lamma pouvait ne point s'acclimater, languir et succomber à quelque bronchite, dégénérée en phisie, si ce n'était à une maladie aiguë, comme une pneumonie Ou une pleurésie,

LeMidi, vers lequel il allait, lui ne serait-il pas pour elle melleur encore, l'intermédiaire entre le climat ardent d'Afrique et celui de France ?

On emmèrait Fiamma.

L'oficier partir par le rapide un soir de décembre, accompagné de son oncle qui devait l'installer à Cannes, où il passerait une quinzaine de jours avec lui.

Jacques de Labatière s'en allait à regret.

Mais il se sentait malade: la Faculté avait parlé, il obéissait.

Lui non plus ne voulait pas mourir.

Il se disait, avec juste raison peutêtre, que son duel n'avait rien prouvé.

Taut qu'il n'aurait pas déconvert l’au teur de la lettre annoyme adressée au Juge d'instruction, il resterait, pour le plus grand nombre, en suspicion.

.… Or, anémie, affaibli comme il l'était il ne pouvait rien, pas même contraindre son cerveau à poursuivre une idée,

Lorsqu'il reviendrait à Paris, remis, robuste comme autrefois, il recommencerait ses investigations.

D'ailleurs il emportait une assurance celle que ses deux amis, l’ancien et le nouveau, Georges Tave-rier et francis Chaumel, chercheraient la piste quil n'aurait plus alors qu'à suivre,

Puis, il y avait maintenant comme une éclaircie dans sa vie.

Régime ne l’aimait point, ne pouvait l'aimer d’ainour.

Mais il le sentait, plus qu'autrefois elle l'aimait en sœur en amie.

Et cela mettait dans son horizon le rayon de soleil qui y avait manqué si longtemps.

L'estime, l'affection des siens, recon-

quises, il pouvait bien attendre, Patinter.

Le moment viendrait de la réparation au grand jour, devant tous

Eu quittant, à trois heures du matin l'hôtel de l'avenue de l'Alma, plein de lumière et de leurs, poursuivie jusqu'à ‘a voiture où elle se jeta — Mme Chaumel avait mis son coupé à sa disposi.

tion pour l'aller prendre et la recouduire — par la musique des damses qui recommencaient de plus belle, Rosalie, qui avait dû, pour refouler ses impressions, déployer un courage surhumain, poussa un de ces soupirs qu'on appelle des soupirs de soulagement, et qui sont l'indice d'une détente des nerfs aussi brusque que salutaire,

Il était temps qu'elle se trouvât seule elle étouffait.

Jusqu'à chez elle, elle ne parvint pas à live d'autres idées que celles-ci : c’est que attaque commencait et qu'il fallait se défendre.

Rapidement dans la nuit de l'escalier elle monta ses quatre étages,

Tout d'un coup, elle songeait à son fils, dont la pensée n'avait pus quitté son esprit durant la première partie de cette suce, et qu'elle oubliait à partir du moment où Jacques de Labatière fixait sur elle son «il sondeur, dur comme de l'acier.

Regarder son tresor, son chérubin endormi sous ses rideaux clairs, écarter de son f.ont les boucles trop lourdes pour le toucher d'un de ces baisers que savent donner les méres et qui ne réveillent point les petits serait pour elle meilleur, l’unigue calmant.

Après, quand elle l'aurait vu calme, reposant comme 1l avait reposé toutes ces dernières nuits froidement elle envisagerait la situation.

Et si critique qu'elle fût, cette situation elle en sortirait.

En tournant d'un main fébrile,sa clé.

dans la serrure, Rosalie soudain frémit.

I] lui semblait entendre un criun de ces cris aigus comme en poussait son fils pendant ces nuits où, folle auprès de sc: berceau, elle croyait sentir la grande aile sombre de l'ange de la mort d’un mal inconnu.. qu'on ne voulait point lui dire.

La main de Rosalie, une seconde immobile, acheva de faire jouer le pêne.

Elle entra doucement, referma la porte, puis tout à coup se précipita.

Elle ne s'était point trompée : le terrible cri retentissait bien.

— Oh ! mon Dieu ! mon Paul..mon Paul. voilà ta mère !.. me voilà !

L'enfant était dressé sur son lit, avec de grands yeux hagards la petite bonne, effarée, essayant de le calmer, comelle l'avait vu faire par su maîtresse.

au commencement de l'hiver.

Rosalie la repoussa enleva son fils dans ses bras, l’enveloppa d’un pan de la mante très chaude attachée à ses épaules et, le serrant contre elle le couvrant de baisers :

— Mon ange chéri, mon petit, maman est là.. As-tu bobo ?.. as-tu du mal ?. dis à maman où tu as du mal,

Oh 'oui.... mal. très mal, Paul.

à la tête !

Et il montrait, avec sa main, encore pleine de fossettes, sa menotte si douce, le siège de la souffrance, aux méninges.

Jamais encore, il n'avait eu ce geste, jamais il n'avait articulé ces trois mots plaintifs :

— Très mal, Paul.. ...

La hideuse l’épouvantable cable vérité s’imposait.

La maïadie qui avait mis des mois à germer éclatait aujourd'hui.

Son enfant allait mourir.

La nuit fut effroyable.

Le lendemain, ce ne fut pas un médecin qui vint mais deux mais trois.

Ii y eut une consultation ; on ne put lui cacher l'arrêt.

Dès cet instant, Rosalie Davie ne fut

l’impla-

plus qu’à son fils, rien qu’à lui.

Elle ne pensa qu’à une personne . un homme, bien loin de son esprit d'habitude ou qui n’y entrait que pour lui apporter une impression atteignant presque la terreur, de qui elle s'était toujours dit que le malheur viendrait, sile malheur devait fondre sur elle, l'homme des lâchetés, des délations Henri de la Roche.

Quand, à l'entrée de l'hiver, le petit Paul avait été malade, dans une des visites, rares heureusement, qu'il continuait à lui faire, le comte lui parlait d’un grand médecin, spécialiste des enfants. qu'il connaissait par des amis, et qu’elle ferait bien de consulter.

I! s’offrait pour la recommander par ces mêmes amis, se faisant fort d'obtenir pour elle, sur la consultation ou sur les visites, une forte réduction.

L'enfant allant mieux, on n’en avait plus parlé.

Il fallait q u’elle vit le comte de la Roche immédiatement.

Echanger :les lettres, c'était gâcher des heures précieuses,

Et elle n'avait pas une minute, pas une seconde à perdre.

Huit heures üu soir venaient de sonner.

Si Henri n'était pas chez lui sa femme s'y trouvait certainement.

Et la femme à défaut du mari, pour rait peut-être agir.

Paul dormait.

Elle douna ses instructions à sa domestique, en qui elle avait toute confiance.

D'ici une heure et demie, deux heuheures au plus, elle sera là.

Rosalie jeta sa mante sur son dos, se coiffa rapidement et partit.

Dans la rue, arrêtant une voiture.

se fit conduire avenue Montaigne,

Henri de la Roche sortait de l'hôte!

comme elle descendait de voiture.

— Vous ! fit-il, la reconnaissant.

—J'’ai à vous parler, dit-elle d’une voix brève, heurtée.

T1 tressaillit.

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Venait-elle lui demander compte de sa trahison ?

Et, cor me elle tirait le cordon de la sonnette, en poussant la porte anssitôt Ouverte :

— Vous voulez me parler ...ici /

— Certainement, ici. . pourquoi pas ?

—Mon enfant se meurt, la méningite est déclarée Cependant il allait mieux !

—Oui, il allait mieux. .ce t'était, hélas ! qu'un mieux factice : le feu couvait....il éclate mais le cœur d'une mère n’est jamais fermé à l'espoir peut-être les médecins se trompent-ils, peut-être est-il encore temps de conju rer le mal. .si ce grand docteur pouvait me le sauver !

—Ïl le sauvera.

—Je voudrais qu'il vienne le plus tôt possible. .qu’il ne soit pas trop tard!

—Demain matin.

— Demain matin! toute cette nuit à passer dans les angoisses ! .. .,Kt sil n était plus temps, demain matin ?

—C'est que ce soir, pensez donc. .

c’est bien difficile, ce me semble.

— Neuf heures à peine. Jusqu'à miuuit les médecins se dérangent.

—Oh ! Monsieur, je vous en prie !

—Je vous aurai une reconnaissance éternelle, reprit-elle, une reconnaissance sans bornes!

Et l'angoisse de ses yeux, l'angoisse de sa voix croissait.

Ses lèvres tremblaient, ses mains se joigraient :

—— Calmez vous.. je comprends que vous vous exagériez les choses, mais je vous assure que s'il ne venait que demain rien ne serait perdu.. Les médecins que vous avez vus connaissent certainement la marche à suivre jusqre-là.

— N'importe, j'aimerais mieux ce soir , je ne vis point !

Henri de la Roche éprouva, pendant une minute, un remords aigu.

Cette malheureuse, cette mère affalée, non seulement allait se débattre, et se débattre en vain, contre l’inflexi-

ble destinéefqui avait marqué au front son enfant, mais aussi, au milieu des tortures de sa tendresse, lle allait avoir à se dresser devant des annemis devant des juges, aussi implacable que l'était cette destinée... , des juges qui <erait sans pitié ; il l'avait deviné, lors de son entretien avec M. de Labativre,

Et c'était à lui à qui elle devait cela.

Oh !'inisérable ! dix fois misérable était-il !

Mais il la sanverait.. aprés lavoir livrée.

— Vous allez courir chez ini, dit elle avec son idée tixe : dites que vous allez y courir.

— Oui, tout de suite,. Avez con tance. . nous le sauverons, votre petit

— C'est un grand médecin, n'estce

pas !

aurais un enfanj que je ne ae dresserais pas à un autre qu'a ur, a fait des cures merveilleuses

— Alors, vous avez raison ‘ il tue guérira le mien, pourquoi ne le ueri rait-il pas ?

Certes, pourquoi !

— Et c'est à vous que je le devrai. .

Elle délirai.

Elle pleurait des larmes d'espoir, qui avaient encore l'amertume des larmes

louleur.

Elle l'entraina :

— Partons !

Henri de la Roche n'était dans un fiacre le guérir le médecin Mde David dans un autre pour retourner auprès de vous enfant et Hiosalie David mon tai.

Seul encore Paulin les avait vu partir.

Le mari de Simone semblait plus pale que tout à l'heure.

Et celle-di qui ne revenait pas.

Dix minutes à peine s'étaient ccou lées qu'elle parut enfin, rapportant dans un imimense carton la toilette tant désirée, l'élezsant fourreau de veleurs que sa maitresse mettrait pour faire ses visites... demain.

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