‹ La mal de vivre [microforme]Chapitre 9 sur 37 · LIS · texte numérisé non relu

LIS

d'une main

et ponrtant.,

inventé cotte isc

chose, . que raconte... ce. Journal !

M. de Labatière ne répondit pas.

Il se mit à marcher à graads pas, se pressant de temps en temps le front.

—Tu as raison, Jacques n'est pas Capable d'une telle bassesse. Quelle qu'ait été sa déception, elle n'a pu le pousser à un acte de cette sorte... Mais alors.

pourquoi ces racontars /. L'avcusation, est claire, précise, elle ne peut atteindre que lui.. La nature humaine est si Coin pliquée un moment de folie. Le remords l'a assailli, il est parti, espérant mourir par là... Sa mort même ne ra chètera rien. Oh ! ialheureux ! mal.

heureux !

Ce n'est pas lui.

jurerais,

Î la regarda comme sil voulut tron Ver Sur son Visage la & mtirmation de paroles,

Mais déjà on pouvait y lire, rempla Gant l'incrédulité pleine d'indignatior du premier moment, le trouble de l'in.

certitude,

. je te disque j'en

ses

Ainsi que son mari, elle avait d'ab dl

| Jété un eri de protestation.

| Puis, tout er, lui répondant, elle ve.

Ü nait de relire l'article, Et le donte, le | terrible doute, la mordait an “œur,

| Oui, tout cela était précis, d'une precision cruelle,

| Le drame Sexpliqerait, dit celui.

ci après plusieurs minutes de [fallait bien qu'un vorite,

Puis, comme elle ne réporr

--Tu ne trouves pas !

— Certes, murmura-t-elle, e:

querait fout...

“Mais non... non.

Mals croire. ...

— l'aul Yveling, à la lecture de cette lettre, sera devenu tou. 1} aura trappe comine un fou,, reprit M. de Laba-

tière

Ah !certainement.

Jouroal parle d'explications mot, Régine n'aurait elle pas É { intarl !

silence.

Jour où connut la

lait point la expli-

je ne pourra] ja

Ce Wisérable ais d'un détourné lu avait

li COICTE de Soit qu a

ris

regarder dans ses yeux pour y voir le fond de son âme, .….

—Certes, répliqua le père ; il n'y a pas eu entre eux un mot échangé ; notre tille qui se souvient des moindres détails de son muriage se souviendrait également de la discussion... Rappelletoi ce qu’elle nous a dit : Paul l’a amenée daus sa chambre, puis il a passé dans la sienne... Elle s’est mise au lit. .il lui semble avoir entendu des pas. puis elle parle d’une douleur subite, violente, dans le dos.. Elle aura perdu immédiatement connaissance. . comme l'ont affirmé, du reste, les médecins.

Oui, tit Mme de Labatiere, en fris sounaut de tout son corps.

— Certes, la voilà, l'explication, reprit son mari, c’est la vérité plausible...

En s’accusant, l’auteur de ce drame, qui a failli coûter la vie à notre fille qui a mené Paul Yveling dans une maison de fous, à fait la lumière sur le mystère que personne ne réussissait à sonder.

À quoi cela sert-il ? C’est une mauvaise action de plus. . C’est une autre infamie . Vois-tu maintenant la réputation de Régine ouvertement attaquée ! ...

Quoi qu'on dise désormais, quoi qu’on fasse, son honneur de jenne fille restera pour certains, compromis.. Ah ! le malheureux !.. le misérable ;

Et M. de Labatière serrait ses poings la tigure convulsée, des Jarmes de rage et de désespoir sous les paupières.

Sa femme ne trouvait plus la force de répondre.

Elle était positivement atterrée.

—Je suis allé, reprit le vieillard d’une voix tremblante, dans plusieurs bureaux de rédaction ; j'ai pu me rendre compte que l’on n'inventait rien, que la lettre eu question avait été reçue par le juge d'instruction... On m’a promis partout l'insertion des lignes dans lesquelles je parle de l’amitié d'enfance de Régineet de Jacques, sans qu'il eût jamais été entre eux question d'amour, de l’aveu qu'en tit Jacques de celui qu'il éprouvaic pour sa cousine, lorsqu'il apprit les fiançailles de celle-ci avec M. Yveling....

ma réponse, la réponse de Régine consultée. .Tout cela est simple, clair.. Y croira-t-on ?

—Et pourquoi n’y croirait-on pas } dit Mme de Labatière ; pourquoi le mal prévaudrait-il, pourquoi le mensonge l’'emporterait-il sur la vérité ?

L'indignation du capitaine de frégate avait atteint 8on paroxysme.

Certes, si son neveu se fut trouvé à Paris, il y eût eu entre eux une scène de violence qui eût pu finir d’une façon tragique.

Le vieux marm, fort de tout un pusse d'honneur, souffrait doublement, comme homme et comme père, du bruit fait autour de son nom.

Il fut long à s’apaiser ; cette soirée compta parmi une des plus mauvaises passées depuis la catastrophe qui avait failli ravir à M. et Mme de Labatière leur fille unique.

Ce fut elle, la mère, qui, apaisant l'exaspération de son inuri, ramena sa pensée vers l'enfant qui avait été leur Joie et qui était à présent toute leur existence.

Que leur importait lemonde, ils avait leurs fille vers laquelle devaient converger toutes leurs pensées.

Il faudrait bien apprendre à Régine la vérité.

L>= moment redouté approchait, où les subterfuges employés s’effondraient d'eux-mêmes, où l'explication s’imposoit

Il n'auraient pas trop de toute leur tendresse pour atténuer le coup porté à leur malheureuse enfant.

Que leur importait, en effet, le monde et ses méchancetés ?

Leur fille seule comptant pour eux:

qu'ils la cor servassent. c'était tout ce qu'ils demandaient.

Ce jour où la lettre anonyme adres sée au juge d'instruction était publiée par toute la presse parisienne. Rosalit David descendait ainsi que de coutume

de bon matin pour acheter les jour naux.

Avant de rentrer chez elle en remontant l'escalier, elle en avait déplie un Journal et lu ce qu'il contenait relativement au drame d'Asnières.

Comme Je captaine Taverrier M. et Mme de Labatière elle pâlit très fort en parcourant les lignes qui donnaient la clé du mystère.

Une fois chez elle, elle s'assit près de la fenêtre tira de sa poche deux autres Journaux — chaque jour elle en achetait plusieurs, à des marchands ditré.

rents — et y chercha la rubrique, qu'elle trouva bientôt.

Us racontaient la même histoire que le premier,

Cela à pris, murmura-t.elle plusieurs fois, je suis sauvée

Un quart d'heure plus tard, on frappait à sa porte,

Elle ouvrit, croyant que c'était Jeanne Badolle. et ne fut pas peu étonnée de voir la concierge qui lui dit :

—C'est moi ; voilà le courrier.

Depuis deux mois qu'elle habitait Ja maison de la rue Richer, l’ancienne de Paul Yveling. qui n'avait donné à personne, excepté à Henri de la Roche, son Dom €t son adrese ve recevait point de lettres.

La premiere assignation du juge d'instructiou Ini avait été apportée par ui agent, qui ne la lui remettait qu'après Jui avoir fait subir un interrogatoire,

Et la couciergel tendait deux enve loppes, en glissant sur l’une d'elle celle qu'elle avait mise par-dessus, un regard tout particulier. «

—Merci madame Piret, tit la mai.

tresse de piano en repoussant le porte aussitot,

Et de suite elle avait lu :

La porte “Cabinet du juge d'instrnc tion n'était pas refermée qu'elle s'atfaissait sur la chaise qui se trouvait à côté, livide, la sueur aux tempes.

Au moment où elle se croyait sau-

vée, le péril allait-il renaître ?

Rosalie appuya upe main

sur son

cœur qui battait follement. Allons ! du courage ! ilfaut tenir tête jusqu’au bout à l'orage,

La jeune femme décacheta l'enve.

loppe.

L'invitation à se rendre dans le cabinet du magistrat était pour ce matin même, à dix heures.

Alors, en lisant et relisant le papier, elle se mit à parler tout haut

—Aurait-on reconnu mon écriture ?

C’est impossible... on ne l'a Jainais vue.

l’uis personne ne pourrait là reconnai.

tre... c'était une grosse ronde, informe.

J'ai été mettre la lettre près de l'Ecole militaire... Non, ce n'est pas cela,., Eh bien, nous le verrons, ce que c'est... A dix heures! Je n'ai que le temps de m'habiller.

En se levant, la seconde lettre restée sur ses genoux, tomba à terre.

— Qu'est-ce que c'est qne celle-là ? tit elle en la ramassant.

Elle l'ouvrit et courut à la signature :

Henri de la Roche.

Depuis son départ de Paris, Rosalie David n'avait point en de ses nouvelles.

— Nous lirons cela plus tard, fit-elle, Jetant la lettre sur la table ; quand je reviendrai .sttontefois je reviens.

À dix heures précises, Rosalie David était introdnite dans le cabinet du Juge d'instruction,

— Vous connaissez, ni demanda brusquement celni-ci, la famille de Labatière ?

Non, monsieur.

-Vous ne saviez pas le nom de la fiancée de M. Yvelin.

--Je l'ai appris par les aftiches.…

Dites-vous bien la vérité ?

—L'exacte vérité,

Elle avait dans la voix, dans les yeux cn tel air de franchise, qu’elle eût abusé le plus incrédule.

Le juge pourtant, reprit froidement, la sondant d'un regard de plus en plus nquisiteur :

— Nous avons la preuve du contraire.

La preuve du contraire / répéta tel.

rédircuits

— Ki

le, avec nn étonnement parfaitement joué, et sans qu'un muscle de su figure Lougeñt ; je ne crois pas, monsieur.

— Vous vous obstinez à affirmer qu'à vant le mariage de votre ancien ami vous ae Connaissiez pas la familie de Laba tiere, où du moins que vous n'aviez pas le renseignements précis sur s0n compte ?

Je continue à l’aftirmer, —Le jour dn mariage, vous n'étiez pus allée à l'église ?

+ Nou, onsieur,

Vous êtes vraiment restée vous !

—Je suis restée chez moi.

Dans quel but, m'avez.vous envoyé ceci ? demanda plus troidement encore le magistrat en placant sous les yeux de la jeune tenine une lettre écrite en gros caractères, tue espèce de ronde, mal forliée,

— Ceci, tit-elle, baissant lu tète sur le papier : qu'est-cu qe ceci ?

Lisez.

Elle parcourut les premières lignes,

— Mais c'est la lettre que les journaux publient ec: matin !

—- Vous lisez donc les journaux !

—Jeles aïtonjours lus. et je les dévore depuis le drame dont Paul Y'veling a été malheurensement le héros.

Le regard du magistrat devenait de plus eu plus percint,

Rosalie David le soutint, montrant la méme tranquillité grave et triste,

N'est ce pas tout naturel ’ tit-elle avec un mouvement de tète lent : ce qui le touche ne me touche til pas.. tou jours . malgré tout !

Et, reposant le papier sur le bureau :

Je comprends que da jnstice cher- “he à se renseigner, mais faut il encore que les apparences lui donnent raison. .

Vraiment, monsieur le magistrat, il me semble que ma non-participation à ton te cette donloureuse atfaire est assez clai retient établie poar que l'on m'épargne des interrogatoires pénibles. . C'otnment

chez

veut-on que ce soit moi quiuie écrit cet- I fandraitadmiettre pour ve.

te lettre /

la que je sois au courant des moicdres incidents de lu vie des personnes oue je ke connais point, dont je n'ai jamais eutendu parler... Et alors même que je les connaîtrais, pourquoi cette lettre anonyme ?

— Pour vous disculper.

—Me disculper de quoi ?

— D'avoir écrit à Paul Yveling celle qui les renseignait sur les soi-disant amours de Régine de Labatière avec son cousin... En accusant celui-ci, vous éga« riez les sonpcons,

Le sang monta anx joues de la jeune lemme,

Les deux actions sont aussi viles l'une que l'autre ; je n'ai commis ni lu.

ne ni Pautre.. Dans quel but vondrait.

on que je les eusse commises ?

— Par vengeunce,

— Je vous ai dit l’autre jour, monsieur, qu'après l'acte de désespoir qui ua poussée au suicide, je n'avais plus éprouvé qu'une tristesse profonde, puis une pitié à l'égard de l'homme qu'un Anour nouveau égarait assez pour uronblier. Je vous ai ditque lorsqu'on à aimé comme j'ai aimé, ou peut pous ser le dévouement, le renoncement de soi-même jusqu'à se sacrifier pour le bonheur de celui qui brise votre vie.

Si javais eu des idées de vengeance j'aurais d'abord essayé de faire mauquer par tous les moyens possibles, lo Wariase de mon ami ? , Je me «suis cache, je ne demande qu'une chose : me tirer d'affaire sans le secours de person ne, trouver quelques élèves en atte dant que je pnisse, si je ne suis jus trop vieille pour ‘ela, arriver in then.

tre.

- Au theâtre ! répéta le juge, onbli.

aut son rôle d'interrogatenr, pris d'un intérêt pour cette femme au visage paie, aux grands yeux de velours, qni par lait avec cettte assuraace qui s'imposc quelques préventions qu'on ait pu voir.

J'avais beaucoup de voix, dit elle J'ai été élève du Conservatoire. .Mon ambition était le théâtre, il n'a empéchée de suivre cette carrière... Pourrai

ie hanter encore, pourrai-jé m'y faire

On annonçait la convalescence de Ré À présent un avenir ?. il est bien tard ! &ine, on athirn ait la folie de Paul.

Le magistrat avait déjà repris son lujmssibilité professionnelle lies qui sont douces.

Ainsi, dit-il, apres une seconde de Pourquoi plaindrait-elle son ancien réflexion, vous atirmez n'avoir jamais | ami. connu, n'avoir jimais eu un renseigne- Pourquoi plaindrait elle Régine de ment sur la fanulle de Labatière ? | Labatière

--Je l'affirme, monsieur. Fosalie David se sentait maintenant

Vous pouvez vous retirer. une

pierre à la place du cœur Elle salua et s'en alla, toujours grave | Elle avait été trop cruellement frap et triste,

pée, elle avait éprouvé trop d'amertu Et le juge la suivit d'un regard qui | mes, pour ne éprouver une profon déclarait sa pensce, de différence en sers ceux qui étalent ses — Cette femme n'est pour rien là-de- | victimes et la cause de son malheur. ‘ans, Elle ne leur en voulait plus.

Tout n'accusait il pas, en effet, l'ab N'était-ce pas tout ce quelle pouvait eut, l'ofticier à présent an Sénégal, tout | faire : désarmer. 4) jusqu'à son départ mème É En rentrant chez celle, Mme Das id s'ar. Son action eût pu, S'il fût resté à Pa. | rêta dans la loge, ris, lui attirer uu blâme sévère, mais Elle s'empressa de s'informer aupres elle ne tombait pas sous le coup de la | de la concierge si on n'était pas venn la

Les fous ne pensent pas : ilest des fo.

loi. demander.

Jacques de Labatière ne trouverait C'était un prétexte. de châtiment que dans ses remords mé. Elle avait deviné la curiosité de cel mes,

le-ci, le matin, lorsqu'elle lui tendait la Eu se revovant dehors, Rosalie David lettre à l'enveloppe révélatrice.

comme lors de sa première comparution Sur la reponse négative, de Mme Pi. devant le juge d'instruction, respira à ret, elle lui dit :

pleins poumons,

— C'est qu'on nr'avut parlé de TU

Non éunotion avait été moins grande | qu'un qu'on devait m'envoyer pour ni | |

que la première fois, et pourtant elle S était rendue compte que le danger pour elle restait le mème.

Elle avait seuti que l'ombre d'une dé faillance la perdrait.

leçon. Figurez-vous que je viens de faire une corvée ennuyeuse,

— Vraiment ! tit Mie Piret, alléchée par cette entrée en maticre.

J'ai des amis, chez lesquels j'allais

Un interrogatoire prolongé eût pent- | souvent autrefois... dn temps de mon

être amené cette défaillance, |anari.. Le phident en Séparation. Il

Oni, maintenant, elle respirait.. rom. | V 4 eu toutes sortes d'histoires, les torts

me lautre jour, mais pins largement. : sont égaux d'un côté et de Fantre, te

; sans qu'illui restât un poids sur le | voilà appelée pour déposer. Vous voyez EU |

diet mou emoarras !

EL ce sentait délivrée de la crainte |

Je crois bien, ce n'est Pas come 2 détiasquée

de ces af uires-là.

Un. deces jiressentiments funestes =N ou, surtout quand on a de la svin- DA RENE REP R CEE pathie pour les #enset (quon ne voudrait [' sembia à vis, assassin de Régine | pas les charger. Malheureusement, j'ai

de Pabatiere, 4 l'impunité Ini était CTOQRIS assure, : couscience, di reste, se trouvait siaulièrement allégée.

aseisté à nine scène capitale. .… et je n'ai pu que dire là vérité.

— Bien sû:, on ne peut pas imentir, en pareil Cas.

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SR

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