‹ La Maladie d'Addison Nouvelles conceptions pathogéniques et thérapeutiquesChapitre 5 sur 12 · II. — HISTORIQUE · texte numérisé non relu

II. — HISTORIQUE

Notre intention n’est évidemment pas de reprendre, dans une étude

chronologique, la succession des faits qui ont marqué depuis bientôt un siècle l’histoire de la maladie d’Addison. Notre but est beaucoup plus

modeste : Lie Nous voudrions indiquer brièvement dans quelles circonstances ADDISON en vint à établir une relation de causalité entre le tableau

clinique dominé par l’anémie et qui devait porter son nom, et des lésions

des « capsules surrénales ». Puis, passant rapidement sur quelques décades, nous arriverons à la découverte de la cortine secrétée par la surrénale, et à sa réalisation synthétique, enfin son utilisation thérapeutique.

À cette seconde étape succèdera la période actuelle, dominée par la découverte et l’utilisation de la cortisone, avec leurs corollaires : l’établis-

sement de tests de la fonction surrénale.

C’est le 15 mars 1849 que ADDISON, à la demande du Président de la South London Medical Society, exposait dans une conférence qui devait avoir un grand retentissement, sinon immédiat, au moins lointain, une forme particulière d’anémie observée et décrite auparavant, mais à laquelle on n’avait pas prêté suffisamment d'attention. En effet,

ADDISON rapportait trois observations personnelles d’anémie, évoluant

vers la mort ; à l’autopsie, il avait constaté des lésions des capsules surrénales, et était amené à se demander si ces organes, dont la fonction restait mystérieuse, n’intervenaient pas dans la pathogénie du syndrome observé : autrement dit, si les surrénales ne jouaient pas un rôle dans la fonction hématopoiétique, et si leurs altérations ne retentissaient pas sur la formule sanguine.

Pourtant, ces petites glandes étaient connues depuis longtemps, et Jean RIOLAN le premier les désignait, en 1629, sous le terme de capsules surrénales. Aussi n'est-il pas surprenant qu’en 1730 l’Académie des

Sciences de Bordeaux ait offert un prix pour un essai sur le sujet : « Quel

est l'usage des glandes surrénales ? » prix qui d’ailleurs ne fut jamais distribué. BARTHOLINUS, qui, le premier, décrivit les glandes vaginales, pensait que les surrénales contenaient de la bile noire. En 1841, MAGENDIE remarquait que cette conception était périmée, et que « les capsules surrénales n'étaient pas des agents secrétoires » On pensait parfois que les surrénales étaient des reins foetaux qui cessaient de fonctionner à la naissance. Ce n’est que six années après sa première commu nication qu'ADDISON publie un nouveau travail « sur les effets constitutionnels et locaux de la maladie des capsules supra-rénales ». Il n’y a rien à ajouter ni à retrancher à cette magistrale description clinique de la moladie d’Addison : anémie, asthénie, pertes des forces, coloration allant de la cendre au brou de noix, plus marquée en certaines zones ; taches pigmentées sur les muqueuses.

Page 1