‹ La Maladie de BantiChapitre 19 sur 27 · LINE · texte numérisé non relu

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tional du Paludisme, 1930, Bexxamou). Touteépreuve de splénocontraction positive au cours d’une splénomégalie doit entraîner un traitement quinique d’épreuve énergique et prolongé. Cette rate paludéenne a tous les attributs d’une rate normale ; elle est seulement hypertrophiée, mais nullement scléreuse. Elle est moins un réservoir-virus qu’une réaction de défense qui assure la destruction des hématozoaires (PaArRoT, DonNATIEN, Lesroquarp). Si on la supprime, les accès fébriles réapparaissent avec présence d’hématozoaires dans le sang.

Cette rate paludéenne peut apparaître dès le premier frisson dans le paludisme aigu ou se manifester par des douleurs plus ou moins intenses. Seule, la percussion permet parfois d’apprécier son hypertrophie, mais le plus souvent, les doigts en accrochent le bord sous les fausses côtes et ont la sensation d’un organe gonflé, à bords mousses et comme amollis. Après les premiers accès, tout peut rentrer dans l’ordre, mais avec leur répétition, la splénomégalie s’installe définitivement pour prendre sa forme classique de gâteaux circulaires à grand axe horizontal.

On devra éliminer aussi l’anémie symptomatique de la maladie de Gaucher On a cru longtemps que cette affection était une affection purement splénique. On sait aujourd’hui qu’elle atteint tous les systèmes lympho-hémopoïétiques : la rate, le foie, Les ganglions, la moelle osseuse. Pour en faire le diagnosüc, en dehors de la notion familiale, d’une certaine pigmentation brunâtre des téguments avec présence

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de pinguécula au niveau des conjonctives, en dehors d’une tendance aux hémorragies et d’une hypertrophie du foie, on demandera à la ponction de la rate une confirmation histologique. Les travaux de l’École Américaine ont montré que plus encore que celle de la rate, la ponction du tibia permettait de déceler constamment les cellules caractéristiques : grosses cellules réticulaires bourrées d’une substance particulière : la kéranine.

On doit compléter cet examen par une radiographie systématique du squelette qui donnera en eas de maladie de Gaucher, un aspect pommelé de certains os et de régions périostées.

Très voisine de cette affection, la maladie de NIEMANN-Picx est caractérisée par la présence de phosphétides et de cholestérol dans les cellules réticulaires ; les enfants atteints meurent dans les 2 premières années de la vie. La ponction de la rate, est là aussi, d’un appoint décisif pour le diagnostic.

— La tuberculose de la rate se caractérise par des ganglions plus ou moins adhérents entre eux. Une température oscillante avec exacerbations vespérales, des antécédents entachés de tuberculose ou même d’une tubereulose en activité.

— On ne manquera pas; en outre, de penser à une rate syphilitique si l’examen montre un gros foie ficelé, de l’albuminurie de la fièvre, enfin, un B. W. positif ; un traitement d’épreuve pourra faire disparaître la fièvre, la splénomégalie et l’hypertrophie du foie.

Eugène Bonamy. k

— Le Kala-azar survient, en général, chez les sujets plus jeunes il s’accompagne de fièvre avec augmentation constante de la rate qui présente un (coup de hache » (Pittaluga) ; la ponction de la rate permettra d'affirmer le diagnostic. La formol leucogelréaction sera également à rechercher. Récemment, on a proposé de remplacer le frottis de la pulpe splénique par celui des téguments, plus facile à rechercher, moins dangereux, mais plus infidèle dans ses résultats.

Seuls, des ictères hémolytiques, les ictères hémolytiques acquis retiendront notre attention. Îl s’agit de malade plus pâles qu’ictériques et chez lesquels l’ictère et la pâleur subissent des périodes d’accroissement et de diminution ; ils présentent, en outre, une splénomégalie constante et souvent considérable ; l'examen des urines ne décèle ni bilirubine, ni sels biliaires, mais de l’urobiline.

Il n’y a pas d'insuffisance hépatique. Cette affection se différencie nettement du syndrome de Banti, par lexamen hématologique bien particulier ; anémie à type pernicieux avec intense réaction médullaire, anisocytose, poïkylocytose, polychromatophilie, et diminution de la résistance globulaire, augmentation marquée des réticulocytes. Mais comme le dit AuBerTin, entre le syndrome de Banti et l’ictère hémolytique, l’erreur de diagnostic à peu d'1mportance pratique puisqu'il faut toujours arriver à la splénectomie.

Parmi les leucémies qui doivent être aussi élimi-

nées, la leucémie myéloïde prête surtout à confusion. Cette anémie généralement indolore, peu fébrile, possède une rate énorme bien plus considérable dans la leucémie lymphoïde. L'épreuve de la splénocontraction est négative, le foie est augmenté de volume, on note une hypertrophie ganglionnaire diserète, mais cette affection peut réaliser une forme spélénomégalique pure : dans ces cas, l'examen du sang montrera une augmentation considérable de globules blancs, 100.000 et plus, un chiffre abaissé de globules rouges ; mais cet examen montrera surtout dans la formule leucocytaire l’existence d’éléments jeunes de la série myéloïde (myélocytes) et d’érithroblastes. La présence de ces formes jeunes permettra le diagnostic en présence d’une forme de leucémie aleucémique où le nombre des globules blancs sera peu considérable. Ici, encore la splénocontraction et la ponction splénique rendront d’exceptionnels services en permettant à l’une d’amener dans le sang périphérique les éléments nécessaires au diagnostic, à l’autre en interrogeant directement la fonction hématopoïétique.

— Parmi les anémies spléniques, subaiguës, s’il s’agit d’un sujet très jeune, il faudra penser à l’anémie décrite presque en même temps par Vox Jacxsn, en Allemagne, et Luzer en France et dénommée anémie pseudo-leucémique de Von Jacksn-Luzer. Ce diagnostic pourra être porté en présence d’un nourrisson ayant des stigmates d’hérédo-syphilis, avec gros ventre, bouflissures des téguments et des

Eos

signes hématologiques caractérisés par une grosse quantité d’hématies nucléées et un chiffre élevé de globules blancs.

À cette affection, se rattache une anémie presque semblable, observée chez l’adulte étudiée surtout par Weiz et Crerc, Vaquez & AUBERTIN et décrite sous le nom de maladie de Werz & CLerc qui peut prêter à confusion avec la maladie de Banti, comme le prouve le cas suivant que nous avons eu l’occasion de remarquer récemment :

Mme D..., 34 ans,.entre le 3 décembre à l’Hôtel-Dieu de Nantes, pour splénomégalie et arrêt des périodes menstruelles depuis 8 mois.

De ses antécédents héréditaires et collatéraux, rien d’intéressant n’est à retenir ; la malade a fait une pleurésie à 18 ans, puis en 1929, une cystite gangréneuse ; déjà, à ce moment, son médecin lui avait trouvé une ptose gastrique avec grosse rate ; la malade affirme n'avoir eu aucune douleur dans l’hypocondre gauche. Son appétit est bon. Depus 8 mois, la malade n’est plus réglée.

À l’examen, on note une légère pigmentation des téguments, surtout au visage ; 1l existe aussi une décoloration des muqueuses.

La rate est très hvpertrophiée, occupe tout le flanc et Phypochondre gauche. Elle descend jusqu’au niveau de l’épine 1iliaque.

Du rebord des fausses côtes, à son bord inférieur, nous mesurons 18 centimètres.

Examen hématologique.

La numération globulaire montre :

Globules troupes MEME PERRET AT 2.760.000 Globules blancs ....... en et trae ARR 9.600

DNS eus Formule leucocytaire :

TMINPROCNTES Re ee Me -e 26 % MONOCULES AE bee dre et nue 24 MYCIOCY LES EPA EE da moe as dant de e URSS MERAalOPlaS tes MA RER. 4 % leucocytes

L’urobiline est normale.

L’examen de l'appareil pulmonaire met en évidence une diminution du murmure vésiculaire à la base droite.

Les bruits du cœur sont normaux. La T. A. au Vaquez : 13/8. On ne note aucune adénopathie axillaire ni inguinale.

Il y a simplement de petits ganglions cervicaux et oecipitaux.

L’examen des urines ne décèle ni sucre n1 albumine,

L’examen neurologique est normal ; le B. W. est négatif.

OIl n’y a pas de fièvre.

Le 10 novembre, la résistance globulaire montre :

ADEDULAMREMONVSE M 2e eee see merite 0,38

Le 15 novembre, l’examen de la formule leucocytaire effectué sur un frottis de rate, montre :

Hématesnuclé os ee nement eee .

Un frottis de rate effectué quelques temps après a donné les résultats suivants :

Lymphocytes ét moyens mononueléaires....... EAN Monocyies Perret 6% Polynucléaires neutrophiles................... 18005 Polynucléaires éosinophiles .................. 118,9 Cellules isouches RE En eee eee 3 LE Myélocntes RE RER Ce ere ebbee 12897

Dans la série rouge :

Hématesfnuciéées PE ECCre eee 52 % leucocytes ( mégaloblastes ........................... 29 Des { Normoblastes ........ CP den à 24

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