DE TELL
Le diagnostic, ici, n’a été possible que grâce à la ponction de la rate.
— Il reste maintenant le groupe des anémies spéniques dont précisément Banti a tiré l’affection qui porte son nom. Parmi ce groupe très divers, deux affections devront être examinées dans leur rapports avec la maladie Banti.
La splénomégalie hémolytique.
La splénomégalie thromboplébitique.
a) La splénomégalie hémolytique, a été bien étudiée depuis les travaux de BanrTi, AuBErTIN VAQUEZ, Errincer, Benmamou. En général, elle se voit chez des sujets plus âgés, souvent entachés de paludisme. L’examen hématologique, presque semblable à celui de la ma-ladie de Banti pourrait faire penser à cette affection, si des caractères bien spéciaux n’en venaient pas la différencier.
C’est une anémie qui s’aggrave assez rapidement : la spémomégalie est volumineuse.
L'évolution se fera vers l’anémie grave, mais jamais vers la cirrhose du foie.
La leucopénie est moins accentuée.
Le syndrome d’érythrolyse se caractérise par de l’anémie, par de l’ictère, par une élévation de la bilirubinémie. ;
Est-ce un terme de passage entre les anémies spléniques et les ictères hémolytiques ? La question n’est pas encore résolue.
b) La splénomégalie thrombophlébitique. À la suite des travaux de Docx et Warrain,en 1904, de Cau-
cois, de Deve, et plus récemment encore de Fru- Gont et Greppi, on a différencié cliniquement et anatomiquement de la maladie de Banti, la splénomégalie thrombophlébitique, splénomégalie secondaire à une thrombophlébite des veines spléniques et portales.
Tandis que les splénomégalies primitives présentent une abolition de la fonction réservoir, les splénomégalies thrombophlébitiques se caractériseraient par une contraction adrénalinique très accentuée et une chasse globulaire plus élevée et plus prolongée que chez le sujet normal.
Or, ce sont ces splénomégalies secondaires à des lésions de thrombophlébites qui seraient le plus difficile à différencier de la maladie de Banti.
On a vu ailleurs que des lésions veineuses ont été constatées à toutes les périodes de la maladie de Banti, OerriNeer et FressineEr en ont rapporté des exemples typiques. ViLLARET et J. BESANÇON insistent sur leur fréquence.
Chez les sujets ayant dans leurs antécédents une maladie infectieuse (Syphilis surtout pour LorsEN et Simmonps), un accouchement (Devé et Cauchois), une intervention abdominale (un fibrome dans un cas rapporté par Benxamou) peuvent survenir une anémie modérée et une splénomégalie ; bientôt, trois sortes d'accidents vont occuper la scène : des hématémèses, une ascite à répétition et des thromboses ; après chaque hématémèse, on observeune diminution parfois considérable de la rate.
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Au point de vue hématologique, on constate une anémie légère, avec hypochromie accentuée ; la valeur globulaire est très diminuée ; le chiffre des plaquettes serait élevé pour KAZNELSON.
La guérison par splénectomie est exceptionnelle et seulement réalisable dès le début de laffection lorsque le processus n’est encore localisé qu’à la veine splénique ; quand la période des hémorragies digestives est attemte, l’évolution se précipite et la mort survient souvent par suite d’une hémorragie foudroyante ou d’une thrombose mésentérique.
L’examen anatomo-patologique permet de constater une dilatation énorme des sinus et des troncs veineux, sans hyperplasies des cordons de Billroth, c’est-à-dire une congestion passive de la rate, qui s’oppose à la congestion active de la splénomégalie hémolytique, des lésions de la veine splénique et de la veine portale ; mais n’oublions pas que les lésions d’endophlébite ne sont pas rares dans les maladies de Banti (observations d’OrpriNGER et de FEessin- GER). Il est difficile quelquefois de faire la part de ce qui appartient à la maladie de Banti et à la splénomagalie thrombophlébitique ; cette analogie clinique et histologique a été poussée si loin par certains auteurs, [taliens surtout, que pour eux le diagnostic différenciel entre les anémies spléniques des adultes et la première phase de la maladie de Banti est extrémement difficile; importance dela splénocontraction, soutenue par Grepp1 et Via est considérée par E. Werz et [sc Warz comme peu probante. KLaces
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conclut de même que la splénocontraction adrénalinique ne peut être considérée comme une épreuve spécifique permettant d'affirmer l’existence d’une thrombose veineuse à l’origine d’une splénomégalie.
Il existe aussi certaines cirrhoses hypersplénomégaliques où la rate atteint un tel volume qu’elle peut être l’élément prédominant de la symptomatologie. Cependant, un examen minutieux de ces cirrhoses permet toujours de mettre en évidence des manifestations hépatiques qui cliniquement n’existent pas à la première période du Banti.
Cette distinction est essentielle, car bien, entendu, la splénectomie est ici habituellement contre-indiquée, réserve faite des cas où 1l y a d’abondantes hémorragies digestives.
La précession de la splénomégalie pourra faire diagnostiquer une maladie de Banti à la troisième phase de cette maladie, alors que la présence du petit foie, de la grosse rate, et de l’ascite pourraient faire penser à une cirrhose de Laënnec.