‹ La Maladie de Bowen des Muqueuses et sa CancerisationChapitre 10 sur 21 · B) DESCRIPTION HISTOLOGIQUE · texte numérisé non relu

B) DESCRIPTION HISTOLOGIQUE

Plusieurs biopsies ont été pratiquées sur ces lésions tant en bordure que sur la masse centrale du placard. = En bordure (bord libre de la petite lèvre droite) un petit grossissement nous montre un épiderme épaissi notablement dans son ensemble, et une transition nette entre l'épiderme sain et l’épiderme altéré. Ce dernier révèle une muqueuse partiellement cutisée, recouverte tantôt d’une couche de kératine reposant sur une granuleuse très réduite, plus souvent d’une couche parakératosique (sans couche granuleuse) assez épaisse; par endroits, on remarque, dans cette couche cornée imparfaite, quelques rares corps ronds hyalins.

Le corps muqueux sous jacent est hyperplasie papillomateux

Les papilles du derme sont amincies par l’hyperplasie du corps muqueux, comme étouffées par l'hypertrophie des bourgeons interpapillaires. L'ensemble de la zône sous papil-

laire est le siège d’une infiltration cellulaire plus ou moins

riche suivant les points mais qui se limite assez nettement du côté du chorion lequel paraît sain. se

Un fort grossissement nous montre que, dans le corps muqueux, les cellules, pour la plupart, ont conservé leurs filaments : exoplastiques. Il n’y a pas d’œdème intercellulaire et les cellules ne se détachent pas les unes des autres; que, d'autre part, elles sont irrégulièrement rangées et disparates, offrant de grandes différences de forme, de dimensions et d'aspect de leur noyau.

Certaines d’entre elles, rondes ou ovalaires se distinguent par leur taille plus grande, possèdent un noyau simple ou multiple (deux ou trois) bourgeonnant, un protoplasme souvent chargé de grains de kératohyaline; parfois ces cellules sont logées dans une vacuole du corps muqueux, souvent elles sont limitées par une membrane à double conteur (ces caractères indiquent bien une lésion dyskératosique).

D’autres éléments cellulaires également plus volumineux, parfois même monstrueux, présentent un protoplasme vacuolisé avec un gros noyau bourgeonnant, müriforme, remplissant à peu près l’élèment. , 1

Tous ces noyaux, souvent multiples ou multilobés, sont parfois en mitose, d’autres pyénotiques, ou d’autres fragmentés en grains inégaux par Caryolyse… on est donc frappé par l’aspect atypique de ces éléments et en particulier par les altérations nucléaires. |

Du côté du derme, l'examen de la zône sous-papillaire montre que l’infiltrat inflammatoire est constitué de polynucléaires et surtout de plasmazellen et, qu’en outre, il y a une distension assez marquée des vaisseaux sanguins.

Si maintenant nous examiñnons une lésion de la masse

% centrale, on voit qu’elle offre l'aspect d’une tumeur composée de masses épithéliales arrondies, ovalaires, lobulées anastomiosées entre elles. Le stroma en est lâche, à travées étroites, parcouru de quelques vaisseaux ectasiés et se laissant passivement envahir.

Les cellules composant les amas épithéliaux offrent divers aspects ; les unes petites et foncées, conservant plus ou moins leurs filaments exoplastiques, sont en général peu différenciées et possèdent un noyau clair, volumineux et nucléolé. !

D'autres éléments très nombreux et d'aspect variable, vont nous rappeler d’une part l’atypie très marquée, d'autre part les différents stades d’évolution de la cellule dyskératosique ; toutes altérations identiques à celles que nous avons déjà signalées dans les lésions épidermiques dont elles proviennent à un fort grossissement en effet on observe :

1°) Des cellules avec espace clair périnucléaire, celiules œdemateuses (altération cavitaire) dont les noyaux sont multiples ou hypertrophiés, souvent pycnotiques.

2°) Des cellules dont l’endoplasme est complètement yacuolisé, ou dont la vacuole dessine un anneau, un croissant clair autour de noyaux également difformes ou multiples parfois

en caryolyse; cellules dont l’exoplasme est le plus souvent intact (les cellules ne se détachant pas).

3°) D’autres cellules, dépassant de 4 à 5 fois la taille de leurs voisines, sont monstrueuses, hydropiques ; quelques-unes d’entre elles seulement, sont entourées d’une membrane à double contour (aspect assez exceptionnel dans la maladie de Bowen comme jusqu'ici cad de la peau).

Dans ces cellules à double contour, le protoplasma de la

cellule incluse est chargé de kératohyaline; mais surtout tous

\ £eRs éléments monstrueux AREA des noyaux, se géants

où multiples:ou multilobés, tantôt en pycnose, tantôt en. car yolyse. L'aspect d'inclusion cellulaire est tout à fait net dans quelques éléments (rares il est vrai) qui semblent bien avoir pénétré l'intérieur vacuolisé d’une deuxième cellule dont elles ont repoussé le ss à la périphérie nie PARESE ou à manteau de Darier). Hahn 21 SE

PB. RAT d HAE k À AR :

4° D'äâutres cellules, enfin, au stade achevé de kératinisation

viciée, se présentent sous l'aspect de globes ou de boules

-hyalines, de couleur’ rose uniforme par léosine, vrais corps

ronds de Darier; mais ces dernières cellules sont très ‘peu? nombreuses, dans, ces CpUbss dé la masse centrale et se voient presque uniquement au milieu d’une couche parakératosique et seulement en des endroits où l'épiderme est encore reconnaissable. s: re :

De tout cet ensemble de cellules constituant les amas épithéliaux, nous retiendrons l'aspect pycnotique ou caryorhexique, la fréquence plus ou moins grande des mitoses, enfin. l’aspect monstrueux de beaucoup de ces. noyaux (peu de noyaux nains). 4

Enfin, il nous a été possible d'observer dans différentes coupes, et ceci a un certain intérêt, la tendance de la kératinisation à englober plusieurs groupes cellulaires et constituer des globes épidermiques ; mais, à la vérité, ceux-ci sont incomplets,

‘dépourvus .de kératohyaline, parakératosiques.

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LÉGER TES Treisième cas. — Cancer de Bewen. — Maladie de Bowen ayant subi l’évelutioen cancéreuse

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