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M — Les diabétides cutanoé-muqueuses, avec, comme dans notre cas, un prurit associé, mais dont les lésions sont mal limitées sans aucune infiltration ni évolution toujours progres-
sive et s’accompagnent de glysosurie, ici absente.
— La syphilis tertiaire des muqueuses qui, sur terrain
vérifié syphilitique, se présente comme une nappe rouge, moins uniforme, de plus, ulcéreuse ou scléreuse et histologiquement uniquement dermique comme lésion.
— Le lupus des muqueuses enfin, qui peut être parfois bien limité, cela est vrai, mais donne de l’atrophie et, histologiquement, est lui aussi une lésion dermique.
Mentionnons seulement pour mémoire l'aspect parfois erythroplasique de certaines radiodermites.
Mais seule, en réalité, une variété connue d’épythél'oma des muqueuses, affectant cette même chronicité, cette bénignité toute relative, cette résistance absolue à tout traitement, hoimmis l’extirpation large, cliniquement un aspect érythroplasique devait nous occasionner*;une longue discussion.
C’est l'Epithélioma papillaire nu de Darier (1893) décrit ensuite sur le gland par Queyrat, en 1911, sous le nom d'Erythroplasie (par analogie et comparaison à leucoplasie).
Ce sont là deux termes identiques s'adressant à la même lésion. Si, en effet, nous nous reportons à la dernière édition du Précis de Dermatologie de Darier (1923) on y lit ceci à l'article Erythroplasie
« J'adopte le nom d’Erythroplasie, proposé par Queyrat pour une affection précancéreuse que j'avais décrite avec mon maître Fournier, en 1893, et dénommée épithélioma papillaire nu. Elle peut se rencontrer sur la muqueuse buccale, la langue,
les lèvres, les joues, le gland et le prépuce, ou la vulve sous
su VE ; % forme d’une surface rouge velvétique et brillante, bien circons-
| crite, affection d’origine inconnue, la syphilis étant-inconstante chez ces malades, affection très lentement extensive, indéfiniment persistante et résistant à tous les topiques. Elle évolue tôt ou tard en un épithélioma spinocellulaire avec emprise précoce des ganglions correspondants. »
C'est donc bien cet aspect tout à fait érythroplasique que nous retrouvons chez notre première malade, mais cliniquement et cliniquement seulement. PA
Mais si nous ne pouvons ne pas admettre la similitude clinique de notre observation avec l'Erythroplasie ou Epithélioma papillaire nu, nous ne pouvons, en tout cas, absolument pas, de par l'examen histologique, ranger notre lésion vulvovaginale dans le groupée très disparate de l’Erythroplasie.
En effet, qui a-t-on donné jusqu'ici comme test histologique à l'Erythroplasie ?
__ Si nous nous reportons à la première description, cad celle de Fournier et Darier en 1893; sous le nom d’Epithélioma papillaire nu, est décrite une lésion où l’épiderme est parillomateux, le sommet des papilles affleurant presque la surface du tégument externe (Epithélioma papillaire nu). Il n’y a pas de kératinisation normale au niveau des lésions (les cellules de surface s’aplatissent en conservant leurs noyaux). Le stratum granulosum à disparu et cette absence d’éleidine, jointe à la superficialité du sommet des papilles, explique la rougeur de la lésion.
Les bourgeons correspondent à une néoplasie composée de cellules malpighiennes s1al différenciées, petites (même plus petites que normalement, dit Darier) disposées .sans ordre,
dépourvues d'exoplasme, ressemblant au corps muqueux
fœtal, à noyaux vacuolisés pour quelques-uns d’entre eux (donc, en somme, ferait penser à une origine Der des éléments néoformés). Il n’y a pas de globes cornés.
Bref, il s'agit d’une néoformation de nature épithéliômatcuse (basale d’origine) mais cantonnée à la région des bourgeons interpapillaires et sans caractère envahissant.
— Si nous nous reportons maintenant à la description histologique d’un cas signalé par Morestin à la Société Anatomique de décembre 1905, nous voyons que nous avons affaire là, également, à un papillome mais dont, déjà, les cellules vasales ont tendance à proliférer (légèrement, il est vrai) vers la profondeur (mais en tout cas pas comme dans le cancer type). Ces mêmes cellules présentent une désorientation complète et offrent de nombreuses figures de karyokinèse.
Bref, c’est encore une tumeur à point de départ de la basale, mais il y a dans les deux couches superficielles de la muqueuse et au centre des bourgeons interpapillaires, de nombreux globes épidermiques, incomplets il est vrai, mais tout de même subissant un début d'évolution cornée. Enfin il y a une couche de cellules parakératosiques en surface. Il n’est pas fait Mientibb du moins au niveau même de la lésion, de la persistance ou non du stratum granulosum.
— En 1911, lorsque M. Queyrat, à la Société de Dermatologie, décrivait ses 4 cas d’Erythroplasie du gland, la seule description histologique donnée est bien encore celle d’un papillome, couvert en surface d’une couche parakératosique, mais d’un papillome à cellules bien différentiées (non plus fœtales), hypertrophiées cette fois, avec exoplasme intact. De plus, il revêt en profondeur l’aspect épithéliomateux (présence
dans le derme d’ilots cellulaires composés de 5 à 10 celiules
4 Richon
TS « | | néoplasiques disposées concent: iquement. mais sans processus
de kératinisation et sans formation de vrais globes épidermi-
ques). Enfin, il y a absence de toute cellule dyshkératosique.
— Darier, dans la dernière édition de son Précis de Dermatologie (1923) donne comme description histologique de l'Erythroplasie : « Hyperplasie des bourgeons interpapillaires en largeur et en hauteur avec abrasion superficielle et infiltration cellulaire très modérée, dans la couche superficielle du derme » et dans ce même article il ajoute que « l'Erythroplasie évolue tôt ou tard en Epithélioma spinocellulaire envahissant avec emprise précoce des ganglions correspondants ».
UE Darier, lui-même, (qui a bien voulu examiner nos coupes et que nous remercions bien sincèrement de l'excellent accueil qu'il nous a réservé et de l'appui de sa haute compétence histologique) nous a affirmé avoir obseiwé plusieurs cas d'érythroplasie (non publiés) et dans lesquels il ne retrouvait jamais absolument les mêmes lésions; en particulier il n’a pu personnellement retrouver l'aspect spécial de superficialité du sommet des papilles, qu’il avait lui-même décrit .dans son épithélioma papillaire nu en 1893. Déjà à cette époque,
o) . 2 . . . e d’ailleurs, n’écrivait-il pas : « Nous pensons qu'entre les