‹ La maladie de DarierChapitre 40 sur 41 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Nature de la maladie.

Actuellement, l’hypothèse psorospermique est complètement abandonnée; rien n’autorise pour le moment à supposer un autre parasite; mais la fréquence de l’hérédité, le début souvent précoce de la maladie, son incurabilité, la participation des muqueuses, la conservation de l’état général, peut-être la débilité mentale sont autant de caractères qui conduisent à envisager la maladie de Darier comme l’expression d’une dystrophie générale de l’épiderme. Rien pour le moment ne semble permettre d’y voir avec Pawloff une dystrophie d’origine nerveuse. M. Audry, après d’autres, estime qu’il peut s’agir d’une anomalie congénitale comparable à l’épidermôlyse hérédi-

taire bulleuse, peut-être au psoriasis, à la séborrhée, à certaines ichthyoses. Il n’est pas du tout nécessaire que la maladie apparaisse dès la naissance pour être congénitale. Elle peut se développer beaucoup plus tard, soit spontanément, soit sous l’influence de causes extérieures ou internes complètement indéterminées. Dans cet ordre d’idées, on pourrait la concevoir comme comparable au psoriasis. On a souvent parlé des rapports existant entre la maladie de Darier et d’autres dermatoses; particulièrement, on a vu qu’on l’a rapprochée de l’ichthyose et surtout de l’acanthosis nigricans; on l’a rapprochée aussi du mol luscum contagiosum, mais ces rapprochements sont prématurés; le molluscum contagiosum , maladie sûrement inoculable, n’a de commun avec la dermatose de Darier que des points de morphologie microscopique. L’ichthyose ne lui ressemble que par son incurabilité, et l’acanthosis nigricans, actuellement du moins, s’en différencie nettement par sa pathogénie; de telle sorte que dans l’état actuel de nos connaissances, il nous faut considérer la maladie de Darier comme un type clinique tout à fait autonome, et on doit s’attacher à la distinguer des autres affections beaucoup plus qu’à l’en rapprocher.

Page 1