Evolution
L'évolution de la maladie dans la Race Noire est difficile à préciser, la plupart des malades quittant l'hôpital avant leur guérison définitive pour n'y plus retourner. Il ne semble pas qu'elle doive différer de ce qui a été observé chez l'Européen, malgré la possibilité des localisations extra-cutanées sur lesquelles nous avons insisté. Kaposi dans ses premiers écrits attribuait à l'affection une durée de deux à trois ans. Plus tard il l’estima à cinq ou six ans et finalement, à dix ou vingt ans. En fait, les malades peuvent vivre très longtemps après l'apparition des premiers symptômes ; c'est ainsi que KREN a observé un sujet qui vécût durant quarante-six ans après l'éclosion des premières lésions, ce qui semble constituer un cas unique. Jamais on n'a constaté la régression totale et définitive de la maladie. Par contre, la disparition de certaines lésions est un fait bien connu et démontré. On ne doit donc pas s'étonner si des sujets atteints d'une maladie à évolution aussi lente meurent fréquemment d'une
affection intercurrente.
Il est pourtant certain que la Maladie de Kaposi peut entraîner la mort. Tantôt elle provoque une anémie progressive qui aboutit à la cachexie et au marasme ; tantôt une lésion prend une allure envahissante et se comporte comme un authentique cancer. Le moment où se manifeste cette altération de l'état général est des plus variables. Souvent elle se produit tardivement, mais on l'a constatée, exceptionnellement il est vrai après
deux ans déjà.