‹ La maladie de la fille de Saint-GéosmesChapitre 2 sur 6 · LAQUELLE DEPUIS PLUSIEURS · texte numérisé non relu

LAQUELLE DEPUIS PLUSIEURS

années , jettoit des Pierres , tctntôt par la bouche , tantôt par la voie des urines , et à qui on en a tiré de la Vessie à douze reprises différentes ,

Par M. Morand, Ecuyer, Docteur-Régent de la Faculté de Médecine de Paris, Professeur d' Anatomie, et de l'Art des Accouchements, pour les Sages-Femmes (1).

L'épigraphe empruntée à Hippocrate donne la note exacte de cette étude. Rien n’est affirmé à la légère et rien n’est négligé.

Le style indique un rare souci de la forme littéraire. Il est clair, simple et d'une grande précision. Morand, par éducation, attachait une haute importance à la pureté de la langue scientifique. Son père avait écrit un Discours pour prouver qu’il est nécessaire à un chirurgien d’être lettré (Paris, 1743) où se trouvent des réflexions et des conseils qui gagneraient à être répandus aujourd’hui encore.

L’histoire de la Fille de St-Géosmes reçut un accueil des plus flatteurs auprès de la Faculté. Dans l’approbation qui accompagne le volume on lit le passage suivant :

« L’observation est en général ce qu’il y a de plus utile en médecine, parce que c’est ce qu’il y a de plus certain ; mais il faut qu’elle soit exacte et fidèle, surtout dans les faits rares et extraordinaires, sans quoi L'observation n’est plus qu’erreur populaire, crédulité vulgaire, admiration vaine, superstition, et souvent supercherie et intérêt. C’est ainsi que M. Morand, notre collègue, en juge éclairé par les lumières de la physique, de l’anatomie et de l’économie ani-

(1) A Paris, chez Delaguette, imprimeur, rue St-Jacques, à l’Olivier, MDCCLIV.

NOUVELLE ICOlSOGHAPtJlE DE LA SALPETRIERE

male, de la pratique, et même de l’histoire naturelle, a travaillé à désiller les yeux à toute une province étonnée d’une prétendue maladie extraordinaire. Son recueil ne peut donc qu’être fort utile aux médecins et au public :

« Aux médecins, en leur indiquant combien il faut se défier des choses extraordinaires, et comment il faut procéder pour constater une vérité ou démasquer le mensonge ; au public, en lui apprenant combien il faut se tenir en garde contre fa surprise et la crédulité, suite de l’ignorance, et à qui il faut s’adresser dans tous les faits qui paraissent surpasser les forces de la nature ».

Ces louanges ne sont pas au-dessus de la vérité.

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