ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Depuis longtémps déjà, on sait que les lésions principales de la trypanosomiase sont constituées par des lésions des méninges et de l’'encéphale.
En effet, à l’autopsie d’un sujet mort de maladie du sommeil, on constate une méningo-encéphalite diffuse plus ou moins marquée. Parfois, tout se borne à une simple congestion, à un léger degré d'hyperhémie. D'autres fois, au contraire, il y a une injection abondänte des petits vaisseaux. Un exsudat a suinté autour d'eux ; du côté des méninges, on note, en outre, un épaississement parfois considérable. Des adhérences peuvent se produire entre elles et la matière cérébrale, de sorte que si l’on veut essayer de les détacher en les décollant, la substance nerveuse se déchire et sui les membranes. Les circonvolutions sont ramallies et plus ou moins aplaties. !
De plus, on constate une augmentation du liquide céphalorachidien. Ce liquide est, en général, pâle, mais quelquefois aussi trouble ou puriforme. Si on le centrifuge, l'examen microscopique y décèle de nombreux monoculéaires et des trypanosomes, mais en assez petite quantité, moindre que dans le sang. Les ventricules sont dilatés.
Près des sillons qui se trouvent entre les circonvolutions, et surtout le long des vaisseaux, on voit qu'il y a une infil-
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tration de mononucléaires dans le tissu nerveux du cerveau, de la protubérance, du bulbe et de la moelle.
Les autres organes sont susceptibles de présenter des altérations variées.
Le cœur est souvent petit et mou, il montre quelquefois des lésions d’endocardite.
Les poumons sont en général congestionnés, hyperhémiés, les vaisseaux sont dilatés et les alvéoles, surtout ceux des
bases, contiennent un exsudat où l’on peut déceler la pré-
sence de microbes variés, qui font songer à des infections secondaires.
Les séreuses, elles aussi, sont atteintes. Le péricarde peut être le siège d’un épanchement dans lequel l'examen microscopique à l’aide des procédés habituels montre la présence des trypanosomes.
La plèvre aussi peut contenir du Hot et le péritoins
peut être le siège d’ascite.
Ces lésions des organes peuvent être le fait d’affections intercurrentes.
Ce qui paraît être plus spécial à la maladie qui nous occupe, c’est d’abord l'augmentation de volume des ganglions lymphatiques qui peuvent former des masses énormes. Si l’on ponctionne la Ilymphe qu'ils contiennent, on peut y montrer presque constamment de nombreux parasites. D'après certains auteurs, cet examen serait beaucoup plus souvent positif que celui du sang ou du liquide céphalorachidien. |
Le foie est gros et pigment.
La rate peut être énorme, et cela tient peut- être au rôle que MM. Rodet et Vallet lui ont assigné dans la défense de lorganisme contre l'infection des trypanosomes.
Les intestins sont congestionnés. On peut y observer des ankylostomes et des ascarides lombricoïdes.
Les reins, en général, sont sains.
La glande thyroïde serait dégénérée et sa fonction troublée (Lorand).
Le sang présente une diminution considérable des globules rouges.
Ces lésions que nous venons de décrire semblent suffisantes pour expliquer les symptômes que l’on constate au cours de l'affection. Celles du système nerveux expliquent bien la somnolence, le tremblement, les crises, etc. Celles des divers organes expliquent les troubles que l’on observe dans les diverses formes cliniques et au cours des complications.
Lorand, de Carlsbad, explique les symptômes de la maladie,
par une dégénérescence de la glande thyroïde. Pour étayer sa théorie, il se base sur ce fait que, dans les cas d’insuffisance thyroïdienne on constate avant tout de Ia somnolence, tandis que dans l’hyperthyroïdie (maladie de Basedow), on. voit surtout de l’insomnie.
: En outre, l’auteur a eu un succès relatif chez un malade au sommeil qu'il a traité par l'extrait thyroïdien. « Le sommeil, ajoute-t-il, appartient à ces fonctions que nous placons dans l'écorce cérébrale, d’après nos connaissances actuelles de physiologie ; ainsi, l'intelligence, la faculté d'imagination, la mémoire, la volonté, etc., toutes les fonctions sont troublées en cas d’altération de la thyroïde, et -quant au sommeil, il ne peut être douteux que son fonctionnement régulier est influencé par la thyroïde, de même que les autres fonctions de l'écorce cérébrale. Ce sont surtout ces fonctions qui sont altérées dans la maladie du sommeil. Il y a donc lieu d'attribuer la maladie du sommeil à la dégénérescence de la thyroïde, suite de l’action des toxines des trypanosomes sur cet organe. » |
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