‹ La Maladie Du Sommeil Et Son TraitementChapitre 14 sur 20 · DIAGNOSTIC. — PRONOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC. — PRONOSTIC

Deux cas peuvent se présenter : ou bien on observe la trypanosomiase dans un pays où elle est endémique et alors le diagnostic est en général facile, ou bien on a affaire à un cas isolé, se présentant soudain dans un pays indemne jusque-là, et alors le diagnostic peut être hérissé de grandes difficultés. La somnolence, précédée de fièvres rémittentes réfractaires à la quinine, l’'engorgement ganglionnaire, les troubles oculaires, les œdèmes, les éruptions plus ou moins prurigineuses, doivent faire porter le diagnostic. Mais la difficulté proviendra, dans la plupart des cas, de ce que le médecin ne songera pas à l'affection. En second lieu, si celle-ci affecte une des formes frustes dont nous venons de parler, si elle se complique d'une maladie intercurrents, les symptômes de la maladie surajoutée pourront égarer le diagnostic.

C'est avec le paludisme que la maladie du sommeil est le plus volontiers confondue. On l’éliminera en songeant que les accès sont intermittents, que la fièvre cède à la quinine, et qu'elle a son maximum 16 matin plutôt que le soir ; enfin, l'examen du sang révèlera la présence de nombreux hématozoaires. |

La syphilis présente beaucoup d'analogies avec la maladie du sommeil, On la rejettera par l'examen direct du malade,

BEN rt RES qui ne montrera aucune cicatrice de chancre, dont les éruptions cutanées seront plus larges que celles de la syphilis, dont les céphalées seront aussi bien diurnes que nocturnes. Enfin, l'examen microscopique ne montrera pas le Treponema de Shaudinn.

Le tremblement pourra faire penser à la sclérose en plaques, où à la paralysie générale ; l'incoordination et le signe de Romberg au tabes ; l’incontinence d'urine et de fèces, l'état de torpeur aù gâtisme. Le coma, s'accompagnant du rythme respiratoire de Cheyne-Stockes pourra en imposer pour le coma urémique. Enfin, un diagnostic qui sera parfois difficile sera celui qu'il faudra faire avec Île, goître exophtalmique. Cette maladie, en effet, s'accompagne, comme la maladie du sommeil, de tachycardie, de tremblement, de troubles de l'intelligence et de la mémoire, de saillie des globes oculaires. Mais dans ce cas, l'insomnie remplace en général la somnolence.

Le sommeil peut encore être pris pour le sommeil hystérique.

Les tumeurs cérébrales, les méningites, pourront donner lieu à une symptomatologie un peu analogue.

Mais dans tous ces cas, il suffira de rechercher les signes propres à chacune de ces affections pour se rendre compte de leur absence. Pour peu alors que l’on soupçonne que le malade a vécu autrefois dans un pays à tsé-tsé, il faudra penser à la trypanosomiase et en rechercher les divers symptômes. Si le doute subsiste, il faudra avoir recours au laboratoire pour examiner le sang, le liquide céphalo-rachidien, mais surtout la lymphe des ganglions pour y déceler le parasite. On fera aussi l'épreuve de l'auto-agglutination ; on pourra même, si ces procédés ne suffisent pas, inoculer les liquides de l'organisme supposé infecté à des animaux, pour voir chez eux évoluer la maladie.

RARE PRoNosTic. — Le pronostic de la maladie du sommeil était jadis extrêmement sévère, car la thérapeutique était désarmée. Les auteurs la considéraient comme toujours mortelle. Actuellement, il n’en est pas ainsi, et à la condition que les malades soient traités d'une manière opportune, beaucoup guérissent ou du moins évitent les accidents et les com- | plications. Le traitement doit être continué après que la re- | cherche des trypanosomes a été négative dans les divers liquides où on le trouve habituellement, et il doit être recom-

mencé, dans la suite, à différentes reprises.

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