RÉSUMÉ
Fièvre quarte.
i*^ Le parasite accomplit son cycle en 3 jours, c'êst-à-dire en 72 heures.
2° Les mouvements amiboïdes sont lents ; le parasite ne change presque pas de forme sous les yeux de l'observateur.
3° La pigmentation est formée par des granulations grosses, peu mobiles, très foncées.
40 La taille maxima du parasite ne dépasse pas celle d'une hématie. Il ne décolore pas le globule, et ne détermine jamais son
hypertrophie ; aussi, s'y détache-t-il très bien, ce qui le rend facilement observable à l'état frais.
5° Le nombre de mérozoïtes formés varie généralement entre 8 et 12.
Fièvre tierce.
1° Le parasite accomplit son cycle en deux jours, c'est-à-dire en 48 heures.
2" Les mouvements amiboïdes sont très prononcés ; le parasite changé sans cesse de forme sous les yeux de l'observateur.
3° La pigmentation se présente sous forme de fines granulations brun clair, très mobiles.
4" La taille adulte du parasite dépasse celle d'une hématie ; le globule hébergeant s'hypertrophie et se décolore, d'où difficulté de percevoir le parasite dans le globule à l'état frais. Le contour de la plasmodie se différencie mal du stroma globulaire décoloré ; ce qui fait qu'un parasite intra globulaire est parfois pris pour une plasmodie libre, extraglobulaire.
5° Les mérozoïtes formés sont généralement plus nombreux, mais plus petits que ceux du parasite de la fièvre quarte. Ils sont de 14 à 20.
60 Les gamètes tertiaires sont plus grandes et plus nombreuses que celles du parasite de la fièvre quarte.
Fièvre tropicale.
I" La durée du cycle de la plasmodie n'est pas encore incontestablement fixée, parce que la « sporulation » s'accomplit exclusivement dans les organes internes. Toutefois les observations de Koch semblent démontrer qu'il s'agit d'un type tierce.
2° Les mouvements amiboïdes du parasite sont vifs.
3« La pigmentation est formée par de très fines granulations.
40 Le parasite ne dépasse jamais en taille le 1/4 ou le i/5 du diamètre d'un globule rouge.
5° Les gamètes ont une forme caractéristique en croissant. Une seule de ces gamètes dans une préparation, suffit pour assurer le diagnostic de fièvre tropicale.
Chap. VI. - DIAGNOSTIC MICROSCOPIQUE DE LA MALARIA.
Le diagnostic delà malaria par l'examen microscopique du sang est le seul qui ait une valeur réelle et irréfutable. La clinique nous montre, en effet, que le symptôme « fièvre intermittente » n'appartient pas en propre à la malaria, mais peut se présenter dans différents autres états morbides. Pour assurer avec une entière certitude le diagnostic de malaria, l'examen microscopique du sang constitue donc une nécessité. L'observation dans un globule rouge d'un seul des parasites que nous avons décrits, suffit pour emporter le diagnostic ; car ces parasites se rencontrent uniquement et exclusivement dans le sang des impaludés.
Différentes méthodes permettent d'arriver à ce diagnostic :
Examen du sang à l'état frais.
Après avoir piqué aseptiquement la pulpe du doigt ou le lobule de l'oreille d'un malarique, on applique délicatement sur la goutte de sang qu'on voit sourdre après la piqûre, un couvre-objet bien propre, et on laisse ensuite tomber celui-ci sur une lamelle porte-objet, de façon à permettre au sang de s'étaler en couche mince entre les deux lames de verre ; il est nécessaire pour cela, que la goutte de sang recueillie ne soit pas plus grosse que la tête d'une épingle. Aussitôt après l'étalement du sang, on entoure la préparation de vaseline ou de paraffine ; on obtient ainsi une chambre humide à l'abri de toute évaporation, et qui permettra l'observation des mouvements amiboïdes et des corps flagellés. Pour activer l'amiboïsme, on pourra chauffer et maintenir la préparation à une température de 3g à 400.
Coloration vitale des plasmodies.
Il existe un procédé qui permet de colorer les plasmodies vivantes. Pour ce faire, on préempte sur le bord d'une lamelle couvre-objet, une goutte d'une solution
aqueuse concentrée et filtrée de bleu de méthylène. On applique ensuite ce même bord de la lamelle sur un second couvre-objet la goutte de bleu de méthylène étant comprise dans l'angle aigu qu'on A forme entre les deux lamelles. On fait ensuite glisser / la première A sur la seconde B, de façon à étaler la / goutte de matière colorante en couche excessivement
A mince. Lorsqu'elle est bien étalée et sèchée, cette
^ FiG. 28 couche est presque invisible. On dépose ensuite sur cette lamelle ainsi préparée et bien séchée une goutte de sang, qu'on laisse s'étaler entre elle et un porte-objet ; on entoure la préparation de vaseline. Les plasmodies et les éléments du sang gardent lontemps leur vitalité.
Pour faire des préparations de sang durables, il faut observer certaines règles concernant la captation du sang et son étalement. Captation du sang.
Il n'est pas nécessaire, avant de faii'e la piqûre, de laver le doigt ou le lobule de l'oreille avec de l'acide phénique, de l'alcool et de l'éther, précautions qui sont de rigueur quand on se propose de faire des cultures de microorganismes empruntés au sang. Ces agents chimiques déforment facilement les globules rouges. Il vaut mieux se contenter de laver soigneusement le doigt à l'eau, et de le laisser ensuite bien sécher. Il ne faut pas craindre de faire une piqûre profonde ; une piqûre superficielle n'amenant généralement que du sang veineux et de la sérosité. Cette piqûre se fait au moyen d'une aiguille aseptique.
Les lamelles de verre sur lesquelles on se proposera de recueillir le sang, seront nettoyées à l'alcool et à l'éther, de façon à être débarrassées complètement des enduits graisseux qui pourraient les souiller.
Etalement du sang.
Cet étalement peut se faire de différentes manières : a) On pourra étaler le sang sur un porte-objet B au moyen d'un couvre-objet A (fig. 28) comme nous venons de l'expliquer pour la coloration vitale ; mais la goutte de bleu de méthylène sera remplacée par une goutte de sang.
b) On pourra également étaler le sang entre deux lamelles, de la façon suivante : on appliquera le milieu d'un couvre-objet tenu en main par l'intermédiaire d'une pince, sur la goutte de sang que l'on désire examiner, en opérant assez habilement pour que la goutte de sang préemptée ne dépasse pas la grosseur d'une tête d'épingle. On approchera de cette lamelle une autre lamelle tenue de l'autre mam, également par l'intermédiaire d'une pince. On déposera ensuite délicatement la première lamelle sur la seconde, de façon à ce que la goutte de sang puisse s'étaler en couche mince entre les deux ; on fera en sorte que les deux lamelles ne se recouvrent pas complètement. Au bout de quelques secondes, saisissant chaque lamelle par une pince, de telle sorte que le grand axe de celles-ci se trouve sur une même ligne droite, on sépare les deux lamelles en les faisant glisser légèrement l'une sur l'autre ; il suffit, à cet effet, de tirer sur les deux pinces en sens contraire.
c) Enfin, un troisième procédé, très recommandable à cause de sa facilité et de sa simphcité, consiste à saisir la goutte de sang à examiner au moyen d'un morceau de papier à cigarettes uni et non rayé; d'appliquer rapidement celui-ci sur un couvre-objet tenu de l'autre main par une pince, et de l'attirer à soi de façon à provoquer l'étalement du sang sur cette lamelle de verre.
Ces différents procédés d'étalement du sang ont pour but de fournir à l'examen, des couches de sang très minces, où la superposition des globules fait défaut.
Lorsque le sang aura ainsi été étalé, on le laissera sécher. On pourra hâter ce processus, en chassant de l'air à la surface des lamelles, au moyen d'une poire en caoutchouc.
Fixation du sang.
Le sang étalé et séché devra être fixé. Cette fixation pourra s'obtenir par :
a) La chaleur, en chauffant la préparation pendant un temps variant de lo minutes à 2 heures, à une température de iio à 1200 centigrades.
b) Alcool absolu. C'est la méthode la plus employée. Les lamelles de sang sont abandonnées dans l'alcool absolu pendant un quart d'heure au moins, mais de préférence pendant plusieurs heures.
On peut encore laisser agir jusqu'à évaporation, une ou deux gouttes d'alcool sur la lamelle enduite de sang.
^c) Alcool-Ether. Le fixage se fait ici dans parties égales d'alcool et d'éther. La préparation reste plongée dans ce mélange pendant un temps variant entre lo minutes et 2 heures. Coloration du sang et des plasmodies.
Un certain nombre
de procédés, dont nous allons passer les principaux en revue, ont été successivement préconisés.
A) Procédés de coloration avec une seule matière