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COLORANTE

Procédé de Manson. Ce procédé est un des premiers en date. Il consiste à abandonner la lamelle de sang pendant quelques minutes, dans la solution suivante :

Bleu de méth3dène gr. 2 Borax gr. 5

Eau distillée gr. gS

Laver à l'eau ; sécher ; monter dans le baume de Canada. Les plasmodies sont colorées en bleu. Ce procédé est mauvais i)arce qu'il surcolore toujours. Pour obvier à cet inconvénient, Koch le modifia comme suit :

Procédé de Koch. On se sert de la solution précédente ; mais, on la dilue avec de l'eau jusqu'à ce que, sous l'épaisseur d'un centimètre, cette dilution devienne un peu transparente ; on plonge plusieurs fois la préparation dans cette dilution, puis on la lave à l'eau jusqu'à ce qu'elle prenne une teinte bleu-vert (i). Sécher. Monter dans le baume. •

Procédé de Marchoux. Plonger la préparation de sang pendant quelques secondes dans la solution suivante :

Solution saturée de thionine dans alcool à 60" 20 cm" Eau phéniquée k 2 ^jo 100 —

Cette solution ne peut être emplo3'ée qu'au bout de i5 jours. Au sortir du bain colorant, laver à l'eau ; sécher ; monter dans le baume. Les

(i) Koch. Ergebnisse der Malaria expédition. Deutsche mcd. Wochenschr. 11° 4g. 1900.

noyaux des globules blancs et les hématozoaires prennent une teinte rougeàtre ou d'un rouge violacé, (i)

B) Procédés a double coloration.

Eosme-bleu de méthylène. Colorer deux ou trois minutes, en chauffant légèrement, dans une solution alcoolique d'Eosine à 1/2 "/o. Sans laver, plonger plusieurs fois la préparation dans une solution aqueuse de bleu de méthylène à i «/o Laver à l'eau, sécher, monter dans le baume de Canada. Par ce procédé très simple, tantôt le bleu de méthylène surcolore ; tantôt il ne colore pas assez ; c'est pourquoi, il est nécessaire de contrôler la marche de la coloration du bleu au microscope, en examinant de temps en temps la préparation au sortir de l'eau au moyen d'un objectif sec. Ce contrôle est d'ailleurs applicable à tous les procédés ; car dans les préparations surcolorées, les plasmodies se distinguent difficilement.

Procédé de Chenzinsky. Placer la préparation de sang, face en bas (2) (afin d'éviter les dépôts) dans un récipient contenant la solution suivante :

Solution aq. conc. bleu de méthylène 40 cms'

Solution d'Eosine 1/2 0/0 dans alcool à 70° 20 — Aq. distill. 4° —

Le récipient contenant le mélange colorant et la préparation sera porté à l'étuve chauffée à 25 à 30°, et y sera laissé de 6 à 24 heures.

A la rigueur, on peut colorer à froid pendant 24 heures, et même à chaud pendant i5 minutes; mais dans ce dernier cas, les images sont moins nettes, et n'ont pas cette extrême finesse de la coloration lente.

Ce procédé n'exige qu'une fixation de quelques minutes dans l'alcool absolu. La solution de Chenzensky se décompose facilement, forme des dépôts, et donne lieu à des échecs fréquents ; aussi, faut-il filtrer avant chaque usage.

(1) Marchoux. Le paludisme au Sénégal. Anu. iiistit. Pasteur. 1897.

(2) Cette précaution est de rigueur pour tous les procédés qui suivent.

Procédé de Plehn. Plehn a modifié la formule de Chenzinsky comme suit :

Solution aq. conc. de bleu de méthylène 60 gis.

Solut. Eosine 1/2 0/0 dans alcool à 700 Eau distillée

Lessive de potasse à 20 0/0 Le bleu de méthylène surcolore presque toujours.

C) Coloration de la chromatine nucléaire.

a) Procédé de Grassi et Feletti. Ces deux auteurs italiens ont vu les premiers le nucléole chromatique dos parasites malariens : ils déposaient une goutte d'une solution très diluée de bleu de méthylène ou de fuchsine sur un porte-objet : ils appliquaient un couvreobjet muni d'une gouttelette de sang malarique sur ce porte-objet, et le relevaient et le réappliquaient plusieurs fois de suite : ainsi la matière colorante se mélangeait intimement au sang, et colorait la substance chromatique des parasites.

b) Procédé de Romanowsky (i). Tous les procédés que nous venons de décrire colorent les plasmodies uniformément, et a part le procédé

^ des deux auteurs italiens précédents, toutes ces colorations ne montrent aucune différenciation nucléaire ; c'est à l'auteur russe que revient l'incontestable mérite d'avoir montré la possibilité d'une coloration nette, évidente de la chromatine : la découverte de Romanowsky a été le point de départ de toutes ces merveilleuses colorations doubles au bleu de métliylène et à l'éosine, de toute l'histologie les plus belles peut-être qu'il nous soit donné d'observer sous le microscope.

Romanowsky se servit d'abord d'une solution aqueuse concentrée de bleu de méthylène et d'une solution aqueuse d'éosine à I °/o : il filtrait un volume de la première solution et le mélangeait à deux volumes de la seconde : la coloration durait 2-3 heures.

Le dépôt formé par le mélange de ces deux solutions était considérable, et abîmait irrémédiablement les préparations : aussi

(1) Romanowsky. — Zur Frage der Parasitologie uud Thérapie der Malaria 1891.

l'auteur russe préféra-t-il bientôt un mélange où ce dépôt était moins prononcé ; à cet effet, il mélangea, à volumes égaux, une solution aqueuse d'éosine à 1/2 "/o et une solution concentrée de bleu de méthylène diluée avec la 1/2 de son volume d'eau.

Les lamelles préalablement fixées, pendant au moins 1/2 heure, par la chaleur à io5o-iioo c, étaient plongées dans ce bain pendant 24 heures.

Ce procédé donne des résultats parfois très beaux, mais très inconstants ; Romanowsky démontra que le mélange du bleu de méthylène, couleur basique, et de l'eosine, couleur acide, produisait un précipité d'une 3^ substance colorante, neutre celle-là, et qui possède une très grande affinité' pour la chromatine nucléaire : c'est précisément ce précipité abondant sur les couvre-objets, dépôt ineffaçable, qui amène les échecs si fréquents.

c) Procédé Ziemann (i). La technique précédente ne fut suivie que par quelques auteurs, par Gautier et Saccharoff notamment, jusqu'au jour où Ziemann la rendit plus sûre, plus constante dans ses résultats.

Grâce à des essais nombreux et habilement conduits, l'auteur allemand démontra que tous les bleus de méthylène ne sont pas applicables à cette coloration : le bleu de méthylène doit être chimiquement pur, dépourvu avant tout de tout chlorure de zinc ; le bleu de méthylène rectifié d'Erlich préparé par la firme Griibler, et le bleu de méthylène de la fabrique de Hôchst mélangés à l'eosine BA et AG de cette dernière provenance, donnent d'excellents résultats.

Un gramme de Methylen-Blaù med. puriss. (Hôchst) est ajouté, peu à peu et en agitant, à 100 grs d'eau distillée bouillante ; la solution pourra être employée déjà au bout de 24 heures, pendant lesquelles on aura soin de l'agiter pour aider la dissolution parfaite du bleu. Cette solution doit être filtrée avant chaque emploi.

Un gramme d'éosine bien pesé, est ajouté à 100 grs d'eau chaude, et au moyen de cette solution à i 0/0 on se préparera une solution extemporanée d'éosine à 0,1 »/o. Cette solution est Hmpide et ne doit pas être filtrée avant son emploi :

Ziemann démontra que la substance colorante neutre, produite

(i) Ziemann. — Ueber Malaria und andere Blutparasiten. lena 1898.

— go —

par le mélange de ces 2 solutions est soluble dans un excès de la première ou dans un excès de la seconde et qu'ainsi elle perd tout pouvoir colorant. Dans le premier cas, le bleu de méthylène seul colore, notamment le protoplasme des lymphocytes et les noyaux des autres leucocytes. Dans le second cas, tous les noyaux restent incolores et seuls les globules rouges se colorent par l'eosine.

Il importe donc d'obtenir, en procédant par tâtonnement, un certain mélange des 2 matières colorantes, mélange dans lequel cette Se matière colorante ne se dissout plus.

Il faut donc, une fois pour toutes, établir par tâtonnements, les proportions qu'il faut employer des deux solutions pour obtenir la coloration chromadque désirée ; pour opérer ce titrage, on procède à l'instar de Ziemann de la façon suivante : on dispose quelques godets concaves les uns à la suite des autres ;

Dans le i^'', on mélan8:e 2 ctm' de la sol. de bleu et 6 ctin^ de la sol. d'eosine 2° » 2 ctm' » •) 8 ctm-'' » »

3^ » 2 ctm^ » » ;octm' » »

4e 2 ctm' » ■• 12 ctm'' ') »

5" '> 2 ctm' » » 14 ctm'' »

5'' » 2 ctm' )) » 16 ctm^ » »

Les deux solutions doivent être exactement mesurées au moyen de pipettes graduées, et soigneusement mélangées pendant deux minutes ; dans chaque godet, on déposera une lamelle recouverte d'une pellicule de sang quelconque, préalablement fixée dans l'alcool absolu pendant 2o-3o minutes ; on contrôlera la marche de la coloration de 1/4 d'heure en 1/4 d'heure ; le mélange qui montrera la plus belle coloration violet-carmin des no5'^aux des leucocytes sera celui qui servira de base pour le titrage de toutes les solutions à employer ultérieurement. Toutefois, il sera prudent de recontrôler de mois en mois ce titrage, par de nouveaux essais ; la proportion favorable des deux matières colorantes variant quelque peu avec l'âge de la solution du bleu de méthylène.

Généralement, on trouvera la proportion de deux volumes de la solution de bleu de méthylène pour 8-14 volumes de la solution d'eosine : la meilleure coloration s'obtient au bout de 20-40 minutes.

Le titrage des deux solutions étant établi, on procédera de la façon suivante pour colorer les plasmodies :

jo Etaler le sang, en couche excessivement mince, sur un couvre-objet ;

2° fixer cette lamelle dans l'alcool absolu pendant ^o-3o minutes ; 3° sécher cette lamelle ;

4" opérer soigneusement le mélange des proportions des deux matières colorantes, proportions trouvées antérieurement par le titrage.

50 Plonger la lamelle couverte de sang, face en bas, dans ce mélange : colorer pendant 20-40 minutes ;

6" laver la préparation sous un filet d'eau. 70 Sécher et monter dans le baume.

Dans une préparation bien faite, tous les globules rouges seront colorés en rose ; le protoplasme des lymphocytes et des cellules mononucléaires de transition en bleu pâle ; le^ .protoplasme des cellules neutrophiles en rose pâle, les plaquettes, sanguines et les noyaux de tous les globules blancs en violet carmin ; Je protoplasme des parasites malariens en bleu tendre, et leurs noyaux en carmin violet.

Depuis la publication de Ziemann, la coloration des parasites malariens par le mélange de Romanowsky a été l'objet de laborieuses recherches, et nombreuses sont les techniques qui ont été préconisées ; celles-ci varient d'auteur à auteur, et ne sont que des modifications sans importance de la technique de Ziemann. Toutefois, il importe de mentionner ici que c'est Nocht qui trouva le principe colorant de la chromatine, qui fait la caractéristique de la méthode de Romanowsky-Zièmann ; ce principe colorant est le rouge du bleu de méthylène (methylen-blau roth). Il peut s'extraire d'une solution de bleu de méthylène, au moyen du chloroforme : si on; agite un mélange de chloroforme et de solution de bleu de méthylène, le chloroforme pourra se colorer en rouge bordeaux ; s'il en advient ainsi, c'est que la solution de bleu de méthylène contient le principe colorant de la chromatine, et dans ce cas, la solution se trouve appropriée à la coloration des plasmodies ; il ne reste plus qu'à chercher en quelle proportion il faut la mélanger à la solution d'eosine. On peut d'ailleurs s'assurer du pouvoir colorant chromatique de la solution sans recourir à cet essai : il suffit d'agiter le récipient qui contient la solution de bleu de méthylène ; s'il n'y a pas de rouge chromatique, le verre du récipient prendra une coloration simplement bleue audessus du niveau du liquide, et une coloration violette, dans le cas contraire.

Ce rouge du bleu de méthylène se forme, ainsi que le démontra Nocht, soit avec l'âge de la solution, soit par un chauffage à 60-66° c. pendant plusieurs jours. Aussi les solutions fraîches, non chauffées, ne conviennent-elles pas à la méthode de Ziemann. On peut encore hâter cette formation du rouge, en ajoutant à la solution de bleu de méthylène un peu de borax ou de bicarbonate de sodium.

De toutes les modifications de la méthode de Ziemann, nous n'en indiquerons que deux, recommandables à cause de leur constance et de leur simplicité.

d) Procédé de Leishnan (i). Leishman se sert des deux solutions suivantes :

Solution A. — Médicinal Methylen Blau de Grubler : i gramme ; eau distillée 100 c. c. ; bicarbonate de soude ogr,5o.

Solution B. — Rosine extra B. A. de Griibler : 1 gramme ; eau distillée 100 c. c.

La solution de bleu de méthylène ne pourra être employée qu'après avoir été exposée à un fort soleil pendant deux jours, ou après être restée pendant huit jours dans une chambre chaude. Toutefois, Leishman lui-même conseille de n'employer le mélange colorant qu'une semaine ou deux après qu'il aura été préparé et chauffé. Pour prévenir la formation de moisissures, on peut ajouter à la solution ogr,25 de formaline pour mille.

Quand on veut colorer des lainelles de sang fixé, on prépare deux récipients dans l'un desquels on dilue une partie de la solution A avec 25 parties d'eau distillée ; tandis que dans l'autre récipient, on fait, dans les mêmes proportions une dilution de la solution B. On réalise le plus facilement cette dilution en laissant tomber dans deux verres de montre, au moyen d'une pipette, une goutte de la solution colorante, et 25 gouttes d'eau. La même pipette ne pourra servir pour les deux matières colorantes. Il faudra veiller également à ce que la goutte fournie par chaque pipette soit de volume égal. La préparation de sang à colorer étant placée dans un S"^ verre de montre, on renverse en même temps sur cette préparation le contenu des verres de montre contenant les dilutions des solutions A et B. C'est au moment du mélange des deux solutions que la porduction

(i) Britisch médical Journal. 16 Mars 1901.

de teinture rouge violet qui doit colorer la chromatine nucléaire agit avec le plus d'intensité. On agite ensuite pendant quelque temps le mélange ; et, lorsque celui-ci est intimement assuré, on a som, avant d'abandonner la lamelle au fond du verre, de s'assurer qu'elle se trouve placée pellicule en dessous.

Au bout d'une demi heure, la préparation est extraite du liquide colorant et examinée dans l'eau. La coloration est suffisante si les noyaux des globules blancs et les plaquettes sanguines apparaissent

colorés en rouge rubis.

En cas de surcoloration, Leishmann recommande de laver la préparation à l'eau, et de la rincer ensuite pendant deux ou trois secondes dans l'alcool absolu ; ou bien de laver la préparation sous un robinet d'eau, ou bien encore de l'abandonner pendant une demi heure dans un récipient contenant de l'eau.

La préparation étant ainsi lavée, est séchée, puis montée dans le baume de Canada. Il est regrettable qu'on n'ait point jusqu'ici trouve une substance plus favorable que cette dernière, qui altère considérablement l'éclat de la couleur rouge rubis.

Le procédé de Leishmann est éminemment recommandable. Il donne, en cas de réussite, des préparations merveilleuses. Nous croyons toutefois pouvoir présenter les observations suivantes :

Nous avons observé plus d'une fois que la coloration voulue pouvait être obtenue en moins d'une demi heure ; parfois en dix minutes. Le rinçage dans l'alcool a décoloré complètement nos préparations. Nous conseillons également d'observer de près le lavage à l'eau. Il nous a semblé que le procédé n'était pas recommandable pour les vieilles préparations. Enfin, nous dirons que si le titrage de I à 25 est celui qui permet le plus souvent d'obtenir la coloration désirée, il arrive pourtant qu'il faille modifier parfois ce titrage. Le bleu de méthylène en vieillissant gagne toujours en pouvoir colorant, parce que l'alcalinité de la solution s'accentue avec l'âge.

e) Procédé de Laver an (i). «1° Bleu de méthylène à l'oxyde d'argent ou bleu Borrel. Dans une fiole de i5o centimètres cubes

(i) A. Laveran. Sur une mélliode de coloration des noj'aux applicables en particulier à l'étude des Hématozoaii^es endoglobulaires. Comptes rendus de la Société de biologie, g juin igoo.

environ, on met quelques cristaux d'azotate d'argent et 5o à 60 centimètres cubes d'eau distillée; quand les cristaux sont dissous, on :empht la fiole avec une solution de soude et on agite ; il se forme un précipité non- d'oxyde d'argent, qui est lavé à plusieurs reprises a 1 eau distillée, de manière à enlever l'azotate de soude et l'excès de soude. On verse alors sur l'oxyde d'argent une solution aqueuse saturée de bleu de méthylène préparée avec du bleu de méthylène medicmal de Hôchst ; on laisse en contact pendant sept à huit jours en agitant à plusieurs reprises.

« 20 Solution aqueuse d'éosine à i p. 1000 (éosine soluble dans l'eau, de Hôchst).

« 3° Solution de tanin à 5 p. 100.

II est bon de mettre dans les fioles qui contiennent les solutions d'éosine et de tanin de petits morceaux de camphre, afin d'empêcher la production des Moisissures.

a Pour colorer une préparation de sang, on procède comme il suit :

« Le sang desséché en couche mince à la surface d'une lamelle couvre-objet est fixé par l'alcool absolu (20 minutes environ).

« On prépare, au moment de s'en servir, le mélange colorant d'après la formule suivante :

Solution d'éosine à i p. 1000 .... 4 centimètres cubes

Eau distillée 6

Bleu Borrel ' . . . i —

« On se sert pour préparer ce mélange d'une petite éprouvette graduée ; les solutions d'éosine et de bleu de méthylène sont filtrées séparément au moment où l'on fait le mélange ; on agite avec une baguette de verre, et l'on verse le liquide colorant dans un godet de porcelaine. La lamelle sur laquelle le sang a été desséché est placée à la surface du liquide, de manière à ce qu'elle surnage pendant que la coloration s'opère.

« Si le sang a été desséché sur une lame porte-objet, on colore dans une boîte de Pétri, par exemple, en aj'^ant soin de placer la surface recouverte de sang de manière à ce qu'elle baigne dans la partie supérieure du liquide, sans que le précipité qui se forme toujours plus ou moins rapidement vienne s'accumuler à sa surface.

« Si le sang a été recueilli récemment, il suffit pour la coloration de la chromatine de la plupart des Hématozoaires et notamment de l'Hématozoaire du paludisme, de laisser la préparation pendant cinq à dix minutes dans le liquide colorant. Pour la coloration de la chromatine des Hématozoaires endoglobulaires des Oiseaux et des flagelles, il est nécessaire de laisser les préparations pendant plusieurs heures et quelquefois pendant douze heures dans le bain colorant.

« Lorsque le sang est desséché depuis longtemps, la coloration se fait plus lentement que lorsque la dessication est récente ; j'ai réussi cependant à obtenir de bonnes colorations de la chromatine des Hématozoires du paludisme dans des préparations de sang qui dataient de plusieurs années.

« Pour la durée de la coloration, quelques tâtonnements sont inévitables, car cette durée varie avec la nature des Hématozoaii^es, avec le temps qui s'est écoulé depuis que le sang a été recueilli et desséché, et aussi avec les solutions d'éosine et de bleu de méthylène, dont le pouvoir colorant n'est pas toujours le même.

« Lorsqu'on suppose que la coloration est suffisante, la préparation est lavée à grande eau, puis soumise à l'action de la solution de tanin pendant une minute environ ; on lave de nouveau à l'eau distillée et on sèche.

« Avant de monter dans le baume, on examine la préparation à sec ; si la coloration est trop intense ou s'il existe un dépôt granuleux abondant, on lave à l'alcool absolu.

« Les hématies doivent être colorées en rose et les noyaux des leucocytes en violet foncé. Le protoplasma des Hématozoaires se colore en bleu pàle, la chromatine en violet ou en rouge violacé.

« La solution de bleu Borrel doit être renouvelée lorsqu'elle donne rapidement un abondant pj'écipité après son mélange à la solution d'éosine. »

Les éléments figurés du sang.

La recherche dans le sang, des plasmodies de la malaria, nécessite de la part de celui qui s'y adonne quelques notions sur les caractères microscopiques des divers élé-

ments figurés en suspension dans le plasma sangLlin. Les procédés de coloration employés pour mettre en relief les plasmodies, colorent aussi vigoureusement les noyaux des globules blancs, que les débutants sont parfois tentés alors de prendre pour des hématozoaires. C'est pourquoi nous allons rapidement passer en revue ces différents éléments anatomiques, en indiquant quelques caractères saillants propres à chacun d'eux.

Globules blancs

se trouvent dans le sang, dans la proportion moyenne de I pour 5oo globules rouges. On en distingue différentes espèces :

1° Lymphocytes.

Se composent d'un grand noyau central occupant presque toute la cellule ; et d'une mince couche de protoplasme, formant autour du noyau une très légère bordure. Par la méthode de coloration de Romanowsky, la bordure protoplasmique apparaît colorée en bleu pàle, et le noyau en violet ; ce dernier montrant ainsi une structure nettement réticulée.

Certains lymphocytes sont plus petits qu'un globule rouge ; d'autres sont de même taille que les hématies ; d'autres enfin, sont plus grands que ces dernières.

Les lymphocytes, grands et petits, figurent parmi la totalité des globules blancs, dans la proportion de 25 %. Ils ont comme origine les ganglions lymphatiques, et les follicules clos.

2° Grands mononucléaires.

Sont constitués par une grande masse protoplasmique ne renfermant pas de granulations ; et par un noyau excentrique et plus ou moins rond, n occupant qu'un côté de la cellule. Par le procédé de Romanowsky, le protoplasme se colore en bleu pâle, et le noyau en violet ; mais cette coloration est moins vive que celle du protoplasme et du noyau des lymphocytes.

Les leucoc3'tes grands mononucléaires sont beaucoup plus grands que les lymphocytes. Ils ont deux ou trois fois la taille d'une hématie, et ont pour origine la moelle osseuse.

3° Mononucléaires de transition,

dérivent des précédents. Ils sont aussi grands qu'eux. Les rapports respectifs du protoplasme et

du noyau sont les mêmes que eeux des grands mononudeaires. Seulement, le noyau s'est légèrement incurvé, de façon à prendre un aspect réaiforme ; et dans le protoplasme, apparaissent déjà quelques granulations dites neutrophiles, sous l'aspect d'un fin sablé. Comme les leucocytes précédents, ils ont pour origine la moelle osseuse. Les grands mononucléaires et les mononucléaires de transition existent ensemble parmi les globules blancs, dans la proportion

de 2 à 4 o/o.

Polynucléaires neutrophii-es,

dérivent des précédents et par suite, des grands mononucléaires : ils sont néanmoins un peu plus petits qu'eux. Le noyau, continuant à se modifier, est devenu polylobé. Lors de l'étalement du sang, au cours d'une préparation, les différents lobes se séparent facilement ; et la cellule semble alors posséder plusieurs noyaux, d'où le terme impropre de leucocytes polynucléaires qui a été donné à ces éléments. Le protoplasme coloré en bleu est chargé d'un fin sablé de granulations neutrophiles qui se colorent en carmin foncé.

Ces celiules ont pour origine la moelle osseuse, et forment 76 % des globules blancs. Ce sont elles également qui constituent la presque totalité des cellules du pus.

5° Leucocytes éosinophii.es.

Ces celulles sont polynucléaires ; mais le protoplasme, au Ueu d'être chargé de fines granulations neutrophiles, est rempli de grosses granulations dites éosinophiles ; Les cellules éosinophiles proviennent de la moelle osseuse. Elles sont généralement grandes à l'état normal. Il est un état pathologique : la leucémie, ou elles sont plus petites et mononucléaires.

Leur nombre est de o,5 à 4 "/o des leucocytes dans le sang normal. Elles se colorent mal par le procédé de Romanowsky.

60 Mastzellen.

Ce qui caractérise ces cellules c'est qu'elles sont remplies de grosses granulations dites basophiles, que le procédé de Romanowsky ne met pas en évidence ; pour les voir, il faut les colorer par la thionine qui leur donne une coloration violette.

Les mastzellen sont généralement de la taille des polynu-

cléaires. Elles sont très rares : 1/2 o/„ de la totalité des leucocytes seulement. ^ '

Globules rouges.

. ^-^^oloi'ation que prennent les globules rougès

vane du gris au rouge jaune or, suivant le procédé de coloration employé. C'est l'hémoglobine qui imbibe le discoplasme de la cellule qui détermine la coloration de l'hématie, en vertu de sa grande affinité pour les matières colorantes acides, et surtout pour l'éosine Moins l'hématie sera riche en hémoglobine, moins sa coloration sera accentuée. Il s'en suit qu'on juge beaucoup mieux de l'état anémique d'un globule rouge, par les procédés de coloration que par l'examen du sang à l'état frais. Le globule rouge normal est coloré sur toute sa surface, quoique plus vivement à la périphérie qu'au centre. Le globule atteint d'anémie à un faible degré sera décoloré en son centre seulement, les 3/4 extérieurs de sa surface montrant une coloration moins vive que celle des hématies normales. Le globule rouge atteint d'anémie au plus haut degré ne montrera qu'une légère bordure périphérique colorée, tout le reste de sa surface restant incolore. Déplus, dans les états cachectiques, ces globules perdent leur aspect sphérique, peuvent prendre la forme de bissac, de bouteilles, de poires, etc. Cet état de déformation des hématies est connu sous le nom de poïhylocytose. Dans la préparation des lamelles de sang, celte poïkylocytose peut se produire artificiellement, au cours de manipulations maladroites : en comprimant le sang entre les lamelles, en étirant les lamelles en les pressant l'une sur l'aure, en appliquant sur les lamelles la chaleur humide des doigts, voire même en étalant le sang en couches trop épaisses.

L'état d'anémie du globule rouge peut encore se traduire par ce qu'on a appelé : Dégénérescence anémique ou polychromatique du globule rouge. A l'état normal, le globule rouge se colore en rouge. Dans certains états anémiques très prononcés, le globule au lieu d'apparaître incolore, se colore en violet. D'après Ehrlich, ces globules, après avoir perdu une partie de leur hémoglobine, subiraient une sorte de coagulation de leur discoplasme, lequel se chargerait de substances albuminoïdes charriées par le courant sanguin ; et ce sont ces substances albuminoïdes qui se colorent comme la substance

nucléaire, qui donneraient aux globules rouges leur coloration violette. (Pl. II fig. 3, 4, 8 et Pl. III fig. 3, 6) Granulations basiques dans le discoplasme.

Les observateurs

des régions intertropicales avaient remarqué dans le sang de vieux malariques, la présence de granulations basiques dans le protoplasme des globules rouges. Ils avaient même considéré ce signe comme pathognomonique de la malaria. Depuis, on a observé ces mêmes granulations au cours de différentes affections.

Globules rouges nuclées. On peut, de ci de là, rencontrer dans une préparation des globules rouges nuclées ; le protoplasme du globule est alors coloré en rouge, et le noyau en violet carmin foncé.

Plaquettes sanguines de Bizzozero, ou Hématoblastes de Hayem,

se rencontrent régulièrement en quantité plus ou moins grandes dans toutes les préparations. Par les procédés de coloration Romanowsky, ils se colorent comme les noyaux des leucocytes en violet-carmin, et présentent un aspect très caractéristique ; ce sont de petits corpuscules de i à 2 /i, épineux, crénelés, rassemblés généralement en petits amas de quatre à cinq ou davantage.

Appendice.

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