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LES PARASITES ENDOGLOBULAIRES DES ANIMAUX

On a découvert, au cours des quinze dernièi^es années, dans le sang d'un assez grand nombre d'animaux, des protozoaires d'espèces différentes, dont quelques uns se rapprochent beaucoup des parasites de la malaria humaine. Certains parasites endoglobulaires des oiseaux, notamment, présentent avec ces derniers de telles ressemblances, qu'on a pu croire un moment à leur identité. L'un d'eux, le proteosoma, détermine chez les oiseaux infectés des symptômes cliniques en tout semblables à ceux de la malaria.

Parasites endoglobulaires des mammifères.

a) Pyrosoma bige-

minum (i) fut découvert chez le bœuf en 1886 par Smith et Kilborn. C'est l'agent causal de la fièvre du Texas des bovidés. On observe parfois deux de ces parasites logés dans un globule rouge ; ils y affectent la forme d'une poire, ce qui leur a valu leur nom.

Smith et Kilborne, et plus tard Koch, ont démontré que la propagation du parasite se faisait par l'intermédiaire d'une tique appelée « Boophilus bovis », bien que ces auteurs ne fussent jamais parvenus à découvrir le parasite dans le corps de cette tique. Tout récemment Lignières est parvenu à suivre les transformations du parasite dans l'estomac de cet insecte.

La fièvre du Texas détermina aux États-Unis vers 1880 des épidémies meurtrières qui se propagèrent des États du Sud vers les États du Nord. Il est probable que cette fièvre est identique à l'hémoglobinurie épizootique du bétail de Roumanie et des bords du

(i) Laubé. - Tierreich. 5 Lief : Sporozoa, p. 124.

Smith et Kilborne. - BuUet. départ, agricul. an. indusir. n" i. i»93- Lignières. - La Tristeza ou malaria bovine, Buenos Ayres 1900.

id La Tristeza. Annales de l'Institut Pasteur. Février 1901 .

SoULiÉ. ~ La malaria bovine et son hématozoaire. Bnlkt. mêd. de l'Algérie. Janvier-Février-Mars 1901.

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Danube. Elle existe également en Argentine, au Chili, dans l'Uruguay, en Afrique australe et en Australie. Chez les animaux infectés, on peut voir survenir au cours de la maladie, des symptômes d'hémoglobinémie et d'hémoglobinurie. Ces fièvres sont connues sous les noms divers de : Red water fever, tick fever, malaria bovine, tristeza, hémoglobinurie épizootique.

b) Piroplasma canis. Piana et Galli Valerio (i) ont décrit en i8g5, chez les chiens de chasse, notamment les pointers, des parasites très voisins des précédents auxquels ils ont donné le nom de piroplasma canis.

g) Bahesia ovis, parasite décrit par Bonome (2) qui l'a observé en Italie dans le plasma, les globules rouges, l'épithélium rénal, et le foie de moutons atteints d'ictère hématurique.

d) Dionisi (3) a décrit chez la chauve-souris un parasite qui revêt deux formes : une grande forme pigmentée, et une forme plus petite non pigmentée.

e) D'après Edington, Kuhne et Libert, la « horse Sickness » de l'Afrique australe serait également due à une hémosporidie.

F )Enfin, Koch (4) a décrit chez le singe d'Afrique, des parasites endoglobulaires présentant la plus grande ressemblance avec Plasmodium vivax.

Parasites endoglobulaires des oiseaux.

Ces hématozoaires ont

été signalés et décrits pour la première fois en 1886 par Danilew^sky{5), qui les observa dans le sang du geai, delà pie et du hibou. A partir de ce moment, cette étude fut poursuivie avec ardeur par de nombreux chercheurs. Les ressemblances morphologiques et évolutives de ces hématozoaires avec les plasmodies humaines firent

(1) Moderno Zoviatro iSgS n° 9.

(2) Archiv. paihol. anal. V 139, iSgS.

(3) I parassiti endos-lobulari dei pipistrelli. Rendiconti délia R. Acad. dei Lincei 1898.

(4) Ueber der Entwickelung der Malariaparasiten. Zeitschrijt fur Hygiène, etc. 1899.

(5) Danilewsky. — Matériaux pour servir à la parasitologie du sang.

Archiv. Slaves de biologie. i5 Mars 1886. i<i' Parasitologie comparée du sang. Kharkov 1889.

croire un moment, comme nous l'avons déjà dit, à l'identité des deux parasites ; mais des recherches subséquentes vinrent démontrer l'inexactitude de cette opinion. D'une part, on ne parvint jamais, en dépit de nombreuses inoculations de sang malarique humain à des oiseaux, (Laveran, Celli, San Felice, dei Mattei) à faire revivre chez ces derniers l'infection puisée chez l'homme ; et d'autre part, les inoculations de sang malarique aviaire à l'homme restèrent constamment stériles.

Un intérêt supérieur se rattache néanmoins à l'étude des hématozoaires des oiseaux, en ce sens que c'est à la connaissance de leur évolution sporogonique dans le corps des moustiques, que se rattache la résolution de l'important problème de la malaria humaine. C'est à Ross qu'est échu l'honneur d'avoir tracé le sentier de la vérité, et d'avoir mis à jour une des découvertes scientifiques les plus importantes et les plus mémorables du siècle.

Sur les instances de Manson qui, à la suite de ses remarquables travaux sur la transmission de la « filariose » par les moustiques, eut l'intuition que c'était par ces mêmes insectes que devait se propager le parasite de la malaria humaine, Ross entreprit aux Indes, des investigations en ce sens, en Avril i8g5. Il nourrit différentes espèces de moustiques sur des individus dont le sang contenait des plasmodies, et disséqua ensuite soigneusement ces insectes pour rechercher ces parasites dans leurs tissus. Deux années et demi de travail restèrent malheureusement infructueuses. La malechance avait fait que tous les moustiques examinés par Ross étaient des « grey mosquitoes » reconnus plus tard comme appartenant au genre Culex. Or, nous savons que l'estomac des culex est réfractaire au développement des plasmodies humaines.

Un jour, un indigène lui apporta des larves dont naquirent des moustiques aux ailes tachetées, c'est-à-dire d'une espèce qu'il n'avait pas encore remarquée jusqu'alors, et qui, plus tard, fut reconnue appartenir au genre anophélès. Ces jeunes moustiques, au nombre de huit, furent nourris sur des patients dont le sang contenait des . corps semi-lunaires. Malheureusement, six de ces insectes furent sacrifiés trop tôt. Le septième ne le fut que quatre jours après le repas sanguin ; et cette fois, Ross fut frappé de trouver, enclavées dans la paroi stomacale, des cellules rondes ou ovales ayant deux ou

trois fois le diamètre d'un globule rouge, et renfermant les granulations caractéristiques du pigment malarien. La dissection du huitième moustique faite le lendemain permit de déceler encore ces mêmes cellules un peu aggrandies toutefois. Ross n'osa pourtant conclure de ces deux observations que les cellules en question dérivaient des parasites sucés avec le sang par l'insecte, bien qu'il en fut intimement persuadé.

A la suite de ces premiers travaux, Ross fut envoyé en mission spéciale à Calcutta, par le gouvernement de l'Inde, à l'effet d'y poursuivre ses recherches (i8g8). Mais comme la peste venait de faire son apparition dans cette localité, il résolut de se détourner momentanément de son sujet, et d'étudier entretemps l'évolution des parasites endoglobulaires des oiseaux. Il soumit d'une part un certain nombre d'oiseaux infectés à la piqûre de diverses espèces de moustiques, et infecta d'autre part, des oiseaux reconnus sains, au moyen de moustiques expérimentalement infectés depuis plusieurs jours. Ross suivit ainsi pas à pas l'évolution du parasite dans le corps du moustique, établit sa pénétration et son développement dans la tunique stomacale de l'insecte, son enkystement, la formation des germinal rods (sporozoïtes), la mise en liberté de ceux-ci, et leur accumulation dans les glandes salivaires du moustique. Il démontra que les cellules pigmentées observées au début de l'évolution, devaient être les « zygotes » (copulas) résultant du processus de fécondation (d'une macrugamète par un microgamète) que Mac Callum avait eu la bonne fortune d'observer en 1897 chez un autre parasite endoglobulaire (haltéridium) d'un oiseau. Du coup, cette géniale découverte établissait sur une base solide la pathogénie de la malaria aviaire, et montrait à toute évidence le rôle que devaient avoir les moustiques dans la transmission de la malaria humaine. Bientôt, Grassi vint démontrer que ce rôle appartenait exclusivement aux moustiques anophèles.

Labbé classe les parasites endoglobulaires des oiseaux en deux genres : le g. Haltéridium, et le g. Proteosoma ou Henioproteus (i j.

A. Haltéridium. Les espèces parasitaires se rapportant à ce genre se renflent souvent à leur extrémité en forme de haltère. A la

(i) Labbé. —

Tierreich 5 Lief : Sporozoa (litterat).

période de segmentation du parasite, les mérozoïtes affectent une disposition en rosace ou en éventail. L'infection déterminée par ce parasite paraît être assez bénigne pour les oiseaux atteints ; ceux-ci ont néanmoins la rate fortement hypertrophiée et pigmentée ; de plus, ils sont également affectés du côté du foie, des reins et de la moelle des os.

Les parasites du genre Haltéridium ont été observés dans le sang de l'alouette, du pigeon, de l'épervier, du sansonnet, etc. C'est sur ce parasite que Mac Callum observa le phénomène de la fécondation.

B. Proteosoma ou Hemoproteus. Les espèces parasitaires se rapportant à ce genre se présentent sous l'aspect de corps pyriformes ou réniformes, ou de corps amiboïdes ; d'où leur nom de Proteosoma. L'infection se caractérise habituellement par des troubles morbides plus ou moins graves : anémie très accusée, élévation de la température, amaigrissement ; une issue mortelle n'est pas rare. Dans ce dernier cas, il existe un nombre immense de globules rouges infectés ; on peut trouver jusque 3, 4 et 5 parasites dans une même hématie.

Cette infection a été observée chez le faucon, la pie, la corneille, le sansonnet, l'alouette, etc.

On trouve souvent les deux formes (Haltéridium et Proteosoma) dans le sang des mêmes oiseaux (alouettes, pinsons).

Parasites endoglobulaires de la grenouille.

On a observé dans

le sang de la grenouille divers parasites qui présentent cette particularité qu'à une phase endoglobulaire, en succède une seconde pendant laquelle le parasite, arrivé à son état de développement complet, se trouve en liberté dans le plasma. Les parasites jeunes mesurent de 3 à 4 /A ; ils s'accroissent peu à peu pour atteindre 10 de long. Ils ont alors l'aspect d'un coprs cylindrique effilé aux extrémités, et présentant à sa partie moyenne un noyau elliptique avec un nucléole.

Un de ces parasites, le cytamoeha hacterifera, est une hémamibe qui est presque toujours infectée de bactéries. D'après Metchnikofï et Grabritchewsky qui l'ont particulièrement étudiée, il s'agirait d'une forme larvaire d'une autre espèce, les Drepanidium.

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C'est en été et en automne, qu'on trouve le plus grand nombre de grenouilles infectées.

Enfin, on a décrit des hématozoaires chez le lézard, la tortue de marais, et les reptiles, (i) Chez le lézard et la tortue, ces parasites sont doués de mouvements de flexion, de redressement et de glissement, analogues à ceux observés chez les grégarines et les coccidies.

(i) SiMOND P. - Contribution à l'étude des hématozoaires endoglobulaires. Ann. de l'Insiii. Pasteur. Mai tgoi.

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BIBLIOGRAPHIE

Dans ces dernières années surtout, le nombre des publications s'est accru dans des proportions énormes : nous nous bornerons à citer quelques grands travaux où le lecteur trouvera d'ailleurs presque toujours des indications bibliographiques :

Celli — Die Malaria nach den neuesten Forschungen. igoo : (liste complète des travaiix italiens) . - Grassi. — Die Malaria : Studien eines Zoologen, igoi. KocH. - Deutsche med. Wochenschr. 1899. 2 Februar mid i5 Sept, id. Deutsche med. Wochenschr. 1900. i Febr., 26 April, 3 Mei, 21 Juni, 23 August, 14 September und i5 November. Laveran. — Traité du paludisme. 1898.

LûHE. — Ergebnisse der neueren Sporozoen forschung 1900. Mannaberg. - Die Malaria parasiten. Wien iSgS.

id. Die Malariakrankheiten : Spez. Pathologie und Thérapie, hrsg

von Nothnagel. 1899 (littérature très complète jusqu'en

Neveu- Lemaire. - Les hématozoaires du paludisme 1901.

Ross, Annett and Austen. - Report of the Malaria Expédition of the

Liverpool School of tropical médecine 1900. RuGE — Einfûhrung in das Studium der Malaria krankheiten 1901. ZiEMANN. — Uber Malaria und andere Blutparasiten 1898.

.me PARTIE

Les Moustiques

Chap. I. - EXTÉRIEUR.

Les moustiques (en anglais : mosquitos ou gnats ; en italien : zanzare) sont des insectes diptères appartenant à la famille des culieides. Ils mesurent en moyenne de 6 à i5 millimètres. Parmi eux, c'est le culex, et surtout le « culex pipiens » ou cousin vulgaire, qui est le plus répandu. Pendant les nuits d'été, on le retrouve presque régulièrement dans nos appartements, où il trahit sa présence par le bruissement caractéristique de son vol. Redouté pour sa piqûre douloureuse, il est connu de tout le monde. Mais celui qui nous intéresse le plus est le moustique anophélès ; c'est le seul qui soit connu jusqu'ici comme transmettant la malaria à l'homme.

Les moustiques, comme tous les insectes, subissent des métamorphoses, c'est-à-dire des modifications de formes, durant leur existence : La femelle adulte et fécondée, dépose à la surface de l'eau ses œufs ; ceux-ci se transforment en larves ; les larves en nymphes ; et les nymphes en insectes parfaits.

Avant de passer à la description des caractères propres aux deux grandes classes de moustiques, les culex et les anophélès, nous allons indiquer les caractères qui sont communs aux deux espèces :

Le moustique adulte se compose de trois parties principales : la tête, le thorax et l'abdomen.

La tête (fig. 36)

porte deux grands yeux ovalaires et latéraux. Chaque œil, en réalité, est un œil composé, c'est-à-dire formé par la réunion de plusieurs milliers de petits yeux dont la surface extérieure ou facette est régulièremeiit hexagonale.

— io8 -

De la partie antérieure et médiane de la tête, part la trompe, tige rectiligne dont l'usage est différent chez le màle et la femelle! Chez la plupart des espèces de moustiques, la femelle seule peut perforer la peau de l'homme et des animaux ; et ce, grâce à des appareils buccaux engaînés dans la trompe, et qu'il est impossible de voir à l'œil nu. Nous reviendrons plus loin sur ces détails.

De chaque côté de la trompe, et presqu 'accolé à elle, se trouve un palpe labial dont la longueur varie suivant les espèces et suivant les sexes. Enfin, plus en dehors encore, et implanté plus haut sur la tête, se trouve à droite et à gauche une antenne. Les antennes, vulgairement appelées « les cornes » n'ont pas d'usage bien connu ; elles semblent servir le plus souvent au sens du toucher, d'où le nom de « Fûhlhôrner » des Allemands. D'autres observateurs ont crû pouvoir y reconnaître des organes de l'ouïe, voire même de l'odorat. Les antennes de la femelle comprennent 14 articles ; celles du mâle en comprennent i5. L'article basale est appelé torulus ; il est épais et infundibuliforme. A la racine de chaque article s'insèrent des soies. Ces soies sont longues et nombreuses chez les mâles ; courtes et rares chez les femelles. Elle diminuent de longueur de l'extrémité proximale à l'extrémité distale de l'antenne. Ce cai'actère permet de distinguer facilement le mâle de la femelle ; en effet, à l'œil nu, les antennes barbelées du mâle ressemblent à une petite plume.

Le thorax

est formé par la soudure de trois articles : le protothorax ou corselet, qui donne attache à la première paire de pattes ; le mésoihorax qui donne attache à la 2*^ paire de pattes et aux ailes ; et enfin, le métathorax sur lequel sont insérés la 3^ paire de pattes et les balanciers. Ceux-ci représentent les ailes postérieures atrophiées des autres insectes ; ils se sont transformés en organes riches en nerfs, destinés à l'équilibre du vol.

„ Les pattes, (fig. 29) au nombre de trois

f \ /> paires, se composent chacune : a) de la cuisse

\ ou fémur, qui représente la partie la plus ro-

buste de la patte ; b) de la jambe ou tibia ; V c) du tarse qui se compose lui-même de cinq

^5 articles dont le premier ou métatarse est pres-

qu'aussi long que les quatre autres réunis. Le dernier article se termine par deux griffes.

Les pattes des anophélès sont beaucoup plus longues que celles des culex.

L'abdomen

est la partie la plus longue du corps. Il est formé par neuf segments qui diminuent de grandeur d'avant en arrière.

Les ailes, (fig. 3o)

Les détails de l'aile ont une grande importance pour

la classification des différentes espèces et variétés de culex et anophélès. Aussi, convient-il de leur consacrer une description sulïisamment longue pour pouvoir reconnaître ces espèces et ces variétés.

Les ailes sont minces et transparentes, et traversées dans toute leur longueur par des nervures longitudinales qui s'anastomosent entr'elles par des nervures transversales ou obliques. De cette disposition résulte un réseau circonscrivant des espaces appelés cellules ou aréoles.

La nomenclature de ces nervures et de ces cellules varie beaucoup. Nous donnons ci-après une figure schématique de l'aile avec les termes et les synonymes les plus employés.

Fig. 3o

— IIO —

AB Vena costalis

CD Vena mediastinalis

EF Vena subcostalis ou i-^e longitudinale G Vena radialis ou branche antérieure de la 2^ longitudinale H Vena cubitalis ou branche postérieure de la 2" longitudinale I Vena discoïdalis ou 3>^ longitudinale

K Vena posticalis ou branche antérieure de la 4e longitudinale L branche postérieure de la 4'' longitudinale M branche antérieure de la 5'' longitudinale N branche postérieure de la 5'- longitudinale

0 6^ longitudinale ou Vena analis ou axillaris P Transverse médiane ou surnuméraire

S Transverse discoïdale ou marginale a cellule costale b cellule subcostale c cellule marginale

d i^e cellule submarginale ou i''^ fourche . e 2^ cellule submarginale f i""^ cellule postérieure g 2^ cellule postérieure ou 2^ fourche h 3^ cellule postérieure

1 cellule anale

k cellule axilaire 1 i^e cellule basale m 2^ cellule basale

Grassi compte dix nervures longitudinales ; la 3^ etla4'î forment la rre fourche ; la 6e et la 7e la 2<^ fourche ; et les 8^ et ge forment la 3e fourche.

Chaque fourche est formée par deux branches : une antérieure et une postérieure, et par un pédoncule. Le pédoncule s'appelle scapus et se trouve situé entre le sommet de la fourche et une nervure transverse.

A la surface des nervures sont implantées des écailles ; en certains points celles-ci peuvent s'implanter en si grand nombre qu'il en résulte des taches plus ou moins foncées, (fig. 3g)

Au bord postérieur (bord interne) de l'aile, on trouve trois rangées d'écaillés qui y forment une espèce de frange.

Chap. II. - TUBE DIGESTIF

La trompe (fig. 32)

que nous apercevons à l'œil nu sous la forme d'un bâtonnet allongé et rectiligne, n'est en réalité qu'une gaîne nommée labium terminée en olive, et présentant une gouttière dorsale sur laquelle reposent sept autres pièces un peu moins longues qu'elle.

Ces pièces sont :

le labrum ou lèvre supérieure ;

Vépipharynx intimement soudé au labrum forme un canal en forme de tunnel dont la paroi inférieure est plane, excessivement mince, et présente sur la ligne médiane une solution de continuité qui s'étend dans toute la longueur de l'épipharynx. Ce canal sert au passage du sang sucé par l'insecte ;

VhyPopharynx est constitué par une mince lamelle chitineuse qui se recourbe vers le haut en s'épaississant, et en se creusant en forme .de gouttière. Cette gouttière forme dans toute la longueur de l'hypopharynx un canal très étroit incomplètement fermé par le haut, et qui se continue avec le canal excréteur collectif des glandes salivaires. C'est donc par l'intermédiaire de ce conduit que la salive de l'insecte est déversée, après la piqûre, dans la plaie de la victime. L'extrémité de l'hypopharynx est lancéolée ;

les mandibules, au nombre de deux, sont des stylets très minces, pourvus à leur extrémité d'une rangée de petites dents très acérées.

les maxilles au nombre de deux également, sont des stylets plus forts que les précédents; mais terminés comme eux par une rangée de dents.

Ces quatre dernières pièces sont de véritables scies qui servent à élargir la piqûre faite par le labrum et l'hypopharynx.

Dans la description qui vient d'être faite, nous n'avons envisagé que la trompe de la femelle. Le moustique mâle est incapable de sucer du sang ; la disposition anatomique de sa trompe ne lui permet que la succion des sucs végétaux. La femelle, au contraire, est avide de sang ; lorsqu'elle s'est posée sur une victime, elle lui perfore la

peau au moyen de son labrum et de l'hypopharynx ; elle élargit ensuite la piqûre ainsi faite, au moyen de ses maxilles et de ses man-

FiG. 3i

Section sagittale faite à travers la tête et la trompe de l'anophélès costalis femelle.

(Extrait de : Report of the Malaria Expédition to Nigeria. Part II. Liverpool School of tropical medicine, igoi).

Ihr, labrum ; ep, épipharynx ; fe, hypopharynx ; l, labium ; p', partie ascendante du pharynx ; partie horizontale ; w, nerf de la trompe ; ce, œsophage ; tr, trachée ; sr, réceptacle salivaire : sd, canal salivaire ; fin, muscle du réceptacle salivaire ; x, épine chitineuse servant d'attache à un muscle (fin] qui s'insère autour du réceptacle salivaire ; c, clypeus ; pin, muscle pharyngien ; Ibrm, muscle s'insérant au labrum ; cm, muscle épipharyngé ; a, naissance du labrum ; sog, ganglion supraœsophagien ; cog, ganglion sous œsophagien ; vc, commissure ventrale ; dt, trachée ; e, œil.

dibules ; finalement, elle coule dans la plaie sa salive empoisonnée, qui y détermine par son irritation un afflux sanguin. Au fur et à mesure que les stylets s'enfoncent dans la peau, la gaine se replie de plus en plus sur elle même, et peut ainsi, lorsque l'insecte est vorace, former une anse presque parallèle à la surface de la peau de la victime. Les parties des différentes pièces qui n'ont pas pénétré dans celleci, sont maintenues fortement enserrées au dehors par les deux moitiés de l'olive du labium.

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L'intestin antérieur (fig. 35)

comprend la houche ; le pharynx très court ; et y œsophage. De la partie terminale de l'œsophage, part un diverticule allongé, ventral et médian, appelé estomac suceur ; latéralement se

Fig. 32

Coupe transversale faite à la base de la trompe de l'anophélès costalis femelle.

(Extrait de : Report of the Malaria Expédition to Nigeria. Part II. Liverpool Sckool of tropical medicine igoxl

Ibr, labrum ; ep, épipharynx : epr, épine chitineuse servant de support à l'épipharynx ; hypopharynx montrant le conduit salivaire ; m, mandibule ; mx, maxille ; mxp, palpe ; />;«, muscle de ce palpe ; /. labium ; Itr, trachée ; In, nerf labial.

trouvent deux diverticules semblables, mais beaucoup plus petits : les estomacs suceurs accessoires.

Les glandes salivaires, (fig. 33)

au nombre de deux, sont situées dans la partie antérieure du thorax, et ne s'y étendent pas au-delà de l'insertion de la première paire de pattes.

Chaque glande est en réalité formée par trois lobes : un lobe dorsal, un lobe ventral, tous deux allongés et mesurant un millimètre

dfsrr.

de longueur, et un lobe médian, plus court mais plus gros que les précédents. Chacun de ces lobes possède un canal excréteur qui se

réunit aux deux autres pour former un canal excréteur commun. Sur la ligne médiane du corps, ce canal excréteur commun se réunit à celui de la glande opposée pour former finalement un dernier canal collectif par lequel les glandes déversent leur contenu dans le canal de l'hypopharynx.

L'intestin moyen ou estomac (fig. 34 et 35)

se compose d'une partie antérieure, allongée et mince, séparée de l'œsopliage par une valvule ; et d'une partie postérieure infundibuliforme qui est le ventricule chylifique. L'extrémité postérieure de celui-ci est séparée de l'intestin postérieur par l'insertion de cinq tubes allongés, ou tubes de Malpighi, qu'on prenait autrefois pour des canaux biliaires, mais qui servent en réalité à la sécrétion urinaire.

C'est dans cet intestin moyen ou estomac que se fait le développement des parasites malariens : Les copulas aussitôt formées, vont s'accoler à la paroi de cet estomac, s'y enkystent, et s'y accroissent en volume à tel point qu'elles finissent par bomber vers la surface externe de l'estomac, dans la cavité générale du corps de l'insecte, (fig. 18 à 21)

Bien que le culex ne soit pas propagateur de la malaria humaine, on peut observer sur lui des kystes à sporozoïtes ; mais, tandis que les kystes de l'anophélès sont pathogènes pour l'homme, ceux du culex ne le sont que pour certains animaux.

Fig. 33

Glande salivaire de moustique montrant les trois lobes et le canal extréteur commun [descr).

(d'après Grassi)

FiG. 34

Tube digestif de moustique montrant la partie antérieure de l'estomac, le ventricule chylifique, les tubes de Malpighi, l'intestin postérieur, et les deux ovaires.

L'intestin postérieur

ou intestin proprement dit, se termine par une ampoule rectale. Il est entouré soit par les testicules, soit par les ovaires.

Rapports et texture, (fig. 35)

Les rapports que présentent les différentes parties de l'intestin avec l'extérieur se résument en ceci : I^i<^- 35

L'estomac antérieur corn- ^"""^^ sagittale d'un moustique mon- , , trant les rapports existant entre les

mence au niveau de la pre- ^ ■ . ^ 1. x- • j

^ organes mternes et l exterieur du

mière paire de pattes ; l'esto- moustique. (d'après Grassi)

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mac postérieur commence entre le et le 3e anneau abdominal, et l'intestin postérieur à la limite entre le 5e et le 6e anneau abdominal.

L'estomac est formé par un épithélium et par une membrane musculo élastique. Les fibrilles musculaires externes sont longitudinales ; les internes sont circulaires. Ces fibrilles musculaires forment un réseau à larges mailles. Grâce à sa texture, cet estomac peut se dilater et se rétracter suivant qu'il est rempli ou vide.

Chap. IIL

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