‹ La malaria [electronic resource]Chapitre 21 sur 32 · DISTINCTION DES SEXES ET DES ESPÈCES · texte numérisé non relu

DISTINCTION DES SEXES ET DES ESPÈCES

Distinction des sexes.

Le sexe d'un moustique se reconnaît immédiatement à l'œil nu, aux barbelures des antennes. Ces barbelures sont très fortes chez le mâle, aux antennes duquel elles donnent l'aspect d'une petite plume ou du prêle des champs. Chez la femelle, il n'existe, à la base de chaque article, que quelques soies rares et courtes, invisibles à l'œil nu. D'autre part, l'abdomen de la femelle n'a pas la finesse et la graciUté de celui du mâle. Cela tient à ce que les mâles, qui se nourrissent exclusivement de sucs végétaux, possèdent, en raison de leurs mœurs pacifiques, un tube digestif long et fin ; tandis que les femelles dont l'abdomen s'enfle régulièrement par le sang dont elles se gorgent, ont un tube digestif épais et court. Enfin, à cette différence dans les mœurs, correspond une différence dans la constitution de la trompe ; tandis que les pièces buccales du mâle ne se prêtent qu'à la succion, la femelle, au contraire, a des appendices buccaux plus développés, plus parfaits et plus terribles qui lui permettent la piqûre des téguments de l'homme et des animaux.

Distinction des espèces.

La classification des culicides est très incertaine, pleine d'obscurité, sujette à de nombreuses controverses en même temps que l'objet de nombreuses et arides tentatives. La

FiG. 36 Tête de Culex mâle.

En examinant la figiue de haut en bas, on voit successivement : les deux antennes barbelées ; les deux palpes labiaux ; et enfin la gaîne de la trompe.

famille des culicides comprend douze genres et environ 25o espèces. En Europe, il existe deux genres certains : le genre Culex et le genre Anophélès. Peut-être en existe-t-il un troisième : le genre Aëdes.

Le genre Aëdès se caractérise par ses palpes qui sont plus courts que la trompe dans les deux sexes. Les auteurs italiens ne l'ont jamais rencontré en Italie.

Le genre Anophélès se caractérise en ce que les palpes sont aussi longs que la trompe dans les deux sexes, {hg. 3%) Les palpes sont accolés aux

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deux côtés de la trompe et ne s'en détachent qu'à l'extrémité libre de celle-ci. Les six stylets de la trompe sont ainsi protégés par la gaîne et par ces palpes. Les pattes sont très longues et très minces ; elles

■JSn haut.

En bao.

Fig. 37 Tête de Culex femelle.

En examinant la figure de haut en bas, on voit successivement : une antenne avec ses soies ; le labrum ; le labium ou gaîne de la trompe ; entre ces deux dernières pièces, les deux maxilles et les deux mandibules dirigés dans diverses directions ; les deux palpes situés à la base du labrum ; la a^e antenne.

ont environ deux fois la longueur du corps. Sur l'abdomen il n'existe pas d'écaillés. Les ailes sont tachetées ; l'Anophélès bifurcatus toutefois, est le seul qui fasse exception à cette règle. Les palpes sont composés de cinq articles ; chez le mâle, les deux derniers articles sont

en forme de massue et couverts de soies ; de plus, chez les mâles les antennes sont recouvertes de soies longues et nombreuses. Les Anophélès mâles sont donc facilement reconnaissables des Anophélès femelles ; ils ont des antennes barbelées et des palpes poilus et en forme de massue.

En havit.

En bac.

FiG. 38

Tête d'Anophélès femelle.

En examinant la figure de haut en bas, on voit : les deux antennes ; un palpe ; le labrum ; le 2"^ palpe ; la gaîne ou labium.

Les quatre espèces d'Anophélès qui ont été décrites en Italie sont :

Anophélès claviger Fabricius i8o5 ou Anophélès macuHpennis Meigen.

Anophélès pseudopictus Grassi 189g.

AnophéUs superpictus Grassi 1899. Anophèles hifurcatus L. 1758.

L'Anophélès claviger et l'Anophélès bifurcatus se rencontrent en Belgique. C'est le ler qui y est le plus fréquent, comme d'ailleurs en Italie. C'est de loin, le principal propagateur de la malaria en Europe. Des recherches ultérieures nous diront si les deux autres Anophélès rencontrés en Italie existent aussi en Belgique.

L'Anophélès claviger se caractérise par des ailes brunes recouver-

FiG. 39 Aile d'Anophélès claviger.

tes de quatre taches disposées en forme de T, d'L ou d'Y. (fîg. 39) La ire tache se trouve à l'origine, c'est-à-dire à l'extrémité proximale de la nervure qui va former le i^i- scapus. La 2^ tache, formée en réalité de plusieurs taches, se trouve sur les nervures transverses médiane et discoïdale. La 3^ et la 4e se trouvent au sommet respectivement de la ire et de la 2e fourche. La longueur de l'insecte (trompe comprise) est de 6 à 11 millimètres.

UAnophéUs bifurcatus est également très fréquent, et ressemble au précédent en tous points, si ce n'est qu'il n'a pas de taches sur les ailes.

L'Anophélès pseudopictus, a des ailes d'un jaune noir assez foncées, qui présentent quatre taches le long du bord antérieur de l'aile, taches qui ne sont pas nettement séparées les unes des autres.

L'Anophélès superpidus a des ailes jaunes, et présente quatre traînées noires le long du bord antérieur. Ces traînées sont nettement séparées les unes des autres par des espaces jaunâtres.

Ross accuse l'Anophélès funestus et l'Anophélès costalis d'être les agents étiologiques de la malaria à Sierra Leone.

Dreypondt et Van Campenhout les citent comme existant également au Congo.

Les travaux récents démontrent de plus en plus la présence des Anophélès dans tous les pays malariques de la terre. C'est à l'avenir de nous dire si les Anophélès sont les agents exclusifs de la propagation de la malaria ; c'est à lui également à nous dire quelles espèces d'Anophélès sont capables de propager la malaria dans les différentes parties du monde.

Le genre Culex se caractérise par des palpes une fois et demi plus longs que la trompe chez le mâle, (fig. 36) et très courts (i/8 de la trompe) chez la femelle (fig. 37). Les pattes sont relativement courtes ; n'ont que la longueur du corps. Le thorax et l'abdomen sont couverts d'écaillés et de poils. Les ailes ne sont pas couvertes de taches, excepté dans deux espèces : Culex annulatus et Culex glaphyropterus. Les espèces que l'on rencontre en Belgique sont :

Culex pipiens.

Culex nemerosus.

Culex annulatus.

Le Culex pipiens est de loin le plus fréquent. C'est lui que l'on trouve régulièrement dans nos appartements en été. Il a de 4 à 6 millim. de longueur. La ire fourche de l'aile est très allongée ; le scapus de cette fourche est très peu long ; le sommet est plus rapproché de la racine de l'aile que le sommet de la 2^ fourche.

La ire cellule basale est plus longue que la 2^. (Voir fig. 40).

Le Culex annulatus ressemble beaucoup à l'Anophélès claviger. Il en a la même grandeur, et les cinq taches dont sont pourvues ses

ailes se rencontrent aux mêmes endroits. Pour l'en distinguer, il faut se rapporter aux caractères généraux des Culex et des Anophélès.

Le sommet des 2 premières fourches se trouve sur la même ligne, l'un en dessous de l'autre. Les 2 cellules basales sont également

FiG. 40 Aile de Culex pipiens

longues. Les 2 nervures transverses médiane et discoïdale se trouvent l'une en dessous de l'autre, sur la même ligne verticale.

Le Culex nemerosus à environ 6 millim. de longueur, La femelle ressemble beaucoup à la femelle de l'Anophélès bifurcatus. Les palpes courts l'en distinguent.

Les genoux sont d'un blanc ai'gent. Le scalpus de la i^e fourche est long. Le sommet de la i^e et de la 2^ fourche se trouvent l'un en dessous de l'autre, sur la même ligne verticale. La 2« cellule basale est plus courte que la i'^.

Attitude. , -,

L'attitude qu'affecte le moustique au repos est généralement bien différente chez le Culex et chez l'Anophélès. Chez l'Anophélès, le grand axe du corps est presque perpendiculaire à la surface sur laquelle est attaché l'insecte ; tandis que chez le Culex il est parallèle à cette surface. C'est ce que montre bien la figure cidessous.

Culex

FiG. 41

Anophélès

Cette différence dans l'attitude peut s'expliquer par les particularités suivantes :

Chez le Culex, la 3^ paire de pattes est généralement relevée au dessus du corps, tandis que chez l'Anophélès, elle pend en dessous du corps.

Quand le Culex est posé sur un objet, l'espace libre qui sépare son corps de cet objet est très petit, parce que les pattes du Culex sont assez courtes. Cet espace est beaucoup plus grand quand il s'agit d'un Anophélès, chez lequel les pattes sont beaucoup plus longues.

La partie postérieure de l'abdomen du Culex vient presqu'en contact avec l'objet sur lequel l'insecte se repose. Chez l'Anophélès, cette extrémité postérieure est relevée, et très éloignée du point d'appui.

Le Culex est bossu ; la bosse correspond au thorax. La tête et le thorax, d'une part ; l'abdomen d'autre part, forment chez l'insecte un angle un peu plus grand que l'angle droit. Chez l'Anophélès, ce

même angle est fort obtu, et peut même atteindre iSo» ; dans ce cas, la tête, le thorax et l'abdomen se trouvent presque sur une même ligne droite.

Cette attitude sur deux paires de pattes est générale pour le Culex et l'Anophélès. Il peut néanmoins se faire qu'on observe, quoique rarement, quelques uns de ces insectes se reposant sur leurs trois paires de pattes. Dans ces cas, les caractères généraux que nous venons d'esquisser sont un peu moins prononcés.

En résumé, quand on tient en main un moustique, on cherche d'abord à déterminer son sexe : Si ses antennes sont fortement barbelées, c'est un mâle ; si de plus, les palpes labiaux sont plus longs que la trompe, c'est un Culex mâle. Si les palpes sont aussi longs que la trompe, c'est un Anophélès mâle.

Si les antennes ne sont pas barbelées, c'est un moustique femelle. Si de plus, les palpes labiaux sont aussi longs que la trompe, c'est un anophélès femelle. Si les palpes labiaux sont beaucoup plus courts que la trompe, c'est un Culex.

Chap. IV. — ŒUFS, LARVES, NYMPHES.

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