‹ La malédiction d'un père [microforme]Chapitre 10 sur 109 · partie du sol et recloue · texte numérisé non relu

partie du sol et recloue

Soit qu'il eût réellement cette pensée ou qu'il voulût suivre le conseil que lui avait donné Geneviève, il se jeta tout habillé sur le lit.

Malgré l'horrible souvemr du drame de la nuit et les paroles de l'inconnu mourant, qui résounaient toujours à ses oreilles comme dans un tintement de sang, la fatigue finit par l'emporter, Il ferma les yeux et s'endormit,

Quand, deux heures après, Geneviève revint du lavoir, il dormait d’un sommeil de plomb.

IT était alors neuf heures, Elle le laissa dormir encore, Il se réveilla un peu avant dix heures, Geneviève travaillait assise près du lit,

— Est-ce que tu n'es pas passé à Frémicourt ce matin ? lui demanda-t-elle.

— Pourquoi me fais-tu cette question ?

— Parce que tu ne n'as rien dit, et qu'il y a eu un crime épouvantable commis la nuit dernière, '

Jean Renaud sauta à bas du lit

— Est-ce que tu n'as pas appris cela? reprit la femme,

— Si, je le savais répondit-il un peu brusquement ; seulement, pour ne pas t’'effrayer, j'ai voulu ne te rien dire,

— On raconte que c’est un tout jeune homme, qui a été assassiné sur la route, pas bien loin du Seuillon.

— Oui, on le dit,

— Voilà un bien grand malheur !

— C'est vrai, fit-il, devenant tout à coup soucieux. Mais nous n'y pouvons rien, n'est-ce pas? Donc, il n'est pas nécessaire que tu te fasses du mauvais sang pour rien,

Sur ces mots, il prit sa faux et s’en alla,

XI—L'ENQUÈTE

Après avoir pris ses mesures pour que le parquet de Vesoul fut prévenu le plus vite possib'e, le juge de paix de Saïint-Irun se mit en route pour Frémicourt Où il arriva vers huit heures, vingt minutes après les gendarmes qui, par son ordre, s'étaient déjà mis à la disposition du maire, Celui-ci ne put utiliser leur bon vouloir, qu'en les chargeant de défendre aux curieux l'entrée de la mairie,

Le juge de paix s'installa dans une des salles de la maison commune et, en attendant l’arrivée des magistrats de Vesoul, il crut devoir procéder à un commencement d'enquête,

Il entendit successivement le maire, le garde-champètre et deux ou trois hommes de ceux quiles avaient accompagnés à l'endroit où se trouvait le cadavre, ayant grand soin de prendre note des remarques évidemment fort Judicieuses qui avaient été faites,

Toutefois, il pensa qu'il devait se rendre compte par lui-même de l'exactitude des choses observées, En conséquence, il se rendit sur le lieu du crime suivi

La victime avait été frappée à la poitrine, Avant l'arrivée des magistrats, il ne s’était pas permis de la faire dépouiller de ses vêtements : mais il avait pu reconanitre facilement que l'instrument de crime était un fusil chargé d’une balle, L'assussin attendait done sur la route ou à côté de la route sa victime se dirigeant vers lui, Restait à savoir si le voyageur venait de Civry ou s’il se

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