XVI- LES, RVITEUR ET LE MAITRE
Quand Pierre Rouvenac rentra à la ferme, le fermier ne dormait plus. — Jacques, lui dit-il, j'arrive de Frénicourt : les magistr Sont partis ; tu PEUX te mettre au lit et tu n'as plus rien à
ats et les gendarmes prendre le repos dont tu as besoin ;
craincre, tu es sauvé, — Hein ! que veux-tu dire ?
— Jean Renaud à été reconnu coupable Vesoul.
Le fermier regarda Rouvenat avec Stupéfuction, — Mais c'est inpossible ! exclama-t-il, cela ne se peut pas ! — C'est pourt damné,
: demain il sera dans la prison de
ant lu vérité, Jean Renaud ira e
n cour assises et sera con-
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All" de nous dei — Tu as Tu ne co secret de ce pas, moi, qu —-Jean } — Tout, — Rouve:
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— Ah! il même, Il s’élança — Qu'est.
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sombre, — À l’heu Jacques M — Ah! cà damner à ma On appelle ce peine, le chât Saint-lrun, J je me tuerai à Rouvenat « — Cela, tu — Qui donc — Moi, —- Et poure — Parce qu Jacques Mc — Non, je 1 magnifique d’e
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— Ah! çà, voyons, répliqua Mellier, en se démenant avec agitati «le nous deux est fou ?
— Tu as toute ta raison, comme j'ai la mienne,
Tu ne comprends pas ; eh bien, écoute : Quatre personnes connaissent le secret de ce qui s’est passé la nuit dernière : Toi, ta fille, quine te dénoncera pas, moi, qui serai muet comme la tombe, et Jean Renaud.
—-Jean Renaud, dis-tu, Jean Renaud sait ?.. .
— Tout.
— Rouvenat, qu'est ce que cela veut dire? Explique-toi,
—— Hier soir, le tueur de loups est passé à la ferme ; il avait son fusil : comme il voulait aller à Terroise, et que son arme l’embarrassait, il l'a laissée ici. La nuit dernière, sans ÿ Voir, croyant prendre ton fusil, c’est celui de Jean Renaud que tu as emporté, Comprends-tu, maintenant !
—- Non, pas encore,
—-Eh bien, ce matin, Jean Renaud a repris son fusil, qui a été saisi chez lui par les gendarmes, Un coup déchargé, la balle retirée du corps de la victime...
— Ah ! oui, je comprends ! s’écria Mellier en passant fiévreusement ses doigts dans ses cheveux. .
—— Enfin, Jean Renaud à deviné que c'était toi,
— Pourquoi ne l’a-t-il pas dit ?
— Ï]l n'a pas voulu.
— Ah ! il n’a pas voulu !
même,
on, lequel
répéta lentement Mellier, comme se parlant à lui-
Il s’élança vers une armoire, l’ouvrit et en r
— Qu'est-ce que tu fais donc? demanda
—Tu le vois bien, je vais nr'habiller, sombre,
— À l'heure qu’il est ? pour aller où ?
Jacques Mellier marcha vers le vieux serviteur, les yeux étincelants.
— Ah! çà, s’écria-t-il, me crois-tu assez lâche, assez infâme pour laisser condamner à ma place un innocent ? J'ai tué l’homme qui m'avait volé mon honneur. Un appelle cela un crime, un assassinat, soit, Mais qu'un autre en supporte la peine, le châtiment, jamais, jamais !.., Tu me demandes où je vais? Je vaisà Saint-Trun, Je crierai de toutes mes forces que Jean Renaud est innocent et je me tuerai après
Rouvenat croisa ses bras sur sa poitrine.
— Cela, tu ne le feras pas, répliqua-t-il froidement,
— Qui donc aurait l'audace de n'en empêcher ?
— Moi.
— Et pourquoi, sil te plaît ?
— Parce que je ne veux pas.
Jacques Mellier laissa éclater un rire convulsif,
— Non, je ne veux pas, prit Rouvenat, en se dressant devant son maître magnifique d'énergie, Je ne le veux pas, parce que l cheté, est aussi un e
etira uu habillement complet, Rouvenat étonné et inquiet, répondit le fermier d’une voix
e suicide est aussi une làrime !... Tu en as commis un, c’est trop, Hier, je n'ai pu retenir ton bras homicide : aujourd’hui je t'arrêterai, je te le jure ! Tu as attendu sur la route un pauvre garçon sans défiance, coupable seulement d'aimer ta fille et, sans pitié, tu l'as frappé... Jacques, voilà ce qui est lâche, voilà ce qui est infâme ! Ce n'était pas assez... avec une cruauté inouïe, tu as chassé ta lille ! Elle est partie, la malheureuse enfant, partie, et nous ne la reverrons peut-être jamais !.., Et, après » voir fait cela, tu voudrais trouver l'oubli dans
la mort! Vrai Dieu, ce serait trop commode ! Jacques, réponds-moi, si c'était à recommencer, tuerais-tu ce jeune homme ?!
— Non, non, répondit le fermier en frissonnant.
— Et ta fille, la chasseruis-tu ? Ù Elle ! oui.
— Eh bien, suis-tu ce que je vois dans tes réponses : c'est que situ comimences à te repentir du crime horrible que tu as commis, rien encore n’a pu émouvoir tes entrailles de père, Et, pourtant,tu l’aimais, ta fille... Va, tu as beau vouloir te tromper toi-même, tu l'aimes toujours ! Il est plus facile de s'ôter la vie d'un seul coup, en se faisant sauter la cervelle, que de tuer son cœur seulement.
Tu n'iras pas à Saint-Trun ; tu luisseras Jean Renaud accomplir son sacrifice, Quant à toi, tu vivras pour regretter et te repentir. Le remords, tu entends, Jacques, le remords sera ton châtiment... Je te verrai brisé dans ta douleur profonde et, d'une voix suppliante, à grands cris, je t'entendrai appeler ta fille,
— Rouvenat, tais-toi, tu me fais mal !
— Mais un jour viendra, poursuivit le vieux serviteur, où Dieu aura pitié di tes larmes : alors, éomme il n'est pas inflexible, lui, il te prdonnera, I pau donne toujours aux plus grands coupables, qui ne se révoltent pas contre sa vo lonté et savent mériter sa clémence par le : pentir.
— Rouvenat, laisse-moi partir.
— Non, te dis-je, non ?
— Ainsi, toi, l'homme généreux, l'homme sage, l'homme parfait, tu veux faire condamner un innocent !
— Je ne m'oppose pas à la volonté de Dieu.
— Qu'ai je donc à faire maintenant sur la terre ?
—Je te l'ai dit : Te repentir !
— Mais Jean Renaud à une femme, un enfant bientôt, tandis que moi ji suis seul, je n'ai plus personne.
—\alheureux, et ta fille ?
— Elle est morte, morte pour moi !
— En ce moment, soit ; mais ee que je fais, entends-tu, Jacques ce que je fais, c'est pour elle plus encore que pour toi! Va, je n'oublie pas Geneviève et l'enfant qui va naître. Le fermier du Seuillon est riche, il donnera du pain à la femme, il élèvera l'enfant... Voila ce que Pierre Rouvenat, le domestique, à décidé, voilà ce que fera Jacques Mellier, le maitre !
Depuis un instant les rôles étaient changés ; le serviteur avait pris l'autorité du maître ; il commandait, il voulait ; et le coupable essavait en vain de retrouver sa volonté aux ressorts détendus ; il était vaincu, dompté, terrassé, et mal gré lui il subissait cette domination nouvelle, qui s'imposait si audacieusement.
Il fit entendre un gémissement ; soudain, le feu de son regard s'éteignit, sa tète tomba lourdement sur sa poitrine et il s'affaissa sur un siege.
— Rouvenat prit les deux pistolets et les mit dans ses poches,
Puis, d’une voix 1louce et affectueuse :
— Il ne doit pas être loin de minuit, dit-il, nous devons penser à prendre du repos. Allons, bonne nuit, Jacques, et à demain. Quand tu te lèveras, l'herbe qui reste encore debout dans ta prairie sera coupée,
Et Pierre Rouvenat sortit gravement de ia chambre de son maitre,
Le surlendemain, qui était un dimanche, Rouvenat, après le déjeuner, mit ses habits des beaux jours, glissa dans sa poche une bourse bien garnie, prit son bâton et s'achemina vers Civry. Il allait faire une visite à la femme de Jean Renaud,
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Ahellces mouvoir eau vour la vie lement.
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