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t quinze à petit COrpS le grâce enperçoive au
A ga Din Bneisin
LE MALÉDICTION D'UN PÈRE së urement que par les dons que c les coups de baguette des bonnes fées du temps jadis,
Certes, la nature ne lui à rien refusé :
té, une voix mélodieuse, l’amabilité, la grâce, la bonté : tout ce qui attire, tout ce qui plaît, tout ce qu'on admire, tout ce qui enchante, tout ce qui charme
Cette délicieuse réalité est l'idéal rêvé du poète, On croirait ange animé sorti d'une toile de l'Albane,
Un rayon de tendresse et d'amour suave éclaire le yeux bleus, qui paraissent toujours ravis, allongée, est d’une correction parfaite :
exquise, La bouche petite, toujour renferme les plus jolies
hacune Jui à faits, renouvelant en sa faveur
elle lui a donné l'intelligence, la beau-
voir en elle u1
doux regard de ses grands Le dessin de sa figure, lécèrement tous les traits sont d'une délicatess:
S souriante, aux lèvres estompées ce rose dents du monde, Le menton rond est orné d'une for sette adorable, qui se retrouve sur les joues, discrètement indiquée, quand la physionomie s'anime, Le nez, petit et droit, aux narines mobiles, doucement teintées de rose, est délicieux. Elle tresse ses beaux cheveux blonds en nattes et les retient captifs sur le haut de sa tête, parfois en couronne, mais formant le plus souvent plusieurs torsades. Quand
“on cou, ils ruissellent, tombent en cascade comme un manteau.
Sa taille est moyenne,
, dénoués, elle les laisse ghsser sur Jusqu'à ses hanches et la couvrent mais svelte, élégante, portior+, Le cou, les épaules, la gorge sont délicieux : un buste admirable, Sur tout eri, une adorable candeur répandue, le parfum de l'innocence : en l'étonnement naïf de la beauté qui voile le regurd et cache de connaît pas soi-même,
Ni nous pénétrons dans la chambre de Jacques Mellier, dont il ne sort plus que rarement, nous aurons de la peine à reconnaître le vieux fermier, I heur l'a frappé impitoyablement, On d’un crime
charmante dans toutes ses pro
plus, S trésors qu'on ne
ze malne se rend pas coupable impunément odieux, Plus encore que les années, le remords qui déchire son âme l'a affreusement vieilli et coubé vers la terre, Il n'a plus de volonté, plus de désirs, plus d'espoir, Il « se sont éteints dans les larmes
st sans force, ses veux il est brisé, anéanti :
ce n'est plus qu’une mass se traîne, Mais il lui reste la faculté de est épouvantable,ses pensées ment |...
inerte ; il ne marche pas, il penser et de se souvenir, Le souveni!
le torturent sans cesse. Voilà son châti
Il passe des nuits sans sommeil, chemar s'ubat sur Jui et inondé d’une sueur froide et pousse des gémissements, des cris d pouvoir se débarraser de l'horrible poids qui pèse sur sa poitrine
Sa chambre se peuple de fantômes et de spectres imenacçants, Dans ceux-c il reconnaît ses victimes. L'un ä Un trou à la place du cœur duquel le sang jullit comme d'une source et <e répand à flots sur le parquet : che lentement, les yeux baissés : il numéro ; tout à coup il étend les bras et d'une voix caverneuse il ces paroles : ” Qu’as-tu fait de ma femme ?,., ” Alo suaire se déchire, et Mallias voit le cadavre horrible, sans Veux, des vers grouillant dans la chair en putréfaction, Puis c'est encore une femme pâle, maigre, décharnée, presque un squelette, qui se dresse devant lui: à k place de ses yeux, il y a deux flammes anathème ; Assassin ?... ?
Le malheureux, frissonnant d'é les spectres restent d
et, lorsqu'il parvient À S'assoupir, le
cal l'écrase, le broie...
Il se réveille alors huietant
e terreur, san
l’autre s'apuro a sur la tête un bonnet vert portant u prononv:
un cercueil s'ouvre, k
eZ, ave
rouges ; elle lui jette ce cri comme wi
pou vante et d'horreur, ferme les yeux ; mais ans a chambre, se groupent autour du lit et, toujours de
plus en plus menaçants, se penchent sur lui. C’est le cauchemar qui continue,
la terrible hallucination qui le poursu’t s:ns pitié, avec acharnement : Ce que lui avait prédit Pierre Rouvenat s'est réalisé :
Bille n'était pas éteinte dans son cœur ; en regardant »
gracieuse enfant qui grandissait sous 1 diguait ses caresses, il se vit seul
sa tendresse pour sa autour de Jui, malgré la a protection de Rouvenat et qui lui pro- , abandonné, marchant sans consolation vers la tombe, avec des biens amassés par plusieurs générations de travailleurs, que des collatéraux avides viendront se disputer sur son cercueil à peine cloué :; peu à peu l'amour paternel se réveilla en lui, et, un jour, c’est avec des larmes et des sanglots qu'il dit à Rouvenat :
-- Je veux que ma fille revienne près de moi lui ouvrirai mes bras !
Le vieux serviteur laissa tomber sement,
; va la chercher, ramène-la,
sa tète sur sa poitrine et pleura silencieu-
Alors le fermier se leva et s'écria :
— Pierre, réponds... où est ma fille ?
Rouvenat poussa un gémissement et répondit :
-— Je n’en sais rien.
- Ah! tu ne dis pas la vérité ! Elle est morte, n'est-ce pas, elle est morte ! — Je n’en sais rien. Depuis le jour où elle est venue à Saint [run avec enfant, je n'ai plus entendu parler ni d'elle ni de Jui, Son intention, m'avait elle dit, était de retourner dans le Jura; j'ai écrit au village ou elle a vécu pendant plus de cinq ans, Jy Suis même al
lé il y à trois ans, sans que tu le saches, On ne l'avait pas revue... Que sont-ils devenus ? Lucile est-elle morte Ou vivante !
Jacques Mellier laissa échapper un cri douloureux et se roula sur son lit avec désespoir en s'arrachant les cheveux,
Et depuis, nul n'aurait su dire toutes les larmes qu'il a versée a malheureuse enfant qu'il a chassée et maudite !... Ah! mais trop tard, hélas ! que, «
son
?S Ql1 pensant «à il comprenait enfin, quelle que soit la faute commise, un père ne doit Jamais être sans pitié pour son enfant !
Maintenant
qu'il se tord comme un damné au souvenir de son crime et des malheurs irré]
rables qu'il à causés, il voudrait racheter tout. Avec quelle joie il donnerait ce qu’il possède: sa ferme, son or, ses valeurs, tout, tout, pour que sa fille seulement lui soit rendue !
Est-elle morte, est-elle vivante? Je n'en sais rien, lui a dit Rouvenat, Ces
paroles lui reviennent sans cesse : elles résonnent lugubrement à ses oreilles et Sont comme une Jame d'acier qui s'enfonce toujours plus avant dans son
Pierre Rouvenat est di puis longtemps le véritable chef de l'exploitation de
la ferme : il a toute l'a rité « maître, dont celui-ci s'est volantairement cle ur. 1! en use avec bienveillance, mais sans faiblesse. T1 à COI gmenté la fortune de 4 cques Mellier, et il en est le gardien économe et fidele Tel nous l'avons vu il ÿ à dix-neuf ans, tel nous le retrouvons aujourdhui : 1jOou"s droit comme un 1, le visace austere, fort, vigoureux et ardent à lou 154 iles ui tunmuiant Îles autres servant d'exemple à tous On n ira qu'il à vieilli à barbe et ses cheveux n'avaient blanchi, si des rid né ent point usées sur son front et ses joues. y Silna} le remords qui ronge et brûle son maître, il à aussi son mal sons
remède, La douleur qu'il porte en lui est vivace et profonde, T1 regrette, Il
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LA MALÉDICTION D'UN PÈRE 62 pense continuellement à Lucile ‘enfant, quelque fois cussi à Jean Renaud. Voilà sa peine, voilà son mal ! Ft quand il est seul, enfermé dans sa chambre, après une rude journée de travail, au lieu de se reposer et de dormir, il pleure...
[Il aime beaucoup sa tilleule, c'est une sorte de passion qu'il à pour Blanche ; il l'entoure de soins, de pr'évenances, d’attentions, de tendresse : il enlève luimême les cailloux du chemin atin qu'elle puisse y courir sans b'esser ses pieds mignons ; il voudrait que, partout où elle passe, on semât des fleurs : il veille sur elle comme sur un trésor précieux confié à son dévouement, "à sa tidélité, a Son honn cr! Eh bien, si elle adoucit parfois ses longues heures d'amertume, son chagrin, elle ne parvient pas à lui faire oublier les autres... Quand il regarde Blanche et que ses yeux deviennent humides, c'est à eux quil pense, |
Où sont-ils ? Que font ils ? Hélas !
deux. N importe, il les attend.
Pierre Rouvenat à un grand projet dans la tête, Aucune puissance au monde ne pourrait le forcer à ÿ renoncer,
il l'ignore. Peut être sont-ils morts tous