‹ La malédiction d'un père [microforme]Chapitre 26 sur 109 · LE BEAU FRANCOIS · texte numérisé non relu

LE BEAU FRANCOIS

Blanche aimait les promenades matinales. Presque toujours avec son par- À run, de loin, appuyée sur le bras du fermier, et toute seule quelquefois, on la à rencontriut sur les sentiers, iouillant ses pieds dans la rosée.et faisant sa HiO1Sson des plus belles fleurs de la vallée,

: Or, un matin, elle descendit de sa chambre prête à sortir, Un chapeau de | | paille d'Italie, orné d'un large ruban bleu aux extrémités flottantes, étuit coquettement posé sur ses beaux cheveux blonds.

Ë Quand elle parut dans le cour, un grand jeune homme, assez bien de figure,

ñ à l'œil vif et hardi, mais ne pouvant cacher entièrement sous des imanicres

Ê vauteleuses quelque chose de faux et de rusé, Vint à sa rencontre ave empres-

sement, ‘

Ma jolie cousine se dispose a faire une petite promenade, ditil, pendant qu'un sourire équivoque passait sur ses lèvres minces,

— Oui. Vous ne savez pas où est mon parrain ? de Je crois bien qu'il est allé à Frémicourt.

- En ce cas, ‘e vais attendre son retour,

re TE ee

GE

—N] VOUS voulez, je erais heureux de vous offrir Ion bras,

— Non, mere, répondit-elle assez séchement : si mon parrain turde à revenir, je préfère me proriener seule,

Le jeune homme pinça une de ses lèvres entre ses dents et son regard eut un rapide éclair de colère,

[l est certain que vous me traitez assez mal. reprit-il avec dépit ; ce n'est

LA pas d'aujourd'hui seulement que je m'en aperçois ; je ne suis pas ici, pourtant, un simple garcon de forme, inon pére est un des plus proches parents de M.

Mellier.

— Je ne l'ignore pas, répliqua |

a jeune fille avec vivacité : mais je ne vois { pas ec qui vous donne le droit de vous plaindre de moi. Je n'ai certainement Jamais eu l'intention de vous causer ici des ennuis

Assutément, vous êtes bonne, Blanche, mais vous ne in'imez pas,

LA CALE DIOTION D'UN PÈRE ‘teste personne, — Oh ! vous n’avouerez Pas que je vous déplais ! — Non, car si cela était, cu semit vous dire une chose désagréable, — Mais je vous aime, moi, Blanche, je vous aime, et si vous le vouliez. il vous le vouliez, il ÿ aurait une belle noce nu Seuillon avant les foins, Une vive rougeur colora les joues de la jenne fille, Elle était stupéfiée, Elle se disposait à faire à l'audacieux parent de Jacques Mellier une réponse peu gracieuse lorsqu'elle aperçut Pierre Rouvenat. Le vieillard venait de entendu, — Ah! mon parrain ! s'écria Blanche.

Et! elle s’'élanca vers lui, laissant l'amoureux cousin tout interdit, planté sur ses deux jambes, Elle présenta son front à Rouvenat. I y — Viens-tu avec moi? lui demanda-t-elle, — Non, pas aujourd'hui Va faire ta promenade, ma Mignonne, Seulement ae t'éloigne pas trop,il Y à encore de la rosée, Moi, j'ai à causer avec François, La jeune fille le prit par le cou, ét tout bas à son oreille — Est-ce que tu as entendu ce qu'il ma dit? demanda:t-elle. — Oui,

— Monsieur François, je ne d

s'arrêter à quelques pas les sourcils froncés. Il avait

init un baiser.

— Alors tu lui répondras pour moi. Me marier avec lui! j'aimerais mieux

rester fille toute ma vie.

Elle colla ses lèvres sur la joue du vieux Pierre, puis elle partit en bondis-

sant Comme une jeune gazelle, François allait quitter la place, Rouvenat le retint. —J’ai quelque chose de très-sérieux à vous dire, Fr

ancçois, — J'écoute.

— Depuis quelque temps, reprit Rouvenat d'un ton séveér mettez avec Blanche des libertés qui me déplaisent,

— Est-ce qu'il est défendu de lui parler?

au respect que je lui dois,

— Tonnerre !

8, VOUS Vous per- D'ailleurs je ne crois pas manquer

fit Rouvenat avec violence, si c'est moi qui vous aurais

la ferme,

vous aviez seulement essayé, pris les deux épaules pour vous Jeter à la porte di François blémit et un méchant sourire erra sur ses lèvres. —Îl me semble, dit-il avec une nuance d'ironie, que mon cousin Mellier est ici un peu plus de maître que vous.

—Je sais ce qu'est Jacques Meilier et Je sais ce que je suis. qu'un garçon de ferme, cest à ce titre seulement que j'ai consenti à vous ÿ recevoir : rappelez-le-vous, Je vous préviens, charitablement. que, à la première parole mal sonnante adressée à Mile Blanch vous auriez à faire votre paquet et aller retrouver M. votre père dans les Vosges.

Vous n'avez pas,

Vous n'êtes ici

Je suppose, monsieur Pierrre Rouvenat, la prétention de m'empêcher d'aimer Mlle Blanche.

— Ah ! prenez garde !

—Mes intentions sont honnûtes, je n'ai cest que Blanche soit ma femme.

— Oui, maïs Blanche ne veut pas de vous.

— C'est ce que nous verrons,

pas à les cacher :

ce queie vany a SA ;

Rouvenat fut saisi d'une colère subite qui fit trembler tous

11 ] ses membres, Il saisit le bras du jeune homme, et, le servant rudement

ee ee NN

Sep

Page 1