‹ La malédiction d'un père [microforme]Chapitre 45 sur 109 · DRE TE · texte numérisé non relu

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142 LA MALÉDICTION D'UN PÈRE Blanche laissa échapper un cri de surprise, dans lequel il y evait peut-être aussi un peu de joie,

Le jeune homme s'avança, son chapeau à la main Ils s'arrêtèrent en même temps. Les soulèvements de sa poitrine trahissaient l'émotion de Blanche,

— Vous êtes étonnée de me voir ici, mademoiselle, dit Edmond d'une voix vibrante, mais vous le serez davantage en apprenant que j'étais presque certain de vous rencontrer, Hier, continua-t-il avec un doux sourire, je vous ai park de ma bonne étoile ; elle marche devant moi, me guide, comme autrefois cell: des mages, et je la suis.

— Je ne savais pas vous trouver sur ce sentier, répondit-elle très-émue, pourtant vous n'étiez pas loin de moi ; je pensais à vous,

— Ainsi, j'ai ce bonheur inespéré ; vous vous intéressez À moi, qui vous suis inconnu, j'occupe votre pensée |

— Je vous sais bien malheureux ; c’est pour cela, sans doute, que je pense à vous.

—Oh ! que vous êtes bonne, murmura-til, et comme vous méritez d'être aimée !

Il l’entoura d’un regard d’ineffable tendresse,

La jeune fille éprouva une sensation indéfinissable,

— Oh ? oui, reprit-il avec animation, vous méritez bien l'affection que tout le monde a pour vous ; mais qui donc pourrait ne pas vous aimer ? Il ne faut que vous regarder pour lire dans votre âme et votre cœur où sont renfermés 1es plus précieux trésors, On vous admire : arce que vous êtes la grâce et que tout rayonne autour de vous. Ah? vous n’etes pas seulement la plus belle et la plus parfaite créature de Dieu ; vous avez encore la puissance de tout e.nbellir : vous avez le sourire qui charme, le regard qui donne la lumière, et la voix qui rassure et fait évanouir le doute.

Oui, j'étais malheureux, sans courage, perdu dans la vie, ne sachant où aller, ne voyant devant moi que des chemias arides et, au bout, rien. Alors vous m'êtes apparue, votre voix à frappé mon oreille comme un écho du ciel, Aussi tôt, je me suis senti plus fort, je n'ai plus vu mon isolement, une route s’ouvrait devant moi, large et facile ; rassuré, j'osai interroger l'avenir, et il ma répondu que je pouvais avoir ma part des joies et du bonheur de ce monde.

Je l’ai cru. Avec la confiance, la foi est rentrée en moi, et l'âme rassérénée, le cœur plein d'espoir, j'ai relevé la tête. Vous ne me connaissez pas, mademoiselle, nous n’avons échangé que quelques paroles, et voilà déjà ce que vous avez fait pour moi. D’après cela, jugez de votre puissance.

Blanche est votre nom, mademoiselle ; moi, je vous en donne un autre ! je vous appelle la fée de l’Espérance.

La jeune fille, les yeux baissés, écoutait avec une sorte de ravissement ce langage nouveau pour elle

—— Maintenant, poursuivit Edmond avec exaltation, je ne ne doute plus, je crois. Je crois que Dieu, comme vous me l'avez dit, ne m’abandonnera pas ; je crois qu’il vous à envoyée vers moi, vous, un de ses anges! Je crois à l’avenir, à la vie, au bien, à la réalisaton de mes rêves, au suceës, au bonheur ?... Où est-il le bonheur ? Ii ne faut pas le chercher bien loin. Il est partout où vous êtes, dans l'air que vous respirez, sur ce chemin où vous passez, dans tout ce que vous regardez, dans tout ce qui vous voit, dans tout ce qui vous approche, dans tout ce qui vous entend! Votre sourire le fait naître, votre regard le donne !

Blanche leva sur le jeune homme ses yeux humides.

11 lui prit la main. Elle ne la retira point ; mais son trouble augmenta encore.

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LA MALÉDICTION D'UN PÈRE — Etes-vous pour longtemps dans ce pays ? demanda-t-eile, —Je ne veux plus le quitter, répondit-il, Sous le regard ardent du je retirant doucement sa main, — Vour allez à Frémicourt? dit.it, — Oui, Permettez-moi de vous ACCOMpagner jusqu'au bout du sentier, Elle ne répondit Pas ; c'était dire qu'elle le voulait bien. Ils marchèrent un instant silencieux, tout. près l’un de l'autre, Les fleurs épanouies semblaient sourire en les voyant passer, — Est-ce que vous avez des parents à Frémicourt ? demanda ln jeune fille, —Je n'y connais personne, répondit-il ; c'est le hasard où plutôt, comme je vous l'ai dit, ma bonne étoile qui m'a conduit à Saint-Irun, à Frémicourt ensuite, où j'ai eu le bonheur inespéré de vous revoir, Hier, ce pays qui à été

fatal à mon enfance, à la jeunesse, et que J'avais des raisons de détester, m'é-

tait indifférent et me semblait froid et ennuyeux comme tous les autres ; au-

jourd’hui i; a complètement changé d'aspect : il m'apparaît comme une nouve)le: terre promise ; c’est l’oasis que cherche la caravane égarée au milieu des sables brûlants du désert ; je le trouve beau, animé, vivant, ses sites sont pittoresques, ses paysages charmants : enfin, je l’admire et je l'aime, C'est le Pays que vous habitez, mademoiselle ; n'est.ce pas tout dire ? C'est ici que j'ai trouvé l'espoir, c'est ici que je voudrais vivre toujours,

Un doux sourire effleura les lèvres de Blanche.

— Pour celui qui vient de Paris, dit-elle, notre

verdure, toujours la même, ne tarde pas à deveni vite,

— L'ennui ne peut naître auprès de vous, répliqua-t-il vivement,

— C'est à Saint-Irun que vous demeurez ?

— Oui, mademoiselle : jusqu'à nouvel ordre,

— Hier, à Frémicourt, on vous a parlé de moi ?

— Oui, un vieillard, cet homme qui vous a donné un bouquet de fleurs à la porte de l'Eglise,

—Mardoche ; je l'ai vu hier soir, il me l'a dit.

— Le vieux Mardoche est un de vos pauvres ?

— Îl est aussi mon ami.

— Oh !'il vous aime! Il n'a parlé de vous avec enthousiasme ; j'ai su par lui que vous étiez la providence des malheureux : à ceux qui ont faim vous donnez du pain : à ceux qui souffrent, aux désespérés de la vie, votre sourire et vos douces paroles donnent la consolation, C’est ce que vous avez fait pour mol,., ;

Je sais aussi par Mardoche que votre père possède une grande fortune et que cette belle ferme qu’on aperçoit d'ici est à lui, à vous .. Je vois hélas! la distance qui nous sépare. Vous êtes placée sur un sommet auquel je ne puis atteindre, Si on ne peut me défendre de vous élever un autel dans mon cœur, de me trouver sur votre Passage, de vous’admirer, de penser à vous sans cesse, de vous aimer, de vous adorer, enfin, je ne puis avoir l’audacieuse prétention de devenir votre époux ; oui, ce que je voudrais, surtout, m'est interdit: je voudrais vous consacrer ma vie tout entière ; une nouvelle existence comme Pour moi, vivant par vous, c’est Pour vous que je voudrais vivre... Ah! vous

Pouvez me croire, mademoiselle, ce n’est Pas seulement mon dévouement, c’est non cœur, mon âme, mon Sang qu'il me serait doux de vous donner, Mon sang-

une homme, elle baissa de nouveau les yeux en

Pays, avec ses arbres et sn r monotome, L’ennui vient

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144 LA MALÉDICTION D'UN PÈRE je le verserais jusqu'à la dernière goutte, avec ivresse, pour votre bonheur !.. Mais vous êtes riche, ajouta-til tristement,

Le front de la jeune fille parut rayonner.

— On dit, en effet, que je serai riche un jour, répondit-2lle ; mais la fortune de mon père ne peut que me rendre plus fucile le choix d’un mari.

— C'est vrai, Muis celui-là ne sera agree par votre père, qu', étant riche, exigera aussi la fortune,

— On calcule souvent ainsi dans les familles, paraît-il; mon père et mon parrain n'ont point cette manière de voir, Ils consulteront moins le rang, la position et la fortune du mari qu'ils me donneront, que les qualités de son cœur, [ls m'aiment, ce qu'ils veulent, avant tout, c'est mon bonheur.

—Si le vieux Mardoche m'a dit la vérité, plusieurs fois déjà vous avez été demandée en mariage,

— C'est vrai,

— Par des jeunes gens riches, de familles honorables, très-considérées dans le pays ?

— Oui,

— Ces diverses demandes ont été repoussées,

La jeune fille eut un délicieux sourire.

—Savez-vous pourquoi, mademoiselle ? Vous a-t-on alors consultée ?

— Non, c'était inutile, je n'aimais pas, répondit-elle d'un ton adorable,

Le visage d'Edmond s'illumina,

— Oh! merci ! merci! s'écria-til, c'est un nouvel et radieux espoir que vous mettez en moi !

Elle arrêta sur lui son regard brillant, et répondit avec un doux sourire :

— Ne suis-je pas la fée de l Espérance ?

— Mais c'est le ciel que vous m'ouvrez! s'écria t-ii avec transport... Seulement, il me faut trois ans de twavail pour conquérir une position, me rendre digne de vous et vous mériter... Trois ans, c'est bien long...

—J'’attendrai, dit-elle,

— Ah ! s'écria-t-il enivré, vous avez vaineu la fatalité, aucune douleur ne peut plus atteindre !... Dans huit jours je serai à Paris et j'aurai repris mes études interrompues.

— Ce soir, reprit Blanche, je parlerai de vous à mon père et à mon parrain et, je l'espère, demain vous pourrez vous présenter au Seuillon,

— Comment serai-je prévenu

— À midi, à Frémicourt, vous trouverez Mardoche à l'endroit où vous vous êtes rencontrés hier

-J’attendrai le messager de joie, dit-il,

I arrivaient au bout du sentier, qui ne se continuait pas au-delà du pont 4

pierre sur la Sableuse.

urs mains se Joignirent d une étreinte rapide et ils se séparèrent XIX- SPOIR S'EN VA B utinua son chemain vers Frémicourt, dont elle n'était plus qu'à une Î ce, Le jeune homme la suivit des yeux jusqu'au moment où elle disparut à l'angle de la première maison du village. Alors il leva vers le ciel son regard irradié, dans lequel éclatait une recon

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Il avait à peine fait vingt-cinq d'arbustes, s'élançu sur le

Ce nouveau Personnage, qui n'était autre face à Edmond, avec l'intention évidente

Le visage du vieillard était encore d'habitude, et il ÿ avait dans son 1 le jeune homme £'arrêta de

—Je vous reconnais n'est ce pas ?

— J'y étais,

—Et moi ne me reconnaissez vous ?

—Si je ne me trompe pas, vous êtes le Parrain de Mlle Blanche Mellier,

—Je suis en effet Je Parrain de cette jeune fille avec qui vousce l'heure en suivant le sentier au bord de l’eau, De loin, je vous ai aperçu, j'aurais pu interrompre votre causerie, j'eusse bien fait, peut-être : mais j'ai préféré vous attendre ici, Je ne veux pas que Blanche sache que je vous ai vus ensemble, et elle doit ignorer toujours ce que je vais avoir dire,

Le jeune homme sentit son cœur se serrer douloureusement : qu'un malheur inattendu allait Le frapper, Il regarda Rouvenat tude,

egret, il traversa le pont,

q pas, lorsqu'un homme, chemin,

que Rouvenat, s'arrêta, faisant de lui barrer le passage,

plus grave, plus sévère, plus triste que égard plus de douleur que de colère, Quand vant lui, il fit un mouvement de surprise,

, Monsieur, lui dit-il : jeudi dernier vous étiez à Gray

ausiez tout à

l'honneur de vous

comprit avec inquié- Le vieillard reprit — Vous avez :

ligure qui parle en votre faveur ; des villes, moi ! j

us qu'un homme des champs ; moi une physionomie honnête, un regard franc et loy m'y trompe pas ; aussi je ne vous ferai pas l’injure d venu dans ce pays avec l'intention

je n'ai pas l'habitude mais quand j'ai devant al comme le vôtre, je ne

e Supposer que vous êtes de séduire une innocente jeune fille,

notre enfant.

— O1 nsieur, merci! s'écria Edmond d'un ton pénétré, si seülement vous «

cette mauvaise pensée, vous l'avez en effet la plus sanglante injure, — Maintenant, voulez-vous me répondre avec sincérité ? — Le parrain de Mile Blanche a le droit de répondre,

— Eh bien, est-ce que vous aimez Blanche ? demand De toutes les forces de mon âme, répondit le jeune homme sans hésiter Rouvenat tressaillit et un nuage passa sur son front. Le mal est plus grave que je ne le pensais, se dit-il. Puis, avec une anxiété visible, il reprit :

Et elle, Blanche ?

Mile Mellier ne m'a pas donné le droit de répondre pour elle, e jeune homme d’une voix tremblante.

Ces paroles augmentèrent les perplexités de R 1'y eut un moment de silence, Les deux hommes étaient €

compris, vous m'auriez fait

m'interroger, je suis prêt à lui

a-t-il brusquement,

prononça

ouvenat,

galement émus, embarrassés. Edmond sentait la terreur pénétrer en lui ; il comprenait, instinctivement, que Blanche dépendait absolument de l’homme qui était devant lui, qu'il pouvait, d'un mot, dé. truire son bonheur et effacer tous ses rêves.

— Ecoutez-moi, reprit le vieillard, écoutez-moi : Vous aimez Blanche, je

se dirigeant vers la

sortant d'un bouquet

Re

l'aime aussi, moi, je l’aime autant et plus peut-être que si elle était ma fille... Je lai vue venir au monde ; toute petite je l'ai bercée sur mes genoux, dans mes bras ; sa mère est morte deux heures après sa naissance, et près du lit sur lequel la pauvre femme venait d’expirer, ayant à peine eu le temps d’embrusser son enfant, j'ai juré à la morte que je veillerais sans cesse sur sa fille, que je serais toujours là pour: la protéger, pour la défendre... Ah! Dieu est bon, ne permettra pas que Blanche soit malheureuse ! Ni je pouvais tout vous dire, vous comprendriez, mais je ne peux pas... Voyez-vous, une larme qui tomberait de ses yeux serait pour moi comme un coup de poignard ; pour lui évite: une douleur, un chagrin, je donnerais avec joie les jours qui me restent à vivre, et ce serait peu, car arrivé au bout de ma course, donner ma vie pour un doux regard ou un sourire de ma Blanche bien-aimée ne serait pas un grand sacrifice. Muis, je le répète, Dieu est bon: il me conservera près de Blanche jusqu’au jour où je pourrai dire en mourant: Elle est heureuse ! £dmond écoutait avec une agitation fiévreuse,

-— Si j'eusse pu prévoir ce qui est arrivé, poursuivit-il avee un accent di profonde tristesse, je ne l'aurais pas enmenée à Gray, à cette foire maudite, et vous ne vous seriez pas rencontrés. Le mal est fait, il s'agit maintenant de le réparer ; il le sera, 1l le faut, pour elle, pour vous, monsieur, à qui je ne puis en vouloir d'avoir trouvé Blanche jolie, d'avoir cru que vous pouviez l'aimer. Non, je ne veux pas. Hélas! on ne peut rien contre ce qui est fatal, Mais il n'est pas trop tard ; quand on connaît le danger on l’évite. Nous rétablirons la paix où, sans le vouloir, vous pourriez tout bouleverser. Seul, je serais impuissant. peut-être, mais vous m'aiderez ; oui, votre regard me dit que je peux compter sur vous,

L'inquiétude du jeune homme redoubla.

— Je vous en prie, monsieur, fit-il, ayez pitié de mes angoisses, dites-moi vite ce que vous exigez de moi.

— Vous aimez Blanche, reprit Rouvenat d'un ton grave, je vous crois ; je ne veux même pas m'étonner que l’amour vous soit venu si vite ; vos intentions sont avouables et vous êtes un honnête jeune homme, je le crois aussi. Et ce pendant je suis forcé de vous dire : Oubliez Blanche, ne pensez plus à elle, vous ne devez pas l'aimer.

— Oh! vous pouvez tout me demander, excepté cela ! s’écria le jeune homme,

touvenat secoua la tête,

— [l faut cela pour vous, dit-il, puisque vous ne pouvez pas être son mari.

Edmond poussa un soupir et laissa tomber sa tête sur sa poitrine,

— Pauvre garçon ! il l'aime réellement, pensa le vieillard.

Mais les intérêts qu'il croyait défendre en ce moment étaient là pour prémunir son cœur contre toute faiblesse, tout attendrissement dangereux.

— Eh bien, reprit-il d'une voix ferme, en posant sa main sur l'épaule d'Edmond, vous voyez la situation, qu'allez-vous faire ?

— Ah ! je n'en sais rien ! s’écria le jeune homme, relevant brusquement la tôte,

I] était devenu brusquement pâle.

Je n'ai plus une pensée, continua-t-il d’une voix brisée, je souffre cruellement, tout s'effondre autour de moi. Ah ! le vieux mendiant avait raison, . J’espérais... Insensé ! Est-ce que l'espoir est permis aux déshérités?. . . Je l'appeluis la fée de l'Espérance. . dérision ! C’est Mlle Blanche Mellier, une fille unique, et son père est riche. J'ai osé croire que je pourrais me rendre digne d'elle, quelle audace! Allez, monsieur, vous pouvez achever de m'écraser; on ne lutte pas contre sa destinée...

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; pour lui éviter ne restent à vivre, vie pour un doux in grand sacrifice, Blanche jusqu'au

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squement la tête,

ffre cruellement, aison. + J’espé- ... Je l’appelais une fille unique, lre digne d'elle, aser; on ne lutte

Rouvena tn'avait pas l’idée d’un sembl] malheureux jeune homme avec compassion,

— Ah ! reprit amérement Edmond, vous n'ave quoi vous me conseillez d'oublier Mlle Blanche, comprends, je le devine...

—Jeune homme, répliqua froidemement Rouve ser Sans découvrir la vérité.

—M. Mellier veut pour sa fille un brillant mari qu'à un homme riche, bien nosé.….

de ne plus penser à elle, je le Nat, vous pouvez tout SUPpoage ; 1] n'accordera sa main — Vous vous trompez absclument.

—c'est une preuve de sympathie que core Six ans lorsqu'elle à été fiancée

Tenez, je veux bien vous le dire, à vous, je vous donne, — Blanche n'avait pas en-

Voilà. Je ne puis vous en dire davantage, — Quoi! c'est pour cette raison ?

— [l n'y en a pas d'autre, Aucune Puissance au monde ne saurait rien changer à ce qui à été décide, — Cependant, Monsieur, permettez-moi de vous le dire Sage pas ; le cœur de Mile Blanche peut être en désaccord avec vos projets, Ni elle aimait un autre homme que celui que la volonté de son pére et la vôtre croient avoir le droit de Jui iposer ?

— Oh ! alors, ce serait un grand malheur, — Un grand malheur,

, Un enfant ne s’en-

— Ainsi, celui-là, qui aurait le bonheur d'être aimé de Mlle Blanche serait repoussé?

— Oui, comme VOUS, COMME tous ceux qui, déjà, l'ont d Le jeune homme regarda le vieillard avec effareme — Et vous dite que vous l’aimez? s'écria-t.il. Rouvenar eut un sourire étrange,

—Je sais bien que vous ne

emandeée en mariage, nt. Il était stupéfié,

POUVEZ pas me comprendre, répondit-il ; mais, je ne peux rien vous expliquer ; c’est mon secret, à moi, je le garde, Le cœur de Blanche est, et doit rester encore libre de toute affection, En supposant qu'elle éprouve déjà pour vous de la sympathie, l'impression produite en elle ne Saurait être bien profonde, elle s'effacera facilement, Vous ne voulez pas la rendre malheureuse, n'est-ce pas ?

— Vous me demandez cela ris ma vie pour elle !

—— Eh bien, au nom du bonheur de nom de votre affection pour elle Vous est cher, il faut que

, à moi! s'écria le jeune homme, à moi, qui donne-

Blanche, que vous voulez comine moi, au » 44 nom de votre honneur et de tout ce qui

Vous Vous cloigniez, que vous ne paraissiez plus sur le domaine du Seuillon

* U'on n'entende plus parler de vous, il faut que Blanche ne vous revoie Jamais !

Le jeune homme laissa échapper un sourd gémissement,

—J'ignore qui vous êtes, je ne vous le demande pas, je ne veux pas le savoir continua le vieillard ; mais vous seriez le fils d’un Hillionnaire, d’un marquis ou d'un prince que ce serait la même chose, Je vous | devenir le mari de Blanche,

Edmond restait atterré,

— Je m'adresse à votre Cœur, à votre générosité, à tous les bons sentiments qui sont en Vous, reprit le vieillard dont la voix devint suppliante ; il s’agit du repos d’une innocente enfant, qui ne sait rien encore des choses de Ja vie ; ah", Vous ne voudrez pas com Promettre son avenir,ni détruire son bonheur, Ce serai:

e répète, vous ne pouvez pas

able découragement : il regardait le

z pas besoin de me dire pour-

mal et vous n'êtes pas méchant, non, vous ne l’êtes pas... Vous êtes ému je vois des larmes dans vos yeux, Il me semble que je vais pleurer aussi... C’est drôle ce que j'éprouve.. . Je vous le dis et vous pouvez me croire, si c'était possible et que Blanche vous aimât, je vous dirais: Venez... Vous l'épouseriez, Mais cela ne se peut pas. Vous vous éloignerez, n'est-ce pas? Vous ne cherche. rez plus à la revoir, vous me le promettez ?

Edmond fit entendre un nouveau gémissement et répondit :

—Je partirai.

Rouvenat lui prit les deux mains.

— Oh ! je vous ai bien jugé, dit-il : vous êtes un grand et noble cœur !

— Adieu, monsieur, adieu, dit le jeune homme d’une voix presque éteinte.

Il jeta autour de lui un regard désespéré et s’éloigna rapidement.

— Un malheureux de plus sur la terre, murmura tristement Rouvenat.

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