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FIOLET,
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C'est égal, cette dame Violet, qui n'existe peut-être plus aujourd'hui, était
aussi une brave femme, Voyons maintenant la lettre de Marianne, Il l'ouvrit et en fit lentement Ja lecture,
Voici ce qu'elle contenait :
Mon cher enfant,
“ Je ne ne me sens pas bien du tout, et quelque chose me dit que je n'ai
“ plus longtemps à vivre. Mais je ne voudrais pas mourir sans te donner les Ë ‘ renseignements que tu m'as souvent demandés, et à l'aide desc uels tu pour:- # 5 l , |
“ras peut-être parvenir à découvrir un jour le nom de ton père, Ne t'ayant “pas près de moi, et ne comptant guère sur ton retour prochain, je me décide “at’écrire. Mais comme je ne veux pas t'inquiéter ni troubler les agréments “ de ton voyage, je m'arrangerai de façon à ce quetu ne reçoives ma lettre que “si la mort, dont j'ai peur à cnuse de toi, vient me frapper avant ton retour à “ Chevrigny.
“Je ne sais pas grand'chose, mon pauvre Edmond, mais, enfin, ce que je sais ‘je vais te le dire. Tu me pardonneräs d'avoir toujours refusé de répondre à ‘tes questions ; j'avais promis de garder le silence, Cependant, comme il faut ‘“ que je te fasse connaître le nom du notaire à qui tu devras réclamer “sion, je me dis qu’il vaut mieux que tu saches tout,
“ Un jour, il y aura vingt ans, le 20 août prochain, un homme, appelé Ger- “ main, se présenta tout à coup chez moi à Chevrigny. Je l'avais connu à Pa-
; “ris, quand j'y étais en service : il avait même assisté, depuis, à mon mariage, “car il était camarade d'enfance de mon mari,
“II portait quelque chose enveloppé dans un manteau noir. C'était toi, Ed- “mond. Pauvre chéri, tu n'avais peut-être pas encore huit jours.
“ M. Germain me dit : — Marianne, votre mari est mort l’an passé, vous ‘êtes pauvre et vous n'avez pas d'enfant, Je vous apporte celui-ci et en même “ temps la fortune. Voulez-vous vous charger d'élever ce pauvre petit ?
“ Je t'avais pris dans mes bras, je te tenais sur mes genoux, je te couvrais ‘“ déjà de baisers, je répondis : Oui, — J'ai donc eu raison de compter sur vous “ et de venir à Chevrigny, me dit M. Germain. — Vous le voyez bien, répon- “ dis-je, — Alors je l’accablai de questions, Il secoua la tête tristement en di- “ sant : — Il est inutile de m'interroger, je ne peux rien vous dire ; la nais- “ sance de ce pauvre enfant est un malheur ; il ne doit jamais connaître ni son “pére, nisa mére. Vous le ferez baptiser et vous Ini donnerez le nom d'Edmond.
Je regardais tes langes de fine toile et tes petites brassières ornées de “ riches dentelles.
‘* — Ses parents sont riches ? demandai-je à M. Germain.
“— Oui, très-riches ; Mais, je vous le répète, vous ne devez rien savoir sil ‘ faut même que vous me promettiez de ne jamais dire à l'enfant comment et “par qui il vous a été amené,
“ Je lui fis cette Promesse, peut-être un peu légèrement.
#— Maintenant, continua-t-il, voici comment j'ai arrangé les choses dans ‘“ votre intérêt. Vous recevrez chaque mois une somme de soixante francs ; avant ‘de vous quitter ce soir, je vous remettrai le premier mois, et même si l'enfant ‘ venait à mourir, vous continueriez À recevoir régulièrement cette rente jus- “qu’à la fin de votre vie.
“ Quand l'enfant aura dix ans comme il faudra le faire instruire et que les , q
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